Auteur : Cae-La Sephyra

Source : Fullmetal Alchemist ; aucun perso ne m'appartient exceptés Kerin, Ethel, Endir et Rendy.

Note : Encore un très grand merci à Matsuyama, Syolen et Sabine ; vos encouragements me sauvent la vie lol. Et pour répondre à ta question Matsuyama, la fic devrait compter 20 chapitres, normalement. C'est vrai qu'ils comptent déjà s'infiltrer dans le labo mais tout ne va pas se passer comme prévu ; tu pourras en juger par toi-même ;3

Je vous souhaite une bonne lecture !


Neuvième Chapitre : Le Passage



Le néant. Sans limite, sans ciel, sans terre. Edward rouvrit les yeux, et s'apprêta à réaliser ce qui venait de lui arriver. L'avait-on attaqué ? Etait-il blessé ou d'abord ; avait-il mal à quel endroit que ce fut ? Le jeune alchimiste détendit ses membres et se redressa en regardant ses mains. La gauche était de chair, et la droite, en acier. Elle n'était pas cassée ; ce qui était déjà une bonne nouvelle. Mais la mauvaise nouvelle était qu'elle se trouvait toujours là. C'est vrai, il n'avait pas encore trouvé le moyen de s'en débarrasser.

Edward commença à se remémorer les événements qui avaient eu lieu juste avant qu'il ne perde connaissance. Il se trouvait à Yvanesca, avec son frère ainsi que Winry... la nuit tombée, il était sorti seul, alerté par des bruits étranges à l'extérieur... et là, des sortes d'énormes loups noirs s'étaient avancés vers lui... Et lui, comme un idiot, avait voulu tout faire pour les empêcher d'aller plus loin. Mais à peine avait-il couru trois mètres que sa vision était devenue noire. Il se souvenait juste d'une immense forme rectangulaire qui apparaissait derrière l'une des créatures...

La Porte ?

Le jeune alchimiste balaya du regard les environs. Non ; il se trouvait dans un lieu entièrement noir. Sans odeur, silencieux. Il faisait ni chaud, ni froid. En levant les yeux, il ne voyait même pas une étoile ; et en posant sa main gauche contre le sol, il ne sentait ni de fraîcheur, ni de chaleur. Seulement du vide, comme s'il marchait dans un air qui stagnait indéfiniment. Il se redressa et regarda alentour à nouveau, intrigué et égaré dans cet univers sinistre. Il devait rapidement savoir où il se trouvait, pourquoi il s'y trouvait, et, plus important encore, savoir si les autres étaient en sûreté.

Il choisit une direction au hasard et se mit à avancer. Lentement, comme si ce vide sous ses pieds pouvait soudain devenir aussi profond qu'une abysse, le trahir, et le laisser tomber dans un gouffre sans fin. Mais ce sol étrange ne se dérobait pas, et il pouvait continuer à avancer. En regardant autour de lui, il vit alors quelques formes vagues se dessiner devant lui. Comme des nuages noirs qui se détachaient difficilement dans cet univers déjà si sombre. Puis, ce fut un chemin qui se détacha. De formes, claires, qui se distinguaient parfaitement dans cet univers étrange. Edward s'arrêta pour regarder tout autour de lui ces formes, ces lignes blanches. Il chercha un indice, une piste à suivre, sans succès.

Il n'était peut-être plus dans le néant, mais où était-il ?

C'est alors qu'une intense lueur, à sa gauche, attira son attention. Il s'en approcha à petits pas, intrigués. Peut-être que ce n'était qu'un rêve. Ca ne ressemblait pas vraiment à une fausse porte vers la Vérité, car celle-ci, selon ses souvenirs, était plus une mer de sang et de débris qu'autre chose. Et la dernière chose qu'il souhaitait était bien d'y retourner.

Un loup. Edward se figea. La créature lumineuse le regardait avec des yeux écarlate, et elle était pareille aux créatures qui avaient envahi Yvanesca avant qu'il ne perde connaissance. C'était la même espèce de loup, mais sauf que celui-ci était blanc, brumeux comme un mirage et et brillant comme une étoile.

La créature se mit debout sur ses quatre pattes minces et puissantes, puis se tourna dans une direction sans quitter Edward des yeux. Celui-ci déglutit, et avança à petits pas vers la lumière de la créature qui, apparemment satisfaite de ce choix de sa part, continua son chemin, l'alchimiste sur les talons.

