Hey!

Et voici le nouveau chapitre. Je l'ai fait plus marrant que les précédents…Histoire de me faire pardonner pour les cheveux blancs que je vous ai causés avec l'histoire de l'interdiction ^^' Bref, je vous remercie, comme d'habitude, pour vos messages, ça fait du bien de lire tout ça à peine levée. Bref, j'ai été inspirée pour ce nouveau chapitre, et j'espère qu'il ne vous décevra pas. Merci également pour les favoris et les alertes, il y en a toujours plus à chaque fois. Vous me motivez à continuer, vraiment. J'ai hâte de finir cette fic, j'ai déjà une idée du dernier chapitre et ça ne sera pas très joyeux. Puis j'ai une petite idée pour une éventuelle prochaine histoire, je l'ai rangée dans un coin de ma tête en attendant. Bref, je vous laisse apprécier ce nouveau chapitre. Désolée aussi pour la frustration, vous qui vous faisiez une joie pour la sortie en boîte.

Bisous

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Maman était sortie cet après-midi. Me laissant seule, sans aucun scrupule. Me laissant me noyer dans mes larmes. J'avais ma tête posée contre l'oreiller, et ce dernier était trempé. Mes cheveux n'étaient guère plus reluisants. Je soupirai lourdement, vide de toute émotion. J'en avais marre de rester comme ça, sans rien faire. Je me sentais vide. Ni plus ni moins qu'une loque. Et le pire, c'est que je me délabrais, de jour en jour. Et ça, personne ne semblait le remarquer. Ou si quelqu'un l'avait remarqué, il feignait bien l'innocence. Je me levai, fatiguée d'être ainsi, dans mon lit, sans rien pouvoir faire de mon après-midi. Mes devoirs? J'avais fait. D'une traite. J'avais expédié vite fait mon DM de maths, ne m'attendant pas à des miracles quant à la note. Cette matière et moi-même avions toujours été en désaccord. J'ai aussi expédié la dissertation sur Macbeth pour le cours de littérature. Et là, avant de me vautrer sur mon lit, pour pleurer, pour la énième fois, j'étais en train de continuer mon projet pour le cours d'art. De toute façon, je ne savais pas dessiner. Mon niveau se limitait aux bonhommes bâtons, et encore, certains étaient remarquables dans leur laideur. Il fallait que je m'y fasse. J'étais nulle. Je ne servais à rien. Je voulais crever. Maintenant.

Mais on ignora mes prières. J'avais interdit à mes pensées de voguer vers Edward, ce qu'elles feraient volontiers. Mais je devais l'oublier, dès maintenant. Je ne pouvais plus le voir, ici ou au lycée. Maman serait bien capable de m'envoyer au couvent si elle venait à nous surprendre. Le cœur lourd, je me levai, et d'un pas robotique, je me dirigeai vers la salle de bains. Je n'avais pas de fête pour laquelle me préparer, mais je voulais cesser de ressembler à un cadavre. Ma mère disait souvent que quand on était bien dans son corps, on était bien dans sa tête. Je fis couler la douche, un brin trop chaud. C'est comme ça que je les aimais, les douches. Brûlantes. Pour créer un contraste avec mon corps gelé. Je n'étais pas gelée comme Edward pouvait l'être, mais j'avais perpétuellement froid. En grelottant, je m'engouffrai sous le jet, et je commençai à me relaxer, doucement. L'eau coulant délicieusement sur mon corps. Je me savonnai les cheveux, puis les rinçai. Je fis de même avec mon corps. Alors que je passais le gel douche, je tentais d'ignorer mes côtes qui saillaient, mon corps trop maigre. Je finis de me laver, et je m'enroulai dans une serviette de bain. Je séchai mes cheveux avec une autre. Et comme d'habitude, ils ne ressemblaient à rien. Je grimaçai, avant de monter sur la balance. Ma pesée quotidienne. Depuis qu'on avait diagnostiqué ma maladie, il avait été urgent que je conserve un poids correct, pour ne pas m'affaiblir davantage. Je soupirai en voyant que j'avais maigri d'un kilo. Jour après jour, cet amaigrissement se voyait sur ma silhouette. Je mis mes sous-vêtements, puis mes vêtements, avant de m'en retourner dans ma chambre. Découragée, tremblante, je repoussai la fenêtre pour limiter le courant d'air, et je sentis à nouveau le sel de mes larmes m'écorcher les joues. J'avais trop pleuré.

