Carlisle

C'est une ode à l'amour que je voudrais faire partager lorsque je pense à mon mari.

J'étais très jeune lorsque je l'ai rencontré pour la 1° fois, puisque je n'avais que 16 ans.

Malgré la douleur physique que je ressentais à cause de ma jambe cassée, j'ai été éblouie par sa beauté.

Il a été d'une immense gentillesse envers moi, et même si par la suite j'ai continué ma vie sans le revoir pendant 10 ans, je ne l'avais jamais oublié.

Je suis devenue une femme, puis une épouse.

Le mariage n'a pas été à la hauteur de mes espérances, mon époux était un homme rustre sous des dehors policés, il ne me maltraitait pas réellement, mais ne me rendait pas heureuse.

La vie à ses cotés ressemblait fort à celle d'une servante, les obligations sexuelles en plus.

Lorsque j'ai découvert ma grossesse ma vie en a été illuminée.

La joie que me procurait l'attente de cet enfant me faisait oublier la tristesse de mon existence.

Lorsque mon fils est né, j'étais folle de bonheur, même si une petite voix au fond de moi me disait que mon enfant n'allait pas bien.

Il n'a vécu que quelques semaines, et puis un matin je l'ai trouvé mort dans son berceau.

Il avait l'air de dormir, mais je n'ai jamais réussi à le réveiller.

La douleur m'a submergée, une souffrance sans pareille, ou se mêlaient l'horreur du chagrin mais aussi celle, plus noire encore, de la culpabilité.

Je savais que mon fils était fragile, j'aurais voulu le garder auprès de moi la nuit, mais je n'ai pas su m'opposer à mon mari, qui, dès le premier jour, a exigé que l'enfant dorme dans sa chambre, refusant de me partager même avec notre enfant. Si mon bébé avait été auprès de moi, peut-être aurais-je pu le sauver.

C'est cette culpabilité qui m'a poussée à vouloir en finir avec cette vie, mon entourage me surveillait et je n'avais rien à ma disposition pour mettre fin à mes jours Alors un matin je me suis enfuie par la fenêtre et j'ai couru vers les falaises toutes n'ai pas pris le temps de réfléchir avant de sauter, j'avais l'impression d'avoir rendez-vous, non pas rendez-vous avec la mort, mais rendez-vous avec mon fils.

Mais en fait, c'était un rendez-vous avec mon destin qui m'attendait.

Je ne me souviens pas vraiment de la chute, j'ai oublié le choc de l'arrivée, mais je me souviens de la douleur physique insupportable que j'ai tout d'un coup ressenti.

Une douleur inexplicable, située dans mon cou, un incendie effroyable, et j'ai pensé que c'était cela la mort, puisque je délirais, puisque j'avais cru apercevoir ce si beau médecin qui m'avait soigné lorsque j'avais 16 ans.

La douleur n'a pas faibli, elle s'est intensifiée, je hurlais, oubliant tout, ne cherchant plus à comprendre ce qui m'arrivait, ni ou j'étais.

Inexplicablement, le médecin dont j'avais oublié le nom, mais pas la beauté, était à mes cotés dans ce cauchemar sans fin. Il me parlait, me répétant des paroles dont je ne comprenais pas le sens, ou se mêlaient des excuses et ce que je pensais être un délire, à propos de vampires…

Au bout d'un temps que je n'ai pas pu estimer l'incendie s'est éteint.

J'étais enfin soulagée, j'étais dans le noir. Il m'a fallu faire un effort pour ouvrir les yeux.

Ce n'est que lorsque j'ai aperçu le Docteur Cullen à mes cotés que j'ai réalisé que j'avais espéré qu'il soit encore là lorsque la douleur prendrait fin.

Il y avait une autre personne avec nous, un magnifique jeune homme que je ne connaissais pas, mais qui, étrangement, ressemblait un peu au médecin.

Mais c'était du visage de celui-ci dont je ne pouvais pas me dé était tellement beau, bien plus encore que dans mes souvenirs, comme si auparavant j'avais eu devant les yeux un voile qui m'aurait empêché de l'apprécier à sa juste valeur.

Puis il m'a parlé, répétant ce que j'avais cru être un délire sur les vampires.

Il me disait qu'il en était un, le jeune homme aussi, il m'a aussi annoncé que j'en étais devenu un. Je ne voulais pas le croire, même lorsqu'ils m'ont conduite devant le miroir et que j'ai vu à quel point j'étais devenue belle.

Ce n'est que quand ils m'ont amenée dans la forêt et que je me suis jetée sur une biche pour boire son sang jusqu'à la dernière goutte, et que j'ai trouvé ça bon, que je n'ai plus pu douter.

J'étais effarée, et j'aurais sans doute paniqué si Carlisle ne m'avait pas prise dans ses bras à ce moment là. Edward nous a laissés et Carlisle m'a appris tout ce que j'avais besoin de savoir.

Rapidement j'ai compris que j'aimais cet homme plus que je n'avais jamais aimé mon premier mari, et lorsqu'il m'a avoué ses sentiments, j'ai su que c'était la volonté divine qui nous avait ainsi rapprochés.

Carlisle est un homme infiniment bon. Il est également la personne la plus charismatique que je connaisse.

Etre sa femme est un honneur, et un bonheur constamment renouvelé.

Auprès de lui j'ai enfin vécu une vie de bonheur, une vie de femme mariée et heureuse de l'être. Dans ses bras j'ai connu, et connaît encore, la plénitude de l'amour physique, et cet amour là renforce encore notre amour intellectuel, qui nourrit l'attraction physique…

Il a su m'apporter tout ce dont j'avais manqué, grâce à lui je peux vivre avec mes vieux démons, sans les avoir oublié, mais en les ayant apprivoisés.

Carlisle et moi sommes mari et femme, et auprès de lui j'ai enfin compris la véritable signification de ces mots.

Notre amour m'a donné envie de bâtir ce qui m'avait tant manqué : une famille.