Auteur : Cae-La Sephyra

Source : Fullmetal Alchemist ; aucun perso ne m'appartient exceptés Kerin et Ethel. D'ailleurs j'ai deux dessins de Kerin sur mon profil pour ceux que ça intéresse...

Note : Ce chapitre étant assez court, je vous donnerai le sixième sous peu ^^ Encore merci à mes deux fidèles reviewers sans qui je n'aurais jamais le courage de poursuivre cette fic ! Syolen, Sabine, je vous remercie !


Cinquième Chapitre : La cité du désert



Ethel marchait seule dans la rue peu éclairée. Comme souvent, ses yeux étaient dénués de toute soif de vie, et elle se sentait errer comme une âme en peine dans la ville déserte. La nuit et son silence étaient à nouveau tombés sur le pays et avait poussé les gens à rentrer chez eux. Ethel s'arrêta alors devant l'hôtel où logeait le Fullmetal Alchemist. Elle ne savait pas vraiment pourquoi, mais elle était certaine que Kerin avait touché au but.

****

Il y eut des coups discrets frappés à la porte. Kerin, qui en était le plus proche, fut le seul à ouvrir les yeux. Il jeta un regard circulaire autour de lui, et constata qu'il faisait toujours nuit : Edward, Alphonse et Winry dormaient toujours. Le jeune démon se leva, sans faire de bruit, et ouvrit la porte. Stupéfait, il vit le visage de Ethel au bord des larmes avant qu'elle ne se jette dans ses bras en murmurant :

« Je suis désolée. Il m'a encore envoyée te chercher.

- ... Entre cinq minutes, répondit Kerin. J'ai à te parler. »

Kerin referma la porte sans bruit. Ethel vit les trois amis plongés dans un sommeil mérité, et murmura à Kerin :

« Le Fullmetal Alchemist est-il bien parmi eux ?

- Oui, c'est le petit, là-bas. »

Soudainement, Edward se redressa, parfaitement réveillé, et hurla sans prendre en compte que l'heure était bien tardive :

« QUI TRAITES-TU DE SUPER NABOT PAS PLUS GRAND QU'UN HARICOT?!! »

Ethel eut une soudaine envie de disparaître sous terre tandis que Winry se réveillait en sursaut, prête à frapper Edward, mais se ravisa lorsqu'elle vit l'invitée inopinée.

« Hein? Qui? Que... »

La jeune fille se releva vivement pour faire face à Ethel, qui, gênée, ne savait déjà plus où se mettre. Kerin se plaça tout près d'elle, la rassurant rien qu'avec le contact de son bras sur le sien. Les deux durent faire face à un Edward déchaîné qui venait, par son cri de réprobation de ceux que ses amis avaient grande habitude d'entendre, de réveiller son jeune frère et sa meilleure amie. Une fois le Fullmetal Alchemist mis hors d'état de nuire, par la menace notamment d'une redoutable clé à molette, Ethel put prendre la parole.

« Je... je me nomme Ethel, dit-elle timidement. Peut-être que Kerin vous a parlé de moi... Nous sommes tous deux captifs d'Endir.

- Oui, Kerin nous a tout raconté, dit Alphonse avec un sourire qu'il voulut réconfortant. Alors, toi aussi tu as réussi à t'enfuir ?

- Malheureusement non... le contredit Ethel en baissant les yeux. Endir m'a envoyée chercher Kerin. Il te donne trois jours pour revenir au laboratoire », ajouta-t-elle en regardant son ami dans les yeux.

Il y eut un silence gêné. Déjà, la situation se faisait complexe.

« Il se situe où, son repaire ? questionna Edward, agacé non seulement par son réveil précoce mais surtout par la tournure que prenaient déjà les événements.

- Dans une ville voisine d'ici, nommée Yvanesca, répondit Kerin. Une ville fantôme en fait. On y trouve des évadés de prison, des voleurs, des criminels de l'ombre et aussi des réfugiés Ishbal.

