Pendant longtemps, ni Stefan, ni Caroline n'osèrent rompre la quiétude du moment. Mais arriva une heure avancée de la nuit, où l'un et l'autre sentirent la fatigue et le froid les saisir.

- Je vais te laisser te rincer. Fit Stefan en quittant la poupe du bain duquel sa compagne n'avait pas bougé depuis 2 heures.

- Ok. Lui sourit-elle, résignée et lasse.

Encore une fois, le courage de Caroline lui brisa le cœur. Mais, Stefan n'eut pas le temps de s'appesantir sur les sentiments que lui inspirait la bravoure de son amie. La jeune femme, oubliant qu'elle était nue, tentait de se remettre sur pieds et il se hâta de détourner le regard. Une seconde plus tard, un petit cri et le bruit étouffé d'un choc le firent brusquement faire volte-face. Caroline avait basculée, ses genoux refusant de la porter, et s'était écroulée dans l'eau devenue sombre du bain. Une vague déborda des parois de marbres, inondant les murs et la moitié du tapis qui le devançait, tandis que la jeune femme disparaissait sous l'eau noirâtre. Stefan se précipita et, d'une main sous la nuque, aida sa compagne à revenir à la surface dans une série chaotique de quinte de toux.

- Hey, Hey ! Tenta de la calmer le vampire en l'aidant à se rasseoir.

Mais la frayeur avait ranimé toutes les terreurs que Caroline s'étaient évertuer à contenir, et cette dernière se retrouva à trembler, à nouveau secouée comme une feuille en hiver, immergée dans l'eau stagnante et à présent froide. Et à nouveau, ses yeux étaient baignés de larmes.

Stefan, aussi trempé que sa compagne, souleva cette dernière entre ses bras et l'assis délicatement, tremblante, sur le meuble de salle de bain. Précipitamment, il s'empara d'une immense serviette et en recouvrit Caroline. Pendant de longues minutes, il la frictionna, s'évertuant à chasser le froid du corps de la jeune femme. Finalement, ses larmes se tarirent et elle leva un regard brillant mais reconnaissant vers son ami.

- Il faut que tu manges quelque chose ! Lui signala doucement ce dernier.

Caroline fronça son joli nez, signe qu'elle n'était pas vraiment emballée par l'idée.

- Ne bouges pas ! Lui ordonna doucement Stefan avant de l'abandonner sur son perchoir pour se précipiter à la cuisine.

Une poignée de seconde plus tard, il était de retour, une poche de sang dans chaque main. Malgré ses réticences, les yeux de Caroline s'assombrir de faim et, lorsque Stefan lui tendit son dîner, elle se précipita sur l'embout et en avala de larges goulées. Lorsqu'elle eut finit la première, Stefan lui tendit la seconde avec soulagement et amusement.

- Il faut te rincer aussi ! Lui signala-t-il encore.

Caroline hocha la tête. Mais, lorsqu'elle tenta de se mettre sur ses pieds, ses jambes flageolèrent de plus belle. Stefan l'aida à s'appuyer contre le mobilier et laissa échapper un soupire triste. Il détestait voir Caroline dans cet état.

Il fit couler une eau quasi bouillante dans la cabine de douche et y conduisit la jeune femme. Elle réprima un cri lorsque le jet brûlant se déversa sur sa peau nue et se raccrocha à Stefan qui bloquait sa fuite.

- Hey, Hey ! Doucement ! Tenta-t-il de la calmer dans un sourire attendri, en dégageant le rideau de cheveux trempé qui recouvrait le visage de sa compagne.

Finalement, Caroline se calma et se raccrocha aux robinets de douches, seuls remparts qui l'empêchaient de s'écrouler. « Maudites jambes ! » Ragea-t-elle intérieurement.

- Tu es trempé ! Signala-t-elle à son ami dans un sourire crispé mais amusé.

Exposé au jet d'eau autant que la jeune femme, Stefan lui faisait face, dans ses vêtements détrempés et lourds, qui épousaient chaque courbe de son corps. Soudain, le cœur de Caroline s'accéléra et elle détourna les yeux, le feu aux joues. Lorsque Stefan fit passer son t-shirt par-dessus sa tête, elle crue que la chaleur allait la faire défaillir. Elle vacilla dangereusement.

