Et voilà. Encore un chapitre. Plus court que les précédents, mais il se passe plus de choses. Je vous laisse découvrir lesquelles. Je tiens à prévenir tout de même qu'Edward réagira à Bella autrement que dans les livres, il est beaucoup plus direct dans ma fic, bien qu'il soit tout de même prudent...enfin, vous verrez quoi. Je voulais dire merci à tous ceux qui prenaient la peine de me lire, ça me fait plaisir de voir que ma petite fic fait plaisir. Je commence à avoir un plan pour l'histoire, notamment avec la rencontre avec Jacob et tout le restant. J'annonce entre autres que les ships de ma fic sont bien sûr Bella/Edward, mais il y aura aussi du Jacob/Bella. Je ne sais pas encore dans quel ordre, bien que j'imagine un peu comment mon histoire va s'articuler. Par ailleurs, quand j'écrivais ce chapitre, j'écoutais Numb, de Linkin Park et Dysfunctionnal Family de Cinema Bizarre.
Réponse aux Reviews:
Jenifael: Eh bien, merci pour la review, et voilà la suite. Tu n'auras pas eu longtemps à attendre xD. Je suis contente que ma petite fic' te plaise (quoique. Elle ne sera pas si petite que ça --'). Bref, voilà la suite, j'espère que tu aimeras.
little-moi: La future rencontre? Pas pour maintenant. Enfin je veux dire...qu'ils se parlent pour la première fois, hein. Il y a dans ce chapitre encore des entrevues entre Bella et Edward, enfin tu verras x). J'ai eu un peu de temps à tuer, donc j'en ai profité pour avancer un peu. J'espère que la suite te plaira à toi aussi.
tueuse-en-serie-joke: xD. En effet, mais dans ma fic, ça sera pendant un petit moment un jeu de regards. bref, je te laisse voir par toi même, j'espère que tu aimeras.
alyssa: Merci pour ta review. Par contre, je n'ai pas pu t'avertir par MSN pour la simple et bonne raison que je n'avais pas ton mail. A moins que ce soit moi qui soit vraiment cruche et qui ne sache pas où je dois aller xX. Bref, j'espère que la suite te plaira.
Now, it's time to read. Enjoy!
x.X.x
Chapitre 3: A haute tension
Je traversai le patio rapidement, le souffle court. Le vent d'hiver soufflait dans mes cheveux, emportant un tourbillon de feuilles mortes non loin de moi. Plusieurs d'entre elles vinrent se fixer dans ma chevelure, d'autres dans les replis de mes vêtements, s'accrochant aux dentelles et aux autres aspérités. Je m'efforçais de ne pas trop me laisser submerger par cette soudaine vague de déprime qui venait de me posséder, totalement, la moindre molécule de mon corps. J'étais triste à hurler, et le temps maussade qu'il y avait au dehors n'était pas là pour m'aider à retrouver mon moral. Je levai le regard vers le ciel grisâtre. Une pluie se profilait au loin, et ne tarderait pas à atteindre la ville. Le vent souffla dans une autre direction, me rabattant les cheveux sur le visage. Quand le vent tourna à nouveau, je reçus une goutte d'eau sur le nez. Suivie par une dizaine d'autres. Il pleuvait.
Je parcourus à grandes enjambées la distance qu'il me restait avant la porte. Je la tirai, cette fois. Je fus dans le hall bondé. Je secouai machinalement l'écharpe qui pendait mollement à mon cou, dégageant les feuilles mortes qui s'étaient accrochées aux mailles. Je passai par les toilettes, pour m'examiner dans le miroir. Avec mes doigts, je remis en place ma coiffure désordonnée. C'était un recoiffage rudimentaire, certes, mais c'était mieux que rien. J'osai me regarder droit dans les yeux. Je ne vis qu'un regard fatigué, les larmes qui commençaient à poindre. Je m'appuyai contre le bord du lavabo, la tête baissée. Le bout de mes doigts dépassant des mitaines que je portais, jusqu'alors rougis par le froid, étaient blancs, tellement je m'agrippai à ce lavabo, comme si il était le seul à pouvoir m'empêcher de faire le saut de l'ange. Trop tard. Les larmes débordèrent. Je m'écroulai soudainement au sol, me retrouvant à genoux, appuyée contre le lavabo, la tête enfouie dans mes bras. Je détestais de plus en plus la ville, le lycée, ceux qui y habitaient. Je vis la porte s'ouvrir. Enfin, je l'entendis grincer sur ses gonds. Le grincement se répercuta dans la pièce, rendant l'atmosphère encore plus sinistre. Des pas résonnèrent sur le carrelage, mais j'étais trop noyée dans mon chagrin pour songer à libérer le lavabo, que je monopolisais depuis tout à l'heure. La personne s'était arrêtée. C'est ce que j'en déduisis, les pas avaient cessé.
