- Comment va-t-il ? Demanda une voix féminine très inquiète.

- Il se rétablit lentement, répondit celle d'une femme plus mûre.

- Je ne comprends pas, il aurait dû sortir plus tôt, non ? Répliqua une voix masculine.

- Oui. Normalement, il aurait dû pouvoir sortir ce matin même, mais son énergie spirituelle reste très faible ...

- On peut peut-être demander à Inoue-san si elle peut faire quelque chose, non ? Demanda la voix si inquiète.

- Je pense que votre frère a juste besoin de repos. S'il vous plaît, revenez le voir plus tard.

Byakuya avait conscience de ce qui se passait autour de lui, mais il gardait les yeux fermés, espérant secrètement que son cauchemar cesserait enfin et que son amant finirait par le réveiller de quelques murmures délicats ... Il se sentirait obligé de sortir du lit lorsqu'il percevrait ses mains taquines parcourir son corps et que lui-même entendrait approcher sa sœur de sa chambre ... Il sentirait alors la panique l'envahir et prierait Gin de s'en aller ...

Ouvrant les yeux, il dut bien admettre que son cauchemar n'était pas dû à son imagination, que c'était bien la réalité ... Il était à l'hôpital, toutes ses blessures étaient bandées et on lui avait fait changer de vêtements. Il portait maintenant un yakuta blanc et cette couleur rappela au noble les cheveux de son amant ... Pouvait-il encore le désigner comme "amant" ? Bien sûr que non, il l'avait trahi et l'avait presque tué ... Non, ce n'était plus son amant ... Même s'il l'aimait au point d'en éprouver une vive douleur au torse, il ne devait plus se laisser aller ...

Sans doute l'avait-il berné toutes ces années ... Sans doute lui avait-il glissé des mots d'amour pour se servir de lui et rien que cela ... Des mensonges ... Rien que des mensonges ... Cela devint une évidence : Il ne lui avait jamais dit la vérité ... Il ne l'avait jamais aimé ... Chaque mot qu'il avait dit n'était que du poison pour endormir sa défense et se moquer de lui ! Il devait bien rire avec Aizen ... Oh, oui, Byakuya avait l'impression de les voir, Gin lui faisant part de ce qu'il avait pu faire au noble dans l'intimité ... A moins qu'il ne garde cela pour lui-même. On le verrait sûrement sourire lorsqu'il y repenserait ...

Le noble resserra les poings et essaya de se calmer, mais la colère ne faisait qu'augmenter en lui. Il avait beau chercher une explication au comportement de Gin, il n'en voyait aucune et cela le torturait bien plus qu'il ne voulait l'admettre. Il aurait tellement voulu comprendre pourquoi il lui avait fait ça ... Pourquoi il ne l'avait pas prévenu ... Mais en fait, il l'avait fait ... Il lui avait parlé d'un départ ... Et il lui avait demandé de l'attendre ... Mais en voyant cette trahison, est-ce que Byakuya pouvait réellement attendre et pardonner ? Non, bien sûr que non ... Gin était un traître ...

- Hé, t'es toujours là, gamin ? Gronda une voix grave à l'entrée de la chambre. J't'imaginais pas si faiblard !

Cette voix, il l'aurait reconnu entre mille : Kenpachi Zaraki ... Il aurait pu tomber sur n'importe qui, et il fallait que ce soit cet homme là qui se présente au seuil de sa porte. Lui lançant un regard mauvais, Byakuya nota la bouteille de saké qui pendait au bout de sa main... Lui aussi avait été laissé dans un état pitoyable par Tousen ... Mais pitié, qu'il s'en aille rapidement ! Le noble ne supporterait pas ses moqueries à lui ! Il ne lui dit rien, pas même de s'en aller, ne pouvant toujours pas parler malgré son envie de lui être désagréable ...

Le géant s'avança clairement dans la pièce. Yachiru sur son épaule le lui déconseilla, mais il ne sembla pas l'écouter et bientôt, une poigne puissante se saisit de son bras pour le lui relever.

- Desserre, tu te fais mal pour rien, lâcha Kenpachi.

Byakuya jeta un coup d'œil à sa main et c'est à cet instant qu'il remarqua que ses ongles s'étaient enfoncés dans sa chair. Sa colère était trop intense pour qu'il remarque la douleur que cette blessure lui infligeait. Desserrant les doigts, il se rendit compte qu'il n'avait toujours pas mal ... Son cœur lui faisait bien plus mal que ça ... Il aurait sans doute mieux valu qu'il meurt. Cela lui faisait bien trop mal ! Il avait l'impression de ne plus pouvoir respirer ...

