Comme prévu, Byakuya ressortit de l'hôpital le lendemain, à la première heure. La première chose qu'il fit ce jour-là, ce fut de retourner au manoir pour enfiler sa tenue de Shinigami et son haori sous les regards réprobateurs de son personnel. Cependant, personne n'osa lui dire quoi que ce soit et même Rukia resta silencieuse. Elle aussi avait enfilé sa tenue de Shinigami, reprenant sa fonction à la Treizième Division. Elle devait être heureuse de pouvoir remettre cet uniforme noir après avoir longtemps porté le yakuta blanc des prisonniers de la Soul Society.

Rukia l'attendit à la sortie du manoir et ils prirent ensemble la direction des enceintes des Armées de la Cour. Il fallait qu'il fasse un petit détour pour raccompagner sa sœur jusqu'à sa Division, mais il jugeait qu'il pouvait bien se permettre d'en faire un ... Il n'avait plus besoin de cacher l'affection qu'il éprouvait pour elle, vu que tout le monde savait la vérité. C'est en silence qu'ils y allèrent. Byakuya ne trouva rien à dire, de même pour sa sœur qui se contentait de marcher sur ses pas comme cela avait toujours été le cas. Arrivés devant l'enceinte de la Treizième, le noble se tourna vers sa sœur qui le salua avec un sourire chaleureux avant de disparaître derrière la porte, n'attendant pas de signe d'affection visible chez son frère ... Sans doute comprenait-elle qu'il ne pourrait jamais lui prouver son amour pour elle ...

Il reprit ensuite sa marche vers sa propre Division. Parcourir ces longues rues lui donnait une étrange impression ... C'était bizarre, mais dans chaque endroit qu'il parcourait, il avait l'impression de sentir la présence de son amant ...

Chaque fois qu'il passait ici, il n'avait qu'à lever les yeux pour rencontrer le sourire si énigmatique de Gin, qui restait là pour le voir avant d'aller au travail ... Jusqu'alors, le noble était agacé par ce comportement puéril ... Mais ce matin, en levant la tête, il n'y avait personne pour l'observer ... Juste un nuage qui passa lentement dans le ciel et qui continua sa route ... Finalement, le comportement inqualifiable de son amant lui manquait cruellement. Il devait bien l'admettre : jamais il ne s'était senti aussi amoureux de lui qu'en cet instant ...

Sauf qu'il était parti et qu'il ne reviendrait jamais !

Une nouvelle fois, il éprouva une vive douleur dans son torse et il pria pour que ce soit une crise cardiaque, espérant mourir dans la seconde. Il n'avait plus la force de se battre contre une vie où il ne pourrait pas "Le" retrouver ... La mort était préférable à la longue agonie qui s'offrait à lui. Son cœur se déchirait en des milliers de petits morceaux ... C'était insoutenable ... Lorsqu'il entendit des éclats de rire derrière lui, il eut envie de se retourner pour leur hurler "achevez-moi, pitié" ... Mais sa dignité lui ordonnait de reprendre contenance et de paraître "intouchable" ... Le plus important était de ne rien laisser voir de son état. C'est pourquoi il se tourna vers les hommes et ne fut même pas étonné de voir des membres de la Onzième Division : ces hommes étaient toujours aussi bruyants.

Pourquoi étaient-ils à ce point joyeux ? C'était révoltant pour Byakuya qui devait serrer les dents pour éviter de leur hurler dessus : Gin était parti et eux faisaient la fête ? En fait, tout révoltait le noble, comme ces nuages qui continuaient leur avancée dans le ciel ou ces gens qui continuaient de vivre comme si de rien n'était alors que lui, il avait l'impression que le temps s'était arrêté. Byakuya avait cessé de vivre tandis que le monde continuait de tourner autour de lui, comme si rien de grave ne s'était déroulé, comme si l'existence d'Ichimaru Gin n'avait eu aucune forme d'importance en ces lieux, alors que pour lui, cette disparition était comme une déchirure dans son être ! Il regarda passer ces hommes, qui s'étaient un peu modérés en voyant le Capitaine, mais ils avaient tellement bu qu'ils chancelaient et ne pouvaient lui cacher leur état.