« Ah... Attends ! »

La créature allait de plus en plus vite. Heureusement, elle luisait intensément ; ce qui permettait à Edward de réussir à la pister entre les formes obscures qui se dressaient de temps à autre sur sa route, comme pour l'empêcher d'aller plus loin. Rapidement, il cessa d'essayer de comprendre la situation, et préféra se concentrer sur sa course. En cet instant, il était l'ombre et n'avait qu'une envie : avaler la lumière.

Des éclairs blancs se mirent à zébrer le vide autour de lui, et il accéléra encore, sentant ses oreilles bourdonner. Il serra les dents, sous la douleur. Il avait l'impression que ses tympans allaient exploser ; sa vue se brouillait de temps à autre et la créature lumineuse allait toujours aussi vite, là bas, droit devant lui.

« Attends... »

Il manqua de trébucher et évita à la dernière seconde un énorme bloc noir sorti de nulle part. L'univers chaotique sembla soudain se déchaîner, un éclair s'écrasa près de sa jambe et eut pour effet de le faire aller encore plus vite. Les muscles de ses jambes commençaient à lui faire sérieusement mal, sa gorge et son nez s'enflammaient, mais il ne pouvait pas s'arrêter. Pas encore, pas maintenant. La tempête ténébreuse était en train de tout aspirer autour de lui, égarant son esprit dans la plus tenace des peur, la plus obscure des confusions et le dernier des espoirs.

C'est alors que, pareille à une ultime sortie de cet enfer chaotique, une imposante porte blanche se dressa dans les ténèbres, droit devant lui, et s'ouvrit lentement, tandis que les obstacles continuaient de pleuvoir et que des sons stridents le faisaient souffrir atrocement. Sans ralentir, le loup blanc bondit à l'intérieur de la porte. Edward usa de ses dernières forces pour accélérer, et, aveuglé par l'intense lumière, il ferma les yeux et tomba, soudain inconscient.

****

Edward se réveilla en sursaut. Le froid le serra comme un étau, et il se leva d'un bond. Le sol était dallé avec des pierres arrondies, mais d'une fraîcheur extrême. Il regarda autour de lui, frémissant. Heureusement qu'il avait quand même pris son manteau avec lui... Il le replaça correctement sur ses épaules et observa son entourage. De vieux néons accrochés au murs luisaient faiblement, et s'éteignaient brièvement de temps à autre. C'était une pièce carrée, aux murs apparemment renforcés ; un vrai coffre-fort. Mais où diable était-il tombé ?

Une lueur rouge attira alors son attention, au fond de la pièce. Il avança à petits pas vers ce qui semblait être un grand cylindre, avec une vitre... rempli de pierre rouge liquide. Il tressaillit. Et lorsque, juste derrière le cylindre, il vit des crocs blancs et des yeux rouges se détacher derrière des barreaux de fer, il faillit pousser un cri de surprise.

Il recula précipitamment, coeur battant, en fixant les créatures. C'étaient encore les mêmes que celles qu'il avait vues à Yvanesca. Ces sortes de loups noirs aux yeux rouge sang, qui savaient tétaniser d'un simple regard. Mais les créatures restaient calmes, rassemblées par dizaines dans différentes cages qui se succédaient le long du mur du fond. Elles poussaient des grognements sonores mais mis à part faire les cent pas dans leur pauvre territoire ou observer le nouveau venu avec une sorte de curiosité, elles semblaient complètement passives. Au contraire ; la pierre rouge enfermée dans le grand cylindre avait l'air de les fasciner. Ou de les tétaniser et les immobiliser sur place ?

« Bon, on dirait que tu as pu traverser le Passage... tu me surprends, Fullmetal. »

Celui-ci sursauta et se retourna vivement. Ca venait bien de derrière lui ? Il y avait un petit couloir qui menait à une nouvelle pièce. Ca devait provenir de là... Edward déglutit et quitta la salle en restant sur ses gardes. Il traversa le couloir et parvint dans une nouvelle pièce beaucoup, beaucoup plus grande.

C'était le même genre de murs renforcés, mais cette fois, c'était une salle vide, de forme ronde. Pour cause : au sol, un immense cercle de transmutation était dessiné. Un cercle de pouvoir, de puissance, mais parfois aussi de mal.

La salle était sombre et Edward avait du mal à distinguer son autre extrémité, droit devant lui. Il fit quelques pas sur le cercle, et à sa surprise, sentit quelques vibrations, faibles mais bien présentes, remonter le long de ses jambes fatiguées et le faire frémir. Les traits du cercle de transmutation s'étaient mis à luire faiblement, et de l'autre côté du cercle, une silhouette sombre s'était mise en mouvement.

