Allez ce coup-ci, un petit mot avant le chapitre :
Auteur : Cae-La Sephyra
Source : Fullmetal Alchemist ; aucun perso ne m'appartient excepté Kerin.
Note : Je vais essayer de mixer un peu l'univers du manga et celui de l'anime, et je vais faire en sorte de pas faire de spoil au moins sur le manga. Sinon je préviendrai ^^
Remarque : Un grand merci à Matsuyama, j'espère que ce chapitre lui plaira ! ;3
Second Chapitre : Folie meurtrière
"L'assassin, tu dis?"
Sans être préoccupés par l'heure tardive -quoique Edward eût un peu de mal parfois à garder les yeux ouverts, les trois amis s'étaient installés autour de la table basse, Edward affalé sur le fauteuil, son jeune frère assis sur le canapé à côté de Winry.
"Tu as entendu parler de lui ? continua Winry. J'espère qu'il ne t'a...
- Ne t'en fais pas, il ne s'en est pas pris à moi, la rassura Edward.
- On peut pas dire la même chose pour nous, déclara Alphonse.
- Comment ? Il vous a attaqués ?
- Plutôt, il s'en est pris à Winry. Il voulait la forcer à lui dire où tu te trouvais."
Edward tourna son regard vers Winry, en même temps inquiet et désolé, la bouche grande ouverte mais aucun mot n'en sortant. Winry gardait les yeux baissés, et finit par dire :
"Peu m'importe. J'étais pourtant sûre qu'il en avait après toi. Donc il aurait pu me torturer, j'aurais rien dit.
- Winry, je..."
Alphonse détourna lui aussi le regard et laissa un silence planer quelques instants.
"Al, dit alors Edward. Comment cela a-t-il pu arriver ? Vous étiez ensemble, pourtant, n'est-ce pas ?
- L'assassin a choisi les deux minutes où nous nous étions séparés, répondit Alphonse avec honte. J'étais resté en arrière parce que j'avais eu l'impression d'entendre quelque chose, puis j'ai entendu Winry crier et j'ai accouru.
- ... Il va falloir redoubler de vigilance à partir de maintenant, répondit simplement Edward. C'est moi que cet assassin veut, alors je ne permettrai jamais qu'il s'en prenne à l'un de vous deux.
- C'est bien dommage, ironisa Alphonse en s'affalant sur le canapé. On était justement venus te donner un coup de main.
- Et quoiqu'il arrive, on sera avec toi, et on partagera tes soucis", reprit Winry en souriant.
Edward resta surpris un moment. C'est alors que Winry lui tendit le panier qu'elle avait apporté, et déclara :
"Tarte aux pommes !"
Le jeune alchimiste aux yeux ambrés prit le panier avec un sourire. Voilà qui lui rappelait de nombreux souvenirs. La famille de Hugues, notamment. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas vu sa fille et sa veuve. Il se demanda s'ils étaient en bonne santé, et espéra les revoir bientôt. Minuit était passé lorsque les trois amis, unis comme deux frères et une soeur, dégustèrent la cuisine de Winry.
***
Le soir, enfin. Edward longea un immeuble dans une ruelle sombre, contournant les poubelles qui s'y entassaient. Il faisait sombre et froid, et le jeune alchimiste ne croisa personne. Après tout, les alentours du Laboratoire Tetra étaient toujours déserts.
Un funeste endroit, d'après les histoires qu'il avait entendues à son sujet. Gardé secret par l'armée, il avait longtemps servi, comme le 5ème laboratoire, à la synthèse de la pierre Philosophale.
A songer à cet objet aussi merveilleux que démoniaque, son poing se serra.
A l'issue de quelques minutes, le bâtiment se dressa devant lui. Edward réalisa un cercle de transmutation en frappant dans ses mains, puis les posa au sol pour en faire surgir une large pente de terre. Il grimpa sur celle-ci afin de sauter de l'autre côté du mur surmonté de barbelés. Il n'y avait même pas de garde pour surveiller le bâtiment désaffecté.
"J'espère pour lui qu'il ne s'est pas foutu de moi..." grogna Edward en se faufilant dans une grande porte à moitié détruite.