Lorsque les hommes disparurent dans une des ruelles, il les entendit reprendre leurs chants grossiers, mais qu'importe. Byakuya leva le regard vers le toit où il crut entrevoir la silhouette de son amant et il se sentit écrasé par le poids de sa tristesse ...


Il travaillait depuis qu'il était de retour à la Division, relisant tous les dossiers qui passaient à sa portée, n'hésitant pas à jeter des coups d'œil sur d'anciens rapports qui auraient dû être confiés, depuis quelques heures déjà, à la Première Division, donnant l'impression de se tuer à la tâche. Renji ne savait plus du tout comment agir et restait un spectateur passif qui regardait son supérieur se démolir moralement.

Pour les personnes qui passaient par là, cette scène était tout à fait normale : le Capitaine Kuchiki était connu pour son perfectionniste et il n'était pas rare de voir les Sièges pousser un soupir de soulagement en voyant leur supérieur à sa place, chacun pensant qu'il agissait normalement. Sauf que son Vice-Capitaine était loin d'être dupe. Lorsqu'il constata qu'il relisait pour la sixième fois le rapport concernant le budget de la Division, le cramoisi sut que tous les événements avaient été bien trop éprouvants pour lui. Comme il ne savait pas quoi dire ni comment aborder le sujet, il se contentait d'être un spectateur passif ... Un être lâche qui n'osait pas aborder le sujet de peur d'être mal compris.

Lorsque midi arriva, Renji se leva et s'avança vers le bureau de son supérieur. Celui-ci lui lança un coup d'œil et lui fit un signe négligé de la main pour le faire disposer. Encore une fois, le Vice-Capitaine ne sut comment aborder le sujet délicat, pourtant si banal pour les autres ...

- Est-ce que je dois vous apporter quelque chose, Kuchiki-sama ? Demanda-t-il difficilement.

- Non, c'est inutile. Revenez à l'heure, c'est tout ce que je vous demande, déclara le noble sur un ton hautain.

L'ébène reposa son dossier pour en prendre un autre qu'il lut avec lenteur, n'ajoutant rien de plus, laissant son Vice-Capitaine incertain quant à la meilleure façon d'agir. Finalement, Renji décida de battre en retraite pour se diriger vers la cantine commune, où déjà Rangiku et Izuru l'attendaient ... Le pauvre blond était effondré sur la table. Le cramoisi ne tarda pas à faire de même. La rousse les réprimanda tous deux en leurs rappelant qu'ils avaient de lourdes responsabilités.

- Tu peux parler toi, tu ne prends même pas au sérieux ton poste de Vice-Capitaine ! Gémit Izuru en relevant un visage désespéré vers Renji. Quant à toi, tu te plains sans raison ! Imagine tout ce que m'a laissé comme travail Ichi ...

Il se tut et soupira en essayant d'attraper une pomme dans le panier se trouvant sur la table ...

Izuru n'avait pas tort : il devait crouler sous le travail, mais le cramoisi avait conscience qu'il devait soutenir son supérieur. Sauf qu'il ne savait pas trop comment faire. Son apparence froide et hautaine empêchait les hommes de l'approcher, il était dur de lui parler comme on parlerait à un ami. Et que dire de sa situation de "noble" ? Comment pouvait-on parler normalement à un être si grand ? Il était perdu et ne savait pas comment agir ...

Les trois Vice-Capitaines mangèrent tout en parlant de choses et d'autres. Rangiku et Renji évitèrent soigneusement le sujet des "traîtres", sachant qu'il était très tabou et qu'il suffirait d'un rien pour provoquer une émeute dans cette cantine : certains membres de la Cinquième Division avaient toujours du mal à assimiler la trahison de leur Capitaine. Ce n'était pas que l'honneur de la Division qui était en jeu ... Eux qui pour la plupart idolâtraient le brun ... Beaucoup accusaient Ichimaru d'être le responsable de cette trahison et malgré les témoignages des personnes présentes, peu croyaient au fait que le véritable coupable fut Aizen Sosuke ...

