Auteur : Cae-La Sephyra
Source : Fullmetal Alchemist ; aucun perso ne m'appartient excepté Kerin.
Note qui n'a rien à voir avec le sujet initial : Vous avez lu Fullmetal Alchemist tome 19 ? Il était génial non ? Personnellement, je trouve que les trois longs mois d'attente ont été justifiés ^^
Remarque : Maintenant c'est Syolen que je remercie beaucoup pour sa review =3 Toutes critiques seront bienvenues en tout cas !
Allez, et voici pour fêter en même temps la sortie d'FMA 19 et pour Noël aussi ^^
Troisième Chapitre : Ouvrir la Porte
"Al... Al ! Réveille-toi !"
Alphonse gémit et entrouvrit les yeux. La première chose qu'il constata fut qu'on l'avait tiré de son sommeil alors qu'il faisait encore nuit.
"Winry ? souffla-t-il. Qu'est-ce qui...
- Edward est parti !" s'exclama la jeune fille.
Surpris, Alphonse se redressa, et chercha son frère du regard, en vain. Effectivement, il semblait avoir disparu de la pièce.
"Où a-t-il bien pu passer ? demanda Alphonse en se levant.
- Il a laissé ce message, répondit Winry en lui tendant le papier."
Sa main tremblait. Alphonse lut le mot rapidement puis fronça les sourcils.
"Grand-frère n'a pas changé ! Toujours à nous laisser derrière lui dès qu'il se passe quelque chose ! Je crois qu'il va falloir aller le chercher avant qu'il ne lui arrive trop d'ennuis.
- Je suis d'accord, répondit Winry, inquiète. Il faut vite qu'on le retrouve."
***
Edward resta immobile pendant un instant qui lui parut durer une éternité. Kerin était toujours aussi imperturbable, ne bougeait pas non plus, mais sentait que ses jambes avaient de plus en plus de mal à le porter.
"Ouvrir... la porte ?... souffla Edward après avoir retrouvé ses esprits. Tu serais capable de faire ça ?"
Le regard de Kerin s'assombrit, et Edward regretta d'avoir posé la question.
"Et c'est pour ça qu'Endir veut me retrouver. Tu es la seule personne à qui j'ai parlé de ce pouvoir, toi et mon maître êtes donc les seuls au courant. Et je ne veux pas que toi aussi tu cherches à t'approprier mon pouvoir.
- Pourquoi m'avoir impliqué là-dedans, alors ? questionna Edward.
- J'ai juste pensé que tu étais le seul capable de me venir en aide, déclara Kerin. Et puis, en réalité, j'avais un marché à te proposer.
- Lequel ?"
Pendant une fraction de seconde, Edward jura de voir le rouge dans les yeux de Kerin s'étendre très légèrement.
"Si tu me libères de mon maître et détruits à jamais le moyen de fabriquer de la pierre rouge, je t'ouvrirai la porte pour que tu ailles y trouver ce que tu recherches."
Abasourdi, Edward regarda Kerin dans les yeux. Il peinait à croire ce qu'il venait d'entendre. Pour lui, l'Alchimiste d'Acier, pénétrer une dernière fois dans la porte lui permettrait peut-être de retrouver son bras et sa jambe perdus. C'était certainement sa dernière chance. Mais Edward était toujours aussi perturbé : il y avait encore tant de choses qui lui échappaient...
Il fut tiré de ses esprits lorsque Kerin s'effondra subitement sur le sol. Le jeune homme aux cheveux noirs resta assis, essoufflé, constatant que ses jambes tremblaient et n'avaient plus assez de force pour le maintenir debout. Ce fut alors au tour d'Edward de se montrer imperturbable. Il se contenta de regarder Kerin affalé sur le sol, qui reprenait son souffle avec douleur. Il ignorait pourquoi, mais il avait comme une envie de le frapper, de lui faire regretter tout ce qu'il avait fait jusqu'à ce jour. Mais le jeune alchimiste était indécis et déconcerté. De nombreuses questions trottaient dans sa tête, et il ne pouvait trouver réponse à aucune d'entre elles. Il pensa alors à son frère et à Winry, puis se rappela que ses auto-mails étant en piteux état ; qu'il risquait de se faire passer un savon à son retour.