« -Ca ne va pas? Demanda une voix douce et féminine »
bien sûr que non ça ne va pas! Sinon je ne serais pas en train de pleurer, agrippée au bord du lavabo comme à un garde fou. Cette question idiote m'arracha un nouveau hoquet, et de nouvelles larmes coulèrent le long de mes joues. L'autre attendit patiemment que ma crise de sanglots connaisse une brève accalmie, avant de venir poser une main sur mon épaule.
« -Si tu veux parler...commença l'autre »
Je séchai mes pleurs d'un revers de main, honteuse de m'être autant laissée aller. Je tournai lentement la tête, pour regarder la nouvelle arrivante. Il s'agissait d'une fille qui devait avoir mon age. Elle avait la peau très mate, des yeux marrons assez doux et des cheveux bruns, qui faisaient des bouclettes brunes. Elle n'avait pas l'air d'être comme Jessica, à l'affût d'un quelconque commérage. Je sus donc que je n'avais pas à craindre que l'histoire de Bella Swan en train de pleurer dans les toilettes des filles ne serait pas colportée dans tout le lycée. Je décidai de me redresser. Un voile de cheveux tomba devant mon visage, masquant mes yeux rougis par les larmes que je venais de verser.
« -C'est passé. Annonçai-je. Merci quand même. »
La fille n'avait pas l'air assez détestable pour que je l'envoie ballader, comme j'aurais pu le faire avec Jessica et Mike ce matin. Lesquels je n'avais pas croisés depuis notre dernière entrevue.
« -Je m'appelle Angela Weber. Annonça la fille. »
Je hochai la tête. Peut être que j'arriverai à retenir son prénom, elle avait l'air d'être sympa. Je murmurai d'une voix légèrement tremblante.
« -Et moi c'est Bella. Bella Swan. »
Elle ne parut pas surprise de mon annonce. Mieux, elle ne me dévisagea pas comme si j'étais une bête de foire. Elle ne me posa pas non plus les sempiternelles questions « comment c'est, Phoenix?», « pourquoi est-tu venue à Forks?», « tu te plais ici? », enfin bref, ce genre de questions, auxquelles j'évitais de répondre. Cette tactique, réputée pourtant comme étant réfrigérante, paraissait raviver les ardeurs des uns et des autres, plus curieux que jamais. Pour un peu, je lui en serais reconnaissante, de ne pas m'assommer de questions. Elle semblait disposée à m'offrir un peu d'amitié sans ragots en contrepartie.
« -Tu n'es pas avec tes amis? Demandai-je, sourcils froncés »
Je disais ça, parce que la plupart du temps, je voyais les filles entrer par bandes dans les toilettes, papotant et jacassant comme des pies, irritant celles qui étaient là avant elles. S'en suivait après des pénibles séances de remaquillage, parfumage and co, faisant que pour accéder à une cabine libre ou à un lavabo, c'était un vrai parcours du combattant.
« -Non, répondit Angela, avec fatalité. Jess a préféré rester avec Mike et Lauren. »
Ainsi, Angela était une amie des deux individus que j'avais eu le malheur de croiser tout à l'heure. Soit. Je hochai la tête, compatissante. Même si j'ignorais qui était Lauren. Quelque chose en moi me somma de ne pas chercher à en savoir plus.
« -Je vais chercher mes affaires pour le cours d'art. Annonçai-je.
-D'accord, opina Angela, en m'adressant un sourire chaleureux. On se retrouve là bas. »
Je pris à nouveau mon sac, que j'avais laissé appuyé contre un radiateur. J'adressai un signe de la main à Angela, puis je quittai les toilettes. Je devais avoir l'air piteuse, avec mes yeux rougis, mon visage encore mouillé de larmes. Je me cachai néanmoins derrière mes cheveux, puis j'arrivai dans le couloir où étaient entreposés les casiers. Je pris mon trousseau de clés dans ma poche. Elles m'échappèrent des mains. Je me baissai pour les ramasser.
Je manquai de crier quand je me relevai. Une main froide et dure comme de la pierre se posa sur ma bouche, étouffant le son. Il me relâcha une seconde plus tard. Mon coeur battait à tout rompre. Non seulement parce que j'avais eu peur, mais aussi parce que son toucher avait été responsable d'une violente embardée de la part de mon coeur, lequel continuait à battre d'une allure folle alors que j'ouvrais mon casier. Je pris mon carton à dessins, puis je refermai le casier. Il était toujours là. Et il me regardait. Il posa une main à côté de moi, sur le casier. Je m'aperçus avec gêne que c'était la seule fois où un garçon m'avait approché d'aussi près. Je peinais à soutenir son regard, ses prunelles d'or liquide me brûlaient, insidieusement. Il s'était rapproché de moi, son visage était tout près du mien. Le souffle court, le coeur battant, je le regardais se rapprocher de moi. Son haleine me faisait tourner la tête, c'était divin, sucré. Il s'éloigna précipitemment de moi, sans doute parce que j'avais l'air vraiment au bord de la syncope. Il me considéra de son regard insondable, magma couleur miel, puis il partit, d'un pas vif et gracieux, alors que dans le couloir, des pas se faisaient entendre.