- Tiens, en fait, comment il va le Capitaine Kuchiki ? Demanda soudainement Izuru en se tournant vers Renji.

- J'sais pas trop ... Marmonna le cramoisi en se frottant la nuque. Il ... Bosse ...

- Bah, c'est normal ! Soupira Rangiku. Ce serait plutôt le jour où il ne bosserait pas que ce serait inquiétant ! Mais tu devrais quand même faire en sorte qu'il travaille moins ...

- J'essaye. J'ai fait en sorte de vérifier tous les dossiers qui sont passés par notre Division, mais en arrivant ce matin, il a demandé à tous les vérifier lui-même ...

- Ça, c'est parce qu'il sait que tu fais un travail pitoyable ! Lâcha la voix moqueuse d'Ikkaku derrière lui.

Renji lança un regard froid au chauve qui s'installa et entreprit de voler tout les desserts présents sur la table. Malheureusement pour lui, il tenta de prendre la chose sur le plateau d'Izuru. Celui-ci lança un regard si terrifiant au pauvre homme qu'il revint sur son idée de départ, frissonnant de terreur alors que le visage décomposé du pauvre blond continuait de lui lancer un regard menaçant.

- Si tu trouves qu'il bosse trop, va le dire à Unohana ! Lâcha Yumichika en riant. Je suis sûr qu'elle ira s'occuper de lui et le forcera à ralentir son travail ... Je la vois déjà, avec son sourire terrifiant, assise dans un coin de la pièce ... C'est ce qu'elle a fait avec Kenpachi les premiers jours où il est revenu à la Division ...

- Super efficace ! Assura Ikkaku avec un large sourire. Comme quoi, même le plus fort des hommes s'écrase face à une femme !

- Ça, il va pas aimer, tête-à-claques ! Déclara la voix enfantine de Yachiru.

Tout le monde se tourna vers la petite Vice-Capitaine qui chantonna tout en continuant son avancée dans la rangée. Le chauve décida de tenter de lui faire oublier ce qu'il venait de dire, aidé par son ami de toujours, Yumichika ... Les pauvres, Renji n'échangerait pour rien au monde les quelques prochains jours que vivraient les deux hommes. On risquait de les entendre dans toute la Soul Society.

En attendant, cela n'arrangeait pas le problème de Renji qui dut faire face. Il devait retourner à son poste ... Mais que faire ? ... Il décida de reprendre courage lorsqu'il rencontra le regard inquiet de Rukia, qu'il salua de loin avant de reprendre la direction de sa Division. Sauf que, plus il avançait vers sa Division et plus il avait du mal à trouver les mots qu'il dirait à son supérieur. C'était vraiment très dur ...

En arrivant devant le bureau de son Capitaine, il hésita franchement ... Mais il devait admettre qu'il n'avait pas trop le choix : son supérieur s'acharnait toujours et encore : Il n'y avait rien qui laissait sous-entendre qu'il avait mangé quelque chose.

- Abarai-san, justement, j'ai lu un de vos rapports et il me semble incomplet. Pourriez-vous le réécrire ? Demanda le noble en lui tendant le dossier dont il était question.

Le cramoisi s'avança jusqu'au bureau pour prendre le dossier et aussitôt que sa main fut libre, Kuchiki reprit son travail ... Oui, il ne pouvait pas laisser faire ça, c'était vraiment trop ... Il savait que c'était douloureux pour son supérieur ... Cette situation ... Cette "pression" ...

- C'est comme ce jour-là, dit-il sans réellement s'en rendre compte.

Les yeux bleus du Capitaine se levèrent vers lui, toujours emplis de cette glace qui faisait sa personnalité ... Non, bien plus encore, c'était comme si le mur qu'avait formé le noble s'était agrandi, ou renforcé ... Sauf que Renji n'était pas dupe : la personne qui se trouvait derrière ce mur épais était brisée ...

- Vous m'aviez demandé de réécrire mon rapport, rappela le Vice-Capitaine. Je crois que j'ai été impressionné et j'ai perdu mes moyens, alors vous m'avez demandé de disposer ... Au début, j'vous en voulais, je croyais que c'était parce que vous en aviez assez de ma présence, que vous me trouviez incompétent ... Je me suis dit "pour qui il se prend pour me traiter comme ça ?" ...