Gin ... Gin l'avait trahi ! Il l'avait poignardé pour s'enfuir avec Aizen Sosuke ! Il était parti et il ne reviendrait jamais ! Parce que même s'il revenait, il avait trahi les Armées de la Cour ! Jamais ils ne le laisseraient revenir sans le condamner ! ... Gin était ... Parti ...

- Pourquoi ? Lâcha-t-il enfin.

Mais il était trop tard ... Cette question, il aurait dû la lui poser la veille, il aurait dû l'hurler à son amant ... Et qu'importe les personnes qui les entouraient, qu'importe ceux qui auraient pu en tirer des conclusions, qu'importe ce que l'on en aurait pensé ... Il aurait dû le lui demander ! Cela devint un besoin, mais il était trop tard ... Il ne pouvait plus le lui dire ...

- Yachiru, va chercher Unohana, ordonna Kenpachi.

La petite Vice-Capitaine ne protesta pas, disparaissant soudainement. Le noble leva le regard vers la masse de muscles, se demandant ce qu'il lui voulait encore. Cela devait lui plaire à lui aussi, de pouvoir le voir dans cet état ... Si cela se trouvait, Gin lui avait parlé de ce qui se passait entre eux ... Après tout, il s'était bien foutu de sa gueule, non ? Il l'avait trompé, et ces deux là étaient très amis ... Lui avait-il parlé de leurs soirées ? De leurs moments intimes ?

Grinçant des dents, il se défit de l'emprise de l'homme en tirant sur son poignet, lançant un regard glacial au géant. Il n'était pas du tout impressionné par la musculature de cet homme. Il sentit la haine l'envahir.

- Vous avez bien dû rire de moi ! Lâcha-t-il froidement. J'espère que vous êtes heureux !

- Qu'est-ce qu'tu racontes ? Gronda le géant. T'as pris un coup à la tête ?

- Ne faites pas l'ignorant ! Vous étiez ami avec Gin ... Vous ... Saviez-vous qu'il allait nous trahir ?

- Calme toi, gamin ... J'vois pas d'quoi tu causes !

Mais il n'arrivait pas à se calmer, au contraire, il avait de plus en plus mal au cœur ... Son cœur battait à tout rompre, donnant l'impression de vouloir exploser et bientôt, il eut même de plus en plus de mal à respirer. Son état était de plus en plus alarmant ... Il savait qu'il était entrain de se faire du mal en repensant à cette trahison ... Il n'y arrivait plus ... Il n'arrivait plus à se battre. Il se laissa tomber sur son lit, se tenant la poitrine ...

Il avait tellement mal ... Comment faire pour ne plus ressentir cette douleur là ? Il n'en pouvait plus ... Elle était beaucoup trop intense pour qu'il puisse la supporter !


Unohana était assise sur une chaise, à côté du lit du noble, et dans son regard il pouvait lire l'inquiétude qu'elle éprouvait à son encontre, mais ... Cela lui importait peu qu'on éprouve une telle peur pour lui ... Il s'en fichait ... Il continua de manger ce qu'il y avait sur son plateau. Il savait qu'elle était là pour lui parler de ce qui s'était passé, mais il continuait de l'ignorer, n'ayant aucune envie de revenir sur l'accident. Malgré la patience dont faisait preuve la Capitaine de la Quatrième Division, il n'était toujours pas prêt à l'écouter et pourrait bientôt prétexter la venue des membres influents de son clan pour la faire disposer.

Lorsqu'il eut fini de manger, la femme se leva pour prendre le plateau et alla le déposer sur une table. Elle ne tarda pas à revenir s'installer sur la chaise, continuant à prouver qu'elle était d'une patience à toute épreuve, mais Byakuya pouvait rivaliser avec elle et le prouvait bien en cet instant. Ils restèrent tous deux silencieux et les secondes défilaient peu à peu, laissant place aux minutes ... Le noble s'était allongé et fixait maintenant le plafond, ne le voyant pas vraiment ... Il finit par admettre qu'Unohana était très têtue lorsqu'elle le voulait.

- Vous avez fait un arrêt cardiaque, lâcha-t-elle, troublant le silence pesant qui s'était installé dans cette pièce.