Intriguée, déroutée, je me demandais qui était ce bel inconnu, que j'avais croisé trois fois aujourd'hui. Troisième fois où, comme une idiote, j'ai cru qu'il allait m'embrasser. Mais ça aurait été idiot, je ne connaissais pas son nom, et lui ne me connaissait pas plus. Il m'a juste regardée fixement ce matin, appuyé contre sa voiture. Puis, ce midi, il s'est assis en face de moi sans rien dire, en me dévisageant, comme si mes expressions pouvaient être révélatrices. Quoiqu'il en soit, il me mettait mal à l'aise, mais je m'aperçus bientôt que j'avais presque eu envie qu'effectivement il m'embrasse. Cette pensée me mit d'autant plus dans l'embarras. La cloche sonna bientôt deux heures, m'extirpant de mes réflexions. Je décidai de prendre de l'avance, avant de me perdre dans les flots d'élèves qui allaient en classe. Idée qui aurait été bonne si je l'avais eue plus tôt. Bientôt, les élèves envahirent le couloir où je m'étais réfugiée. Je dus jouer des coudes pour me frayer un chemin jusqu'à la porte. Je vis avec une déception grandissante que Jessica et Mike étaient là, en compagnie d'Angela et d'une fille blonde dont je ne connaissais pas le nom. Jessica m'aperçut, puis elle chuchota quelque chose à l'oreille de la blonde qui opina vivement, avant de lui chuchoter quelque chose d'autre. J'étais prête à parier tout l'or du monde qu'elles étaient en train de blablater derrière mon dos. Je fis un pas en avant, pour m'éloigner, avant de heurter quelqu'un. Ah non! Pas encore le proviseur...Je levai la tête, m'attendant à voir le regard réprobateur de Stevenson. A là place, je vis un garçon brun, assez banal. Mignon mais sans plus. Je lâchai mon carton à dessins, surprise. Je m'abaissai pour le ramasser, quand l'autre que j'avais bousculé se baissa aussi, pour m'aider. Nos mains se frôlèrent. J'accusai le coup sans sourciller. Il ne releva pas non plus. Il me tendit mes dessins.
« -Voilà tes dessins, jeune fille. Je suis vraiment désolé. »
J'opinai vivement, lui faisant signifier que je ne lui en voulais pas pour le moins du monde. Alors que l'autre continuait à se confondre en excuses. Je repris mon bien, avec une certaine gêne. Je venais d'être l'actrice d'un accident, une fois de plus. Devant témoins, en plus.
« -au fait, répondit le garçon, je m'appelle Tyler. Tyler Crowley. Je suis en TS1.
-Bella. Bella Swan. Et je suis en...TL2. »
Autrement dit, il était en Terminale S, classe 1, et moi j'étais en terminale littéraire, classe 2. Il opina vivement, puis il murmura d'un air timide.
« -Ravi de t'avoir rencontrée, Bella.
-De même, murmurai-je, plus par politesse que par réelle conviction. »
Je ne dis rien de plus; consciente que Jessica et sa copine me regardaient, avec avidité, à l'affût d'un quelconque ragot. J'étais prête à parier ma main que l'histoire allait être répétée et déformée. Comme quoi j'avais un coup avec Tyler ou quelque autre sornette du genre. Tout à coup, le murmure des conversations reprit, puis la vie poursuivit son cours, inlassablement.
« -C'est moi, demanda un élève de ma classe, ou Clayton n'est pas là? »
Clayton était le professeur d'art, et d'après ce que je voyais sur les visages pleins d'espoir éhonté de mes camarades, il n'était pas beaucoup apprécié parmi ses élèves. Je roulai des yeux, puis me calai contre le mur, le carton à dessins coincé entre mes chevilles. Une rumeur parcourut mes camarades, et l'un d'eux lança.
« -Ne rêve pas trop, il est toujours à la bourre. »
L'autre gromella, et garda son regard fixé sur le bout du couloir, à l'instar de nombreux autres élèves. On « ooooh » de déception retentit alors, suivi d'un concert de « la ferme, il va nous entendre ». Mais il devait avoir entendu, car quand il ouvrit la porte, il était d'une humeur massacrante. Certains pouffèrent de rire, dont Jessica et son acolyte, avant de rentrer dans la classe.
