J'ai écrit le chapitre 5, donc je le publie maintenant, histoire de reprendre le rythme. J'ajoute en plus de cela une playlist à ma fic. Voici les titres qui peuvent faire office de bande-originale.
Chapitre 1: Days of summer by Ana Johnsson et Don't Leave Home by Dido
Chapitre 2:Can't Find My Way Home by Blind Faith et Help! By The Beatles
Chapitre 3: Numb by Linkin Park et Dysfunctional Family by Cinema Bizarre.
Chapitre 4: Cendrillon by Téléphone et Loin du Froid de Décembre by Hélène Ségara(Anastasia Soundtrack)
Chapitre 5: A Day Without Rain by Enya et Le Bonheur by Berry
Voilà, c'est à écouter pendant votre lecture ^_^
Sinon, je vous remercie pour vos reviews, encore une fois (wow, vous êtes rapides =o ) et je suis contente de voir que ma fic n'est pas tombée dans l'oubli suite à mon léger délaissement.
Bonne lecture!
XXx In Memoriam xXx
Chapitre 5: Une rencontre inattendue
Je fus surprise par la caresse du soleil sur ma peau, le matin suivant. La douce chaleur emplissait ma chambre, comme un cocon rassurant. Je m'étirai, avant de repousser mes cheveux ébouriffés en arrière. Je m'aperçus qu'ils étaient trempés. Mes joues étaient chiffonnées, comme après une bonne crise de larmes. L'oreiller était aussi humide. J'avais dû passer une bonne partie de la nuit à jouer les fontaines. Mes larmes avaient dû profiter de la nuit pour se carapater, alors que j'avais presque tout fait pour retenir mes larmes dans la journée. Ces traîtresses en avaient profité pour se faire la malle. Endolorie, je continuai de m'étirer, me tortillant légèrement sur le matelas posé à même le sol, faute d'avoir un lit pour le moment. Je repoussai la couverture d'appoint, frissonnant quand la douce chaleur retenue par le tissu s'éloigna. Je cherchai du pied mes pantoufles, et quand je les eus trouvées, je m'y réfugiai. Je me pris doucement la tête entre les mains, migraineuse. Je me levai, avant de me traîner dans le couloir; Je me sentais vaseuse. Je me retrouvai bientôt dans la cuisine, où ma mère avait laissé le nécessaire pour mon petit-déjeuner. Je vis un petit mot épinglé sur le frigo, à mon intention. Je m'en saisis.
Ma chérie
Je rentrerai tard, ce soir. Un collègue du bureau m'a invitée à dîner. Je t'ai laissée de quoi pour que tu puisses te faire à manger. N'oublie pas non plus ta consultation demain matin, avec le Docteur Cullen. Ne te couches pas trop tard ce soir.
Je t'aime
Maman
Je chiffonnai légèrement le mot quand elle me parla de ma consultation; Je n'avais pas envie d'y aller. C'est comme si je me rendais à l'échafaud, vous voyez. Tout en réprimant un bâillement, je me versai du jus d'orange dans le verre avant de m'apercevoir que ce dernier était retourné, et donc que je m'escrimais pour rien. Je me mordillai la lèvre inférieure, avant d'atteindre en deux bonds l'évier. Je me saisis de l'éponge, puis je tentais de réparer ma maladresse. Je retournai le verre après l'avoir essuyé, puis je l'eus, ce verre de jus d'orange. Je trempai les lèvres dans ma boisson, mais son goût acide me révulsa. Je jetai le tout dans l'évier, et rangeai la brique du jus dans le frigo, à son emplacement habituel. J'avais l'estomac barbouillé, et toujours cette fichue migraine qui me martelait le cerveau, comme si j'hébergeais dans ma cervelle un régiment de marteaux piqueurs. Je tentai les céréales, histoire de ne pas partir en cours le ventre vide. Blasée, je mâchonnais les pépites sans grande conviction, la joue appuyée contre ma main droite. Je soupirai, avant de mettre la vaisselle sale dans l'évier, pour la faire. Je posai le tout dans l'égouttoir, puis je rangeai tout ce que ma mère avait sorti. Elle avait peur que je meure de faim pour m'avoir laissé tout ça. Surtout que ni elle, ni moi, ne me connaissions un appétit vorace. J'avais plutôt tendance à manger assez peu. D'où peut être mon allure anémiée, j'aurais sûrement l'air plus en forme si je mangeais; Las. La nourriture et moi, ça faisait trente-six-mille.
