Auteur : Cae-La Sephyra
Source : Fullmetal Alchemist ; aucun perso ne m'appartient exceptés Kerin, Ethel, Endir, Kain et Rendy.
Note : Pour répondre à ta question Matsuyama, je m'inspire aussi de quelques éléments de l'anime ( essentiellement l'oeil en moins de Roy et la production de pierres rouges ). Mais je reprends majoritairement les trucs du manga ^^ Quoiqu'il en soit je te remercie énormément pour ta review, ainsi que toi Sabine qui m'encourage toujours autant !
Ah au fait, j'ai mis un petit dessin de Rendy en avatar, si ça vous intéresse. Voilà, je vous souhaite une bonne lecture ^^
Quatorzième Chapitre : Réunion
« C'est toi... Kerin ? » questionna Winry.
La question sembla surprendre Alphonse, Kain et Rendy. Ils restèrent interdits, fixant la créature, examinant le moindre de ses mouvements pour tenter d'y discerner ceux du jeune démon. Mais c'était cette voix, intense et grave, qui avait mis la jeune mécanicienne sur la voie.
« Oui, c'est moi, répondit le démon de sa voix lointaine. Je me sers de l'enveloppe corporelle d'un démon pour venir vous parler en face. Je vous expliquerai en chemin, allons-y ! »
Mustang, Kain et Rendy semblaient hésiter, mais Alphonse et Winry se précipitèrent vers la créature qui repartait en direction du laboratoire. Finalement, les trois méfiants se décidèrent à suivre le mouvement, à contrecoeur pour certains.
« Cet enfoiré... maugréa Rendy. Si on avait pas besoin de lui pour aller chercher son cinglé de prof, il y a longtemps qu'il se serait reçu trois balles dans la tête...
- Rendy, c'est pas le moment ! » lança Alphonse par-dessus son épaule.
Le chasseur de primes agacé se garda de répliquer. Kerin en profita pour prendre la parole, trottant aux côtés de ses alliés :
« Je suis actuellement enfermé au cinquième sous-sol. Edward est quelque part dans les cachots, au même étage. Il est en vie, mais il est blessé et a besoin de votre aide. »
Le jeune démon avait enfin dit ce que Winry voulait entendre. Elle le regarda longuement avec surprise et gratitude, puis infiniment soulagée, elle reprit sa course de plus bel. Elle allait secourir Edward, et le revoir, enfin...
« Ethel compte aller le rejoindre pour le faire sortir de prison, continua Kerin. Quant à Endir, il a quitté le laboratoire depuis quelques heures.
- Comment ?! réagit Alphonse. Alors, on peut entrer sans problème ?
- Oui, mais selon les plans d'Endir, les démons devaient aller semer la panique dans la ville pour faire diversion. Il n'avait visiblement pas prévu que l'armée intervienne... Ca nous laisse une faille à exploiter à loisir. »
Mustang décocha un petit sourire. Ca, pour sûr, Endir n'aurait pas dû le sous-estimer.
« Et tu sais où il est allé ? questionna Winry.
- Il est reparti vers le sud, par un tunnel souterrain, répondit Kerin. Au sud d'Yvanesca, près d'Aerugo, il a poursuivi pendant des années la construction d'une tour gigantesque au milieu d'un cratère.
- Une tour ? On doit la voir de loin, alors ? Ce n'est pas très discret comme édifice...
- Je ne l'ai jamais vue, en réalité. Endir m'a toujours défendu de m'y rendre. Mais cette tour doit cacher bien des mystères, puisque même si elle est immense, aux dires de mon maître, je ne l'ai jamais aperçue. En tout cas, Endir s'y trouve certainement à l'heure qu'il est, et il s'occupe de derniers préparatifs pour le plan qu'il a en tête. Je vous en parlerai plus tard. Pour l'instant, il vous faut entrer dans ce laboratoire, et trouver un moyen de me libérer... Il y a un cylindre de pierre rouge devant moi ; ce qui fait que je ne peux pas me transformer, et donc je suis incapable de me dégager.
- Minable... souffla Rendy.
- Et Ethel ? reprit Winry pour couvrir la voix du chasseur de primes.
- Endir lui a administré une pierre rouge, répondit Kerin avec une soudaine fureur, les crocs serrés. Elle ne peut pas approcher ce maudit cylindre non plus. Pour l'instant, je l'ai chargée d'aller libérer Edward ; mais avant ça il faudra désactiver l'émetteur qu'elle a au cou. Sinon, Endir pourra l'exécuter quand il la verra partir de la salle principale du cinquième sous-sol ; salle qu'il lui a interdit de quitter. Or, il possède un appareil lui permettant de savoir exactement où elle se trouve, à chaque instant. »
Il s'interrompit en constatant que le laboratoire était à portée. Les six alliés ralentirent et s'approchèrent de la structure d'acier. Les caméras les avaient vus depuis longtemps et les scrutaient avec leur objectif poussiéreux ; mais à présent, ils n'avaient plus à s'en soucier.
