Chapitre 8:

Non, je ne suis pas morte. C'est juste que…J'ai eu vraiment beaucoup de mal à l'écrire ce chapitre, entre ma panne d'inspiration, mes examens, ma rentrée de second semestre de fac, et tout un plein d'autres choses à côté. Bref, voilà la suite, après des longs mois d'attente. Désolée, j'ai vraiment honte de mon tout cas, j'ai encore une fois halluciné devant le nombre de reviews que vous m'avez laissé sur le chapitre précédent, vous êtes incroyables. J'en ai plus à chaque mise à jour, cela ne peut que me contenter et me motiver à écrire la suite. Ca me fait toujours plaisir de savoir que ma fic est lue & j'ose l'espérer apprécier. A ce jour, For Never compte 60 reviews pour 7 chapitres, 18 favoris & 32 alertes. Merci pour tout.

In Memoriam

Quelque chose, définitivement, n'allait pas. Ma mère allait mal, et je refusais de croire que c'était uniquement à cause de moi. D'une, parce qu'elle avait l'habitude avec mon caractère de cochon. De deux, parce qu'elle était forte, stoïque, chose dont j'étais incapable. Trois, elle ne pouvait pas pleurer. Parce que c'était ma mère. Et pleurer, c'était bon pour les sales gosses capricieux dont j'étais. Seulement, pour que Renée pleure, je me doutais bien que ce n'était pas pour n'importe quoi. Je n'avais jamais vu Renée pleurer, et ça me troublait. J'avais toujours dans la tête le vague sourire qu'elle a aux lèvres, sa voix chantante, son air doux et bienveillant. Je sentis la culpabilité m'investir, tel un chat indésirable qui se blottissait contre moi. Une boule se logea dans le fond de ma gorge. J'avais peut être blessé ma mère la dernière fois bien plus qu'elle ne le laissait paraître. J'eus soudainement la chair de poule. J'avais dans l'idée de montrer mes « achats » à ma mère, mais ça pouvait attendre. Elle avait sûrement autre chose à penser que de donner son avis sur les vêtements qu'Alice m'avait achetés. Je me mordillai la lèvre inférieure. Renée n'avait pas réagi à mon appel, elle continuait de pleurer sur un vieil album photos, un kleenex à la main. J'inspirai profondément. Je n'avais pas vu l'album. Elle se remémorait sans doute des vieux souvenirs. Si ce n'était que ça… Sur la pointe des pieds, je sortis de la chambre, et, en lâchant un long soupir, je me laissai glisser contre le mur. J'entendis un bruit de plastique froissé. Je m'étais à moitié assise sur un sac. J'en regardais le contenu. Avant de refermer le sac d'un geste las. Le téléphone sonna. Je relevai la tête, le petit meuble me semblant tout à coup hors d'atteinte. Il sonna plusieurs fois. Méfiante, j'entendis la messagerie s'enclencher.

« Allô Renée? C'est Phil. C'est toujours bon pour ce soir? Rappelle-moi dès que tu auras un moment. Je t'aime. »

Je soupirai lourdement en entendant la voix du fameux collègue. Tout à coup, des images me revinrent en mémoire. Celles de ma mère, avec cet homme. Maintenant, il avait un nom. Et il le rendait encore plus réel. Marc ne serait pas qu'un mauvais souvenir, un fantôme indésirable surpris au détour d'un couloir. Il était une personne à part entière, avec un nom, une date de naissance, un passé, et un avenir. Et je sus tout de suite ce que je voulais. Que cet homme ne soit pas l'avenir de ma mère. Elle était inconsciente. Irresponsable. Elle se comportait comme une adolescente qui rabâcherait son amour pour son premier petit-copain. Même moi je ne me comportais pas ainsi. Bon, d'accord, il est vrai que Bella et Petit-ami n'avaient pas leur place dans la même phrase. Et que j'aurai un petit-ami, les poules auront des dents. J'avançai la main vers le bouton du répondeur, et je supprimai le message. Sans le dire à ma mère que Phil l'avait appelée. J'eus tout à coup honte de mon comportement, mais pas assez pour aller dans la chambre de ma mère pour le lui dire. Ainsi, je rebroussai chemin, retournant dans ma chambre, et tombant à plat dos sur le lit, les bras en croix. Je défis mes chaussures avec mes pieds, puis je me tournai légèrement pour atteindre le tiroir de ma table de nuit. J'en sortis mon lecteur mp3, et je poussai le volume à fond. Apaisée par mes morceaux préférés, je m'assoupis, me sentant enfin dans mon univers.