Je me rendis après dans la salle de bains. Je fis couler l'eau, avant de me dépêtrer de mon pyjama. Je me regardai un instant. Si quand j'étais habillée, ma maigreur n'était pas si flagrante que ça, quand j'étais nue, j'étais carrément squelettique. Je soupirai, en me disant que de toute façon, personne n'aura l'occasion de constater de visu les dégâts. Mes hanches étaient plus visibles, et mes côtes aussi. Je me tortillai pour tenter d'apercevoir mon dos. La colonne vertébrale affleurait ma peau. Déprimée par ce corps que je n'aimais pas, je me réfugiai sous le jet d'eau chaude. Je m'enveloppai ensuite dans une serviette, puis je me rendis dans ma chambre où je pourrais choisir mes vêtements. J'optai pour un t-shirt blanc, informe, et un gilet kaki. Je portai un jean, je n'étais pas vraiment à la mode, mais je m'en fichais, de la dernière tendance. Maman ne comprenait pas pourquoi je ne m'intéressais pas aux fringues et pourquoi je ne me maquillais pas. Je n'aimais pas, c'est tout. En fermant mon soutien-gorge, je me sentis légèrement désolée de ma poitrine presque inexistante. Je n'avais jamais eu beaucoup de formes, et cela n'allait pas changer du jour au lendemain! Adolescente, j'avais souvent essuyé des commentaires comme « planche à pain » ou autre. Cela ne m'avait jamais atteinte, même si moi aussi j'aurais aimé plaire comme ces filles qui avaient un bonnet D et deux sous d'intelligence. Seulement, Bella, plaire et garçon ne pouvaient figurer dans une même phrase, sauf pour dire Bella? Plaire? A un garçon? Non, mais vous plaisantez! Quoique…Ca fait plusieurs phrases et non une. Enfin, je pense que vous avez saisi l'essentiel, non? Je baissais les yeux. Je le dépêchais d'enfiler mon haut et de finir de m'habiller, avant de déguerpir vite fait. Direction le lycée, où je voulais aller comme d'aller me pendre.
J'allai donc à pied, cela ne me fera pas de mal de toute façon. Le soleil brillait, et mon visage n'avait pas vu le soleil depuis des lustres. J'avais besoin de ressentir sa caresse sur ma peau, comme si il était l'amoureux que je n'aurai jamais. Forks me déprimait par ses pluies incessantes. Depuis que j'étais arrivée, je n'avais entendu que le tap-tap frénétique des gouttes d'eau tombant contre la véranda et les carreaux. Mon sac était perché sur mon épaule, l'équerre toujours en morceau au fond, car je n'avais pas le courage de déballer mes affaires. Mon poncho me maintenait bien au chaud, à l'abri des premiers frimas de l'automne. J'arrivai bientôt au lycée, et j'eus la forte impression, en rentrant, que tout allait être comme hier. L'indifférence des uns et des autres. Ces sangsues de Mike et Jessica qui allaient de nouveau me coller aux basques, cette peste de Lauren qui passerait son temps à déblatérer des idioties sur mon dos. Ma seule consolation serait de le voir, celui qui a hanté une bonne partie de mes rêves. Certains étaient tout à fait mignons et charmants, d'autres étaient à censurer, car pratiquement classés X. Je le connaissais à peine, voire pas du tout, et il habitait déjà mes fantasmes. D'un côté…C'était..;Lui, quoi.
Un peu plus motivée que tout à l'heure -et même que ça me paraissait suspect-je me rendis à mon casier où je pris mon classeur de littérature et le cahier d'espagnol. Le hall était bondé, et la cloche allait très prochainement sonner. Je détestais les endroits où il y avait trop de monde, ça avait le don de me stresser. Je remis le cadenas, puis je me mis en route vers ma classe, l'emploi du temps à la main. Soudainement, quelqu'un me heurta, envoyant valser mes livres. Je reconnus Lauren, qui m'avait délibérément bousculée. Mes livres tombèrent par terre, et déjà, j'étais en train de m'agenouiller pour les ramasser. Une main apparut dans mon champ de vision. Je chassai sa main, en aboyant:
« Dégage Tyler! »
J'entendis un rire cristallin qui me fit frissonner, et ce jusqu'au plus profond de mon être. Ca, Tyler n'allait pas être capable de le provoquer. Je levai les yeux vers mon « sauveur ». C'était l'ange roux! Mes joues s'enflammèrent. Je balbutiai un vague merci alors que je lui reprenais mes bouquins. Soudainement, ma main frôla un papier qui dépassa du bouquin. Je sentis le papier m'entailler la peau. Une goutte de sang pâle perla à mon doigt. C'était comme ça, chez les gens atteints d'une leucémie. Les globules blancs proliféraient, et les rouges disparaissaient. Le sang qui coulait dans mes veines était donc assez clair. Je portai mon pouce à mes lèvres, inconsciemment, alors que mon interlocuteur restait impassible. Je crains un instant qu'il ait découvert ce que je cachais, ce dont mon corps souffrait et qu'on ne voyait pas. Cette anomalie que présentait mon sang…Je détournai le regard, et j'amorçai un pas pour partir, quand il se saisit de sa poigne de fer.