« Ce serait trop long de rentrer les codes, dit alors Kerin en courant vers la structure. Suivez-moi ! »
Il sauta sur un mur d'acier et le traversa comme un nuage de sable, en laissant sur le mur une large tache noire. Confiants, Alphonse et Winry coururent vers la paroi et la traversèrent par la marque noire. Ils furent bientôt imités par Mustang, Kain et Rendy ; ce dernier empruntant une voie gorgée d'Esprim à contrecoeur.
Les cinq alliés débouchèrent directement dans une immense cavité faite d'acier et de machines ; un lieu de technologie et de mal.
Pour la première fois, ils entraient dans le laboratoire d'Endir.
Ce lieu redouté était inquiétant, avec toutes ces lumières artificielles fixées au plafond et aux murs ; ils se trouvaient pour l'instant dans une immense salle circulaire avec un passage longeant le mur, qui les faisait descendre vers les abysses du repaire. Au centre du chemin descendant se trouvait un immense gouffre sombre, si profond qu'on en apercevait pas l'extrémité.
Le démon s'était mis à trembler légèrement, en émettant des grognements rauques. Winry s'approcha de lui, inquiète :
« Kerin, tout va bien ?
- Je... je n'ai plus beaucoup de temps, répondit la créature avec la voix du jeune démon. Il faut que je vous guide au plus vite au second sous-sol. Suivez-moi ! »
Ils empruntèrent la seule voie potentielle ; le passage qui longeait les murs arrondis. Les parois d'acier défilèrent, les unes après les autres, au fil de leur course. Il régnait un profond silence ; ils n'entendaient que le bruit de leurs pas résonner dans cette immensité, et parfois le ronronnement de quelque machine terrée dans les profondeurs de l'édifice souterrain. Ils parvinrent rapidement au second sous-sol, où, d'après Kerin, se trouvait la machine qui gardait l'émetteur d'Ethel activé.
« C'est ici », annonça Kerin en arrivant dans une nouvelle pièce.
Celle-ci était grande et rectangulaire, avec une sortie droit devant, et deux rangées de machines de part et d'autre du chemin. Les intrus commencèrent à longer les engins en tout genre, guidés par Kerin, qui finit par s'arrêter devant une machine particulière :
« C'est celle-là.
- Comment tu le sais ? questionna Alphonse, intrigué.
- Endir lui-même me l'a dit. Mais comme je ne suis pas capable de la mettre hors-service sans déclencher l'auto-destruction de l'émetteur, cette information n'était qu'une provocation à mon égard ; rien de plus. »
La machine en question n'avait rien d'impressionnant ; ce n'était qu'une grande boîte de métal avec quelques lumières rouges ou vertes qui clignotaient, et une table pourvues de touches pour entrer des codes sur un petit écran vert sombre. Le démon désigna du museau un boîtier à l'arrière de la machine ; Winry ne se fit pas prier et sortit ses outils. Elle dévissa rapidement le couvercle métallique du boîtier, et se trouva nez à nez avec des dizaines de fils multicolores qui faisaient vivre la machine.
« On connaît le scénario, lança Rendy, railleur. Y'a cinquante fils identiques et faut couper le bon ?
- Je ne veux pas voir ça... » déclara Kain en s'éloignant des machines.
Winry, concentrée, observa les fils et les mécanismes avec attention. Il fallait saboter à un endroit bien déterminé ; c'était la vie d'Ethel qui était mise en jeu.
« Si je coupe le fil directement relié à la connexion énergétique, l'émetteur sera désactivé sur-le-champ, et n'aura même pas le temps d'imploser... souffla Winry. Je crois que c'est ici... »
Elle approcha sa pince coupante d'un fil rouge un peu en retrait, légèrement tremblante ; puis coupa le fil d'un coup sec. La machine s'éteignit d'un coup ; les lumières moururent et le ronronnement du moteur s'évanouit. Un grand silence s'ensuivit.
« Ca a marché ? » questionna Alphonse, anxieux, premier à oser briser le silence.
Ils n'avaient aucun moyen de le savoir. Pas pour l'instant.