Kerin le tira alors de ses pensées lorsqu'il s'adressa à lui :
"Fullmetal... Je t'ai promis de tout te raconter si tu venais ce soir. Je vais t'expliquer comment j'ai grandi."
"Bien sûr, j'ai oublié tous les détails de mon enfance. C'est Endir qui me les a racontés lorsque j'ai commencé à penser par moi-même. Tout ce que je sais, sur mon maître, pour commencer, c'est qu'il est un véritable génie. Alchimiste de l'ombre, il a toujours vécu à l'écart des autres, se retirant dans ses laboratoires qu'il faisait construire loin des villes, souvent dans les déserts. Là, il menait ses recherches. Et il a peu à peu commencé à faire des expériences de plus en plus dangereuses, et horribles, jusqu'à en faire sur des réfugiés Ishbal. Et il a découvert quelque chose d'étrange, mais de fascinant. Endir a découvert l'Esprim, une sorte d'énergie spirituelle que chaque individu possède en piètre quantité dans son esprit. Mais il a remarqué - comment, je l'ignore - que les Ishbal avaient en eux une quantité d'Esprim absolument remarquable. Et la conclusion qu'il tira fut que cet Esprim, lorsqu'il était très présent chez une personne, teintait les yeux de celle-ci en rouge...
Il en a déduit que tous les Ishbal possédaient cette quantité phénoménale d'Esprim. Avec des Ishbal qu'il avait capturés, et des créatures à qui il avait donné naissance, il a formé un grand nombre de chimères qu'il a appelées démons. Des créatures noires, avec des yeux d'un rouge luisant. Il en a d'abord créé une, qu'il avait enfermée dans une grande cage, à ce qu'il m'a raconté. Et sous ses yeux, le démon a commencé à faire surgir son Esprim hors de lui, et là, il a ouvert la porte, à l'intérieur même de sa cage, il a sauté à l'intérieur et a disparu à jamais dans cette abysse mystérieuse."
Edward était de plus en plus abasourdi par le récit de Kerin. Des chimères capables d'ouvrir la porte ? Comment était-ce possible ? Ces yeux rouges, l'Esprim... Etait-ce vraiment la réponse à ce mystère ?
"Je poursuis. Il a continué à créer des démons de plus en plus parfaits, jusqu'à en former un qui avait forme humaine. Il ressemblait un peu à un Ishbal, avec des yeux écarlates, mais une peau bien plus claire. Parallèlement, il a retrouvé le moyen de créer de la pierre rouge, avec laquelle il s'est rendu compte qu'il pouvait calmer les démons. Avec une pierre rouge à proximité, ils n'agissaient plus. Alors il laissa une quantité importante de pierres rouges à proximité des démons pour les empêcher d'ouvrir la porte. En revanche, le démon à forme humaine qu'il avait isolé des autres ne semblait pas affecté par la pierre rouge. Il était différent des autres. Les autres démons avaient dévoré tous les Ishbal qu'Endir leur avaient jeté en pâture, mais lorsque mon maître a offert à ce démon une jeune femme Ishbal, il ne l'a pas touchée. Ils sont restés dans cette cage des jours, des semaines. Ils ont fini par se parler, se comprendre. Le démon semblait même doué de parole, au grand étonnement de mon maître. Mais il les a laissés ensemble, alors ils ont fini par tenir l'un à l'autre."
"Excuse-moi de t'interrompre, dit soudainement Edward, mais tu es en train de me dire qu'il a créé une chimère comprenant et parlant le langage humain ?
- En quelque sorte. Ce démon était vraiment une réussite pour mon maître. Il était un véritable humain, mais possédant une quantité d'Esprim incroyable. "
Plus le récit avançait, et plus Edward était perturbé. Cela ressemblait trait pour trait à l'histoire de la petite Nina, et de son père Tucker. A se rappeler de lui, Edward serra les dents. Fort heureusement, il était mort en ce jour. A présent, il ne pouvait plus infliger ce mal à personne. Mais Endir... en était-il encore capable, pour sa part ? Si c'était le cas, il était évident pour Edward que son nouvel adversaire serait cet homme mystérieux, capable de mettre au monde des démons. En réalité, Edward n'avait aucune preuve de ce que Kerin avançait, mais c'était la seule explication quant au fait qu'il ait les yeux rouges sans être Ishbal pour autant.