« Attends! Me dit-il. »
Que faire? J'attendis. Et je ressentis à nouveau cette décharge électrique quand il me toucha. Il lâcha mon bras, comme si il venait de se brûler avec. Ses prunelles dorées étaient incandescentes, et elles me faisaient fondre comme neige au soleil, alors que mon cœur, ce beau diable, s'était à nouveau réveillé.
«-Désolée. Murmurai-je. Je t'ai pris pour quelqu'un d'autre.
-Dis-voir. Qu'a donc fait ce Tyler pour que tu lui en veuilles?
-Il s'est juste montré un peu trop empressé de voler à mon secours. Je dois filer, j'ai cours.
-Au fait…Je m'appelle Edward. Edward Cullen. »
Je me mordillai la lèvre inférieure. L'ange roux se nommait donc Edward. Rien que de penser à son nom, mon cœur fit une violente embardée. Je me sentais ridicule, à rougir comme une courge, plantée en plein milieu du couloir. Et pourtant, je le regardais, étudiant le visage parfait d'Edward. Edward. Edward…Ce nom résonnait dans ma tête, comme une douce chanson, un air qui me plaisait et m'obsédait à la fin. Edward. Un nom assez ancien, et d'après ce qu'il portait, il était assez riche. Il portait un pull blanc, qui faisait ressortir à merveille sa fine musculature, et par-dessus une veste en cuir beige. C'était injuste, ça lui allait si bien! Je baissai la tête, découragée. Je n'étais que Bella, l'insignifiante Bella qui était trop banalement humaine, avec un nom que je n'aimais pas. Je levai à nouveau les yeux vers lui, hésitante. Lui ne semblait pas s'être arraché à sa contemplation. Je repoussai mes cheveux en arrière. Grave erreur. Mon prince charmant s'évanouit devant ce geste débordant de superficialité. Je regardai autour de moi, hébétée. Je ne le voyais plus, je l'avais fait fuir. Décidément. Repousse-garçons 2, le retour. La mort dans l'âme, je me reposai contre le casier, fermant les yeux un instant, luttant contre ces foutues larmes. Je pleurais pour un rien ces derniers temps. Sûrement pour compenser toutes ces années où je n'ai pas su pleurer.
« -Hé, Bella! »
J'ouvris les yeux. Je grimaçai légèrement en reconnaissant Mike Newton qui s'avançait vers moi, l'air joyeux, comme si il avait eu son Noël en avance. Le pauvre! Si il savait que j'avais envie de le voir comme d'aller me pendre…Le pendre, peut être? Oh, ce pauvre garçon n'était sans doute pas détestable, mais rien à faire, je ne l'aimais pas. Je n'aimais personne ici, sauf Ed…Eh! Qu'Est-ce que j'allais penser là? Me torturer ainsi l'esprit ne me faisait-il pas peur? J'étais particulièrement masochiste pour continuer à penser à Edward alors que je l'avais fait fuir, signe que je n'avais aucune chance avec lui. Je soupirai, avant de regarder Mike que je faisais poireauter depuis tout à l'heure.
« -Salut Mike. »
Youpi, pensais-je intérieurement. J'avais horreur de me montrer hypocrite, mais voilà, quoi, Newton, c'était Newton. Et manque de chance pour lui, je n'avais aucune envie de lui parler, surtout quand mon prince venait de se carapater joyeusement…Ou pas, si on se fiait à son air crispé. Je me mordillai la lèvre inférieure, cachant ma main dans le revers de ma veste. Mike regarda derrière lui, lorgnant Jessica et cette peste de Lauren, qui m'épiait de ses yeux de poisson pas frais. Je roulai des yeux, puis je tentai de donner un air vaguement intéressé pour ne pas décourager Mike. Les nouvelles allaient vite dans ce lycée, et je ne voulais pas hériter d'un nouveau surnom, à savoir le mur, faisant de moi une fille sans cœur et insensible à tout.
« -Excuse Lauren, fit-il, déconfit. Elle a du mal à se faire à l'idée que tu les intéresses plus qu'elle.
-Eh bien, qu'elle échange avec moi! Raillai-je, que je puisse retourner à l'anonymat, ça ne me chagrinera pas.
-Je crois que je me suis mal fait comprendre. Soupira Mike, en me regardant comme si j'étais une débile mentale. Je ne parlais pas des élèves en général. Mais eux. Les Cullen. »
Je laissai passer un « oh » surpris. Je me repris rapidement cependant.