Un quart d'heure plus tard, la sonnette retentit, m'extirpant de mon coma douloureux. Je fronçais les sourcils. Je savais ma mère au cinéma, avec son copain, et elle ne devait pas rentrer avant cinq heures ce soir. Il était environ trois heures de l'après-midi, ça ne pouvait donc pas être elle. Et je n'attendais personne en particulier. La seule personne que je voulais voir m'était interdite. Je collai mon visage contre le carreau, pour pouvoir regarder au travers. Il y avait une voiture ici. Assez coûteuse. Que je n'avais jamais vue dans le coin, hormis sur le parking du lycée. Mais je ne saurais pas dire à qui elle appartenait. La sonnette retentit encore une fois. Je décidai d'aller ouvrir, c'était impoli de laisser les gens poireauter dehors. Je mis mes pantoufles, des lapins roses, puis je me mis en route vers la porte. Je manquai de m'étaler en m'enfargeant dans la marche bancale de l'escalier, mais la rambarde me sauva. J'arrivai sans autre dommage notoire à la porte, que j'ouvris sans grande conviction. Je restai bouche bée en voyant Alice sur le pas de la porte. Alice qui était seule, et qui avait des sacs à la main. Connaissant la demoiselle, elle avait dû aller faire les magasins avant de venir ici. Elle laissa tomber ses précieux sacs, avant de me sauter au cou, d'excellente humeur, comme d'habitude.

« -Surprise! S'écria-t-elle, en battant des mains une fois qu'elle m'eût lâchée.

-Alice? Demandai-je, interloquée. Kestufiches ici?

-Je suis venue te tenir compagnie. Décréta-t-elle, un sourire ravi aux lèvres.

-En quel honneur?

-On est Samedi. Je n'allais pas te laisser toute seule à te morfondre un samedi après-midi, non?

-Je n'ai pas le droit de sortir, Renée m'a punie.

-Oh, pour ce matin, n'Est-ce pas? Demanda-t-elle avec un grand sourire.

-Oui.

-Mais je ne pense pas qu'elle t'ait interdit les visites. Annonça-t-elle d'un ton joyeux.

-Si elle venait à savoir que tu es la sœur d'Edward, elle me tuerait.

-Mais non. Bon, tu comptes camper ici?

-Non, entre. Tu veux quelque chose à boire?

-Merci bien, j'ai bu avant de venir ici. Répondit Alice d'un air joyeux, ses prunelles dorées brillant d'une lueur malicieuse. »

Nous montâmes donc à l'étage. Alice ne demanda l'avis de personne et décida de s'installer sur mon lit. Je pris la chaise de bureau pour m'y installer. Je pianotai dessus. Alice afficha un sourire, avant de balancer ses jambes.

« -Qu'Est-ce que tu prépares? Demandai-je, suspicieuse.

-Ca te dit une après-midi entre filles, entre maquillage, manucure, et habillage?

-Pourquoi faire? Demandai-je, avec une moue boudeuse. Je ne sors pas.

-Tu ne sors pas, certes, mais ce soir tu as de la visite. Décréta-t-elle. Alors il faut te faire belle.

-Qui vient?

-devine.

-Oh, non! Ma mère…

-On s'en fiche. Coupa Alice. Ce soir elle n'est pas là de toute façon.