- Tu permets ? Demanda Stefan dans un souffle rauque, en s'emparant de l'éponge qui pendait dans la douche et en désignant la jeune femme.

Le cœur de celle-ci bondit plus violemment encore devant ce que suggérait son compagnon. Mais, même en faisant appel à toute la mauvaise volonté du monde, elle se savait incapable de faire sa toilette par elle-même. Elle déglutit et hocha la tête en rougissant jusqu'aux oreilles. Elle savait bien que Stefan ne voyait là qu'un moyen de l'aider, mais jamais elle ne s'était sentit aussi vulnérable et aussi gauche.

Le jeune homme recouvrit l'éponge de gel et, délicatement, couvrit les épaules de la Caroline. L'eau se teinta de brun et caroline ferma les yeux un instant, heureuse de redécouvrir qu'elle était encore sensible à la douceur. L'éponge parcourait sa peau doucement, délicatement. Parfois, les doigts de Stefan l'effleuraient involontairement et elle ne pouvait s'empêcher de tressaillir à son contact. Mais elle le laissait faire, heureuse que quelqu'un soit là pour prendre soin d'elle. Elle était tellement fatiguée.

Doucement, Stefan dégagea ses épaules de la terre et de la poussière qui les recouvraient. Puis il descendit délicatement le long de ses bras inertes. Il saisit chaque doigt de la jeune femme, l'un après l'autre, et les débarrassa du sang séché et des résidus qui les couvrait. Plus il parcourait sa peau et plus Caroline avait l'impression de renaître. Il passa dans son dos et toujours avec une délicate douceur, il nettoya sa peau. Soudain, il s'accroupit à ses pieds et fit remonter l'éponge le long de ses jambes flageolantes. Doucement, il libérait son épiderme de la saleté qui l'étouffait et forgeait une carapace sur ses sensations depuis des semaines. Lorsqu'il parvint à ses hanches, il se remit sur pieds et lui fit de nouveau face. Les yeux baissés, il aventura sa main tenant l'éponge sur son ventre, puis remonta le long de ses côtes, et arriva finalement à ses seins. Concentré, incapable de croiser le regard de son amie, Stefan s'efforçait de prendre soins de Caroline comme il l'aurait fait d'un enfant. Mais le corps de la jeune femme, malgré un amaigrissement flagrant, restait magnifique et Stefan dut faire un réel effort pour rester concentré sur le soin qu'il s'évertuait à apporter à son amie. « Elle n'avait pas besoin d'un nouveau regard lubrique porté sur elle ! » Se rabroua-t-il violemment.

Lorsqu'il eut complété sa tâche, il prit le visage de Caroline entre ses mains et pencha sa tête en arrière. Il plaça ses longs cheveux blonds sous le jet et les coiffa de ses doigts. Et soudain, réalisa Caroline, la douce odeur vanillée du champoing embauma l'étroite cabine de douche. Stefan lui massa le cuir chevelu lentement, mais fermement. Caroline sentit son esprit partir. Elle ne revint à la réalité que lorsqu'il cessa de la toucher, quelques minutes plus tard.

Surprise, elle rouvrit les yeux sur Stefan. Il lui tendait l'éponge, les yeux détournés. Et Caroline comprit qu'il lui laisserait le soin de son intimité. Le cœur serré, les larmes lui venant presque aux yeux, elle réalisa qu'elle ne souhaitait pas que s'arrêtent les attentions de Stefan. Au lieu de se saisir de l'éponge, de doigts tremblotant, elle prit la main à Stefan. Ce dernier leva les yeux sur elle pour la première fois depuis qu'ils avaient pénétrés dans cette douche. Il découvrit une Caroline, les joues rougies et les yeux brillants de larmes, désespérée.

