- Tu es sure de toi ? Interrogea Stefan lorsqu'il eut refermé la porte derrière Klaus.
- Non. Sourit Caroline dont le visage trahissait les regrets qu'elle éprouvait déjà à laisser partir l'Originel. Mais…
Elle haussa les épaules. Stefan la rejoignit avec un petit sourire amusé.
- Klaus hein ?
Caroline rougit et haussa à nouveau les épaules.
- J'ai eu le temps de réfléchir ces derniers mois… Tenta-t-elle de se justifier avec une nonchalance peu convaincante.
- Oui, je sais ce que c'est ! Lui sourit son ami.
La jeune femme réintégra sa place sur le canapé et entoura ses genoux de ses bras. Stefan l'imita et s'installa à ses côtés.
- Et tes réflexions t'ont révélé quoi ? S'enquit la jeune femme, avec un intérêt sincère.
Elle ne savait que trop bien à quel point Stefan avait souffert des hésitations, puis du choix d'Elena depuis que Damon était apparu à Mystic Fall. Et elle imaginait parfaitement les pensées qui avaient du lui traverser l'esprit pendant les 4 derniers mois, alors qu'il savait pertinemment son grand amour dans les bras de son frère tandis que lui-même était enterré vivant au fond du lac, dans la plus profonde solitude. Le sourire de Stefan se teinta de résignation lorsqu'elle l'eut interrogé.
- Que je suis fatigué. Avoua-t-il. Fatigué d'avoir à lutter contre ma nature, contre Damon, contre… Elena.
- Elena ? S'étonna son amie.
- Je ne peux pas expliquer cette impression. Soupira Stefan. Après des mois de tergiversations, j'en suis venu à la conclusion que, peut-être, un grand amour ne devrait pas nécessiter qu'on se débatte à ce point pour… qu'il existe. Si, alors même qu'on était ensemble, Elena a du lutter contre son attirance pour Damon, alors peut-être que… Notre histoire n'était pas si « épique » que nous avons bien voulu le croire…
- Quoi?! Mais… Non ! Protesta Caroline en se redressant brusquement. Elena et toi, vous êtes destinés à être ensemble… C'est obligé… Votre histoire est trop… trop…
- Tragique ? Pathétique ? Ironisa Stefan non sans amertume.
- Belle. Soutint la jeune femme.
Stefan laissa échapper un soupire amusé.
- Stefan, Insista Caroline, si Elena et toi vous ne parvenez pas à être réuni malgré toutes les épreuves que vous avez traversés, alors… Alors, ça craint !
Cette fois, devant la véhémence de sa compagne, Stefan rit franchement.
- Tu te moques de moi ? Bouda la jeune femme.
- Non. Se reprit Stefan en essayant de reprendre son sérieux. Je… J'admire simplement ta confiance en la vie… Personnellement, je n'y arrive plus.
- Ca, je peux comprendre ! Soupira Caroline tandis que la peine étreignait à nouveau sa poitrine.
Elle se laissa retomber dans son coin de canapé. Se rendant compte que son amie était à nouveau en proie à ses souffrances, Stefan intervint avec un entrain forcé.
- Je te propose un deal ! Blagua-il. On hiberne pendant une petite décennie et on ne remettra le nez dehors que lorsqu'on s'en sentira prêt. OK ?
Le vampire sentit son cœur se réchauffer lorsqu'il constata qu'il parvenait à arracher un sourire à Caroline.
- Deal ! Répondit cette dernière tandis que des larmes se mêlaient à son sourire.
Stefan sourit à son amie et passa un bras autour de ses épaules. Cette dernière se calla contre lui et s'agrippa à sa chemise comme elle l'avait fait la veille avec les chevilles de son pantalon. Pendant une éternité, ils restèrent ainsi…
ET L'ETERNITE S'ETERNISA.
Les semaines qui suivirent, les nombreuses semaines qui suivirent, lorsqu'elle ne dormait pas ou ne pleurait pas, Caroline venait se lover entre les bras rassurants de son ami.
Stefan passait ses journées silencieusement, le nez plongé dans de poussiéreux bouquins, mais, quand la jeune femme venait ainsi se blottir contre lui, il l'accueillait avec un sourire et se mettait à lire la page ouverte devant lui à voix haute. Pour la première fois, Caroline entendait parler de civilisations disparues, d'obscur héros de littérature japonaise ou de philosophes torturés. Elle avait l'impression qu'à travers les mots de Stefan, elle découvrait un monde nouveau et cette infinité de possibilités qui était à sa porte étouffait peu à peu son traumatisme.
Lorsque la jeune femme fut suffisamment remise pour redevenir celle qu'elle avait été, elle força Stefan à abandonner ses bouquins.
- C'est un crime d'avoir de si jolies fesses et de les laisser dépérir dans ce fauteuil ! Argua-t-elle lorsqu'il protesta la première fois qu'elle voulut aller se défouler en forêt.
Stefan haussa un sourcil surprit et circonspect.
- Jolies fesses ? Se moqua-t-il.
- Ecoutes, reprit son amie. C'est très « gentil » à Damon de nous approvisionner en poches de sang depuis des mois mais…
- Mais ?
- Mais, grimaça la jeune femme, je préfèrerais autant qu'il espace ses visites…
Stefan ne pouvait pas reprocher à Caroline d'éviter Damon autant qu'elle le pouvait. « Après tout, ce qu'il lui avait fait subit lorsqu'elle était encore mortelle n'était pas si loin de ce à quoi l'avait exposer Sillas ! »
- OK ! Lui accorda-t-il alors dans un soupire.
La jeune femme bondit de joie et battit des mains.
- Tu verras, tu ne le regretteras pas ! Sourit-elle en s'emparant de la main de Stefan et en l'entraînant vers la porte d'entrée.
- Et je peux savoir ce que tu as en tête ? Pouffa ce dernier.
- On va se baigner ! Déclara-t-elle fièrement.
- Se baigner ?
Stefan haussa un sourcil septique. Mais son amie le poussa des 2 mains vers les escaliers menant à l'étage et lui ordonna d'aller chercher un vêtement de bain. Et, tandis qu'il grimpait les marches avec toutes la mauvaises volontés qu'il était capable d'afficher, il ne put s'empêcher de repenser à la Caroline, tremblante et nue, qu'il avait tenu sous la douche quelques semaines plus tôt. Troublé, il s'efforça de réfléchir au fait que, si Caroline était déjà prête à s'exhiber en maillot de plage – devant lui au moins – c'était indéniablement le signe qu'elle allait mieux. Cette pensée le fit sourire et il se hâta jusqu'à sa chambre.
