Chapitre 5: Rêverie & réglements de comptes
Je détestais le temps. Surtout quand il m'était compté. Pire encore, quand je restais sans rien faire, ayant la forte impression de gaspiller ce que j'avais. Frustrée, déprimée, je me laissais aller dans une torpeur, où je n'était ni trop bien, ni trop mal. J'étais rien du tout, en fait. Et comme d'habitude, mes pensées se tournèrent vers Edward. Mon vampire. Je m'en fichais qu'il soit un vampire. C'était lui que j'aimais. Il était non seulement beau comme un dieu, mais il était…parfait. Nous étions ensemble depuis pas longtemps, mais déjà j'avais certains désirs, certaines envies. Comme par exemple, d'unir mon corps au sien. Découvrir son corps d'homme, et que lui découvre le mien. Je voulais savoir comment lui donner du plaisir, comment le combler. A chaque fois que je le touchais, à chaque fois que ses mains caressaient ma peau, je me sentais m'embraser de l'intérieur, et des fois, j'avais peur de mourir, brûlée par le désir. Pour avoir cette sensation, j'aurai souffert mille-morts, j'aimais ce feu dévorant qui me brûlait les veines. Mais il n'était pas question de sexe entre nous. Edward a bien défini les limites, dans le but ultime de me garder en vie. Pourtant, j'avais peur d'en avoir envie plus que la décence ne l'autorisait. J'aimais Edward. C'est légitime de vouloir faire l'amour avec l'homme que l'on aime, n'est-ce pas? Alors, des fois, j'imaginais. Le ballet de nos vêtements qui quittent nos corps, nos lèvres qui se découvraient, avides, nos langues caressant lascivement la peau de l'autre. Ses mains d'homme parcourant doucement mon corps de jeune femme, découvrant ce qui faisait que j'étais moi et pas une autre. Je rêvais parfois la perfection marmoréenne de son corps, mais c'était à parier que mon fantasme était largement dépassé par la réalité. Jamais je n'aurais imaginé me tenir dans les bras d'un homme tel qu'Edward, et si il y a un an, on m'avait raconté ce que je vivrais, je l'aurais pris pour un débile mental. A mon sens, il était le plus bel homme que la terre n'ait jamais porté. Figé à tout jamais dans la perfection de ses dix-sept ans. A tout jamais, il aurait un corps de dieu, la jeunesse et la fougue. Moi, quand le même laps de temps se sera écoulé, je serai en train de pourrir au fond du cimetière du coin, nourrissant les vers. Avec cynisme, je me demandais si ils trouveraient que j'ai bon goût. Après tout, j'étais le fruit défendu pour Edward, sa tentation ultime. Il n'a jamais eu autant envie de goûter au sang humain, m'avait-il dit. Qu'il ait envie du sang d'une leucémique me dépassait. Certaines humaines étaient plus saines.
Je fus tirée de mes réflexions par un coup ténu tapé à mon carreau. Je redressai la tête, et mon cœur bondit dans ma poitrine. Edward. Son visage flottait dans la nuit, avec netteté. Il était assis sur le bord de ma fenêtre et attendait sagement que je lui ouvre. Je sautai en bas du lit, puis, en deux pas, je fus à la fenêtre. Je l'ouvris. Le vent glacial me fit frissonner. Edward me dédia le sourire en coin auquel je ne résistais pas. Je me hissai sur la pointe des pieds, pour poser un baiser sur ses lèvres. Son contact glacial réveilla en moi mon désir, celui dont j'aimais la sensation. J'enroulai mes bras autour de sa nuque, agrippant ses mèches cuivrées. Il m'embrassait avec passion, sa langue glacée dessinant ma bouche, ma lèvre inférieure. J'entrouvris légèrement les lèvres. Il grogna, avant de me repousser -gentiment-. Je baissai les yeux, frustrée, le cœur battant encore à tout rompre. Il caressa doucement ma joue. Je me raidis à son contact, et je me contentai juste de refermer la fenêtre derrière lui, car j'étais en train de cailler. Edward m'étudia un long moment. Je décidai de rester à une distance raisonnable de lui. C'est-à-dire, une distance qui ne me ferait pas perdre la boule. Le silence s'installa entre nous, frigorifiant. Je me mordillai la lèvre inférieure. En un instant, Edward fut à côté de moi. Il posa sa main fraîche dans le bas de mon dos, alors qu'il m'attirait tout contre lui. Vaincue, j'enfouis la tête dans son torse, frustrée de ne pas pouvoir voir ce que ses vêtements laissaient suggérer. J'étais ravie de le retrouver néanmoins, il m'avait manqué. Je levai mes yeux vers son visage marmoréen. Je reculai instinctivement en voyant ses prunelles d'un noir d'encre. Des cernes profonds marquaient son visage si parfait. J'eus le cœur serré pour lui. Etre en ma présence devait être une véritable torture pour lui. Je caressai doucement sa joue, puis ses lèvres. Doigts qui se firent automatiquement embrasser. Je baissai le regard.
