Chapitre 13 :

Elle était accoudée à la rambarde regardant les vagues mourir sur les rochers. L'air frais lui faisait du bien, l'apaisant dans la tourmente de l'instant. Francesca et son argent, Ricardo et son devoir envers lui et Antonio et les sentiments qu'elle avait bien du mal à combattre, tout ça l'épuisait physiquement et moralement. Elle devait s'occuper de chaque point un à un.

Il la regardait de loin et elle était magnifique. Comment Dieu avait pu la mettre sur son chemin alors qu'il s'était offert à lui ?! Etait-ce un test ? Et comment voulait-il qu'il lui résiste ? Qu'il résiste à l'Amour avec un grand A.

Il inspira profondément, chassant ses idées tortueuses. Elle lui avait donné rendez-vous ici et maintenant qu'il y était il avait presque peur de la déranger dans sa contemplation de l'océan.

-Gabi ?

Elle se retourna et le regarda dans les yeux. Dieu ce qu'elle pouvait aimer cet homme.

-Bonsoir. Merci d'être venu.

Il lui sourit timidement.

-Tu m'as dit que c'était important. Et puis tu me manquais.

Elle détourna les yeux.

-Je….. Il y a quelques jours j'ai rendu visite à Francesca et j'ai vu des cassettes.

Il vit qu'elle ne voulait approfondir leur cas et ne se risqua donc pas à lui demander s'il lui avait manqué, ne serait-ce qu'un tout petit peu. Il se fustigea.

-Tu sais si il y'a notre cassette dans le lot ?

-Comment veux-tu que je le sache !? Ce n'est pas comme si elle m'avait invité à les regarder en prenant le thé !

Antonio fut surpris, mais ne broncha pas. Elle avait l'air exténué, bien plus que lui.

Elle baissa la tête, honteuse de s'être emportée contre lui.

-Je suis désolée Antonio. C'est juste que…….

-Tu voudrais que ça se finisse.

-Oui.

-Crois-moi je sais ce que c'est.

Elle lui prit la main.

-Tu vas bien ?

C'est dans des moments comme ceux là qu'il avait envie de tout quitter, pour elle. Amenant sa main à la bouche, il déposa un tendre baiser sur ses phalanges.

-Oui ne t'inquiète pas.

-Pour ça je ne peux rien te promettre.

Ils se sourirent, pensant à un monde où ils pourraient se promettre, tout se promettre.

-Alors, qu'est-ce que tu propose ?

-Quoi ?!

-Pour les cassettes.

-Oh, et bien je pensais que si on était surs que Francesca soit occupée pendant assez longtemps, je pourrai aller vérifier leur contenu.

-Ouais mais il faudrait être sur qu'elle ne revienne pas trop tôt.

-Tu sais elle m'a l'air d'avoir énormément d'affaires en cours. Ce n'est pas les candidats qui manquent. Cole, Caitlin, AJ….

-Oui mais à moins de les mettre dans la confidence, ce que nous ne ferons pas, il n'y a pas de moyens d'être sur qu'elle soit occupée. A moins que….

-N'y pense même pas !

-Gabi ! Tu sais que c'est la seule solution.

-Non. Je trouve qu'elle passe déjà assez de temps avec toi sans qu'on ne lui donne une bonne excuse.

-Gabi arrête.

-Antonio la dernière fois qu'elle t'a vu elle a faillit….

-Tu es ridicule !

Gabi se tut, les larmes menaçaient de couler.

Quant à Antonio il était fâché, et attristé. Qu'est-ce qu'elle croyait ! Qu'il ne croyait pas en ses vœux et qu'il était prêt à faire l'amour avec n'importe qui !? Il lui mit les mains sur les épaules.

-Gabi. Regarde-moi s'il te plait.

Elle tourna vers lui ses prunelles brunes, qui malheureusement baignaient de larmes.

-Je suis prêtre. Et Francesca aura beau faire tout ce qu'elle voudra, je ne coucherai pas avec elle.

Il essuya de son pouce les quelques larmes qui s'étaient échappées.

-Mais…

Son pouce vint la faire taire.

-Tu penses vraiment que je ne suis pas capable de résister à ses charmes ?!

Il eut du mal à cacher son expression peinée.

Elle embrassa son doigt posé sur ses lèvres.

-Non. Je sais que tu ne vas pas coucher avec elle. Même si tu le lui as proposé.

-Je croyais qu'on avait déjà réglé ce détail.

-Je sais.

-Alors tu sais qu'on n'a pas vraiment le choix. Je dois l'occupé pendant que tu iras fouiller chez elle.

-D'accord mais tu me promets qu'il ne se passera rien ?

Il sourit, son cœur gonflé d'amour pour elle. Seule elle était capable de lui demander à lui, un prêtre, de promettre qu'il ne se passera rien avec une autre femme.

-Parole de scout !

Elle ria et vint se blottir dans ses bras. Il l'embrassa tendrement sur le front.

-J'aime ton rire.

-Et moi je t'aime.

Elle baissa les yeux après que l'aveu lui ait échappé, mais il vint lui relever la tête pour pouvoir la regarder dans les yeux.

-Je sais. Je t'aime aussi.

Le soleil se couchait sur Sunset et si on regardait le ponton, le soleil en contre jour, éblouissant, on pouvait distinguer la silhouette d'un couple enlacé, sans vraiment savoir de qui il s'agissait.

&&&&&