Byakuya avait honte. Il avait encore une fois cédé aux avances indécentes de son ancien amour, si facilement. Quel déshonneur pour lui ! Pourvu que ses parents ne puissent pas voir une telle chose de là où ils étaient. Pourvu que tous ses ancêtres ne puissent pas voir cela ! Ils se retourneraient tous dans leur tombe si c'était le cas. Il ne lui avait presque pas résisté ! Etait-il à ce point amoureux de lui ? Ah, c'était vraiment pathétique ! Il faisait partie de la haute noblesse, il était même l'un des plus puissants hommes du Seireitei et pourtant, Gin semblait avoir une certaine emprise sur lui. Depuis quand ? Et comment tout cela avait commencé ? Non, ce n'était pas la bonne question. Depuis quand l'argenté avait-il une telle emprise sur lui ?
Allongé sur le ventre, entièrement nu, il avait le bas du corps recouvert par une couverture. Cela n'empêcha pas le superviseur de glisser un doigt sur sa colonne vertébrale, lui provoquant quelques délicieux frissons. Il continua cependant de réfléchir à sa propre situation qu'il considérait comme étant réellement désastreuse ! Ruminant contre lui-même, il finit par se rendre compte qu'il était heureux. Oh oui, il ne pouvait le nier, il était heureux d'être avec son amour. Comment ne pas éprouver de la joie alors qu'il l'avait enfin retrouvé, après une longue et douloureuse séparation ? Tournant son visage vers son amant, il rencontra son si beau regard et en fut hypnotisé dans la seconde, ne pouvant plus l'abandonner.
- Que tu es beau après avoir fait l'amour, murmura l'argenté, lui ôtant les mots de la bouche.
L'homme passa sa main sur son front, le dégageant de toutes les mèches de cheveux poisseuses qui étaient collées à son front suite à leurs ébats. Ce geste était si délicat et tendre. Comment ne pas tomber éperdument amoureux d'un homme aussi surprenant ? Si le traître avait été plus stable, peut-être que le ténébreux ne l'aurait pas trouvé aussi intéressant. C'était ce qui l'avait le plus charmé, qu'il soit si magnifiquement surprenant !
- Gin, tu vas encore m'abandonner, n'est-ce pas ? finit par demander le noble.
Le sourire qui marquait ses lèvres disparut en quelques secondes, ne prévoyant rien de bon pour le pauvre Byakuya. Même si l'argenté fit comme si cette mimique n'était jamais apparue sur son visage, le noble ne risquait pas de l'oublier.
- Est-ce le moment de parler d'abandon ? murmura-t-il en venant l'embrasser sur la tempe. C'est plutôt le temps de l'amour. Je t'aime, laisse-moi profiter de ce moment encore un peu.
- Je déteste quand tu évites le sujet, avoua franchement le ténébreux.
- Non, en réalité tu aimes ça... Ah, mais que tu es beau quand tu es mécontent !
- Et quand suis-je donc censé être laid ? demanda-t-il ironiquement.
- Jamais ! Tu es une de ces créatures qui ne peut pas être enlaidie ! Et moi ? Je suis comment ?
- Je déteste quand tu me souris comme ça ! J'ai l'impression que tu prépares quelque chose et je déteste ça ! Ne me laisse plus en arrière !
- Ah, mais je ne peux pas faire une telle chose. T'emmener avec moi, c'est comme t'emmener en enfer. Il en est hors de question.
Qu'il était cruel ! Ne pouvait-il pas céder à l'une des seules requêtes que lui faisait jamais le noble ? Même pas une toute petite demande ?
Cela aurait pu se transformer en dispute si le ténébreux n'avait pas était aussi las. Il abandonna avant même de débuter, se contentant de soupirer en reportant toute son attention sur un mur de l'autre côté de son amant, n'ayant pas le courage d'affronter son regard et surtout ce sourire, plus longtemps. Dire qu'il aimait ce genre d'homme, c'était vraiment pathétique !
Quelqu'un frappa à la porte. Gin dissimula plus encore le corps de son amant, n'aimant vraiment pas le partager avec qui que ce fut. Le Cuarta Espada entra, les mains dans les poches, voulant dire quelque chose, mais ce qu'il vit le troubla quelque peu vu qu'il garda le silence, examinant la scène avec un intérêt bien particulier. C'était étrange.
- Hé bien, qu'est-ce qui se passe ? s'impatienta Gin en fronçant les sourcils.
- Réunion au sommet, résuma le nommé en reportant son attention sur son supérieur. Kurosaki est arrivé avec des renforts.
- "Des" ? répéta l'argenté, surpris. Ils ne devaient pas arriver si vite.
- C'est à cause de notre prisonnier, le Capitaine ici présent. La Soul Society a dû accepter d'envoyer dans l'heure des renforts pour le sauver, mais cela risque d'être juste concernant l'attaque de Karakura.