Nous nous retrouvâmes plongés dans le noir. Aujourd'hui, c'était une séance diapo. On n'aurait pas besoin de nos cartons à dessins, sauf pour ranger les photocopies des biographies de peintres célèbres (+artfolio) que le prof nous donnerait. Je m'installai sur une table du fond, tranquille. Je m'appuyai contre le mur, en fixant l'écran blanc qui venait tout juste d'être abaissé. Un coup ténu se fit entendre. Clayton maugréa un «entrez » d'un ton guttural et peu aimable. Je sursautai quand je vis le garçon à l'incroyable chevelure cuivrée rentrée dans la salle. Même dans le noir, son regard caramel brillait d'une lueur surnaturelle.
« -Puissiez-vous me pardonner de mon contre-temps, monsieur Clayton. Susurra-t-il, d'un ténor séduisant et chaleureux ».
Clayton ne protesta même pas. Pourtant, j'aurais été sûre qu'il aurait sauté à la gorge de quiconque aurait osé dérangé son cours ou du moins en perturber l'ordre. L'autre scruta la salle de son regard magnifique, cherchant une place libre. Son regard s'arrêta sur moi, puis sur la chaise libre, sur laquelle j'avais posé mon sac, pensant que je n'aurai pas de voisin de toute l'heure. L'air contrit, les joues rouges -je bénissais l'obscurité parce qu'il ne pourrait pas les voir!- je défis mes affaires, pour qu'il puisse s'installer. En deux temps trois mouvements, il avait sorti sa trousse et de quoi écrire. Je l'étudiais en silence, regardant de plus prés ses mains fines aux longs doigts blafards, et ses vêtements qui paraissaient assez chers. Il avait appuyé sa joue contre sa main droite, puis il regardait le tableau d'un oeil vide, aussi immobile qu'une statue.Pas même un clignement d'oeil ne rompit la position immobile qu'il adopta alors. Je détournai le regard, encore une fois embarrassée. La première diapositive apparut à l'écran. Il s'agissait d'une peinture d'Egon Schiele, un artiste du XIXe siècle qui était autrichien. Ce dessinateur avait une réputation sulfureuse car il avait dessiné des femmes souvent représentées dans des positions lascives et très suggestives.
« -Bien, commença le professeur, sa voix caverneuse retentissant dans toute la salle. Quelqu'un peut-il me dire quel rapport ont les peintures d'Egon Schiele avec le TD en cours? »
Jessica gloussa, imitée par son amie. Le professeur les vrilla de son regard mauvais, ce qui ne fit pas pour autant disparaître l'expression hilare de son visage. Je levai les yeux au ciel. Il est bon, lui, de parler du TD en cours. Il aurait au moins pu avoir l'amabilité de faire un récapitulatif, ne serait-ce que pour les éventuels absents. Je soupirai, désemparée. J'allais passer mon cours à m'ennuyer ferme. Jessica leva la main, un sourire narquois aux lèvres.
« -Mademoiselle Stanley?
-Peut être parce que les nus de ce peintre ont toujours des positions très...suggestives? »
Ricanement de quelques garçons. Je soupirai, blasée. Encore ces fichues hormones qui les titillent. Je roulai à nouveau des yeux. Mon regard s'arrêta sur mon voisin, qui me regardait lui aussi. Je soutins son regard en même temps, puis j'écoutai le professeur rembarrer Jessica.
« -Faire preuve d'intelligence de temps à autre serait-il trop vous demander, mademoiselle Stanley? »
L'autre en resta coite. J'eus un mince sourire. Si Clayton avait les mêmes goûts que moi en matière de fréquentations, lui et moi risquions de bien nous entendre. Mon voisin me regarda à nouveau, intrigué. Je lui jetai un nouveau coup d'oeil en biais, suspicieuse. Pourquoi il me regardait comme ça? Que me voulait-il? Je décidai tout bonnement de l'ignorer. La fin du cours arriva bien vite, sans qu'il y ait d'autres accidents notoires. Une fois que le professeur nous eut libérés, je me précipitai dans le couloir, contente d'arriver cher moi.
Mais plus je marchais dans le couloir désert, plus j'avais l'impression d'être observée. Pire, suivie. Alors mes pas s'accélérèrent d'eux mêmes, et j'arrivai bientôt dans le grand hall. Je descendis l'esplanade, avec toujours cette impression d'être suivie. Puis je traversai le parking, atteignant la route. Je fus presque soulagée de voir la voiture de ma mère. Sans réfléchir midi à quatorze heures, je m'y engouffrai.