Edward traversa le hall principal, encombré par les débris et où s'élevait une odeur de poussière et de vieilleries. Tout était parfaitement silencieux ; même le vent n'osait pas souffler dans le bâtiment imposant. Il monta au premier étage, sans se presser. Le bruit de ses pas résonnaient dans l'immensité du lieu abandonné, aux murs de béton gris sale, et il arriva rapidement dans un nouveau hall à l'extrémité duquel il pouvait apercevoir la silhouette de son hôte.
***
Kerin sentit subitement un frisson le parcourir. Non. Pas maintenant. Il tenta de résister à la puissance qui s'empara de son corps, et à l'esprit qui tentait de dominer le sien. Les yeux écarquillés, confus par la douleur, il eut à peine le temps de voir que son invité venait d'arriver, à l'entrée du hall du premier étage.
"Fullmetal... Vas-t-en..." pensa-t-il de toutes ses forces.
Il tomba à genoux en gémissant de douleur et en cherchant à saisir sa tête, ses doigts tremblants se perdant dans ses cheveux fins. Ses mâchoires se serrèrent, il regarda à nouveau à l'autre extrémité du hall, mais Edward n'avait toujours pas bougé. Il s'était seulement crispé, surpris par ce qui arrivait à l'assassin. Celui-ci, complètement à bout de forces, sentit un spasme le parcourir, et ses yeux commencèrent à le brûler. Habituellement noirs en majeure partie, des flammes rouges commencèrent à s'y étendre, amincissant ses pupilles ; et il se releva, lentement, faisant face à l'alchimiste qui venait gentiment lui rendre visite.
"Merci d'être venu... Fullmetal Alchemist", lança Kerin d'une voix calme et effrayante, tant elle semblait acide et dépourvue de sentiment.
Edward fronça les sourcils. La voix de l'inconnu avait changé ; il n'avait pas la même lorsqu'il était venu dans sa chambre d'hôtel. Plissant les yeux, le jeune alchimiste tenta de regarder Kerin avec plus d'attention, et cette fois, reconnut parfaitement l'individu photographié dans le journal. Il ne comprenait pas.
"Ce sont bien les mêmes personnes ? murmura-t-il pour lui-même. C'est bizarre... Plus je le regarde, plus j'ai l'impression d'avoir affaire à un Homonculus..."
Kerin s'avança alors vers Edward, calmement, en sortant son épée comme il sortirait un ustensile inoffensif. Ses yeux rouge vifs étaient dépourvus du moindre sentiment, son teint commença à devenir glacé, et un sourire inquiétant se dessina sur ses lèvres.
"C'est donc pour m'affronter que ce type m'a demandé de venir ?" grommela Edward en frappant ses deux mains l'une contre l'autre.
***
Winry rouvrit les yeux et se redressa. Il faisait sombre dans la chambre d'hôtel ; la nuit était bien avancée. Alphonse dormait paisiblement sur le canapé tandis qu'elle s'était allongée sur un matelas. Elle regarda immédiatement en direction du lit d'Edward. Vide.
Surprise et inquiète, elle se leva d'un bond et fit quelques pas dans toute la pièce. Edward était vraiment parti. Elle remarqua que son manteau rouge n'était plus dans la penderie grande ouverte. Sur le point de réveiller Alphonse, elle remarqua un papier sur la table où s'entassaient encore hier une quantité de journaux impressionnante. Quelqu'un les avait tous tassés au bord du meuble et y avait laissé un message en évidence. Les mains légèrement tremblantes, Winry s'empara du papier et lut : "Al, Winry, je suis parti pour la nuit. S'il vous plaît, je vous inquiétez pas. Je promets d'être retour bientôt. Edward".
Winry regarda dehors, à travers la fenêtre qui faisait entrer dans la pièce la lumière nocturne.
" "Bientôt", c'est-à-dire ?" murmura-t-elle avec inquiétude.