« -Lauren est vexée qu'Edward s'intéresse à toi -et lui aussi, visiblement, soulignais-je, mauvaise-
-Qu'elle soit rassurée, rétorquai-je sèchement, il n'y a rien entre lui et moi. »
Je commençais à amorcer un pas pour partir, mais Mike m'en empêcha. Il avait l'air plus tranquille. Ma réponse, par je ne sais quel moyen, avait eu l'air de le réconforter. Idiot! Je roulai des yeux, puis je jetai un regard noir à Lauren. Miss Mallory était beaucoup plus belle que moi, et elle avait plus de chances d'arriver à sortir avec un garçon comme Edward. Evidemment! J'avais la présomption de penser que j'étais à la hauteur…Me voilà rabaissée plus bas que terre. Je lâchai un soupir, et Mike reprit, à mon infortune, la parole.
« -Avec les filles -Angela, Jessy et Lauren, ainsi que Ben et Tyler, nous allons en boîte samedi soir. Ca te dirait de venir avec nous?
-Mais…On n'a même pas l'âge d'entrer…
-C'est un détail. Affirma Mike. Ben et Tyler sont majeurs, et quand on est accompagnés par des personnes majeures, eh ben, on peut. »
Je gémis, légèrement frustrée. Aller en boîte? Non, mais ça ne va pas la tête? Je ne savais pas danser, et généralement, ces endroits étaient enfumés. Mais ma mère aurait été contente que j'y aille, avec mes nouveaux amis. Si on peut les considérer comme tels, cela va de soi. Vaincue, je soupirai un maigre:
« -D'accord
-Super! S'écria-t-il, enthousiaste. A tout à l'heure! »
Super, pensai-je, avec amertume. Une fois de plus, je m'étais fourrée dans le plan foireux par excellence. Je me mordillai la lèvre inférieure, et me mis en route vers mon cours d'art. Contrairement aux autres élèves, je n'avais rien à présenter comme projet, étant nouvelle de chez nouvelle. Je passai l'heure à dessiner sur mon cahier, tirant légèrement la langue sous l'effort. Je jetai un coup d'œil à mon voisin de gauche. C'était un grand type, boutonneux, et on aurait dit qu'il s'était renversé un pot de vaseline sur la tête. Il portait des lunettes carrées, à la Austin Power, et un grand t-shirt noir à l'effigie de Star Trek. J'avais devant les yeux le stéréotype du geek. Mais le type en lui-même ne m'intéressait pas. Ce qui m'intéressait, c'étaient les traits fins qui ornaient sa page de cahier. Je dus reconnaître que c'était vraiment bien foutu. Je me mordillai à nouveau la lèvre inférieure -un tic- puis je continuai à regarder le garçon dessiner. Absorbée dans ma contemplation, je n'avais pas vu venir le professeur qui se tenait debout derrière moi. Plusieurs élèves ricanèrent. Je rougis, instantanément. Je tentai un geste pour cacher la feuille où était dessinée une caricature du prof, mais ce dernier, plus rapide, s'en saisit.
« -Eh bien, je vois que chez vous, mon cours est très…Inspirant. Puisque vous êtes si inspirée, je vous invite à rester ce soir après les cours, on verra si vous excellez autant à copier des lignes. »
Je baissai la tête, honteuse. Le prof tourna le dos, alors qu'une dizaine de paires d'yeux me fixaient, interrogateurs. Je leur lançai à tous un regard noir. Mike lorgna ma feuille, et un sourire s'étala sur son visage. Il se tourna vers moi, avant de lever le pouce, dans un geste qui signifiait « bravo ». Je lui adressai un piètre sourire. Peut être que dans le fond, il n'était pas si détestable que je le pensais. Il méritait peut être que je m'en fasse un ami.
A six heures, je sortis de l'école, exténuée. Il faisait plus sombre qu'à l'ordinaire, et je me dépêchai de rentrer. Je m'attendais à ce que Maman ne soit pas à la maison, bloquée à son bureau. Je poussai la porte d'entrée, surprise de la voir ouverte. Je me souvenais pourtant d'avoir quitté l'allée avec les clés à la main. J'arrivai dans le salon. J'entendis alors des soupirs. Ceux d'une femme, et d'autres plus rauques. D'un homme. Je m'approchai, et je restai clouée sur place. Je devins livide, puis rouge brique, menaçant d'exploser, tellement j'étais furax et choquée. Ma mère. Dans le canapé. Avec ce type que je ne connaissais pas. Ce fameux collègue de bureau. Renée n'avait plus son haut, et la bretelle de son soutien-gorge tombait mollement sur son épaule. Ma mère leva les yeux, et fut surprise de me voir là. Me mordant les lèvres pour ne pas pleurer, je fis volte-face avant de monter les escaliers quatre à quatre et de claquer la porte.