« Je dois vous laisser, maintenant, annonça Kerin, dissimulant mal son inquiétude pour Ethel. Retrouvons-nous au quatrième sous-sol, dans la bibliothèque ; vous trouverez le chemin facilement. Continuez à descendre le plus bas possible dans la cavité principale. »
Sur ce, le démon s'évanouit comme un nuage de fumée, éteignant ses yeux écarlates.
****
Ethel rouvrit subitement les yeux. Elle porta la main à son cou, et à sa grande surprise, ne sentit plus l'émetteur vibrer. Elle le saisit d'une main, et l'arracha violemment de son raz-du-cou en fermant les yeux. Rien. Elle considéra l'objet métallique avec mépris, puis le lança avec fureur le plus loin possible, avant de se redresser, encore un peu frémissante.
« Ethel ! cria alors Kerin, de la salle d'à côté. Ethel, dis-moi que ça a marché !
- On ne peut mieux, répondit Ethel en souriant. Je suis enfin débarrassée de cet odieuse machine... »
Kerin sourit à son tour, et s'autorisa à pousser un long soupir de soulagement. Il avait bien fait de miser sur les talents de la jeune mécanicienne.
« Parfait, alors c'est le moment d'aller secourir Edward ! reprit Kerin, car la situation restait grave.
- J'y vais tout de suite. Après, on revient te chercher ! »
La jeune fille quitta la salle en titubant un peu, affaiblie par la pierre. Elle avait des tremblements dans tout le corps, et sa vue se brouillait de temps à autre ; arrivée dans le couloir des cachots, elle dut avancer en s'aidant du mur. Même si son corps lui sommait de s'arrêter, lui faisait croire qu'elle était fatiguée et qu'elle avait mal, elle ne s'arrêta pas. Il lui restait encore du chemin à parcourir.
****
Edward rouvrit les yeux. Il entendait des bruits de pas ; on venait dans sa direction. Il se redressa vivement, prêt à faire face à son visiteur. Les pas étaient irréguliers et parfois hésitants ; quelqu'un de blessé ? C'est alors qu'Ethel arriva près de lui, et tomba à genoux devant sa cellule en saisissant un barreau pour ne pas perdre l'équilibre.
« Ethel... grogna Edward, qui ne savait toujours pas s'il devait avoir pitié ou la traiter en ennemie.
- Pardonne... moi, murmura alors Ethel. Je suis venue te sauver. Pardonne-moi de t'avoir regardé comme ça... tout à l'heure... c'était pour qu'Endir ne se doute de rien... »
Cette explication lui suffit. En un rien de temps, Edward oublia ses doutes et ses craintes, pour reporter toute son attention sur la situation présente : leur combat final contre Endir allait bientôt débuter. Néanmoins, il fut surpris par le regard de la jeune femme : malgré les ténèbres, il pouvait distinguer une lueur rouge dans ses yeux émeraude.
« On fera un topo plus tard, déclara-t-elle alors. Recule un peu s'il te plaît... »
Edward s'exécuta et la seconde d'après, le bruit d'une lame de vent fendit l'air, la serrure vola en éclats et la porte de la cellule s'ouvrit lentement en poussant un long grincement. Edward resta longtemps interdit, sans avoir compris ce qui venait de se passer. C'est alors qu'il vit la main gauche d'Ethel ; elle l'avait transformée pour y faire pousser cinq lames affûtées, comme à la manière de l'Homonculus de la luxure, il y a longtemps de cela...
« Allons, tu peux marcher ? questionna Ethel, une goutte de sueur sur la tempe, en faisant disparaître de sa main les lames aiguisées.
- Je crois... », répondit Edward en se redressant sur ses jambes.
Elles tremblaient encore, et sa jambe droite lui faisait toujours aussi mal ; même s'il avait à peu près guéri sa blessure, la plaie n'était pas soignée au point qu'il puisse marcher tout à fait normalement.
« On va aller retrouver les autres, déclara Ethel en se relevant à son tour. Endir n'est pas là pour l'instant, on a le temps de planifier quelque chose...
- Et Kerin, il est où ? questionna Edward, se remémorant les hurlements de rage du jeune démon, quelques dizaines de minutes plus tôt.
- Enfermé dans la salle du fond. »
Edward lança un regard en direction de ladite salle.
****
Kerin était somnolent. Devant lui, le cylindre de pierre rouge refusait de bouger de place, à son désespoir aussi bien qu'à celui des démons enfermés dans leur cellule. Ca l'aurait arrangé de trouver un nouveau pouvoir, comme celui de passer à travers les murs... S'il avait pu le faire tout à l'heure, c'était uniquement parce qu'il avait additionné ses pouvoirs avec celui d'un véritable démon. C'était aussi en prêtant un peu d'Esprim supplémentaire à la créature qu'il avait réussi à lui faire quitter sa cellule en empruntant le Passage... mais finalement, seul, il ne pouvait pas faire grand-chose ; il aurait essayé quelque chose s'il lui restait encore un peu d'énergie. Malheureusement, après son petit voyage à la surface avec l'enveloppe corporelle d'un démon l'avait vidé de ses forces.