Byakuya se releva, troublé par ce qu'il entendait là. Ils prévoyaient d'attaquer la ville de Karakura ? Dès maintenant ? Mais, c'était beaucoup trop tôt ! D'après les derniers pronostiques de la Soul Society, ils avaient jusqu'à l'hiver pour se préparer ! Quoiqu'en réalité, Urahara avait mis en doute ces calculs et avait proposé de faire ses propres recherches. Avait-il trouvé une faille ? Si c'était le cas, alors peut-être avaient-ils une chance de sauver la ville ? Priant pour que ce fut le cas, le Shinigami emprisonné décida d'observer le déroulement de la conversation. Le traitre prit conscience de son intérêt.
- Byakuya-kun, je vais devoir y aller ! sourit-t-il en se tournant vers lui pour s'en approcher. Je verrouille la porte, prends bien soin de toi. Adieu mon beau...
Il l'embrassa sur le front avant de se détourner.
"Adieu" ? Pourquoi ce mot-là en particulier ?
- Gin, tu vas revenir dans combien de temps ? questionna le ténébreux, inquiet malgré lui.
Il lui répondit par un de ses sourire énigmatiques et enfila ses vêtements avant de quitter la pièce, ne disant pas un mot de plus. Cela ne le rassurait en rien. Il avait la désagréable impression qu'il ne le reverrait jamais. Il dédramatisa la situation. Gin, ne plus exister ? Le monde ne pouvait pas continuer de tourner sans cet homme et toutes ses magouilles ! Ils étaient si rares les renards comme lui, alors un de moins sur ce monde ? C'était intolérable.
Jusqu'à maintenant, il avait eu quelques contraintes qu'il n'avait pas prévues, mais à partir de maintenant, tout irait pour le mieux. La suite ne pouvait pas rater, Sosuke en était plus que persuadé. La seule personne capable de lui mettre des bâtons dans les roues n'était autre que celui sur lequel il n'avait aucune emprise, Kurosaki Ichigo, et le pauvre Substitut Shinigami n'était pas assez puissant pour le vaincre. Le pauvre jeune homme ne pourrait rien contre lui, surtout depuis que le Hyogoku avait débuté sa métamorphose en lui. Il en avait cependant fait les frais avec Grimmjow. Il avait été affamé par sa chair et avait cédé à son envie primitive de le prendre. S'il n'avait pas repris ses esprits, sans doute l'aurait-il dévoré.
Soupirant, le brun récupéra son sabre avant de survoler le lit où le bleuté faisait semblant de dormir, sans doute pour éviter tout échange de parole. Était-ce bien ou mal venu de sa part ? Le Seigneur du Hueco Mundo s'était cependant attendu à ce genre de réaction de la part de l'Arrancar. Il ne lui demandait pas son avis concernant son avenir, alors quelques mots entre eux deux, c'était trop demandé. Il aurait pu lui dire quelque chose, une petite déclaration d'amour ou quelques mots doux, mais à quoi cela aurait-il servi ?
C'est donc sans rien dire que l'ex-Shinigami quitta la pièce, prenant soin de la fermer convenablement, n'ayant aucune envie de tomber sur une désagréable surprise à son retour. Il se demandait s'il céderait à son envie de le dévorer entièrement ou bien au contraire s'il le garderait captif. Il ne savait pas encore comment il réagirait une fois sa transformation achevée. Il verrait bien le moment venu. Dans l'heure, il devait préparer son attaque avec soin.
Quels pions devrait-il sacrifier ici ? Voilà la pensée qu'il avait alors qu'il sortait de la pièce.
Aujourd'hui, il deviendrait l'homme le plus puissant de tous les mondes. Le Roi de la Soul Society !
Que dire sur les affrontements qui eurent lieu au sein même de Las Noches ? Ils étaient incroyablement intenses et même si certains n'avaient pas dû les ressentir à cause de leurs entraves spirituelles, chacun pouvait témoigner de la brutalité des combats, tandis que les murs tremblaient sous les échanges de coups. Des Fracciones se mirent à trembler de peur dans leur coin tandis que d'autres frémissaient d'impatience en attendant le moment où eux-même entreraient en scène. C'était le cas pour la plupart des subalternes de Barragan, qui ne savaient plus comment faire pour contenir leur envie de se battre. Si Aizen Sosuke n'avait pas été avec eux, sans doute se seraient-ils abandonnés à leur envie de combattre.
Le Primera, le Secunda, la Tiercera et leurs Fracciones, attendaient aux cotés de leur maître, le Seigneur de Las Noches. Non loin, les Superviseurs patientaient tranquillement. Leurs seules présences permit de calmer l'impatience de la plupart des personnes présentes. Chacun prenait un certain plaisir à suivre les combats qui avaient lieux dans la grande bâtisse blanche.
