Auteur : Cae-La Sephyra

Source : Fullmetal Alchemist ; aucun perso ne m'appartient exceptés Kerin, Ethel, Endir et Rendy

Note : Rien à signaler sur ce chapitre, si ce n'est que c'est certainement mon préféré avec le 16 x3 Les amateurs de baston vont y être servis ! Encore une fois, je tiens à exprimer toute ma gratitude envers Sabine et Matsuyama qui continuent de m'encourager.


Dixième Chapitre : Alchimie funeste



Lorsqu'Alphonse rouvrit les yeux, le froid matinal le fit frémir. Il se redressa sur ses draps et saisit un gilet gris qui traînait à proximité avant de l'enfiler, puis de jeter un coup d'oeil au reste de la pièce. Winry semblait se réveiller lentement elle aussi, mais en revanche, Edward n'était plus là. Alphonse poussa un long soupir et se leva, remit rapidement ses draps en place et sortit de la chambre, tandis que Winry, encore somnolente, s'habillait rapidement. Alors qu'elle s'apprêtait à quitter la chambre à son tour après avoir passé un coup de peigne dans sa longue chevelure blonde, Alphonse revint en trombe dans la pièce et s'exclama :

« Winry, Ed a disparu, il n'est nulle part ! Il n'a même pas laissé un message, ni rien...

- Hein ?! s'étonna Winry.

- J'ai aussi vérifié autour de la maison, mais rien du tout...

- Il exagère ! lança Winry. Ca ne lui arrive jamais de s'imaginer qu'on s'inquiète pour lui ?! »

Alphonse poussa déjà son deuxième soupir de la journée.

****

Alphonse et Winry avaient conclu qu'il leur fallait aller le chercher. Ils quittèrent la maison bien couverts et eurent pour réflexe de commencer par regarder de tous côtés. A gauche, la rue s'enfonçait vers les rivages de la ville et celle de droite fondait vers le laboratoire d'Endir. La nuit précédente avait grandement rafraîchi l'extérieur. Comme à son habitude, Yvanesca était plongée dans le silence, et certainement aussi la crainte. Le ciel, couleur bleu pastel, semblait aussi immobile et éteint que les maisons ocres qui entouraient les deux amis.

« Où peut-il être allé ?... marmonna Winry dans son écharpe, qu'elle avait emporté pour lutter contre le froid matinal.

- Hum... je n'en sais trop rien, admit Alphonse. Et si on...

- ... Si on quoi ? »

Alphonse s'était interrompu et avait froncé les sourcils en regardant fixement une direction. Là-bas, droit devant, perchée sur l'une des maisons ocres, une silhouette semblait observer les environs du laboratoire.

« On dirait... commença Alphonse en s'approchant des maisons avec l'intention de grimper dessus.

- Ah... attends, tu vas où ? » réagit Winry.

En guise de réponse, Alphonse frappa ses mains l'une contre l'autre avant de les déposer au sol. Des éclairs surgirent et l'énergie se mit à fuser de tous côtés, la terre remua et se mit à former un escalier grimpant jusqu'aux toits des maisons ocres. Le jeune alchimiste gravit quelques marches, puis s'arrêta, se retourna et tendit sa main vers son amie.

« Tu viens ? » lui dit-il en plongeant dans son regard ses yeux dorés.

Les mêmes que son frère. Une fois de plus, Winry crut s'y perdre lorsqu'elle consentit à s'avancer vers son ami, pour déposer sa main dans la sienne.

****

Endir décocha un sourire tétanisant. Kerin fit un pas en arrière mais continuait de se tenir sur ses gardes : derrière lui, Edward n'était pas vraiment en mesure de se battre de toutes ses forces, à cause de sa traversée du Passage.

« Recule, Fullmetal... souffla le jeune démon.

- Kerin, on peut savoir qui est cet invité que tu m'as ramené là ? » questionna alors Endir.

Kerin serra les dents, et sentit une colère sans faille grimper en lui. Il n'avait pas prévu que son maître puisse arriver maintenant, alors que d'habitude à ces heures là, il était toujours plongé dans ses livres d'alchimie, quelque part au troisième sous-sol. Il ne descendait presque jamais dans les profondeurs du cinquième. Kerin en était certain. Il avait étudié les faits et gestes de son maître pendant des jours, des mois et des années ; avant de conclure qu'il avait des habitudes très routinières. Connaître par coeur ses trajets quotidiens avait souvent à permis à Kerin et Ethel d'échapper à son regard, à ses sentences, à ses règles qu'il leur avaient imposées. Et alors qu'une fois de plus, Kerin avait minutieusement préparé le terrain, encore courbatu et endolori par cette pierre rouge qu'il venait de recevoir en lui, alors qu'il était passé outre sa douleur et s'était traîné tant bien que mal jusque dans le sous-sol le moins fréquenté par son maître, voilà qu'Endir, pour la première fois depuis dix-sept ans, arrivait à contrecarrer ses plans ?