Kuchiki restait scotché à ses lèvres, même si son regard restait indéchiffrable. Il savait qu'il avait toute son attention et lorsqu'il le vit entrouvrir les lèvres, il sut que c'était pour protester, alors il continua :

- Sauf que plus je marchais, et plus je me rendais compte que je me plantais ... J'me suis trouvé stupide quand j'ai réalisé que c'était juste pour m'ôter la pression de mes épaules ... Alors, je suis revenu pour m'excuser auprès de vous et vous promettre d'être un meilleur Vice-Capitaine !

Le noble resta muet et immobile. Il devait chercher au plus profond de lui-même ce fameux "jour" où tout cela c'était produit. Bien sûr, il ne se souvenait pas des excuses de Renji et la raison en était simple. Il en vint à la conclusion de l'affaire :

- Je suis au courant pour vous et Ichimaru-sama ...

Le regard habituellement si inexpressif de Kuchiki devint soudainement très clair pour Renji. C'était sans doute la chose la plus troublante qui lui fut permis de vivre : voir les yeux du noble s'écarquiller et s'emplir brutalement d'une crainte sans nom. Pour la première fois de sa vie, le cramoisi vit l'ébène détourner le regard. Il ne pouvait pas dissimuler ce qu'il éprouvait en cet instant et c'était tout à fait compréhensible : la plaie était encore si fraîche ... Elle était en réalité ouverte et continuait de saigner abondamment ...

Au début, le Vice-Capitaine s'était dit que c'était un mauvais rêve, que le noble ne pouvait pas aimer un homme, sauf qu'en observant avec plus d'attention son Capitaine, il avait compris que ce n'était pas par "désir" qu'il était avec Ichimaru, mais bien par Amour ... Il y avait des regards et des gestes qui ne trompaient pas et la force des sentiments de Kuchiki pour le traître avait pu se lire le jour où l'argenté avait blessé physiquement l'ébène ... En cet instant, Renji pouvait témoigner de sa douleur ...

Tournant le regard vers la porte, le cramoisi se dit que son supérieur n'aimerait sûrement pas être vu dans cet état. C'est pourquoi il s'en approcha pour vérifier que personne n'avait pu surprendre cette conversation et il referma la porte avant de revenir près du bureau, observant le noble qui semblait évaluer la situation.

- Je peux vous assurer que je n'en ai parlé à personne et que je n'en parlerai à personne, affirma-t-il. Kuchiki-sama, si je vous parle de ça, c'est pour ...

Il se tut. Il avait beaucoup de mal à aborder le sujet ... Déjà, avouer à son supérieur qu'il avait percé à jour son homosexualité était risqué, mais si en plus il devait lui parler de l'homme qui l'avait trahi ... Si cela n'avait tenu qu'à lui, il aurait préféré ne jamais plus en parler, mais le Capitaine était entrain d'être détruit moralement par les événements et souffrait en silence, derrière son mur ... Renji voulait briser cette glace !

- Vous avez eu une crise cardiaque et je ne crois pas que ce soit à cause de la lame d'Ichimaru ! Avoua-t-il franchement. Vous êtes entrain de vous tuer à la tâche ... Voulez-vous réellement mettre fin à vos jours en mourant d'une façon si peu digne de vous ?

- Abarai-san, je ne vois pas de quoi vous parlez, tenta vainement le noble.

- Nier cette relation est inutile avec moi : je vous ai entendu tous les deux, j'ai entendu les gémissements ... Je suis désolé d'avoir surpris ça ... Mais là n'est pas la question, Kuchiki-sama ... Si vous mourrez, qu'adviendra-t-il de votre sœur ? Qui prendra soin d'elle ?

Il savait que mettre Rukia sur le tapis était lâche. Mais à part elle, il ne savait pas qui évoquer d'autre, ne connaissant pas suffisamment la famille Kuchiki pour parler un autre membre et ne connaissant pas les rapports du noble avec les Capitaines du Seireitei. C'était sans doute pour ça qu'il avait gardé le silence toute la matinée : parce qu'il ne savait pas quelle raison permettrait à l'ébène de se battre pour vivre ...