- Pas étonnant que ce cinglé d'Endir ait choisi cette ville alors, déduit Edward en entendant le mot "Ishbal".

- En effet.

- Alors... vous allez y retourner ? » demanda Winry, anxieuse.

Les deux captifs s'échangèrent un regard avant de baisser les yeux, ne sachant que répondre dans l'immédiat. Et pourtant, ils connaissaient, tous deux, parfaitement la réponse : ils étaient obligés d'y retourner. C'est ce qu'ils feraient de toute évidence ; aussi c'est ce qu'ils répondirent à la jeune mécanicienne.

« Je ne comprends pas, déclara alors Alphonse. A présent, qu'est-ce qui vous empêche de rester avec nous et de ne jamais remettre les pieds à Yvanesca ? Endir ne pourra jamais vous retrouver aussi facilement, surtout s'il est imprudent pour lui de quitter cette ville mal famée ! »

En guise de réponse, Ethel pencha la tête sur le côté et remit ses cheveux ondulés dans son dos, pour dégager le collier qu'elle portait en raz-du-cou. C'était une bande de cuir attachée par un anneau d'argent au milieu ; et à ce collier était attaché une petite machine où une lumière rouge clignotait.

« C'est un émetteur, déclara-t-elle. Grâce à ça, Endir peut savoir dans quelle partie d'Amestris je me trouve ; il sait donc que je suis à Central en ce moment. Il m'a donné deux jours pour revenir, et si je ne suis toujours pas de retour passé ce délai, il peut auto-détruire cet émetteur à distance et pour moi, c'est la mort assurée. Et il se passe la même chose si j'essaye de l'enlever. »

Edward grinça des dents. Décidément, le cas des deux captifs était vraiment à prendre au sérieux, semblait-il. Lui-même, il savait qu'il ne pourrait jamais tolérer plus longtemps qu'un alchimiste aie de tels agissements. Il fallait l'arrêter, au plus vite.

« Bon, faisons nos bagages, lança-t-il à son frère et son amie. Veillez à ne rien oublier, on part tout de suite...

- Mais enfin, qu'est-ce que tu racontes ? fit Winry, surprise. Il est cinq heures du matin !

- Et puis, qu'as-tu en tête, au juste, Ed ? questionna Al. »

Le jeune alchimiste se releva après s'être penché sur sa valise, et regarda ses amis, visiblement surpris par leur questions.

« Ben, on met les voiles à Yvanesca, bien entendu. Vous vouliez aller où ? »

****

Le soleil se levait timidement sur Central, dardant déjà ses rayons sur les bâtisses encore endormies. La vaste ville s'éveilla doucement, tandis que le ciel bleu se faisait de plus en plus clair. Ce jour-là, les premiers courageux sur jambes furent un petit groupe de cinq jeunes gens qui s'en allaient vers la gare de Central. Yvanesca n'était pas lointaine, mais bien dissimulée au sud-est du pays et non loin d'Aerugo. Ethel les guiderait à travers les étapes des trains, les mènerait jusqu'à un lieu de désolation où leur prochain combat ne tarderait pas à commencer.

La gare où ils descendirent de leur train semblait perdue au milieu de nulle part. Quelques bâtisses l'entouraient, leurs briques rougeâtre usées par le temps, les carreaux de leurs fenêtres fissurés. La gare aussi semblait en mauvais état ; son quai en bois vieilli grinçait sous chacun de leurs pas, qui résonnaient dans un vaste silence. Les gens restés dans le train regardaient avec curiosité et stupeur les cinq jeunes gens qui avaient eu le courage, ou la folie, de descendre à cette station. Elle était pourtant voisine de la terrible Yvanesca, dont la réputation était aussi mauvaise que son vent poussiéreux, qui laissait suggérer la présence d'un désert à son alentour. C'était bien une cité construite avec les moyens les plus modestes par les personnes égarées, l'énergie du désespoir dans leurs mains meurtries, celui de se construire un dernier abri, un dernier refuge.

