Lorsque Caroline ouvrit les yeux, la lumière du jour déclinait déjà.
Elle ne fut par surprise de se trouver confortablement emmitouflée d'un gigantesque peignoir, sur le canapé de Stefan, pas plus qu'elle ne s'étonna de trouver son ami paisiblement endormi de l'autre côté de la table basse, face à elle. La lourde horloge de bois, posé sur la cheminée, indiquait 18H30. Elle avait dormit toute la journée. « Bien dormit » Corrigea-t-elle intérieurement, surprise. Elle n'avait pas rêvé de Sillas, ou de souffrances, ou d'avoir froid comme ça avait été le cas ces 4 derniers mois. Plus soulagée à ce constat qu'elle n'aurait osé l'espéré, elle fut tenter de se laisser à nouveau emporter par Morphée, mais elle s'en empêcha brusquement, lorsque son regard tomba sur son compagnon. « Stefan l'avait sauvé ». Réalisa-t-elle encore une fois tandis qu'une vague d'affection lui gonflait soudain le cœur.
Bien qu'assoupi, dans le fauteuil datant du début du siècle qu'il se dressait en opposition au canapé, les traits du jeune homme gardaient leurs gravités habituelles. « Il était beau » Sourit Caroline, amusée. Elle l'avait toujours trouvé très beau. Dès le premier jour. Et même après ce que Sillas lui avait fait subir sous ces mêmes traits, elle était incapable de le trouver inquiétant ou repoussant. Il était à ce point différent de l'autre que Caroline ne pouvait faire autrement que de le trouver séduisant. Surtout en cet instant où ses longs cils sombres recouvraient le trouble de son regard d'eau, où ses belles lèvres pulpeuses, entrouvertes, laissaient échapper un souffle régulier et où chaque muscle de son corps était au repos. Caroline devait sa vie à Stefan et, face à lui en cet instant, elle réitéra le vœux qu'elle avait formuler des mois plus tôt, à savoir qu'il n'y avait rien qu'elle ne ferait pour lui…
« Je ferais tout ce que tu voudras ! » Lui avait jurer Stefan, comme en écho à la propre dévotion de la jeune femme.
Brusquement, au souvenir de ce qu'elle lui avait demandé la veille et qui avait débouché sur ces paroles, elle sentit sa poitrine de gonfler d'une brusque angoisse. Elle rougit âprement. « Mais pourtant, réalisa-t-elle en s'efforçant de calmer son cœur, Pourtant elle ne parvenait pas à le regretter ». Il n'y avait rien dont elle eut honte devant Stefan, rien qu'il ne sembla pouvoir accepter de sa part. Elle se surprit à sourire en regardant son ami.
Mais sa tranquillité vola en éclat lorsque 3 coups violents furent portés à la porte du manoir. Elle se pétrifia, prise de panique.
Les coups avaient réveillé Stefan en sursaut. Son premier instinct fut de se tourner vers Caroline.
Inquiet, il découvrit son amie tremblante et portant un regard fixement apeuré sur l'encadrement qui menait à l'entrée du manoir. En une seconde, il fut à son côté.
- Je vais voir ce que c'est ! Tenta-t-il de la rassurer en saisissant doucement le visage de la jeune femme entre ses mains pour la forcer à lever les yeux vers lui.
Pendant une seconde, Caroline ne sembla ni l'avoir vu, ni l'avoir entendu. Puis, elle inspira profondément et soudain revint à la réalité. Ses yeux se teintèrent d'inquiétude. Elle hocha la tête et Stefan s'éloigna après un dernier coup d'œil anxieux vers son amie.
La jeune femme se recroquevilla dans son coin de canapé, tendant l'oreille aux moindres voix qui pourraient lui parvenir depuis le Hall du manoir. Son cœur fit un bond lorsqu'elle reconnu La voix, chargée de colère et d'inquiétude, qui lui parvint.
- Où est-elle ?! S'exclama Klaus en franchissant le barrage que formait Stefan dans l'entrée, et en pénétrant dans la vaste demeure.