La balle était du côté du noble. Il avait le choix : Il pouvait parfaitement la renvoyer ou au contraire la garder pour lui. Les secondes s'écoulèrent petit à petit tandis qu'il attendait peut-être vainement. Kuchiki posa son regard sur le dossier sur son bureau, ne le voyant sans doute pas et Renji se surprit à se demander quelle position ils avaient bien pu avoir alors que Kuchiki et Ichimaru avaient fait l'amour ensemble dans cette pièce. Lorsqu'il vit le visage de l'ébène se relever, il eut l'impression qu'il allait pleurer.

- Il est parti, souffla-t-il tristement, sa voix déformée par la peine qu'il éprouvait alors. A quoi cela servirait-il d'en parler ? Abarai-san, il n'y a plus rien à ajouter à ce sujet !

Et le noble reporta toute son attention sur son dossier, reprenant son travail alors que Renji comprenait qu'il n'acceptait pas son aide ...

Le Vice-Capitaine eut l'impression que le mur que formait Kuchiki autour de lui continuait de grandir, non pas pour le protéger des autres, mais pour se cacher ... Dissimuler sa tristesse et sa douleur derrière une apparence hautaine et froide ...


Lorsque l'on a pleuré toutes les larmes de son corps, on ne peut plus verser la moindre larme ... C'était l'impression qu'avait Byakuya : il croyait ne plus pouvoir verser la moindre larme et cette simple constatation fut douloureuse pour lui, car cela lui rappela les paroles que lui avait dit un jour Gin ...

C'était un de ces soirs secrets où l'argenté s'était glissé dans sa chambre, sauf qu'au lieu de venir se coller à lui pour lui arracher quelques soupirs, il s'était allongé un peu plus loin pour l'observer. L'instinct de Byakuya l'avait prévenu qu'il y avait quelqu'un dans sa chambre et il s'était réveillé. Lorsque son regard bleu avait trouvé Gin dans sa chambre, il avait cru à un mirage. C'était à un moment où l'ébène avait douté des sentiments qu'éprouvait pour lui l'argenté, alors il avait réellement cru que cette apparition était le fruit de son imagination ... C'était aussi à ce moment-là qu'il avait réalisé qu'il aimait son amant ... Qu'il l'aimait vraiment et qu'il voulait y croire sincèrement ...

Allez savoir pourquoi, une seule et unique larme avait glissé sur sa joue ... Peut-être que dans sa somnolence, il avait cru que c'était un de ces merveilleux rêves où son amant se contentait de sa simple vision ? Que cela avait été si fabuleux que son corps l'avait trahi ... Une larme de joie ?

"Ah, que j'aimerais être une larme : je naîtrais dans ton regard glacial, je glisserais sur ta joue délicate et je mourrais sur tes douces lèvres." Avait soufflé l'argenté d'une voix amoureuse.

Et il s'était approché pour l'embrasser sur les lèvres, pour goûter à cette unique larme qui s'était écrasée sur sa bouche. Ils échangèrent un baiser salé par la saveur de cette étrange manifestation ...

Comment croire que l'on puisse encore pleurer après un tel moment, si ce n'est de bonheur ?

Mais il n'était en rien heureux ... Au contraire, son cœur brisé le faisait de plus en plus souffrir ... Il savait qu'il aurait dû accepter cette aide que lui offrait son Vice-Capitaine, que lui en parler aurait pu apaiser sa douleur, sauf qu'il n'y arriva pas ... Il craignait tellement tout ce qu'il pourrait éprouver en racontant son histoire avec Gin et pourtant ... Son salut était là, juste en face de lui ... La seule personne qui savait ... Le seul témoin de l'amour que Byakuya portait au traître ...

Lorsque la porte se referma, le noble regretta de ne pas avoir eu le courage de parler de tout cela. C'est à ce moment qu'il sentit les larmes glisser sur ses joues ... Le ciel et la lune n'étaient plus les seuls à connaître son secret ... Mais lui n'acceptait toujours pas de partager sa peine ...