J'étais assise sur le bout du lit, et je ne savais pas trop quoi faire. Je tirai à tout hasard sur un fil qui dépassait du couvre-lit. La broderie se défit un moment. Je me souvenais de cette couverture. C'était un souvenir de ma grand-mère Swan, décédée il y a quelques années de cela. La couverture était dans les tons bleus avec des broderies plus foncées et turquoise. Il me tenait chaud l'hiver. Je levai la tête vers Edward, songeuse. Il était assis sur ma chaise de bureau. C'est incroyable comment la pièce pouvait paraître rustique à côté de sa perfection. Renée y avait pourtant mis du cœur dans la décoration. Je baissai la tête, après m'être contemplée un moment dans ses yeux topaze. Il se décida finalement à briser le silence.

« -Elle ne t'a rien fait, la couverture. Qu'Est-ce que tu as à la triturer comme ça? »

Je refusais toujours de le regarder. Il bougea de la chaise de bureau, avant de venir s'asseoir sur le lit, à côté de moi. Il prit mon menton entre ses doigts froids, puis il me caressa avec tendresse la lèvre inférieure. Je mordillai légèrement ses doigts au passage. Je décidai de prendre les devants, sinon rien n'allait jamais se passer. Je décidai d'enrouler mes jambes frêles autour de sa taille, avant de trembler légèrement, ayant pris conscience de la connotation que pouvait avoir mon geste. Il trembla imperceptiblement, alors que mes doigts déboutonnèrent le col de sa chemise, alors que ses mains grimpaient dans mon dos, déclenchant en moi des frissons de désir. Il me laissa continuer sur ma lancée, alors que j'avais bientôt déboutonné la moitié de sa chemise, dénudant ses épaules. Il frissonna à son tour, et me serra un peu plus contre son corps dur. Mes mains diaphanes et maigres caressaient doucement sa peau nue, mes ongles courant dans son dos, découvrant avec avidité et anxiété son corps d'homme. Je méconnaissais le corps des hommes, pour la simple raison que je n'avais jamais touché de garçon avant lui, et que je faisais un blocage à chaque fois qu'on parlait de sexualité. Pendant les cours de biologie au collège, au moment où on étudiait la reproduction, je m'étais fait porter absente tout un trimestre, révisant mes cours à la maison, sachant que j'aurais moins l'air idiote à rougir toute seule devant mon bouquin, à l'abri des regards. Les cours d'éducation sexuelle avaient aussi eu le même effet. Je rougissais comme une pivoine dès que j'entendais parler de préservatif et l'idée même du plaisir en solitaire me dégoûtait au plus haut point. J'avais du mal à imaginer que j'étais là, dans cette position, avec le plus beau garçon de la terre, sur mon vieux couvre-lit de petite fille. Que le même garçon était en train de passer ses doigts froids sous mon t-shirt, caressant directement ma peau, jouant doucement avec l'agrafe de mon soutien-gorge. Je passais mes mains dans son dos, m'accrochai à sa nuque, passai mes doigts dans ses cheveux couleur bronze. Je l'embrassais à pleine bouche, nos langues se caressant doucement, faisant fi de toute prudence, l'envie était trop forte. Alors, il me bascula sur le dos, me surplombant alors. Je nouai une de mes jambes autour de sa taille, alors que l'autre remontait doucement le long de ses hanches. Je savais ce que je voulais. Maintenant.

Edward POV:

« -Alice? »

Ma sœur ouvrit doucement les paupières, après le bref moment d'absence qu'elle avait eu. Elle cligna des yeux, plus par réflexe que par nécessité, avant de me fixer de ses yeux ambrés. Pour une fois, le petit lutin survolté que j'avais l'habitude de voir paraissait presque calme, sereine. Après m'avoir étudié un moment, elle se décida à esquisser un faible sourire. Je fronçai les sourcils. Quand ma sœur réagissait ainsi, c'est qu'elle avait eu une vision, et qu'elle avait vu quelque chose qui à ses yeux paraissait satisfaisant. Aussitôt, je tentai de m'engouffrer dans son esprit, pour voir à mon tour ce qu'elle avait vu, mais l'effrontée me bloqua sans ménagement. Je me heurtai à un mur, et elle afficha un sourire mielleux qui m'irrita d'autant plus.

« -qu'est-ce que tu as vu? Demandai-je d'un air neutre, m'étant décidé à l'avoir à la loyale.

-Hum, si je te le disais ça ne serait pas drôle. Chantonna-t-elle, sachant pertinemment que sa réaction me frustrerait automatiquement.

-Arrête de me faire languir, tu sais très bien que ça marche à tous les coups.

-C'est bien pour ça que je le fais. rétorqua Alice, sans se défaire de son sourire. De toute façon, il va bien falloir t'y faire, j'ai vu des choses très intéressantes.