« -Tu as soif? Demandais-je, la bouche sèche.
-Non, chuchota-t-il, ça va.
-Tes yeux…soufflais-je.
-Je maîtrise, Bella. Répéta-t-il, plus sèchement. »
J'hochai la tête en silence. Il prit doucement mon menton entre ses doigts froids. Je levai mes yeux marron vers ses yeux dorés à lui. Je me mordillai la lèvre inférieure, gênée. Doucement, Edward baissa ses mains dans mon dos, et agrippa ma taille avec fermeté. Le frôlement entre nos deux corps me troubla, et je m'efforçais de penser à autre chose. Il se pencha légèrement, pour m'offrir ses lèvres. Notre baiser devint de plus en plus passionné, je sentais ses maigres tentatives pour approfondir notre baiser, mais il se retenait tout le temps, pour que je me tienne éloignée de ses dents venimeuses et tranchantes comme des lames de rasoir. Sa langue caressait doucement ma bouche, en traçait le contour, les pleins et les déliés. Des fois, c'était ma langue qui caressait sa bouche, et je mordillais également sa lèvre inférieure. J'entendais ses faibles soupirs, lorsque je lui faisais tout cela. Doucement, mes mains passèrent sous son t-shirt…
BANG!
Un coup sourd à la porte de ma chambre m'extirpa de ma rêverie qui, j'avoue, commençait à être intéressante. Je me redressai, m'apercevant que j'étais dans ma chambre, la joue posée contre le sol. J'avais les joues chiffonnées, comme après une bonne crise de larmes. Ebahie, je levai la tête vers la porte, reprenant contact avec la réalité. Je m'agenouillai, avant de passer une main dans mes cheveux, méditant distraitement sur mon rêve. Edward y était apparu, dans le rôle de l'amant. Et j'imaginais…Des choses. Je me rappelais bien de ses yeux sombres, de ses cernes, de la splendeur marmoréenne de ses traits. Il n'était pas humain, dans mon rêve. Mon regard se posa sur un bouquin posé au sol, au pied de ma table de nuit. Je rampai jusqu'à lui, et je m'en saisis. Entretien avec un vampire. Voilà, le rêve avait juste été un mix de ma rencontre avec Edward, et mon livre de chevet, comme ça arrivait souvent. Je le refermai, alors qu'un autre BANG se fit entendre. Je fronçai les sourcils, avant de me relever et de me traîner jusqu'à la porte. Je posai la main sur la poignée, et, doucement, je la tournai. Dans un état de semi-torpeur, j'ouvris la porte, et je vis ma mère. Renée. Tout à coup, les images des dernières heures me revinrent. Renée, dans le canapé, avec cet homme que je n'avais jamais vue. L'image allait encore me harceler pendant un moment, je le savais. Je me mordillai la lèvre inférieure, avant de refermer la porte sur elle, m'adossant au battant. Je ne voulais pas lui ouvrir. Elle m'avait trahie.