"Je suis né de leur union, c'est la dernière chose que tu dois savoir. A ma naissance, Endir n'eut alors plus d'yeux que pour moi. C'était moi qu'il considérait comme son chef-d'oeuvre. A moitié Ishbal, à moitié démon, j'étais vulnérable face à la pierre rouge, et en même temps possesseur d'une quantité importante d'Esprim. Il a laissé mes parents mourir et s'est occupé de moi pendant dix-sept ans. Ce n'est que récemment qu'il m'a appris qu'il comptait se servir de mon Esprim afin d'ouvrir la porte. En revanche, je n'ai pas la moindre idée de ce qu'il compte aller y chercher. Ce que vous, alchimistes, appelez "vérité", sans doute."
La vérité n'était pas vraiment quelque chose d'agréable à voir. C'est ce qu'Edward avait envie d'affirmer, mais ses mots restaient bloqués dans sa gorge. Pour sa part, il aurait aimé ne jamais la voir, la vérité. Il n'aurait donc pas eu besoin de ces prothèses de métal. Mais un alchimiste prêt à faire autant de sacrifices pour voir cette "vérité" n'était pas quelqu'un de recommandable. Pire, c'était un véritable ennemi, quelqu'un à éviter plutôt qu'à suivre. Edward comprit alors la réaction de Kerin, et sa fuite. Il devina lui-même la suite du récit : depuis, Endir est constamment à la recherche de son protégé dans le but de le contrôler avec ses pierres rouges. Et un jour peut-être, il le contrôlera suffisamment bien pour le contraindre à ouvrir la porte.
"Mais je n'ai pas assez d'Esprim en réalité, déclara Kerin comme s'il avait deviné les pensées d'Edward. Pour moi, ouvrir la porte, et la maintenir ouverte jusqu'à ce que celui qui y est entré puisse sortir, me coûterait toute mon énergie. Au fond de moi, je suis presque certain que si je le faisais, je mourrais.
- Mais si tu es certain de mourir en ouvrant la porte... dit Edward. Pourquoi avoir proposé de me l'ouvrir si je t'aidais ? Tu n'as quand même pas envie de mourir ?
- Fullmetal, as-tu entendu parler des chimères de Tucker ? Sans doute, je pense. Tu te souviens de la seule phrase qu'avait dite sa première chimère ?
- "Je veux mourir..." cita Edward en détournant les yeux."
Ceux de Kerin s'agrandirent.
"Cette chimère possédait l'inverse de l'instinct de survie, si l'on peut dire, poursuivit Kerin. Les êtres humains veulent vivre, et d'autres créatures comme les démons ou certaines chimères veulent mourir.
- Comme les démons ?
- C'est pour cela qu'ils ouvraient la porte. Ils voulaient aller y mourir, c'était la seule façon dont ils souhaitaient mourir.
- Et toi aussi tu veux mourir comme ça ?
- Je ne veux pas mourir, je dois mourir. Comme je suis à moitié humain, j'ai une forte envie de vivre. Mais l'autre partie de mon coeur veut que je meure. J'ai développé une personnalité instable à cause de ça."
Soudain, Kerin bondit sur ses jambes, et Edward regarda à l'entrée de la salle.
"Ed ! Tu es là !" s'exclama Winry.
La jeune fille, suivie d'Alphonse, se précipita dans la salle délabrée et courut en direction d'Edward, mais se stoppa à mi-chemin lorsqu'elle aperçut l'assassin.
Kerin aussi se figea, reconnaissant sa victime de la nuit dernière.
"Mais c'est... s'exclama Winry en sortant une menaçante clé à molette.
- Winry, attends ! s'écria Edward.