Une seconde plus tard, Klaus se tenait sur la plus haute des 3 marches qui descendaient au salon et examinait Caroline d'un regard inquiet, comme s'il avait peur de la voir se briser, là, devant lui, en mille morceaux. Stefan apparut dans le dos de l'hybride et s'excusa, auprès de la jeune femme, d'un rictus contrit. Rougissante sous le regard de l'hybride, cette dernière se racla la gorge, détourna les yeux et se redressa insensiblement, mal à l'aise.
Klaus laissa échapper un soupire accablé et descendit doucement à la rencontre de Caroline. Il s'agenouilla à sa hauteur.
- Comment tu te sens ? Lui demanda-t-il dans un souffle.
Sa gentillesse fit renaître les larmes dans mes yeux de Caroline. Elle pinça les lèvres et s'efforça de ravaler sa douleur. Mais, lorsqu'il posa délicatement sa main sur la sienne, elle sentit son cœur se serrer. Elle avait tellement espéré qu'il viendrait la sauver comme il l'avait toujours fait depuis qu'il était apparut pour dévaster leurs vies, à elle et à ses amis.
Elle inspira profondément et lui fit finalement face, un sourire ému sur les lèvres.
- J'ai connu mieux ! Répondit-elle en croisant avec reconnaissance les yeux emplit d'adoration et d'inquiétude de l'Originel.
Elle le vit baisser les yeux, puis serrer les dents, les traits soudain emplit de rage.
- Où est-il ? Demanda-t-il soudain.
Il s'était redressé et se tourna vers Stefan.
- Sillas ? S'enquit ce dernier.
Klaus hocha la tête.
- Coupé en morceau. Répondit le cadet des frères Salvatore. Et enterré aux 4 coins du monde.
- Quoi ? Souffla l'Originel, abasourdi. Comment avez-vous réussi ça ?
- En profitant de ce que les temps modernes avaient à nous offrir. S'amusa Stefan. Avec un lance roquette…
Sa réflexion arracha un sourire en coin à Klaus. Puis, rassuré, celui-ci reporta son attention sur leur compagne.
- Je t'emmène avec moi à la Nouvelle Orléans. Lui annonça-t-il d'un ton qui ne tolérait aucune contrariété. Il est hors de question que tu restes seule à Mystic Fall ! Pas après ça !
- Mais… Bafouilla la jeune femme en se remettant péniblement sur ses pieds.
Klaus passa une main sous son coude pour l'aider à se stabiliser.
- Elle n'est pas seule ! Lui signala Stefan.
- Tu étais où pendant tous ces mois ?! S'écria l'hybride, en tournant un visage furieux vers le vampire.
- Au fond d'un lac en train de pourrir… Et toi ? Répondit sobrement Stefan.
Klaus le dévisagea un instant, comme s'il cherchait la vérité aux fonds des yeux du vampire. Il laissa échapper un soupire accablé lorsqu'il comprit que son ancien ami disait vrai. Il se tourna à nouveau vers la jeune femme.
- Ce serait une vie nouvelle pour toi, là-bas, en Louisiane. Reprit-il avec ardeur. Tu n'aurais à t'occuper de rien. Je te protégerais et personne ne pourrait plus jamais te faire de mal. Je te le promets ! Caroline… Suis-moi, viens avec moi ! … Je t'en pris !
Pendant une minute, la jeune femme fut incapable de détacher les yeux des doigts qui emprisonnait toujours son coude et qui affolait son cœur si violemment. Elle fut tentée d'accepter sa proposition. Elle était tellement lasse de toutes ces épreuves et de cette souffrance. Aux côtés de Klaus, elle savait qu'elle serait adorée et protégée. Rien ne pourrait plus l'atteindre. Elle serait en paix. Puis, Tyler lui revint en mémoire et son regard se posa sur Stefan, qui attendait patiemment dans le dos de l'Originel. Tristement, elle remarqua qu'une certaine « peine » avait soudain envahit ses traits et elle sentit son cœur se briser.
- Je ne peux pas ! Soupira-t-elle sans pouvoir détacher son regard de Stefan.