« -Bella, chérie. Je t'en prie, ouvre moi. Je veux te parler. »
Non non et non! Je n'avais pas envie de parler. Elle pourra rester autant de temps qu'elle le désire sur le palier, je ne lui ouvrirai pas. Elle n'avait pas le droit d'amener un homme dans NOTRE maison. Où on habitait toutes les deux, entre filles. Je ne voulais pas que, dans quelques semaines, la mousse à raser de ce type côtoie le rouge à lèvres préféré de ma mère, sur l'étagère de la salle de bains. Je pouvais entrer dans la chambre de Renée comme bon me semblait, et des fois, nous nous allongions, l'une contre l'autre, pour se plaindre à peu près de tout: les politiciens, les mecs, le temps qu'il fait, la queue dans les magasins, pas forcément dans le bon ordre, mais on se plaignait et on déprimait ensemble en se gavant de choses pas forcément diététiques en regardant un vieil épisode de Friends. Des fois, encore, on parlait des gars, et on débattait pour savoir qui était l'acteur le plus sexy de la décennie. Maman était une inconditionnelle de Harrison Ford et moi, j'étais dingue de Heath Ledger. Seulement, avec un homme à la maison, ça ne sera plus possible. Maman passera sa vie avec ce type, dans un restau chic, dans un endroit chouette. Et moi, comme un pomme, je resterai toute seule à la maison, en train de glander quand j'aurai fini mes devoirs. Je n'aurai plus le droit de mettre les pieds dans sa chambre, car elle la partagera avec cet autre, et y mettre les pieds serait comme violer l'intimité du couple. Ce type allait me voler ma mère. Et ma mère, en sortant avec ce type, se débarrassait de moi. Je me recroquevillai, toujours adossée au battant. Mais merde! Elle ne le connaissait pas depuis longtemps. Cela faisait à peine une semaine que nous étions arrivées! Je soupirai. Maman a toujours été la plus douée de nous deux pour les rapports humains. Renée donnait des tonnes d'amour et en recevait autant, sinon plus. Je n'étais que Bella, son ado difficile, en fin de vie. Sur qui pleurerait-elle quand je ne serai plus là? Avec qui passera-t-elle ses soirées? Quand je mourrai, elle n'aura plus personne, et j'étais égoïste de vouloir l'éloigner de cet homme qui était susceptible de pouvoir la délivrer de la solitude dans laquelle mon absence l'aura plongée. Je soupirai à nouveau, avant d'ouvrir lentement la porte. Sitôt que j'eus laissé suffisamment d'espace, Renée s'engouffra comme un ouragan dans ma chambre. Elle était heureuse, limite hystérique cependant. Je grommelai, avant de m'asseoir sur mon lit, ayant l'impression d'avoir avalé un bon kilo de briques. Renée s'installa à côté de moi, et me prit dans ses bras.
« Si tu savais, Bella, il est mer-vei-lleux. Tu sais, je vais vraiment apprendre à jouer au base-ball!
-Tu ne sais pas jouer au base-ball, contredis-je, en roulant des yeux. Comment il va réagir quand il va s'apercevoir que tu ne t'intéresses à rien trop longtemps? La patience n'a jamais été ton fort, et te tenir à une seule chose non plus. »
Je me mordis la lèvre inférieure, honteuse. Encore une fois, j'étais en train de martyriser ma pauvre mère qui n'avait rien fait. Encore une fois, j'avais détruit le bonheur auquel elle avait le droit, surtout depuis que Papa avait disparu de notre vie en s'en allant avec une autre, nous laissant toutes les deux alors que j'avais six ans. Je ne revis jamais mon père, et pour moi, c'était tout simplement un salaud. Il a laissé ma mère, moi, il ne nous a jamais recontactées. Nous étions hors de sa vie. Je baissai la tête. Ma mère faisait des efforts. Elle se battait, et restait forte. Moi, je me lézardais à chaque fois, et restais là, sans rien faire, mon cœur cognant douloureusement dans ma poitrine. Ma mère méritait d'être aimée, elle donnait tant d'amour. Elle était drôle, sympa, et elle adorait les enfants. Elle était imprévisible, et elle apportait comme un rayon de soleil dans la nuit noire. J'étais quoi, moi? Comateuse, comme toujours, et toujours malheureuse. Maman voudrait me voir heureuse. Mais je ne pouvais pas m'attacher à la vie maintenant, alors qu'inexorablement, elle s'arrachait d'elle-même à mes doigts. Je n'avais rien de mieux à faire mis à part casser tous les beaux rêves de ma mère. Son insouciance encore enfantine, malgré qu'elle approchait désormais la quarantaine. Mais sans cesse, je revoyais la scène du salon, ma mère, à moitié nue dans les bras d'un homme que je ne connaissais pas. La colère envahit de nouveau ma bouche, m'apportant un horrible goût cuivré. Je détournai le regard. Renée soupira d'un air triste.