Byakuya ne répondit rien du tout, ne voyant de toute façon pas ce qu'il pouvait ajouter à cela. Il continua de fixer le plafond sans réellement le voir, il ne savait pas comment faire pour qu'elle parte enfin et regrettait que le temps ne passe pas plus vite ... D'ici quelques minutes, les membres de sa famille arriveraient et elle serait bien obligée de partir ...

- Je pensais vous avoir stabilisé, mais il semblerait que le coup que vous a porté Ichimaru soit plus grave que je ne le croyais ... Continua-t-elle, voyant qu'il ne parlerait pas.

Ha, si seulement elle savait à quel point cela lui faisait mal ... S'il avait le choix, il se débarrasserait volontiers de son cœur ... Mais on ne vit pas sans cœur, n'est-ce-pas ? Et lui, vivait-il encore ? Il n'avait pas l'impression d'être encore vivant, même si son cœur lui faisait mal, il savait qu'il n'avait plus la force de se battre et il avait pris conscience de son manque d'envie de vivre ...

- Je vais devoir vous faire de fréquents examens pour éviter ce genre de crise ...

- C'est inutile, je me sens bien, déclara le noble sur un ton froid.

- Vous sous-estimez votre état ... J'insiste ! Je préférerais vous garder encore quelques jours en observation et ...

- C'est inutile ... Je dois reprendre mon poste de Capitaine et j'ai les problèmes du clan à résoudre ...

Il sentit le regard du médecin posé sur lui et il finit par se tourner. Il fut cependant surpris de voir le visage inquiet d'Unohana, s'étant plutôt attendu à voir son visage fermé mais empli de menace. Byakuya se sentit désarmé par cette personne devant lui ... Il ne l'avait jamais vu dans cet état là et c'est sans doute pourquoi il baissa le regard ... Comment devait-il réagir maintenant ?

- Je vais demander à ce qu'on vous mette en congé quelques jours, pour votre famille, j'expliquerai votre situation à votre clan ... Mais vous devez à tout prix vous reposer : votre cœur est très fragile ...

- Fragile ? Répéta le noble.

- Je ne peux expliquer pourquoi ... Il faut croire que la lame d'Ichimaru l'a endommagé ... Je n'en suis pas très sûre ... S'il vous plaît, Capitaine Kuchiki, laissez-moi vous soigner convenablement ...

Le soigner d'un mal qui ne pouvait pas l'être ? Byakuya observa quelques secondes cette femme, se demandant s'il ne pourrait pas l'éclairer en lui avouant ce qu'il avait sur le cœur, en lui avouant qu'il avait aimé ce traître et que sa lame n'était en rien la cause de son malaise ... Il était malade du cœur ... Blessé mortellement ... Mais pas comme elle le pensait : moralement ...

- Ne vous inquiétez pas, je me remettrai vite ... Lâcha-t-il, conscient qu'elle ne se laisserait pas berner par ce mensonge.

Byakuya l'entendit soupirer, mais elle décida de ne pas insister pour le moment, se levant pour quitter la pièce ...

Une crise cardiaque ? A son âge ? Il avait plutôt l'impression que c'était son cœur qui avait exprimé sa souffrance morale. Heureusement, sa sœur ne serait pas mise au courant pour son malaise et tout le monde semblait persuadé que c'était dû au coup porté par Gin qu'il en avait eu une. Il ne démentirait personne ... De toute façon, il ne pouvait pas parler de cette maladie ... Celle qui continuait de le ronger de l'intérieur ...

Le regard du noble se posa sur le paysage visible pas la fenêtre et il ne put s'empêcher de se questionner sur Gin, se demandant où il était en cet instant et ce qu'il pouvait bien faire ... Regrettait-il de l'avoir laissé ici ? Allons donc, il n'était pas du genre à regretter ses actes ... Il l'avait bien prouvé pendant ces années où ils avaient été ensemble. Chaque fois que Byakuya avait tenté de rompre, l'argenté avait eut un comportement assez déroutant. Combien de fois le noble s'était fait-il avoir en entrant dans sa propre chambre où son amant l'attendait pour tenter une réconciliation ? ... Mouvementée ...

Gin était-il en réalité l'amant d'Aizen ? Byakuya avait toujours soupçonné quelque chose entre les deux hommes, mais n'en avait jamais dit le moindre mot, car l'argenté s'était toujours montré si affectueux avec lui ... Affectueux et toujours si proche de lui ... Très jaloux, il avait déjà averti Byakuya qu'il ne supporterait pas la moindre traîtrise. Mais lui, il se permettait de faire "ça" ? Que s'était-il donc permis d'autre ?