-Quoi? Mais comment…

-Tu le sauras tantôt. »

Avant que je n'aie eu le temps de dire quoi que ce soit pour protester, Alice s'était déjà emparée de la brosse à cheveux et elle commençait à me peigner. Elle veillait à ne pas trop tirer dessus, mais je craignais un peu. De ce qu'elle allait me faire. Je gémis légèrement quand elle prit les ciseaux. Je n'avais pas besoin d'une nouvelle coupe! Mais Alice ne l'entendit pas de cette oreille, et elle m'ignora royalement.

« -Ferme les yeux. M'ordonna-t-elle. »

Et elle me coupa la frange. Avant de me refaire le dégradé et d'effiler ma coupe. Elle alla chercher le sèche-cheveux dans l'armoire, et me sécha les cheveux. Déjà, je ressemblais plus à quelque chose. J'avais meilleure allure, ma coupe était plus légère et je n'avais plus l'air aussi triste, aussi fatiguée. Alice avait fait un super boulot. Je passai à mon grand désarroi par la case maquillage et manucure. Nous terminâmes par une séance d'essayage. Elle m'avait ramené des nouvelles fringues. Et elle me les a fait essayer. Si au départ ça m'avait gênée de me montrer en sous-vêtements devant elle, après, je n'y prenais plus garde. Vers cinq heures de l'après-midi, Renée appela à la maison. Pour me dire qu'elle passait la nuit chez son copain et qu'elle ne reviendrait pas avant demain matin. Elle avait ajouté au passage qu'elle m'avait laissé de quoi dans le frigo, pour que je puisse manger ce soir. A quoi bon? Ces derniers temps, je ne mangeais pas des masses. Parce que je n'avais pas faim. Je n'avais pas envie de manger. Je prenais généralement une barre chocolatée dans l'armoire. Et c'était parfois le seul truc que je mangeais dans la journée. Alice afficha un grand sourire quand Renée eut fini de parler.

« -Quoi? Demandais-je.

-Cela signifie qu'Edward et toi aurez la soirée pour vous seuls.

-Alice…Tu crois sincèrement que…

-Peut être, peut être pas. Éluda-t-elle. Mais il a prévu de passer la soirée avec toi, c'est sûr. Libre à vous de faire ce que vous voulez ensuite.

-Ma mère…

-Tu veux le voir oui ou non?

-Bien sûr! M'écriai-je.

-Alors…Attends ce soir. Tu ne le regretteras pas.

-Au fait…Comment ça s'est passé pour Edward…Enfin, chez vous?

-Carlisle a juste bien rigolé. Jasper et Emmett l'ont bien entendu charrié. Les garçons, quoi. Mets ça. Tu es irrésistible dedans. »

Je ne jugeai pas bon de protester.

Edward POV

J'avais vu Renée, en colère, embarquer sa fille. Et j'avais scanné ses pensées. Elle était sous le choc, mais elle envisageait de punir Bella. Je les ai suivies jusque chez elles, pour en avoir le cœur net. Et ce qui en sortit me choqua. Renée ne voulait plus qu'on se revoie. Et je n'avais entendu que les sanglots de ma belle, ce qui m'acheva. Je ne voulais pas qu'elle souffre. Et pourtant, elle souffrait. Elle était malade. Je voulais lui donner la meilleure vie possible. Pour le temps qu'il lui reste. J'avais défait mes chaussures. Et je m'étais assis sur le lit qu'il y avait dans ma chambre. Nouvellement installé. J'avais viré le canapé. Et Emmett n'arrêtait pas de se méprendre quant à l'usage que j'allais faire de celui-ci. Surtout depuis l'incident de ce matin. Je ramenai mes genoux contre mon torse, et posai mon menton sur ceux-ci. Quand on toqua à la porte. La tête de ma sœur Alice apparut dans l'ouverture, et en sautillant, et seule, elle entra. Je levai la tête vers elle, et elle me sourit. Elle vint s'asseoir sur mon lit, à côté de moi.

« -Ca ne va pas? Demanda-t-elle, de son soprano léger.