Comme dans une chimère, il vit la jeune femme descendre sa propre main entre ses seins, puis sur son ventre et enfin, placer l'éponge devant le triangle d'or de son intimité. Le souffle court, elle baissa les yeux et s'accrocha à ses épaules. Stefan restait figé, incapable de faire ce que Caroline semblait exiger de lui. Mais, comme elle restait inerte, le front posé sur son épaule, les paupières closes et ses doigts crispés sur ses épaules, Stefan soupira. Il ne pouvait pas lui refuser ce dont elle avait besoin, même si ce besoin comprenait de toiletter chaque centimètre carré de son corps meurtrit. Alors, avec autant de douceur que s'il avait eu à laver un oisillon, Stefan introduisit l'éponge entre les cuisses de son amie et doucement, il cercla de mousse la chair gonflée et tendre de Caroline.

Il sentit la pression des doigts de la jeune femme se raffermir contre ses épaules et son souffle s'altérer.

- Stefan, Souffla-t-elle en relevant soudain le visage vers le sien. Fais le moi oublier. S'il te plait !

Le vampire se figea.

- Non Caroline. Ce n'est pas… Ce n'est pas

Mais la main de Caroline s'emparèrent doucement de l'éponge et la laissèrent lourdement tomber à leurs pieds.

- S'il te plait ! Supplia-t-elle dans un souffle.

Une boule nouée aux creux de sa gorge, Stefan était incapable d'émettre la moindre réponse ou protestation. Une bouffée de désir venait de la saisir, primale, instinctive, violente. Il dut faire appel à toute sa volonté pour ne pas la prendre, là, tout de suite. Mais, lorsqu'il croisa le regard de la jeune femme, il comprit qu'elle était bien plus importante que son propre désir. Et, malgré ce qu'elle disait, elle avait besoin de tout sauf de ça !

Il s'apprêtait à s'écarter lorsque les doigts de Caroline trouvèrent les siens. Timidement, elle les attira à son point sensible, à travers les boucles blondes qu'il venait de laver.

- S'il te plait ! Répéta-t-elle.

Un grognement bestial échappa à Stefan. Il voulut se reculer mais la jeune femme restait accroché à son poignet.

- S'il te plait ! Souffla-t-elle plus bas.

Et cette fois, Stefan fut incapable de luter. Il domina Caroline de sa taille et la plaqua contre la paroi froide de la douche. Les paupières résolument closes, le vampire introduisit doucement mais résolument un doigt à la frontière de son intimité. Un hoquet échappa à Caroline mais elle ne relâcha pas l'étreinte de sa main sur l'épaule de son compagnon. Le souffle court, Stefan s'efforçait de réfréner son envie de la posséder là, sans autre considération. La main appuyée contre la douche se serra en un poing. Mais celle de Caroline guidait son poignet et forçait les doigts de son ami à effectuer de lent vas et vient le long de son sexe. Le souffle de Stefan se transforma en un gémissement rauque. Il bandait. Il haletait.

Et puis soudain, froidement, il reprit le contrôle. Il s'écarta d'un bond.

- Non ! Souffla-t-il.

- Stefan ! La supplia-t-elle tandis que son regard s'inondait à nouveau de larmes.

Stefan prit un instant pour retrouver ses esprits et, enfin, sa voix reprit la teinte affectueuse qui n'aurait jamais du la quitté.

- Caroline, lui sourit-il. Je ferais tout ce que tu voudras. Mais pas là, pas maintenant.

- Mais… Tenta de protester la jeune femme, la voix brisée par un sanglot.

- Je ferais tout ce que tu voudras. Mais quand tu seras reposée, quand tu… iras mieux. Alors, si c'est encore ce que tu veux… Je ferais tout ce que tu voudras.

Les larmes de la jeune femme redoublèrent et Stefan vint reprendre son amie entre ses bras. Il coupa le jet d'eau et entraîna la jeune femme hors de la douche. Sa peau avait reprit une jolie couleur rosée et, malgré les larmes, ses cils scintillaient à nouveau. Avec un sourire tendre, il l'emmitoufla dans un peignoir gigantesque.

- Allons te sécher ! Sourit-il en serrant les épaules de la jeune femme contre lui. Et te nourrir aussi.

20 minutes plus tard, un feu crépitait dans la cheminée, une flopé de poche de sang vides étaient abandonnées sur la table basse et Caroline, assoupit, reposait aux creux du canapé sous les yeux attentifs de Stefan assis sur le fauteuil opposé.