-Je me doute. Bougonnai-je, sinon tu ne me ferais pas tout ce cinéma.

-Bien. Dit-elle finalement. Je vous ai vus, toi et l'humaine.

-Moi et Bella? Demandai-je, sans comprendre.

-Oui. Vous étiez en train de vous embrasser, de vous caresser et de vous déshabiller. Ai-je besoin de préciser ce que vous étiez sur le point de faire?

-Tu nous as vu…Déshabillés? Demandai-je, incrédule.

-Oh, ne t'en fais pas, murmura Alice avec désinvolture, en me tapotant l'épaule, je n'ai rien vu qui soit susceptible de choquer mes chastes yeux. Disons que vous n'étiez pas beaucoup avancés dans vos activités quand je me suis réveillée. »

J'inspirai profondément, bien que je n'en eusse pas spécialement besoin. Me savoir dans une telle situation avec une jeune femme que je connaissais à peine me mettait un peu mal à l'aise. Les visions d'Alice fonctionnaient toujours sur une décision, dans un avenir plus ou moins proche.

« -Tu dois voir Bella tantôt? Demanda Alice, neutre, en s'appuyant sur ses bras.

-Euh, pas à ce que je sache; répondis-je d'un air tendu. »

Ce qui était faux. Je passais toutes les nuits au chevet de Bella, à la regarder dormir, et, d'une certaine manière, à veiller sur ses rêves. Mais je pouvais aussi très bien choisir d'aller la voir un jour prochain pour une raison X ou y qui nous amènerait à faire comme ce qu'Alice avait vu, ou commencé à voir, car il se peut que ce début d'étreinte n'ait pas été plus loin. Je souris pour dissimuler mon trouble, et l'anxiété qui commençait à prendre place au creux de mon ventre. Comment j'allais réagir face à Bella sachant ce qu'Alice avait vu? Je l'ignorais, et pourtant, j'ai bien l'impression que je vais devoir faire avec.

**

Daddy's Gone Glasvegas

Bella POV

Le monde ne suffit pas. Je voulais toujours l'impossible, et malheureusement, l'impossible n'existait pas. J'avais des années durant souhaité que mon père revienne, que tout soit comme avant. Qu'on forme une famille. Je soupirai, encore comateuse. Je sentis le froid autour de moi, à tâtons, pour rechercher la couverture. J'ouvris les yeux lorsque le bout de mes doigts entrèrent en contact avec quelque chose de dur et froid, comme de la pierre. Je me redressai, et je sentis une main se plaquer contre ma bouche, pour étouffer le cri qui commença à s'échapper de mes lèvres.

« -N'aie pas peur, chuchota la plus belle voix masculine que j'ai jamais entendue, c'est moi. Edward. »

Mon cœur piqua un sprint. Je portai une main à ma poitrine, tentant de calmer sa course. Je reprenais doucement mon souffle, et, doucement, pour ne pas attirer l'attention de ma mère qui croirait que je parle toute seule, je chuchotai:

« -Que…C…Comment es-tu entré?

-Par la fenêtre. Dit-il, d'un air joyeux. La serrure de ta fenêtre, on pourrait la fracturer avec une épingle à cheveux.

-Merci, c'est vachement rassurant! Bougonnai-je en frissonnant. Que…Que fais-tu ici? »

Un malaise s'installa alors en moi. Edward disait que n'importe qui pouvait rentrer par cette fenêtre. Et si…ça avait été quelqu'un d'autre qu'Edward qui était entré par ma fenêtre pendant que je dormais? Je réprimai un frisson d'horreur. Edward arqua un sourcil, interrogateur.

« J'ai froid. Marmonnai-je, me sentant cloche. »

Il se dépêtra de sa veste en cuir couleur crème, avant de la poser doucement sur mes épaules. Je tremblai légèrement. Sa veste avait son odeur. Son odeur divine que j'avais déjà remarquée avant. Je le regardai à nouveau, avant de réitérer ma demande. Il se décida enfin à répondre:

« -Je…J'étais venu te rendre ton livre d'histoire.

-oh! C'est toi qui l'avais? »

Ben oui, puisqu'il vient de le dire! Il me rendit mon livre, que j'avais cherché tout l'après-midi. J'avais pensé que, tête en l'air comme je suis, j'avais sans doute dû l'oublier quelque part, sans songer une seule seconde qu'Edward Cullen, le garçon sur qui j'avais des vues depuis plusieurs jours, l'avait et viendrait me le rendre le soir même, en personne.

« -Tu l'avais oublié sur ta table. Répondit Edward avec un sourire serein, je l'ai pris dans l'intention de venir te le ramener.

-Comment tu as su que cette fenêtre donnait sur ma chambre?