***
Edward posa ses mains au sol qui se mit à cracher des éclairs bleutés. Une lance surgit du sol et l'Alchimiste d'Acier s'en empara avant de charger son adversaire qui para le coup avec son épée fine. Ils restèrent immobiles pendant quelques secondes, se toisant férocement, puis se repoussèrent avant de repartir à l'assaut. Un vacarme assourdissant résonnait dans tout le bâtiment vieilli, entre les coups d'épée et les sorts d'alchimie. Mais jamais personne n'oserait aller s'interposer dans un tel combat, surtout s'il faisait rage dans l'effrayant laboratoire. Edward était aussi surpris qu'effrayé par la puissance et la rapidité de son adversaire, qui avait finalement tout d'un assassin hors pair. Le regard de Kerin était dénué de tout sentiment, si ce n'est d'une cruauté sans limites.
L'Alchimiste d'Acier se retrouva soudainement projeté contre un mur, et poussa un bref cri de douleur. Il posa un genou au sol et se jeta de suite sur le côté, afin d'éviter l'épée de son adversaire qui se retrouva profondément plantée dans le mur délabré. Kerin s'immobilisa et tourna lentement son regard vers Edward qui, essoufflé, constatait avec inquiétude que la situation tournait réellement à son désavantage. Il regretta alors d'être parti seul, mais en même temps, il avait évité à son frère et à sa meilleure amie de courir le même danger que lui. Il se releva.
"Tu es plutôt coriace, dit-il d'un ton assuré, bien que se nombreuses blessures trahissaient son était de faiblesse actuel. Mais au fait, tu as une raison pour m'en vouloir à vie ?"
Kerin décocha alors son plus terrifiant sourire, et Edward sentit malgré lui un frisson lui parcourir l'échine.
"Pas spécialement", répondit simplement l'assassin en retirant brusquement son épée du mur, et en chargeant son adversaire.
Edward frappa ses mains l'une contre l'autre et les posa sur le mur à côté de lui, duquel surgirent des pointes de béton qui fusèrent bientôt vers Kerin. Celui-ni n'eut d'autre choix que de faire un large bond de côté pour les esquiver. Une autre volée surgit du même mur et l'assassin dut continuer sa course pour ne pas se faire atteindre. Même s'il avait une force et une vitesse de démon, il se devait d'admettre qu'un alchimiste d'état, par définition, ne se débrouillait pas mal non plus.
Edward sentit qu'il serait bientôt à court d'énergie. Il stoppa son attaque, et la salle entière s'enduit de silence. Il la regarda de long en large, et remarqua d'abord qu'il l'avait joliment saccagée. Kerin échappait à son regard, peut-être enseveli sous les débris, ou caché quelque part, attendant le bon moment pour relancer son offensive. Cette deuxième option plaisait bien moins que la première, mais il était persuadé que, malheureusement, il s'agissait de la bonne. Il fit quelques pas en direction du centre de la pièce, sans se presser, sans chercher à ne pas se faire voir. Il voulait assumer d'être venu. Ce n'était pas le moment de se cacher et d'attendre lâchement son heure. Pendant sa marche, il posa sa main droite au dessus de sa hanche gauche, et serra les dents. Kerin l'avait touché à cet endroit, et un léger filet de sang s'en échappait depuis quelques minutes déjà. Sa manche droite était presque entièrement partie, tant il avait utilisé son auto-mail. Ce dernier avait également perdu une pièce ou deux, et bougeait moins facilement.
"Winry va me tuer si je reviens vivant, murmura-t-il pour lui même. En plus, elle m'avait fait promettre de ne plus saccager mes vêtements..."
Edward s'arrêta bien au centre de la pièce, qui était également celui d'un vieux cercle de transmutation, d'abord incomplet, puis sans aucun pouvoir. Il entendit alors un craquement derrière lui. Il se ne retourna pas, mais ses yeux ambrés obliquèrent à sa droite. Il était là, tout près. L'Alchimiste d'Acier frappa ses mains l'une contre l'autre et forma sur son auto-mail une grande lame de métal.
"Me faire tuer par ce type ou par Winry lorsque que je rentrerai... Il va falloir que je fasse un choix", dit-il avec un sourire.
Il se retourna vivement, et bloqua la lame de Kerin sur son bras droit. Des étincelles jaillirent mais Edward réussit à repousser son adversaire qui faillit perdre l'équilibre. Avant de foncer sur lui pour le rouer de coups, le jeune alchimiste remarqua que du sang coulait sur le visage de l'assassin. La première option lui avait-elle souri, en fin de compte ?