Chacun avait les yeux fermés, se concentrant sur les différents duels qui avaient lieux dans le palais. L'intensité des énergies spirituelles permettait l'identification rapide de chacun d'entre eux. Le jeune Kurosaki faisait équipe avec le Capitaine Kenpachi. Enfin "faire équipe" était un grand mot ! Le Substitut Shinigami et le géant se battaient de leurs côtés, affrontant leurs ennemis en essayant le moins possible de gêner les autres combattants. En effet, Kurosaki ne voulait sûrement pas abréger son existence en se faisant trancher par son propre allié !
De l'autre côté, le Quincy, la jeune Kuchiki et le Capitaine Unohana faisaient face à Aaroniero, ne laissant aucun doute quant à l'issue du combat. Le Noventa était beaucoup trop faible pour ses adversaires, et cela même si Somari approchait de leur position pour porter secours à son camarade. Ce serait trop tard. Cela, Aizen Sosuke s'en fichait. Depuis le début, il avait prévu le sacrifice de ces pions, alors qu'importe la façon dont ils mourraient. Il eut cependant une petite déception en constatant qu'ils étaient moins résistants que les pronostics ne le prévoyaient.
Le Vice-Capitaine Abarai était accompagné du Capitaine Kurotsuchi et eux devaient faire face au si ambigu Octavo Espada. Ce duel-là promettait d'être dès plus intéressants, les deux scientifiques fous se rencontrant avec le pauvre Vice-Capitaine au centre. C'était à en oublier la présence de la jeune Nemu qui était pourtant bien présente. Le duel était incertain aux vus des capacités spéciales des deux hommes les plus puissants.
Les yeux d'Aizen s'ouvrirent lentement tandis qu'Ulquiorra entrait dans la pièce, accompagné de la jeune Inoue. La pauvre jeune fille ne se doutait pas de tout ce qui se déroulait autour d'eux. C'était le moment d'avouer à quoi elle avait servi pour son magnifique plan, elle et son si puissant pouvoir. Il s'assurerait cependant qu'il ne puisse rien lui arriver. Elle détenait un grand secret et il devait bien la remercier pour avoir rendu à Grimmjow son bras.
Ils avaient donc été bernés ? Et cela depuis le début ? Cela n'étonna finalement pas plus que cela le Substitut Shinigami qui trancha l'une des tentacules de Luppi, esquivant une autre en se demandant comment il avait pu être nommé à la place de Grimmjow. L'ex-Sexta dans sa forme normale et avec un bras en moins lui sembla bien plus redoutable que cette créature sous sa forme Resureccion. Depuis quelques jours, la dureté de l'ancien Sexta lui apparaissait sous un nouveau jour. Etait-il réellement un ennemi ? Il n'était plus sûr de rien depuis qu'il lui avait fait voir la lame de Kuchiki.
- Hé bien, tu ne réagis pas ? gronda Luppi, le ramenant à la réalité. Aizen-sama vous a berné ! Ne devrais-tu pas être emplis de rage ?
- Tu es bien idiot ! fit Ichigo avec un sourire ironique. Il est entrain de partir à Karakura pour détruire la ville avec ses hommes les plus puissants, alors que vous, vous êtes seuls ! N'attends pas trop qu'il vienne sauver ta peau. Tu es parfaitement remplaçable pour ton "Aizen-sama" adoré !
Luppi écarquilla les yeux, prouvant qu'il savait se servir de son cerveau de temps en temps. Il avait compris les propos du rouquin. Orihime comme lui étaient devenus inutiles. Trop faible, ils n'arrivaient même pas à stopper l'avancée de quelques Shinigamis, alors qu'ils étaient en surnombres. Les pauvres s'étaient crus tout puissants. En réalité, ils n'étaient pas préparés à ce genre de combat, ni à se trouver face à de tels adversaires.
- Tu ferais mieux de te rendre, conseilla Ichigo. Allez, mène-nous jusqu'aux prisonniers.
Il grinça des dents, son nez frémissant de mécontentement. Il était toujours persuadé de sa supériorité sur leurs personnes, ne se rendant pas compte que tout cela était complètement vain. Finalement, il ne comprenait pas que tout combat était inutile.
Utilisant un shunpo pour éviter une des tentacules, Ichigo se demanda s'ils trouveraient rapidement tous leurs amis. Sinon, ils ne pourraient compter que sur les maigres renseignements que possédait la petite Nell qui accompagnait Unohana.