-Je passe souvent dans le coin. Avoua-t-il, toujours aussi calme. Et des fois, quand je passe, je te vois regarder par la fenêtre. Je te reconnaitrais entre mille, Bella. J'aimerais vraiment savoir à quoi tu penses quand tu regardes par cette fenêtre, l'expression qu'arbore ton visage dans ces moments là me rend perplexe.

-Je…Euh, rien. Répondis-je, troublée par ses révélations. Je ne pense pas forcément à quelque chose quand je regarde par cette fenêtre. Souvent, ça ressemble fort à « pitié, qu'on m'emmène loin d'ici !».

-Tu n'aimes pas Forks? Demanda-t-il, perplexe.

-Qui aime Forks? Rétorquai-je, d'un ton bourru. Il pleut tout le temps. Les élèves du lycée sont tous insipides. Il n'y a rien à faire, ici.

-Merci pour moi! Grinça-t-il, son sourire en coin apparaissant sur ses lèvres rosées. »

Ce sourire qui avait le don de me liquéfier sur place et de transformer mes jambes en compote. Ce sourire que je trouvais vraiment séduisant et vraiment craquant. Ces lèvres que plus d'une fois j'avais voulu embrasser. Je le regardai, alors qu'il était assis sur mon couvre-lit. En tout cas, je ne l'avais pas entendu entrer et s'asseoir, soit mon sommeil avait été de plomb, soit il avait été remarquablement discret. Mais note soudaine proximité me troubla, et me fit, imperceptiblement, trembler. Ca allait trop vite! Beaucoup trop vite! Je baissai les yeux. Je me comportais exactement comme Renée. A la différence près que je faisais moitié moins son âge. Je sentais les molécules constituant mon corps s'agiter, frémir, se dissocier. J'étais de nouveau liquide. J'avais vu ça dans un livre de sciences, une fois. Un glaçon avait ses atomes bien alignés, bien ordonnés, bien compacts, structure qui donnait sa dureté à la glace. Quand le glaçon fondait, et devenait eau, les molécules se séparaient, la structure devenait plus aérée. Et dans la vapeur, les molécules étaient encore plus dispersées. Eh bien, chez moi, en ce moment, c'était exactement comme le glaçon qui fond une fois qu'il est trop longtemps hors du freezer. Depuis qu'Edward était dans la pièce, dans ma chambre, je sentais ma substance partir n'importe comment. Edward me fixait, et j'avais du mal à soutenir son regard d'or fondu. Je me mordillai la lèvre inférieure, et il replaça doucement une mèche de cheveux derrière mon oreille, effleurant ma peau au passage. A la caresse de ses doigts, je sentis une décharge électrique. Il retira promptement sa main, comme si lui aussi l'avait sentie à notre contact. Il était si proche, ma tête me hurlait de m'éloigner, mon corps, en revanche, paraissait vouloir son contact, encore. Je m'aperçus, avec gêne, que c'était la première fois que je ressentais du désir pour quelqu'un du sexe opposé, et même, du désir tout court. Ma respiration se fit plus saccadée, plus erratique, alors que ses lèvres s'approchaient dangereusement des miennes. Je sentis une légère pression sur mes lèvres, et je compris ce qu'il venait de se passer. On venait de s'embrasser. Et si je ne sus pas vraiment ce qu'il fallait faire, mon instinct, lui, le savait. Alors j'enroulai mes bras autour de sa nuque, pour mieux l'embrasser. Ses lèvres dures et froides comme le marbre bougeaient doucement contre les miennes, en synchronisation parfaite. Doucement, sa langue effleura ma lèvre inférieure. Je dus me rappeler de respirer. Légèrement tremblante, j'entrouvris les lèvres, laissant nos langues se mélanger doucement. Je lui donnai mon premier baiser. J'attrapai une énième goulée d'air, avant de le repousser, doucement.

« -J'ai fait quelque chose qu'il ne fallait pas? Demanda Edward, anxieux.

-Non, euh, c'est moi. Je…

-Bella?

-Oh, zut! Ma mère! Je…On se voit demain?

-D'accord. Dit Edward, avant de filer par la fenêtre. »

Je n'eus que le temps de fermer la fenêtre quand la porte de ma chambre s'ouvrit. Renée apparut sur le seuil de ma porte, visiblement ennuyée.

« -A qui tu étais en train de parler comme ça? »

Et voilà!

Encore une fois, j'ai terriblement honte du temps que j'ai mis à l'actualiser. J'espère que vous serez toujours aussi nombreux à lire ma fic, et à me laisser des reviews. Désolée pour les éventuelles incohérences, ça fait mal de reprendre une fic après des longs mois passés sans l'écrire.

Xoxo

XXxIn Memoriam xXx