C'est alors qu'il entendit des pas, dans la salle voisine à celle où il était enfermé. Une personne... non, deux. Et à nouveau une seule ; l'autre s'était stoppée. Les pas se rapprochèrent, puis il entendit le claquement de deux mains frappées l'une contre l'autre. Quelques secondes plus tard, il ne comprit plus ce qui lui arrivait ; il se sentit plongé dans le noir, tiré en arrière, pris dans une avalanche de pierres ; puis il s'effondra finalement sur le sol de la salle au cercle de transmutation, libre de ses mouvements. Il se redressa avec peine, émergeant d'une montagne de pierres, et jeta à Edward un regard noir.
« On est quittes ? questionna l'alchimiste en lui tendant la main pour l'aider à se relever.
- J'en ai bien peur... » rétorqua le jeune démon avec un sourire, en acceptant l'aide de son allié.
Edward avait fait un grand trou dans le mur contre lequel était immobilisé Kerin, par la salle de derrière, le précipitant dans la salle au cercle de transmutation en lui faisant complètement traverser le mur derrière lui. Kerin avait fini dans une avalanche de pierres démontées par l'alchimie, mais au moins, il se trouvait maintenant loin du cylindre de pierre rouge, et pouvait enfin se dégager.
Edward transmuta encore les brassards d'acier qui avaient permis à Endir d'immobiliser son protégé contre le mur, et bientôt, le jeune démon avait retrouvé sa complète liberté de mouvements. Il se redressa en se secouant, pour ôter les derniers morceaux de pierre et la poussière sur ses vêtements, ainsi que dans ses longs cheveux noirs. C'est alors que son regard tomba enfin sur Ethel. Elle lui décocha un sourire, les larmes aux yeux. Kerin ne lui rendit pas ce sourire. Il regardait ses yeux, abasourdi, et bientôt, frémissant de rage. Une âme écarlate. Il en avait une sous les yeux. A l'émeraude des yeux d'Ethel s'était mêlé un rouge flamboyant, le reflet de la pierre rouge, que lui avait imposée Endir. En comparaison, ce tatouage noir qu'elle avait sur le sternum n'était rien. Il avait le même sur la main gauche après tout, c'était leur marque de fer rouge, leur symbole de captifs. Ce n'était pas aussi grave que de devenir, d'un instant à l'autre, un humain dévoré par la cupidité d'une pierre maléfique.
« Ethel... commença Kerin, dont le visage oscillait entre colère et tristesse. Alors, c'est vrai ?... Tu... »
La jeune fille ne répondit pas. Elle s'avança vers son ami, calmement, et tandis qu'Edward jugeait bon de détourner le regard, la jeune femme étreignit son ami de toujours.
Cette pierre n'avait pas d'importance, tant qu'elle pouvait rester avec lui jusqu'à sa mort.
Kerin fixait le vide, abasourdi et désespéré, mais devait se rendre à l'évidence ; le combat touchait à sa fin, tout était en train de changer, et personne ne pourrait jamais plus faire marche arrière. A son tour, il serra Ethel contre lui, ne serait-ce que pour sentir son odeur, s'assurer que c'était bien elle ; et à son soulagement, cette odeur fraîche qu'elle avait toujours eue embaumait encore sa chevelure et son corps, corps si jeune et déjà tellement meurtri par la cruauté d'Endir. Il n'avait pas le droit de faire d'elle une âme écarlate. Un démon. Une créature fuite, crainte et haïe. Il n'en avait simplement pas le droit. Et il l'avait quand même fait. Juste pour punir Kerin d'avoir osé se rebeller contre son maître, aux côtés qui plus est d'un alchimiste d'Etat. Oui, c'était la seule raison, au fond. C'était de sa faute.
« Pardonne-moi, dit alors Kerin en caressant la chevelure ondulée de son amie. Je t'en prie, pardonne-moi... »
Ethel ne répondit pas, mais, avec un sourire, elle laissa son front se déposer sur le torse de son ami.
Ami qui jamais n'aurait le droit à sa rancoeur.
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Oh ! Mais c'est qu'il y a un peu de romance dans cette fic, finalement ! Je vous en réserve aussi une bonne dose pour le chapitre 16 ;3 Une petite review pour ma peine ?