Byakuya s'était rhabillé et avait décidé de se faire patient, priant le ciel pour que Gin revienne très rapidement. Il fut cependant surpris par un détail dans la pièce où il se trouvait. L'absence de fenêtre. Son amant aimait la liberté et surtout, il aimait dormir sous une fenêtre pour qu'à son réveil, il puisse contempler le ciel et s'en délecter. Pourquoi n'y en avait-il pas ? Était-ce par ce qu'il craignait d'être surveillé ? Si c'était le cas, pourquoi donc ? Brutalement, ce fut la révélation pour le noble.
Gin ne comptait pas laisser Aizen atteindre son objectif. Le brun n'avait jamais été dupe, il s'était attendu à la trahison de son Superviseur. Cela devait être très serré. L'argenté lui-même ne semblait pas certain de sa propre victoire. Peut-être s'imaginait-il être tué par le brun ? Ce n'était pas sûr, mais le ténébreux se mit à craindre plus que jamais pour la vie de son amour : si celui-ci comptait affronter Aizen, alors lui aussi risquerait sa vie !
Un cliquetis à sa porte le fit se relever. Lorsque la personne apparut, il fut déçu. Ce n'était que Rukia. Heureusement, rien ne fut visible sur son visage. La déception passée, il réalisa ce que la présence de sa sœur en ces lieux signifiait. La joie l'emplit alors avec beaucoup de retard.
- Ni-sama ! lâcha la jeune fille, ne pouvant dissimuler ses larmes de joie.
Elle se précipita vers lui et il dut ouvrir ses bras pour l'accueillir. La jeune Shinigami semblait si heureuse de l'avoir retrouvé, qu'il ne put empêcher un sourire d'apparaître sur son visage, touché bien malgré lui par la sincérité de sa sœur.
- Nii-sama ! Si vous saviez comme nous nous sommes inquiétés !
- Ne vous inquiétez plus. Je suis là et en bonne santé, assura le noble.
Le jeune Quincy et le Capitaine Unohana étaient aussi présents. Il fit en sorte de reprendre un peu de contenance, ne supportant pas que l'on puisse découvrir ce qui se passait réellement à l'intérieur de lui. Il était le chef de la famille Kuchiki et ne pouvait sûrement pas se permettre de laisser entrevoir ses sentiments, cela même si les témoins de ce relâchements étaient du genre discret.
- Rukia, comment m'as-tu retrouvé ? questionna le noble en l'écartant délicatement de lui.
- Grâce à votre Zanpakuto, avoua-t-elle en le décrochant de sa ceinture et en le lui rendant. Ils ne vous ont rien fait, au moins ?
- Étrangement, non, ils ne m'ont rien fait. Ma lame... Grimmjow a tenu parole.
- Je ne sais pas ce qu'il vous avait promis, mais c'est grâce à lui que nous avons pris conscience de votre emprisonnement. Nous pensions que vous étiez mort lors de l'attaque du Seireitei.
- C'est bien ce qui m'avais semblé.
- Nii-sama, puis-je vous demander si vous savez ce qu'ils ont fait de l'Arrancar ?
Il ne savait pas s'il devait lui répondre, sachant pertinemment que cela ferait mal à la jeune fille. Même si cette créature lui avait perforé le ventre lors d'une de leurs rencontres, elle avait contribué à la découverte de la vérité le concernant. Le savoir en vie devait l'avoir emplie de joie, pas étonnant qu'elle tente donc de lui venir en aide en retour. Jamais personne ne pourrait remplir cette dette-là. Personne.
La main de Byakuya se posa sur son sabre pour le récupérer, tandis qu'Unohana tentait de lui retirer son collier inhibiteur. Retrouver son arme avait quelque chose de rassurant pour lui qui en avait été privé contre sa volonté pendant si longtemps. Dès qu'il put sentir l'âme de son Zanpakuto, il fut surpris par la violence de ce contact. Il en écarquilla les yeux, comprenant que Senbonzakura tentait de lui transmettre quelque chose de très important. Son état sembla inquiéter sa sœur qui s'enquit de lui, mais il se concentra sur son arme, fermant les yeux. Il eut du mal. Il avait été privé de son énergie spirituelle trop longtemps.
- Ce n'est rien, c'est juste Senbonzakura, finit-il par dire avec un sourire désolé. Nous pouvons y aller.
De toute façon, il n'avait plus rien à faire ici.
Il se figea lorsqu'il entrevit une silhouette à la porte des appartements. Des pétales de cerisier volèrent alors que cela était impossible. Il n'y avait pas de vent dans l'enceinte du bâtiment. Son Zanpakuto tentait de le guider quelque part dans le palais blanc. Si c'était si important pour son arme, il ne pouvait que lui céder. Elle était une partie de lui, il aurait été anormal qu'il n'écoute pas son subconscient.
- Capitaine Kuchiki, nous devons vous mettre en lieu sûr, protesta Unohana, l'agrippant par l'épaule.
Mais c'était plus fort que lui. Il devait à tout prix découvrir ce qui se tramait.