« -Tu ne le connais même pas, Bella! C'est quoi ton problème, avec lui?
-Tu cherches de la compagnie pour quand je serai morte, c'est ça? Tu espères qu'en l'attirant dans tes filets, il va te mettre enceinte? Et qu'en ayant ce nouveau bébé, que tu pourras me remplacer? Tu me dégoûtes! »
Je m'arrêtai, horrifiée par ce que je venais de dire. Le visage de Renée se décomposa, alors que les larmes perlaient à ses yeux. Elle s'écria, d'une voix suraiguë.
« -C'est horrible ce que tu viens de dire, Bella! »
Je ne pus rester une minute de plus dans cette maison. Je me retrouvai en moins de temps qu'il ne fallait pour dire vampire et je me ruai dans le couloir. Je dévalai les escaliers quatre à quatre, avant de me hâter à la porte. Mes doigts tremblèrent un moment avant de faire sauter le verrou, et je fus bientôt dehors, en train de courir comme une dératée, les larmes striant mes joues et chiffonnant mon visage. Mon cœur battait à m'en faire mal, comme si il envisageait de jaillir de ma poitrine. Je brûlais, la colère m'aveuglant, mais aussi le dégoût. De moi-même, de Renée, de cette putain de vie. Les larmes inondaient mon visage, et leur sel me brûlait la peau, comme si j'avais été immergée dans de l'acide. Ma respiration se faisait plus courte, mon pouls battait comme un damné sous ma peau. J'avais les joues rouges, cuisantes, alors que je continuais à courir, sous l'œil ahuri de certains badauds qui se promenaient par là. Ma colère me donnait une énergie, une montée d'adrénaline que je n'aurai pas eue en temps normal. Ca me donnait de la motivation pour partir toujours plus loin, toujours plus fort. Je m'engouffrai bientôt dans la forêt, et je laissai les branches et les ronces me gifler, me lacérer la peau. Je n'y pris pas garde. J'arrivai au bord de la rivière. Je m'y plongeai dedans, lavant du même coup mes plaies. Exténuée, le cœur au bord des lèvres, je m'allongeai sur la berge, sur les galets. Je fermai les yeux avant de sombrer dans un coma sans fin.
Quelques heures plus tard:
Je fus réveillée par la sensation de la pluie tombant sur mon visage. Une goutte s'était aventurée sur mon nez, et surprise, je me redressai. L'aube commençait à poindre, et il commença à pleuvoir à seaux. Classique, à Forks. J'eus bientôt le t-shirt mouillé, il me colla à la peau, dessinant le peu de rondeurs féminines que j'avais. Je me remis doucement en route vers Forks, et ma maison. Je vagabondai une bonne heure, dégoulinante d'eau. Je ne savais plus trop où passer, je m'étais légèrement perdue. Je courus à petites foulées sur la route, jusque chez moi. Toutes les lumières étaient éteintes. Renée devait être en train de dormir, le réveil sonnant dans pas longtemps pour qu'elle aille au travail. Je rentrai dans la maison sur la pointe des pieds, et disparus sous la douche après avoir pris des vêtements secs. Je pris une barre de céréales dans mon sac, puis un imper. Doucement, j'allai dans la chambre de Renée. Elle dormait encore, pelotonnée contre l'oreiller, de grands cernes sous les yeux. Elle était fatiguée, même lorsqu'elle dormait. Au vu des nombreux Kleenex qui jonchaient le sol, elle avait dû beaucoup pleurer. Je montai sur le matelas, en silence. Je remis une mèche de cheveux tombée devant son visage, avant d'embrasser son front et de caresser sa joue. Je ne voulais pas la réveiller. Je n'avais pas le cœur à l'affronter maintenant. Je sortis sans bruit de la chambre. Sans savoir que Renée m'avait entendue venir.