Edward donna un grand coup de lame sur l'assassin, qui poussa un cri de surprise, roula au sol et se frappa la nuque contre un large morceau de béton. Essoufflé, l'Alchimiste d'Acier entendit alors un bruit derrière lui. Il se retourna vivement, craignant qu'un nouvel adversaire se présente à lui dans un moment pareil. Effectivement, il y avait quelqu'un d'autre, là-bas, à l'entrée de la grande salle. Edward vit cette personne, qu'il ne distinguait qu'en silhouette, laisser tomber quelque chose au sol, comme une petite pierre rouge qui venait de se briser en deux. Il se crispa. Il voulut à un moment partir à la poursuite de cette silhouette qui venait de s'enfuir sans demander son reste, mais sa jambe gauche le lui déconseilla : elle était aussi mal en point que son bras droit, tant il s'était défendu avec.
Edward se tourna à nouveau vers Kerin qui respirait et soupirait avec douleur au sol. Tremblant légèrement, il parvint à se redresser, et le jeune alchimiste s'apprêta à repartir à l'assaut. Mais lorsque l'assassin planta son regard dans celui d'Edward, celui-ci dut reconnaître qu'il avait à nouveau changé. C'étaient maintenant des yeux noirs en majeure partie qui le regardaient avec douleur.
"Bien joué... Fullmetal... souffla Kerin avec un petit sourire désolé. Tu es encore plus fort que je le pensais.
- Et tu vas m'expliquer ce qu'il se passe, un peu ?! répliqua Edward vivement. Qu'est-ce qui t'a pris ? Et tu peux me dire qui c'était, le type qui vient de partir ?"
Edward regretta aussitôt sa dernière question, puisqu'au moment où la silhouette était apparue puis repartie, Kerin était encore étendu au sol et luttait pour rester conscient. Cependant, Kerin répondit, à sa grande surprise, avec un maigre sourire plus triste qu'heureux :
"C'était Endir. Mon maître, s'il en mérite le nom."
Edward se retourna à nouveau en direction de la sortie, par où la silhouette s'était échappée. Il s'y rendit alors, et arrivé dans le couloir qui avait permis à Endir de s'échapper, il constata que celui-ci s'était bel et bien évanoui dans les ténèbres. En revanche, il vit sur le sol, juste à l'entrée de la pièce, deux fragments rouge vifs. Il fronça les sourcils. Une pierre rouge brisée.
Il la ramassa, et regarda en direction du centre de la pièce, subitement en train de comprendre ce qu'il s'était passé. Kerin se releva lentement, essuya d'un revers de main le sang qui avait coulé sur son visage et planta à nouveau ses yeux dans ceux d'Edward. Désolé, ce dernier baissa les siens sur sa trouvaille. Il ignorait pourquoi, mais était presque certain que cette pierre était source de leurs problèmes, et surtout de ceux du jeune assassin.
Edward rejoignit Kerin à pas lents. Il commençait à comprendre la situation, et en voulait un peu moins à ce dernier. Cependant, il lui restait trop de doutes. Il avait encore beaucoup trop à savoir. Arrivé près de Kerin, le jeune alchimiste lui montra les deux fragments de pierre brisée, et lui demanda :
"C'est la faute de ce truc... n'est-ce pas ?"
Kerin baissa les yeux, et décocha un nouveau sourire de douleur.
"C'est encore mieux que ça, dit-il avec amertume. Avec la pierre rouge, Endir peut me contrôler.
- Est-ce que c'est lui qui t'a poussé à assassiner cette personne, l'autre nuit ?
- Oui."
Edward baissa les yeux à son tour. Tout s'expliquait, certainement. Mais que recherchait alors Endir ? Avait-il un but à atteindre, comme les Homonculus avant lui ?
"Tu sais pourquoi il fait ça ? questionna-t-il à Kerin.
- Bien sûr. Il veut que je lui ouvre la porte."
Kerin planta ses yeux sombres dans ceux d'Edward, mais celui-ci ne voyait déjà plus rien. L'ambré de ses yeux fixa le vide, sa bouche s'entrouvrit mais aucun son n'en sortit. Sa main gauche se mit à trembler, et il lâcha les deux fragments de pierre rouge, qui retombèrent sur le sol presque sans un bruit.