Deux appendices pareils à deux immenses mains d'ossements qui sortaient du corps sombre se détachèrent du cercle, pour regagner le corps de l'invocateur, assis à l'opposé d'Edward. Après avoir retrouvé une silhouette plus humaine, l'individu se releva et alla calmement à la rencontre de son invité inopiné.

« Et... comment tu te sens ? questionna l'individu avec un petit sourire gêné.

- Kerin... je te hais... rétorqua Edward en abandonnant enfin sa pose de combat, avant de ressentir pour de bon la douleur de ses jambes et de ses tympans. Et je me sens mal, ajouta-t-il en déposant sa main de chair contre son oreille gauche. C'était quoi ce bazar au juste ? J'ai cru que j'allais y passer, j'ai rien compris et d'abord on est où ?!

- Pas de panique, on est juste dans le cinquième sous-sol du laboratoire d'Endir », répliqua Kerin calmement.

Edward se laissa tomber avec un soupir, mais peu convaincu par le côté "rassurant" de la révélation de Kerin. Pour lui, les termes "on est juste" ne collaient pas avec "dans le laboratoire d'Endir".

« Et qu'est-ce que j'y fais, au juste ? questionna Edward froidement. Tu peux m'expliquer ce qu'il vient de se passer ?!

- Je t'ai fait emprunter le Passage, répondit Kerin. Une sorte de dimension quelque part entre la Porte et le monde réel.

- Une fausse Porte vers la Vérité ? questionna Edward, surpris.

- En fait... non, c'est un peu différent, répondit Kerin en s'asseyant à son tour pour être à la hauteur de son interlocuteur. Tu vois, quand tu ouvres la Porte, tu parviens directement en face de la Vérité, n'est-ce pas ?

- Euh... oui, confirma Edward en se remémorant avec douleur la mésaventure de la transmutation de sa propre mère, il y a des années de cela.

- Eh bien, le Passage que je t'ai fait emprunter est normalement le chemin que tu traverses pour aller du monde réel jusqu'à la Porte, et vice versa. Mais normalement ça se déroule en un clin d'oeil et on n'en a aucun souvenir, mais mes pouvoirs de semi-démon, ainsi que ceux de mes cousins éloignés me permettent d'exploiter le Passage à loisir. »

Kerin avait désigné d'un petit geste du pouce la pièce derrière Edward, où les créatures noires s'entassaient dans leurs cages. Edward considéra le jeune démon avec surprise, et répéta avec un sourire gêné :

« "Cousins" ?

- Eh bien... oui, répondit Kerin, gêné à son tour. Je t'ai déjà raconté tout ça, je suis à moitié démon. J'ai juste la particularité d'avoir plus ou moins forme humaine.

- "Plus ou moins" ? reprit Edward, de plus en plus intrigué par le personnage de Kerin.

- J'aimerais plutôt en venir au plus important si tu le veux bien, répliqua alors celui-ci. Ethel t'a parlé des pierres rouges qu'Endir utilise sur moi ?

- Oui... et tu en as reçu une troisième il y a peu, c'est ça ?

- Tout à fait. J'ai acquis de nouveaux pouvoirs, encore plus d'Esprim et notamment, je suis maintenant capable de permettre à quelqu'un d'emprunter le Passage. Mais pour ce premier essai, non sans risque, j'ai demandé un peu d'aide aux démons dans la salle derrière toi.

- Ce sont donc bien des démons... commenta Edward, un peu mal à l'aise. Et alors, le fait qu'ils soient venus à Yvanesca... ce n'était pas pour s'en prendre aux autres ?

- Non, tu étais le seul visé. Les démons sont retournés au laboratoire aussitôt après ta traversée du Passage, et quant à moi, j'ai gardé contact avec ton esprit pour t'aider à trouver le bon chemin et t'en tirer.

- Même si j'ai bien cru mourir à une dizaine de reprises... grommela Edward, pour qui l'expérience n'avait pas été très agréable.

- Ah, je suis désolé... s'excusa Kerin. Mais au moins, tu es arrivé ici vivant... Tu as vu comme le Passage s'est déchaîné, au fil du temps ? Plus tu y restes, plus il essaye de te faire partir à tout prix. Et un démon a pu te guider dans le noir, tu t'en rappelles ? En fait, c'était moi. C'était une part de mon esprit qui t'a guidé jusqu'à la sortie ; et tu as atterri auprès des démons qui m'avaient aidé à ouvrir le Passage.