« Tu es surpris ? » questionna son maître avec un petit sourire, comme Kerin s'obstinait à ne pas répondre.

Un hasard ?

Le jeune démon frémissait toujours de rage. Edward n'était pas le seul à avoir été affaibli par le Passage ; pour Kerin, l'ouvrir et permettre à quelqu'un de le traverser l'avait également vidé de ses forces.

« Tu es le Fullmetal Alchemist, n'est-ce pas ? »

Edward frémit. A présent, c'était lui qu'Endir observait, et c'était à lui qu'il venait de s'adresser, toujours avec ce petit sourire qu'on avait envie de lui faire ravaler. Edward se décala légèrement, pour ne plus être dissimulé par Kerin, et ce dernier le regarda sans comprendre.

« Fullmetal... commença-t-il.

- Viens », lança Edward à Endir en frappant ses mains l'une contre l'autre.

Un duel d'alchimie.

Lorsque Kerin voulut crier à son ami de s'enfuir, le combat avait déjà commencé, et il était déjà trop tard.

Des montagnes surgirent du sol et des murs pour fuser vers les deux adversaires opposés ; les éclairs de transmutation criaient et couraient sur les parois de pierre et de dalles, pour libérer leur puissance comme divine. Kerin recula vivement et se plaqua le dos contre le mur circulaire, le plus éloigné possible du conflit. Il croisa ses bras devant son visage pour ne pas être aveuglé par les vagues de poussière qui allaient et venaient, sans compter les projectiles qui volaient dans toutes les directions. Il chercha à distinguer chacun des deux combattants, mais à peine une silhouette faisait quelques pas vers lui et était sur le point de se dévoiler à ses yeux, elle disparaissait à nouveau dans la violence et la confusion du conflit.

Kerin savait qu'il devait agir. Oui, mais ses pouvoirs étaient plus une rage destructrice qu'autre chose ; qu'il était loin de pouvoir contrôler et d'user sans risquer de blesser son allié. Pourtant, il ne pouvait pas rester là à ne rien faire. Il tourna la tête en direction de l'entrée du petit couloir, qui menait dans la salle où étaient enfermés les démons ; la petite salle où Edward s'était réveillé après sa traversée du Passage. C'était la seule issue ; vu que la porte par laquelle était arrivé Endir avait sans doute été scellée par ce dernier.

Aussi, en moins d'une seconde, Kerin avait pris sa décision.

Longeant le mur circulaire, évitant tant bien que mal les projectiles et les éclairs qui fusaient de tous côtés, Kerin se mit à courir en direction du petit couloir. S'il libérait les démons en les éloignant de la pierre rouge, peut-être qu'il arriverait à les contrôler pour qu'ils se rebellent contre Endir, comme il l'avait fait plus tôt... Détruire ce cylindre de pierre rouge lui serait une tâche accrue mais il s'en moquait : il n'allait pas reculer maintenant.

Alors qu'il était sur le point d'atteindre son objectif et de s'éclipser du champ de combat, une immense pointe de béton traversa la pièce et alla percuter le mur à sa gauche, manquant de lui fracasser la tête et lui bloquant le passage. Kerin freina subitement, surpris par l'attaque, et se tourna à nouveau vers l'arène. Le conflit semblait s'être calmé, et pour cause : Edward s'était effondré à quelques mètres d'Endir, qui avait profité de la faiblesse de son adversaire pour empêcher Kerin de mettre son nouveau plan à exécution.

« Où vas-tu comme ça, mon petit Kerin ? questionna Endir d'un ton moqueur. Tu n'as pas envie de voir ton ami détruit par cette science qu'il vénère depuis son plus jeune âge ? »

Edward releva la tête d'un coup, serrant les dents, et frappa sans crier gare ses deux mains l'une contre l'autre. Quelques piliers surgirent du sol, déformant le cercle de transmutation qui y avait été tracé, puis foncèrent vers Endir. Celui-ci para sans mal les attaques de son adversaire avec un énorme mur de pierre qu'il fit surgir devant lui. C'était l'occasion qu'attendait l'alchimiste d'Acier : alors qu'un nouveau nuage de poussière s'était levé, Edward surprit son adversaire et, une lame fraîchement formée sur son bras mécanique, il fondit vers le centre de la pièce, fit un bond prodigieux en direction d'Endir et frappa de toutes ses forces.