Encore plus tard:
La matinée avait passé un peu trop vite à mon goût. Bientôt, je fus à la cafétéria, me noyant parmi les dizaines d'autres élèves. Je détestais l'ambiance de ces endroits, et le bruit de fond était comme un bourdonnement désagréable à mes oreilles. Je rajustai une mèche de cheveux derrière mon oreille, avant de m'incruster dans la queue. Je me servis un peu au hasard, de toute façon, j'avais l'estomac trop noué pour pouvoir manger quoi que ce soit. Je vis Mike me faire de grands signes, en plein milieu de la cafète. Je soupirai, ne pouvant pas prétendre de ne pas l'avoir vu. Ainsi, je m'en fus rendue à leur table, guettant du coin de l'œil l'arrivée des Cullen. Lauren me lança un regard hostile, alors que Mike dégageait la place qu'il m'avait réservée. Jessica fit la moue lorsque je m'installai à côté de lui. Je grimaçai en m'asseyant. Passer la nuit sur des galets de toutes formes m'avait endolorie. Je m'étirai un moment, avant de commencer à mastiquer sans conviction la macédoine de légumes que j'avais sur mon plateau. Promptement, Mike me proposa ses frites. Avant de me regarder droit dans les yeux.
« -Dis, voir, pour Samedi, c'est toujours d'accord? »
Je ne répondis pas, je regardais autour de moi, comme un radar. Je devais avoir l'air bête, et surtout, j'aurais pu faire cela moins ostensiblement, mais c'était plus fort que moi. Je voulais le voir. Je me mordillai la lèvre inférieure, alors que mon cœur battait à tout rompre, pour une raison qui m'échappait. Quand soudain, je compris pourquoi. J'étais anxieuse à l'idée de retrouver Edward après avoir rêvé de lui comme je l'ai fait tout à l'heure. Je tressaillis. J'ai l'impression que ça remontait à plus loin que ça. Fichu temps qui passait trop vite. Je soupirai, alors que Mike réitéra sa question:
« -Bella, tu m'écoutes? »
Je fus obligée de tourner la tête vers lui. J'entendis Lauren chuchoter quelque chose à Jessica, qui gloussa. J'entendis le mot Tyler se glisser dans la conversation. Je leur lançai un regard des plus neutres. Elles devaient sûrement s'imaginer des choses avec Tyler, du genre que je le recherchais. Bah. Cela me conforta davantage dans mon hypothèse, comme quoi on ne fera jamais rien de ce genre de greluches. La voix sifflante de Lauren monta alors jusqu'à moi.
« -Je ne vois pas pourquoi tu t'obstines, Mike. Elle n'a pas l'air intéressée par l'idée.
-Bella est mon amie, trancha-t-il, et si je veux qu'elle vienne à la soirée, je l'inviterai. »
En entendant le mot amie, je manquai d'avaler une frite de travers. Lauren me jeta un regard dégoûté, avant de repartir dans sa discussion avec Jessica, tout en me lançant un regard furieux de temps à autre. Comme si! Je regardai Mike, me demandait ce qu'il y avait samedi. Ah oui, la sortie en boîte. Cela me fit tilt, et je soupirai.
« -Je crois. Finis-je par chuchoter.