Les âmes errantes allaient bientôt partir, mais il semblait bien que tout le monde avait décidé de lui dire "au revoir" avant de repartir vers le monde humain. En effet, Rukia était revenue avec Kurosaki et ces deux là se mirent à se disputer dans la pièce, oubliant totalement la présence de Byakuya qui de toute façon, ne prêtait pas la moindre attention à ce qui l'entourait ... Il entendit bien Abarai gueuler sur les deux, mais encore une fois, il continua de rester dans son mutisme, se contentant d'observer le bout de son lit.

- Kurosaki-kun, tu ne devrais pas faire autant de bruit ! Lâcha la voix si reconnaissable d'Inoue. Vous êtes dans une chambre d'hôpital !

- Hé, Orihime-san, qu'est-ce que tu fous là ? Lâcha Rukia en fronçant les sourcils. Comment t'as fait pour monter jusqu'ici ?

Le noble ne fut pas surpris de voir la jeune fille à sa fenêtre, ce n'était pas la première fois qu'elle montait jusque là, mais cette fois, Byakuya lui tendit la mains pour la faire entrer dans la chambre et il fut étonné lorsqu'il nota le panier qu'elle portait à la main ...

- C'est pour vous, Kuchiki-sama ! Dit-elle joyeusement. J'espère que vous vous rétablirez vite ! D'ailleurs, si vous voulez, je peux essayer de vous soigner !

Il devait bien l'admettre : il était touché qu'on s'inquiète pour lui de la sorte ... Mais comment expliquer qu'on ne pouvait absolument rien faire ? Il leva le regard vers la jeune fille et vit un sourire flamboyant, marquant son visage ... C'était incroyable non ? Il suffisait d'une seule chose ... D'un seul sourire ... Pour redonner un peu de moral. Il ne pouvait pas ne pas répondre à cette attente là ...

- Vous ne pouvez pas m'aider, Inoue-san. Mais ne vous inquiétez pas pour moi, je me rétablirai vite, assura-t-il.

- Oui, je n'en doute pas, mais avec Shunshun Rikka, votre blessure n'y paraîtrait plus ! Assura-t-elle avec enthousiasme.

- Il n'y a que le temps qui pourra soigner cette blessure là ...

Inoue pencha la tête sur le côté, mais n'insista pas plus, proposant des croissants à tout le monde. Elle avoua aimer faire des pâtisseries et vu qu'elle en avait trop fait ... Tout le monde en prit une, même le noble décida de se laisser aller, mordant sans aucune envie ... C'était bon, mais il n'avait pas faim. On ne tarda pas à venir voir ce qui se passait dans la chambre de Byakuya, Inoue et Rukia parlant de façon assez bruyante. Unohana leur rappela encore une fois qu'ils étaient entourés de malades ayant besoin de repos et menaça de les jeter dehors si jamais ils recommençaient à être trop bruyants !

La pièce, bien qu'étant emplie de bruit, aurait dû l'être bien plus. Abarai et Kurosaki, dans la même pièce ? Cela aurait dû faire plus de tapage, mais les paroles du noble n'avaient échappé à aucun des deux et ils se jetèrent un coup d'œil interrogatif en mordant dans les croissants, sans conviction ...

- Abarai-san, je reviendrai à la Division demain, annonça Byakuya.

- Oh, vous pouvez prendre encore quelques jours de congé, assura le garçon. Je peux me débrouiller !

- Et retrouverai-je ma Division dans le même état que je l'ai laissée ?

Il lança un coup d'œil à son Vice-Capitaine qui paraissait un peu surpris. Le pauvre homme en resta muet ... Évidemment ... Il ne risquait pas de savoir comment gérer une unité en si peu de temps ! Soupirant, le noble se dit qu'il était temps pour lui de sortir d'ici ... Et puis, travailler lui permettrait sans doute de pouvoir penser à autre chose qu'à Gin ...


Il ne faisait ni trop froid, ni trop chaud au Hueco Mundo. La chaleur habituellement étouffante était atténuée par un vent léger qui soufflait sur le sable et sculptait de légères vagues sur le décor blanc et noir. Si la lune n'avait pas été aussi lumineuse, la nuit aurait été totale en ces lieux. Pourtant ce n'était pas le cas. Le ciel était noir, mais on pouvait voir à des kilomètres à la ronde ...Ce n'était pas la première fois que Gin se retrouvait ici, mais comme à chaque fois, l'argenté s'émerveillait face à ce spectacle enchanteur.