Mais, déjà grandement affaibli par le combat, il manqua sa cible.

Un pilier de béton surgit du sol et lui frappa l'abdomen ; il fut projeté avec violence à l'autre bout de l'arène et roula sur le sol ravagé de toutes parts. Il tenta de se redresser, et poussa un gémissement de douleur. Le souffle coupé, il sentit un mince filet de sang glisser de ses lèvres jusqu'à son menton.

« Fullmetal ! »

Kerin n'avait rien vu venir. Tout s'était passé trop vite. Le jeune démon n'attendit pas et commença à concentrer sa puissance. C'était maintenant ou jamais. Il devait le faire. Il devait le tuer. Tout serait terminé, il serait libre, ils seraient...

Il avait à peine commencé à métamorphoser son bras qu'il se retrouva avec une pierre rouge brandie devant son visage. Endir avait vu venir le coup et encore une fois, avait paré une agression à son égard avec excellence. Kerin sentit ses yeux s'agrandir, et la métamorphose de ses membres ne s'arrêta pas. Son corps parcouru de violents spasmes, il poussa un hurlement, et posa un genou au sol. Sur son bras, une marque noir s'étendait de plus en plus, durcissait et recouvrait sa peau. De cette matière noire surgirent bientôt de longues griffes, et des plumes noires vinrent se mêler à la transformation, en poussant sur ses bras qui ressemblaient plus à d'énormes serres de rapace qu'à des mains.

Edward se redressa légèrement avec douleur pour contempler la scène avec stupeur. Plus rouges que jamais, les yeux de Kerin s'enflammaient, fixaient le vide et concentraient leur colère, tandis que sur ses bras continuaient de croître ces griffes meurtrières, tranchantes comme des lames de sabre qui déchiquetaient les manches du haut qu'il portait. Sa chevelure noire se hérissait, et ses omoplates aussi commençaient à se transformer. Sans crier gare, deux immenses ailes d'ossements surgirent de son dos tandis qu'il hurlait à nouveau, dans une cascade de plumes noires qui masquaient de temps à autre l'effrayant spectacle. Edward tenta de se relever, de se servir à nouveau de son alchimie, mais rien à faire ; la dernière attaque d'Endir l'avait véritablement cloué au sol, il n'arrivait même plus à penser. Tout ce qu'il arrivait à faire pour l'instant était d'assister à la métamorphose de Kerin, qui peut-être retrouvait sa vraie nature.

Un démon. Un assassin, froid et cruel. A nouveau, il en avait un sous les yeux.

« On dirait que vous avez perdu, tous les deux », commenta Endir de sa voix puissante.

Il tourna alors son regard vers Edward qui tentait de se rasseoir, lentement, sans cesser de toiser son ennemi.

« Malgré tout, tu m'as impressionné, Fullmetal Alchemist, continua-t-il. Ta réputation n'est pas usurpée, tu est bel et bien un alchimiste de talent. Que dirais-tu de me rejoindre ? »

Il avait tendu sa main puissante, ornée d'un épais bracelet carré, en direction du jeune alchimiste. Ce dernier, ne parvenant à y croire, mit un instant avant de réaliser la question qu'on venait de lui poser. Lui, rejoindre le camp d'Endir ? Rejoindre le camp d'Endir ? Il cligna deux fois des yeux puis se dit que s'il avait été dans une situation plus simple et plus à son avantage, il aurait peut-être ri de la blague.

« Retourne te coucher, vieux chnoque... grommela Edward tant bien que mal en se massant l'abdomen. C'est pas demain la veille que j'irai approuver les agissements d'un cinglé comme toi...

- ...Je vois, rétorqua Endir sèchement. Tu es également plus idiot que je le pensais. Tu connais pourtant la différence majeure entre toi et Kerin, non ? »

Le jeune démon, ses deux immenses ailes osseuses et ornées de plumes noires plantées dans son dos, tenta de se redresser en prenant appui sur ses griffes démesurées. Il tremblait encore, à la puissance qui émanait de la pierre rouge toujours brandie devant lui. Il frémissait, et ne pouvait rien faire... Ses gestes étaient limités à ces spasmes qui secouaient ses membres, et il luttait sans relâche contre l'emprise mentale que la pierre tentait d'avoir sur lui. S'il se dégageait maintenant de l'emprise de la pierre, il pourrait venir en aide à Edward et, mieux encore, tuer Endir une bonne fois pour toutes...