-Super! S'enthousiasma le blond, je passe te prendre à huit heures. »
Je soupirai, avant de mâcher mécaniquement mes frites. Quand soudain, plusieurs personnes tournèrent la tête, et tous les Cullen sans exception apparurent. Jasper avec Alice, Emmett avec Rosalie. Edward marchait tout seul, en tête de file. Je savais qui ils étaient parce que partout dans le lycée on en parlait. On parlait surtout de Rosalie et d'Edward. Pour Rosalie, ce n'était pas compliqué à deviner, elle était blonde, et sculpturale. Sa beauté était écoeurante, et était comme une claque pour nous toutes. Elle habitait les fantasmes de certains garçons, vite refroidis par son regard implacable. Edward regardait pour une place de libre. Et la seule table disponible était celle qui était juste accotée à la nôtre. J'occupais le bord de la table mitoyen à l'autre bord, et immanquablement, j'allais me retrouver coincée entre Mike et un Cullen. Ils vinrent tous ensemble, avant de poser leurs affaires sur les chaises. Je bondis presque d'enthousiasme quand je sus qu'Edward allait s'asseoir à côté de moi. Je sentis le regard glacial de Lauren me brimer, mais je m'en fichais. Ils revinrent bientôt, avec leurs plateaux. Jasper, le blond, semblait ne pas apprécier la compagnie. Cela se voyait à son air tendu et inquiet. Alice, la petite brunette aux cheveux en pointe, mi- fée, mi-lutin, passait une main apaisante dans le dos de son ami. Jasper posa la tête sur son épaule, et elle lui caressa doucement la joue. La voix de Lauren s'éleva à nouveau.
« -Je me demande pourquoi personne n'a encore pensé à inviter les Cullen pour samedi!
-La ferme! M'écriai-je, lui jetant un regard noir. »
Lauren me décocha un sourire mesquin, auquel je répondis par un sourire cynique. J'eus envie de lui crier Salope! mais çà ne vaudrait pas la peine. Je me mordillai la lèvre inférieure, avant de tourner la tête vers Alice, qui venait de m'interpeller.
« -aller où? S'enquit-elle d'un magnifique soprano
-Mike essaie de recruter du monde pour aller en boîte samedi. »
Le sourire d'Alice se fit bien large, comme si on venait lui apprendre que Noël avait été avancé. Elle dévoila une rangée de dents blanches et luisantes, avant de dire avec enthousiasme.
« -Vous m'y croiserez très certainement, j'adore les fêtes. Tu viens aussi, hein, Rose? Et toi Edward? Emmeeeeeeett? »
A côté de moi, Edward grogna légèrement. Il n'avait pas l'air très enchanté par l'idée. D'un côté, je le comprenais, qui aurait envie de se coltiner d'un coup Lauren Mallory, Jessica Stanley et Mike Newton d'un seul coup?
« -Tyler vient aussi! M'informa Lauren d'une voix doucereuse.
-C'est bien, mais je m'en fiche! M'écriai-je, mauvaise. »
L'ombre d'un sourire apparut sur les lèvres de l'Apollon que j'avais à mes côtés. Alice nous scruta un moment, avant de retourner à sa conversation, m'ayant regardée un long moment. Edward sembla poser le pour et le contre, et il se décida finalement à répondre, embêté:
« -Oui, j'y serai aussi. »
Mon cœur bondit dans ma poitrine. Edward! Samedi! Finalement, ça ne s'annonçait pas aussi chiant que prévu.
****
Comme d'habitude, merci pour vos reviews qui me font toujours très plaisir. Je remercie certains de m'avoir mis dans les favoris et dans les alertes =)
J'espère que ce chapitre vous aura plu autant que les précédents.
Que va-t-il se passer ensuite? A vous de voir la suite ^_^
Merci à tous
PS: Pour vous accompagner durant ce chapitre, je peux vous conseiller l'écoute de Butterfly par Superbus, et Pain by Jimmy Eats World.