Les cinq alliés marchèrent longuement et en silence entre les maisons en ruines des alentours de la gare. Un petit chemin peu foulé - et toujours dans le sens inverse - les conduisit peu à peu vers une immense ombre sur l'horizon, qui s'étendait dans le désert plane et aride. Une immense ombre basse et inquiétante, que Kerin et Ethel contemplaient avec une boule dans la gorge.

« Bienvenue à Yvanesca », se contenta d'annoncer Kerin lorsqu'ils furent à proximité des premiers taudis.

La définition en images de la désolation et de la pauvreté. Ce fut la première idée qui parvint à l'esprit d'Edward, Alphonse et Winry lorsqu'ils contemplèrent les maisons - qui n'avaient de maisons que le nom - de la cité du désert. Faites avec tous les matériaux possibles et imaginables, c'était comme un immense camp Ishbal mais en plus silencieux, plus inquiétant. Les quelques personnes qu'ils croisaient étaient vêtus de haillons ; quant à leur visage, il était assombri par le soleil et sali par le sable. Ils regardaient d'abord Edward, Alphonse et Winry avec surprise, mais comme les trois inconnus étaient accompagnés de Kerin et Ethel, ils se rassuraient et se disaient bien vite qu'ils n'avaient pas à s'en faire.

« Vous connaissez du monde, ici ? questionna Winry à Ethel qui marchait à proximité d'elle.

- Oui, répondit Ethel avec un maigre sourire. Certaines personnes ici sont adorables, et quand Endir nous laisse sortir, nous allons toujours les voir. Ils tiennent de petites échoppes et essayent d'aider tous ceux qui sont dans le besoin. »

Winry jura de voir une larme perler à l'oeil de la jeune captive.

« Oui... répéta-t-elle. Ce sont vraiment des gens bien. Qui mériteraient aussi bien que nous d'être débarrassés d'Endir. »

Ils virent de moins en moins de gens au fur et à mesure qu'ils progressaient vers le coeur de la cité du désert. De moins en moins de regards et de voix. Le soleil avait disparu, dissimulé par quelques nuages. C'était assez rare dans les environs.

« Restez sur vos gardes, conseilla soudainement Kerin. On est jamais certains d'être en sécurité, ici. »

Alphonse se mit à observer son entourage avec plus d'attention, attentif au moindre danger. Edward fit de même sans le montrer, jetant des coups d'oeil furtifs à droite et à gauche régulièrement. Et Winry, son sac sur l'épaule, restait à proximité des deux frères. Kerin guidait le groupe à pas assurés, et Ethel fermait maintenant la marche.

Le danger potentiel que craignait Kerin se montra au bout d'une dizaine de minutes de marche dans la cité.

Un coup de feu retentit soudainement, et une balle se logea dans un linge crasseux qui pendait à proximité de leur chemin. Tous se retournèrent en un éclair, et Kerin lança un regard noir en direction du sommet d'un taudis voisin. Les deux alchimistes étaient déjà en position de combat, Winry derrière eux, et observaient un nouveau venu avec un mélange de méfiance et de curiosité.

« Et on peut savoir où tu comptes aller comme ça, petit démon ? » questionna une voix railleuse.

Le nouveau venu fit tourner son pistolet dans sa main avec un petit rire, perché sur la bâtisse de briques usées. Ethel aussi le considéra avec un certain mépris.

« Tu n'as rien de mieux à faire depuis le temps, Rendy ? » questionna-t-elle sans détacher son regard de l'homme.

Une taille moyenne, des yeux brillants comme des émeraudes, un nez fin et un visage jeune, un teint pâle et des cheveux mi-longs, raides, d'une clarté à peine croyable. Des cernes sous les yeux qui assombrissaient son regard. Des vêtements simples sur son corps mince. Une chemise blanche, un pantalon brun. Et un regard de psychopathe, qui semblait déplaire à Kerin...

« Fullmetal, je te présente Rendy Krossord », lâcha alors ce dernier avec dédain.

Ce à quoi le tireur répondit par un sourire carnassier.