Chapitre 5 :

Avec tout le stress qu'avait provoqué Francesca ces dernières semaines, Gabi n'avait pas été très attentive à Ricardo, mais ce midi elle pensait qu'une pause déjeunée surprise allait leur faire du bien à tous les deux.

Ils mangeaient tranquillement leurs sandwichs, parlant et regardant les gens sur la plage quand Ricardo se retourna vers Gabi, troublé.

-Ca fait longtemps que tu connais Francesca ?

Gabi s'arrêta de respirer, puis se détendit doucement.

-Comme tout le monde, depuis qu'elle est arrivée ici. Pourquoi ?

-Mais tu la connais bien ?

-Non…. Ricardo qu'est-ce que…

-J'ai un mauvais pressentiment concernant cette femme. Tout à l'heure quand je suis allé voir Antonio, ils avaient l'air….. je sais pas, en conversation très privée.

Là elle eut un mouvement de recul, son cœur battant la chamade.

-Quoi !? Qu'est-ce qu'ils faisaient ?

-J'ai interrompu une dispute je crois. C'était bizarre, il la retenait contre lui.

Il ne remarqua pas le hoquet de stupeur qu'elle eut en entendant la nouvelle.

-J'ai l'étrange impression qu'ils se connaissaient avant.

-Comment ça « avant » ?

Il haussa les épaules.

-Je sais pas. Avant, avant qu'il ne devienne prêtre peut-être.

Elle prit une grande inspiration avant de poser la question suivante.

-Qu'est-ce qui te fais dire ça ?

-Une impression. Ils avaient l'air d'être prit en faute. Enfin lui plus qu'elle. Francesca a même prit la liberté de flirter avec lui et de lui faire un clin d'œil avant de partir. Tu ne fais pas intentionnellement du rentre dedans à quelqu'un que tu connais à peine, à fortiori si c'est un prêtre.

Gabi faisait vraiment tout pour se contrôler, mais elle n'était pas sure de faire du bon travail. Il secoua la tête en souriant. Il n'avait rien remarqué, comme souvent, et elle en fut soulagée.

-Enfin je dois me faire des idées. Il a prononcé ses vœux, il est bien au dessus de tout ça.

Il vit qu'elle s'était arrêtée.

-Gabi ça va ?

Inspirant lentement, elle lui répondit que tout allait bien, même si ça n'était pas l'exacte vérité. Il lui prit la main et continua à marcher.

-C'est drôle, je ne m'étais jamais demandé quel était le genre de femmes d'Antonio avant maintenant.

Elle resserra son emprise sur sa main.

-Ah.

-Mais je ne pense pas que Francesca soit son genre de femme de toute manière. Par contre je sais qu'il aurait pu tomber fou amoureux de toi. Quel homme ne le serait pas ?!

-Ricardo arrête !

Il éclata de rire.

-Voyons Gabi je plaisante. Enfin non, il faudrait être fou pour ne pas t'aimer, mais je sais bien qu'Antonio ne ferait jamais une chose pareille.

Elle gesticula, mal à l'aise.

-Et puis tu nous aurais vus nous battre tous les deux pour te conquérir !?

Elle lui lâcha la main et remit une mèche de cheveux derrière son oreille.

-Ricardo, Antonio n'est pas du genre à….

-Je plaisante Gab'. Ce n'est pas la peine de défendre mon petit frère.

Il rigola, il ne pouvait rêver mieux. Sa future femme et son frère s'entendant à merveille.

Il s'arrêta quand il remarqua qu'elle semblait pleurer.

-Gab' ? Ca va chérie ?

Non ça n'allait pas du tout !!

-Oui, c'est rien, juste la fatigue.

Il s'approcha d'elle et glissa tendrement la main dans ses cheveux.

-Tu sais que je t'aime.

Elle acquiesça, retrouvant un semblant de contrôle sur ses émotions. Il savait qu'elle avait besoin d'être rassurée, de savoir qu'elle était le genre de femme dont on tombait amoureux parce que….. parce qu'il était difficile de faire autrement.

-Et tu sais qu'Antonio est fou de toi !

Une seule et unique larme réussi à franchir la barrière cette fois, à l'annonce de cette vérité si flagrante. Il l'embrassa sur la joue.

-Aller viens, ma pause déjeunée n'est pas à rallonge !

-Ouais….

Et pour détendre l'atmosphère, il crut bon d'ajouter une dernière boutade.

-Et puis tout le monde sait que j'aurai été le vainqueur !

Et tout doucement elle murmura.

-N'en sois pas si sur….

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