- Et le cercle a aussi servi à ça ? questionna Edward en observant les tracés au sol.

- Oui, je ne suis pas expert en alchimie, mais en insufflant mon Esprim dans les lignes, j'ai pu maintenu le Passage ouvert et j'ai évité qu'il ne t'englobe définitivement dans une autre dimension. Le cercle ne servait certainement pas à ça à la base, mais bon... »

Edward eut un petit rire nerveux, au vu du détachement avec lequel Kerin parlait des choses graves.

« En tout cas, reprit Kerin innocemment, voilà un nouveau moyen d'entrer dans le laboratoire, non ? Endir n'a pas encore connaissance du Passage, et tant qu'il ne sera au courant de rien, nous pourrons agir. Mais il nous faut faire vite. Endir reste un alchimiste de talent, et ses recherches progressent à un rythme effréné. Si jamais il apprend l'existence du Passage, et sait que je peut l'utiliser pour transporter quelqu'un où je veux, il ne manquera pas de prendre des mesures afin d'éviter un quelconque plan de notre part.

- Des mesures, c'est-à-dire ? questionna Edward, de plus en plus intrigué par le récit de son allié.

- Par exemple... je pense qu'il est capable de m'enchaîner définitivement quelque part pour que je me tienne tranquille, tuer Ethel ou prendre tout Yvanesca en otage... rien ne l'arrête, il est plus que dangereux. »

Il y eut un silence. Certes, cette histoire de Passage était une nouvelle piste intéressante... mais c'était un trajet risqué et Edward savait qu'il refuserait d'y retourner ne serait-ce qu'une fois encore, si Kerin ne s'améliorait pas dans son art de faire emprunter aux gens des dimensions étranges.

« Je suis désolé, dit alors Kerin pour briser le silence. Dès que j'ai repris connaissance après qu'Endir m'a administré la nouvelle pierre, je me suis rendu ici pour préparer ta venue, et exploiter ma nouvelle ressource de pouvoirs. Mais... comme tu dois t'en douter, utiliser ce genre de faculté est dangereux pour mon organisme, par conséquent, il faut qu'on se dépêche d'arrêter Endir. Peut-être qu'il ne compte pas utiliser les quatre dernières pierres sur moi, mais peu importe : il a encore en tête des plans obscurs dont j'ignore tout.

- Mais... Ethel nous avait dit que tu savais des choses de plus qu'elle à propos des plans d'Endir, non ? questionna Edward, sentant un nouvel espoir fondre.

- Je sais des choses si sombres que j'ai du mal à les comprendre, répondit Kerin. En revanche, je sais quel est le but visé par Endir.

- Ne me dis pas que c'est l'acquisition de la vie éternelle », gémit Edward en se rappelant du nombre de personnes qui avaient désiré cette folie, dans le temps.

Kerin marqua un temps d'arrêt sous l'effet de la surprise, avant de rétorquer :

« La vie éternelle ? Bien sûr que non, ce que veut Endir, c'est...

- Mon petit Kerin, tu parles trop. »

Kerin se leva en sursaut et se retourna vivement. Une silhouette sombre se tenait bien droite, dressée de l'autre côté du cercle. Intrigué, Edward se leva lentement, derrière Kerin qui s'était mis à trembler très légèrement. Le jeune alchimiste remarqua avec stupeur deux immenses trous dans le haut que portait Kerin, au niveau de ses omoplates. Mais il choisit d'oublier rapidement ce mystère pour contempler le nouvel arrivant avec méfiance et surprise, lorsque ce dernier s'avança un peu plus vers les deux alliés, calmement :

« Visiblement, tu as fait quelque chose qui va me déplaire, vu la tête que tu fais », déclara le nouveau venu avec calme.

C'était un homme vêtu dans les tons bruns, un barbu d'une quarantaine d'années aux cheveux châtains assez courts. Son regard était très perçant mais dissimulait quelque chose de tétanisant ; son nez légèrement courbé avait été ridé par l'âge, de même que ses lèvres pâles au dessus de sa mâchoire puissante et carrée. Ses vêtements amples dissimulaient son corps dans sa quasi-totalité et rendaient sa carrure plus imposante qu'elle ne l'était déjà.

« Endir... » grogna Kerin en toisant son maître du plus cruellement dont il était capable.


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Et voilà, les ennuis commencent... Bref, j'espère que ce chapitre vous a plu ; n'hésitez pas à me laisser une review, ça me fera grand plaisir ^^