- Grand-frère, qu'est-ce que c'est que cette histoire ? questionna Alphonse en fronçant les sourcils. Tu dois nous raconter. Et ce type à côté de toi est dangereux, c'est lui qui s'en est pris à Winry la nuit dernière !"
Edward avait oublié cela. Il planta alors son regard d'ambre dans celui de Kerin, qui finit par détourner les yeux. Il avait lu dans les yeux du jeune alchimiste une colère si grande, qu'il n'eut pas besoin de trop se poser de question sur ses relations avec la jeune fille. L'Alchimiste d'Acier avait à nouveau envie de frapper le jeune protégé d'Endir, mais il se ravisa en présence de son frère et de son amie.
"Kerin, pourquoi t'en être pris à Winry l'autre nuit? questionna Edward, en essayant de contenir sa colère.
- J'aurais pas dû, hein, répondit le jeune démon avec un sourire forcé qu'Edward eut envie de lui faire ravaler sur-le-champ. Croyez-le ou non, je suis navré. Comprenez moi... Endir a des alliés partout, je ne peux faire confiance à personne. Si je me suis tourné vers toi, Fullmetal, c'est parce que j'ai appris que même si tu étais devenu un chien de l'armée, tu n'avais jamais vendu ton âme à personne..."
La colère d'Edward se dissipa légèrement. Mieux que quiconque, il savait qu'être au service de l'Etat avait beau apporter quelques privilèges, il apportait surtout la haine des autres. Cependant, au cours de ses voyages, les personnes qui éprouvaient de la colère envers lui finissaient par lui être reconnaissants, par l'apprécier. Il avait toujours dit qu'il supportait de ne pas se faire aimer mais en réalité, être mal vu par tant de gens avait fini par le blesser profondément, sans qu'il le montre pour autant.
"Pardon d'avoir été brutal, dit Kerin à Winry. Mais je vois que toi aussi tu sais te défendre. Tu as le droit de me frapper si tu..."
Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase, qu'une giclée de sang jaillit de sa bouche, que ses jambes fléchirent et qu'il s'effondra à nouveau sur le sol. Surpris, Edward se rapprocha de lui.
"Kerin, tu ne t'es pas remis du combat ?"
Le jeune démon toussa et fit de son mieux pour rester conscient. Il avait effectivement souffert lors de son affrontement contre Edward, et en devenant dépendant de la pierre rouge, il avait avec cette seconde personnalité dépensé toute son énergie.
"Vous devriez partir... souffla Kerin. Endir est peut-être encore dans les parages, et s'il a une pierre rouge en main, je risque de m'en prendre à vous.
- Dans ton état, ça m'étonnerait ! s'exclama Edward. Allez, viens, on t'emmène avec nous. A bien réfléchir, moi non plus je n'ai pas envie que ce cinglé pénètre dans la porte.
- Grand-frère, tu es sûr de toi ? questionna Alphonse. Tu es sûr qu'on peut lui faire confiance ?"
Edward réfléchit un instant. Il avait envie de répondre négativement, mais en même temps, il n'avait aucune envie qu'Endir réussisse à exploiter l'Esprim de Kerin afin qu'il lui ouvre la porte. Ca n'était pas par sympathie pour le jeune démon, mais plutôt par souci de combattre un alchimiste dangereux qu'il voulait que Kerin reste avec eux. L'arrivée de ce dernier lui aura coûté des soucis qui n'étaient pas près de s'achever mais en même temps, cette arrivée lui avait redonné un espoir. Maintenant que son petit frère avait retrouvé son corps, il ne lui restait qu'à retrouver ses propres membres.
"De toutes façons, dit alors Winry, il est dans un sale état. On ne va pas le laisser ici tout seul.
- Ta bonté est sidérante, souffla Kerin à la jeune fille. A première vue, on ne te croirait pas aussi agressive que tu l'es.
- Aussi quoi ?!"
Ce fut au tour d'Alphonse d'intervenir, afin d'éviter qu'une redoutable clé à molette ne fracasse la tête de quelqu'un déjà mal en point.
Bonnes fêtes à tous, et n'hésitez pas à laisser une review ;3