« Il est mon protégé, et tu es mon ennemi, acheva Endir avec sa voix puissante. Lui ne risque pas de mourir de ma main, aujourd'hui. Tandis que toi, c'est un peu différent... »

Le maître de Kerin décocha un sourire carnassier, puis tendit alors la pierre rouge en direction d'Edward.

« Kerin, tue-le. »

Un nouveau hurlement. L'ordre était prononcé, il était irrévocable. Contre son gré, ces griffes tranchantes se soulevèrent et frappèrent le sol avec fureur, prêtes à déchiqueter la proie qu'on leur avait désignée. Kerin haletait, luttant, et n'avait pas encore abandonné. Ses ailes frémissaient d'impatience, attendant de même le moment où enfin, le jeune démon céderait sa partie humaine à sa nature sombre et fonderait sans pitié sur son ennemi.

« Kerin... répéta Endir avec patience. Tue-le, tue cet alchimiste. Il a causé du tort à ton maître. »

Justement. Kerin gardait encore quelques forces, dont celle de résister à l'emprise de la petite pierre rouge. Cette pierre née de la plus funeste alchimie.

« Fais ce que je te dis ! » tonna alors l'homme avec plus d'insistance, en brandissant à nouveau la pierre en direction de Kerin.

Celui ci eut un mouvement de recul, puis perdit le contrôle de son bras droit qui se souleva de lui-même, toutes griffes brandies, et se rabattit avec violence en direction d'Edward. Ce dernier serra les dents et ferma les yeux, au cas où sa dernière heure était venue.

Les cinq griffes se plantèrent en même temps dans le sol, de part et d'autre du jeune alchimiste. Celui-ci, en rouvrant les yeux, constata avec soulagement que Kerin avait gardé une once de contrôle de ses attributs démoniaques, puisqu'il avait réussi à frapper sciemment au mauvais endroit. Endir serra les dents à son tour, de plus en plus agacé par la résistance de Kerin. Jamais il ne s'était débattu à ce point lorsqu'il lui avait fallu tuer quelqu'un contre son gré.

Kerin retira son bras et le planta à nouveau devant lui, pour l'empêcher de bouger et d'attaquer Edward. Mais le jeune démon avait beau résister, il n'en perdait pas moins ses forces et son esprit. Un liquide rouge surgit de sa gorge et il le cracha sur le sol, toussant, suffoquant. Sa respiration déjà rauque semblait se faire de plus en plus difficile, et Edward constata avec stupeur que ce n'était pas du sang qu'il avait craché. C'était des fragments de pierre rouge, des résidus de celles qu'Endir lui avait administrées.

L'espace d'une seconde, le regard d'Edward et de Kerin se croisèrent. L'espace d'une seconde, ils se comprirent et échafaudèrent un dernier plan, celui qui déciderait de l'issue du combat.

Kerin lâcha son bras qui donna un grand coup sur le sol et balaya les fragments de pierre rouge en direction d'Edward. Celui-ci en attrapa un au vol, et sentit sa puissance incommensurable parcourir son corps et le raviver comme une flamme, lorsqu'il se servit de cette nouvelle énergie pour frapper ses mains l'une contre l'autre.

Ils savaient tous deux que si ce coup fonctionnait, ils l'emporteraient sur Endir, ils mettraient fin au calvaire et à la crainte des habitants d'Yvanesca ; ce serait la fin de leurs tourments, des divagations de ce chasseur de prime, la fin...

Edward plaqua ses mains sur le sol et misa tout le reste de sa force dans un dernier assaut.

Il se souvint uniquement de colonnes de pierre fuser en direction de son ennemi, et d'une lueur intense, écarlate, envahir l'arène. Puis deux cris résonner à l'unisson, suivis d'une douleur monstrueuse qui vint lui déchirer l'épaule ; une griffe tranchante plantée dans sa jambe, et des yeux écarlates qui l'embrasaient de peur et de douleur...

Retombant inerte sur le sol dévasté de l'arène, où le cercle de transmutation avait perdu segments et pouvoir, Edward sut qu'il avait perdu une précieuse manche de son combat. Et, peut-être même, la dernière.

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C'est tout pour aujourd'hui, j'espère que ça vous a plu ! N'hésitez surtout pas à me donner votre avis, j'accepterai toute critique ^^