Klaus eut un mouvement de recul, il chancela comme s'il venait de recevoir un coup dans l'estomac. Puis il suivit le regard de Caroline jusqu'à Stefan et son cœur se serra. Les 2 amis semblaient incapables de rompre le lien qui s'était créé entre eux. Stefan avait besoin de Caroline, de la même manière qu'elle semblait avoir soudain besoin de lui.
- Tous sauf moi, hein ? Souffla-t-il amèrement.
Caroline revint à la réalité et, découvrant la souffrance que trahissaient les traits du visage, mais aussi la silhouette toute entière, de Klaus, son cœur se serra violemment. Elle prit doucement la main de l'hybride entre les siennes.
- Tu me l'as dis quand on dansait... Lui murmura-t-elle avec toute l'affection qu'elle admettait enfin ressentir pour lui. « Dans un mois, ou peut-être dans un siècle ». Klaus, je… Je t'aime !
Le vampire releva soudain un visage surprit, puis plein d'espoir, vers la jeune femme.
- Mais, poursuivit-elle, Pour l'instant, je n'ai pas la force d'aimer qui que ce soit…. Je ne peux pas. Je… J'ai besoin… de temps !
- J'attendrais ! Souffla Klaus, le cœur gonflé d'un bonheur qu'il n'avait plus ressentit depuis des siècles et, qu'en cet instant, il n'était plus sur d'avoir jamais ressentit. Je t'attendrais.
- Je sais. Lui sourit tendrement Caroline en portant les mains du vampire à ses lèvres avec ferveur. J'ai juste… besoin de temps !
Klaus attira Caroline à lui d'une main posée sur sa nuque et, pendant un long moment, il la tint contre lui.
Réchauffée par l'affection et la promesse de Klaus, Caroline se laissa aller contre son torse musclé et fin. Il avait cette odeur caractéristique, mélange d'élégance et de bestialité. Et, après quelques longues minutes à savourer la chaleur de l'hybride, elle se surprit même à attendre avec impatience ce moment où Klaus et elle serait réunit, et à imaginer ce qu'elle ressentirait entre ses bras. Mais, lorsque le désir se réveilla en elle, la douleur resurgit également. Elle s'écarta de Klaus, les yeux à nouveau noyés de larmes, mais les lèvres étirées dans un doux sourire.
- Il me tarde d'y être. Lui sourit-elle.
Soudain, les yeux habituellement ombrageux de Klaus, où le gris se disputait au bleu, s'inondèrent également de larmes. Il les détourna avec fierté, mais un sourire, indéniablement heureux, flottait sur sa bouche joliment dessinée.
Il repoussa gentiment la jeune femme et se tourna vers Stefan.
- Prends soin d'elle ! Lui ordonna-t-il d'une voix dénuée de toutes sécheresse malgré la mauvaise volonté évidente qu'il tentait d'y mettre.
- Promit ! Jura l'intéressé.
Klaus se tourna une dernière fois vers Caroline. Un sourire heureux illuminait le visage de la jeune femme pourtant encore humide. Klaus lui rendit son sourire et, pendant un long moment, ils restèrent là, incapables de se séparer. Et puis, brusquement, Klaus tourna les tallons et disparu.
La seconde suivante, Caroline et Stefan se retrouvaient seuls, comme s'ils n'avaient jamais cessé de l'être… Et pourtant, tous 2 souriaient doucement. Caroline, qui parvenait déjà à se projeter dans le futur, surmonterait cette épreuve. Stefan en avait à présent la certitude. Quant à la jeune femme, la promesse de ce même futur lui donnerait la force de tout surmonter. Elle en était à présent certaine.
Elle offrit un sourire résigné à son ami.
- Je peux squatter ici en attendant ? Souffla-t-elle tandis que ses larmes renaissaient.
- Bien sur ! Répondit Stefan dans un sourire emplit d'affection. Tout ce que tu veux !
Le sourire de Caroline s'élargit entre ses larmes. « Tout ce que je veux ! » Répéta-t-elle intérieurement.
REVIEWS:
Voilà un petit chapitre pour les fans du couple Klaus/Caroline (dont je fais partie ! ^_^).
J'espère que vous avez aimé... N'hésitez pas à commenter pour me dire ce que vous en avez pensé, ou ce que vous espérez pour la suite...