-Si. Contredis-je.

-Edward, n'essaie pas de me faire prendre des vessies pour des lanternes.

-D'accord, ça ne va pas.

-Pourquoi donc?

-Je…Je n'aime pas entendre Bella pleurer. Sa mère l'a un peu trop punie, et…je me demande si je dois enfreindre l'interdiction ou pas.

-Bella, tu l'aimes, pas vrai? »

Je regardai Alice, un long moment. Si j'aimais Bella? Oui, je l'aimais. Comme je n'ai jamais aimé personne. J'avais un peu plus d'une centaine d'années, mais il a fallu attendre maintenant pour que cela arrive. C'était la première fois que je tombai amoureux. Cette fille était vraiment différente. Non pas parce qu'elle était malade ou parce que son sang avait la fâcheuse tendance à attiser ma soif. Elle était vraiment différente. Et depuis peu, depuis ce baiser échangé pas plus tard que la veille, je me sentais différent, entier, plus humain. J'avais enfin quelqu'un à aimer, à chérir. Voir mes frères et sœurs en couple m'avait souvent pesé, mais je ne voulais pas me jeter dans les bras de n'importe qui pour combler ce manque. Comme par exemple, Tanya Denali ou encore Jessica Stanley. J'avais refusé les avances de ces deux filles. Tanya qui est une amie de Carlisle depuis longtemps, et Jessica qui m'a sauté dessus dès notre arrivée, l'an dernier. Non, j'aimais Bella. Et j'allais répondre à Alice quand cette dernière se figea. Elle était en train d'avoir une vision. Je n'eus pas d'autre choix que de d'attendre qu'elle ait fini.

« -Oui, je l'aime. Répondis-je, timidement, en triturant le fil de la couverture. Qu'Est-ce que tu as vu?

-Je…répondit Alice distraitement, un sourire aux lèvres. J'ai eu un aperçu de votre soirée. Je dois aller, la préparer.

-Mais…C'est pas juste! Criai-je. Dis moi ce que t'as vu!

-Tu le sauras assez vite. Si je te le dis, ça te gâchera l'effet de surprise!

-Je veux savoir! Au moins…pour la façon dont je dois me comporter avec elle.

-très bien. Je vous ai vus ensemble.

-Rien de neuf sous le soleil. Mais encore?

-Vous étiez dans son lit. Enlacés.

-Ca je le faisais aussi. Arrête de tourner autour du pot, Alice!

-Eh bien…Vous étiez nus. Dois-je en dire plus ou tu auras compris par toi-même.

-QUOI?

-T'inquiètes, je n'ai rien vu qui puisse choquer mes chastes yeux. Mais figure toi que…Tu n'étais pas en train de la blesser. Tu as gardé le contrôle.

-Je ne l'ai pas blessée?

-Si tu veux mon avis, elle n'avait pas l'air malheureuse. Si ça ne te gêne pas, je vais donc chez Bella.

-Je viens avec toi!

-Non! Tu la verras ce soir.

-Tu ne peux pas me faire ça! Emmett et Jasper vont rentrer de la chasse d'une minute à l'autre! J'ai pas envie de subir les plaisanteries vaseuses de…

-Eh bien, tu subiras! Tu es grand, Edward.

-J'te déteste!

-Et moi de même? Ajouta-t-elle en m'embrassant sur la joue et en ébouriffant mes cheveux.

-Ouhouh! Eddie? Appela Emmett, d'une voix efféminée.

-non, pas eux! M'écriai-je. »

J'eus la vague idée de sauter par la fenêtre et de m'enfuir, mais malheureusement pour moi, Emmett et Jasper étaient déjà sur le pas de ma porte. Je maugréai, tout en maudissant Alice en silence. Mes frères m'avaient déjà félicité sur mon « exploit ». Ce n'était pas la peine qu'ils en rajoutent. Il me tardait déjà d'être à ce soir. Chez Bella. Elle et moi. Rien qu'elle et moi.