Installé sur un rocher, le traître était vêtu de son uniforme que lui avait remis Aizen, la veille. Il avait conscience que juste derrière lui, quelqu'un l'observait avec curiosité, mais il n'y prêta pas la moindre attention, continuant d'observer ce paysage qui le subjuguait totalement.

- Ichimaru-sama ? Lâcha la petite voix de Lilinette.

Surpris d'entendre la petite voix, le Superviseur se décida à se tourner vers la blonde et l'observa, attendant la question qui semblait lui démanger les lèvres, mais rien ne vint. Elle devait être impressionnée par l'argenté, qui finit par reporter son attention sur le Hueco Mundo, se doutant que c'était sans doute son regard à demi-clos qui devait l'effrayer ... Personne n'aimait ses yeux ... Personne ? ... Si, il y avait bien une personne qui aimait son regard ...

- Vous êtes triste, Ichimaru-sama ? Finit par demander la fillette.

- Oui, avoua-t-il franchement.

- Vous ne devriez pas : vous n'êtes pas seul ! Vous avez plein d'amis !

Il comprenait parfaitement pourquoi elle lui disait cela et il se tourna vers elle, lui posant une main sur la tête ... Starrk et Lilinette étaient puissants et avaient pu survivre grâce à cela, mais c'était aussi cette puissance qui les avait privés d'une des choses les plus élémentaires qui existe dans ce monde : l'amitié ... Elle n'avait jamais pu côtoyer d'autres personnes que Starrk, et lui-même n'avait jamais pu parler à un autre que Lilinette ... Seuls, pour l'éternité ... C'est le destin qu'ils s'étaient vu tous deux suivre, mais cela avait changé ...

Maintenant, la petite Lilinette courrait dans les murs de Las Noches, parlant avec des filles telles que Apache, Sun-sun et Mira-Rosa. Starrk pouvait apprécier d'autres voix que celle de la petite tête blonde ...

- Je suis triste, Lilinette, parce qu'il me manque quelque chose, déclara Gin en souriant à la fraccion.

- Dites ce qu'il vous manque ! Répliqua-t-elle très motivée. Starrk et moi, on ira chercher cette "chose" et on vous l'apportera !

Il était touché par la jeune fille et savait qu'elle ne mentait pas, car même si Starrk restait un peu en retrait, il semblait écouter la conversation avec une certaine attention et il suffirait d'un mot pour que tous deux se mettent en chasse ...

- C'est quelque chose que vous ne pouvez pas aller chercher, souffla tristement Gin. Ne t'inquiète pas, Lilinette ...

- Si, je suis sûre que Starrk est assez fort pour aller trouver cette "chose" !

- Non, cela serait du suicide ! Déclara une voix derrière eux.

Se retournant, l'argenté vit arriver Aizen ... Ce qui était étonnant : s'il avait un message à faire passer, il pouvait parfaitement passer par ses fracciones ou un quelconque autre Arrancar ... Gin sourit en se disant que cela devait être extrêmement important pour qu'il vienne lui-même jusqu'ici.

- Ce qu'il veut se trouve à la Soul Society, au sein même du Seireitei, avoua le brun avec un sourire moqueur. Il n'y a aucune chance pour que vous arriviez à obtenir cette chose, même si vous aviez à vos côtés tous les membres de l'Espada ...

- Cela doit être vraiment très précieux ! Nota Lilinette en penchant la tête.

- Oui, c'est très précieux, fit Gin. C'est mon cœur que j'ai laissé là-bas ...

Reportant son attention sur le Hueco Mundo, l'argenté se demanda s'il n'aurait pas pu trouver un moyen d'emmener avec lui le noble. Il était persuadé que celui-ci aurait aimé voir ce paysage et même si Byakuya lui en aurait beaucoup voulu, il se serait sans doute lui aussi laissé aller à contempler ces lieux ... Et il aurait su comment se faire pardonner, même s'il aurait dû user de tous les moyens possibles, il avait toujours su comment faire fléchir le noble ... Et son corps ...

- Byakuya ... Souffla-t-il tristement.

Son murmure se perdit dans le désert qui l'avait totalement hypnotisé. Il aurait tellement voulu emmener ici son amant ... Son âme sœur ...

Un jour, il irait le chercher pour l'emmener dans cette merveilleuse contrée où il pourrait l'aimer de nouveau ...

N'est-ce pas ?