Chapitre 15 :
Gabi s'impatientait, ça faisait déjà plusieurs jours qu'elle avait parlé des cassettes trouvées dans la chambre de Francesca à Antonio, et depuis pas de nouvelles. Elle l'avait appelé une dizaine de fois mais il trouvait toujours une excuse pour abréger leur conversation, ou alors elle tombait sur sa messagerie. Quelque chose n'allait pas, elle le savait mais ne parvenait pas à mettre le doigt dessus. C'était revenu comme à l'époque où il l'évitait par tous les moyens à cause de ses rêves. Elle ne savait pas ce qu'il avait mais il fallait que ça cesse, ils avaient d'autres problèmes à gérer sans qu'il n'en rajoute un autre.
Elle se décida alors à aller le voir à la mission. Arrivée à Saint-Josef elle le repéra dans les jardins, et quelque chose la frappa. Il avait l'air triste, triste et abattu. Il était debout et contemplait une rose qu'il avait en main, et son cœur se serra à sa vision.
Qu'est-ce qui pouvait bien se passer dans sa tête ?!
Cet homme pouvait être un tel mystère parfois, alors qu'elle le connaissait par cœur. Quel doux paradoxe.
-Antonio ?
-Je savais que tu étais là.
Il lui fit face, souriant légèrement.
-Est-ce que ça va ?
Son silence et son comportement l'inquiétait légèrement. Il regarda une nouvelle fois la rose.
-Oui. Je pensais.
-A quoi ?
-Je me disais juste que parfois j'aimerai pouvoir t'offrir un bouquet de fleurs, ou même une simple rose.
Son cœur se brisa en plusieurs morceaux en l'entendant dire cela. Elle aimerait ça elle aussi.
-Oh Antonio….
Elle alla alors se lover dans ses bras, et il la serra à l'en étouffer.
-Je suis désolé Gabi.
-De quoi ?!
Elle fronça les sourcils.
-Antonio qu'est-ce qui ne va pas ?
Il sourit d'un sourire ironique.
-Rien, tout. A toi de choisir.
Qu'est-ce que ça voulait dire ? Antonio n'était pas du genre à se laisser abattre de la sorte.
-Antonio ?
-C'est rien Gabi. J'ai juste passé une mauvaise nuit.
-Tu n'as pas réussi à trouvé le sommeil ?
Il rit.
-On peut dire ça comme ça.
Elle s'écarta de lui et lui sourit tendrement.
-Antonio donne-la moi.
-Quoi ?
-La rose. Offre-moi une rose.
Il lui sourit alors, elle ne cessera jamais de l'émerveiller. Il lui offrit la rose, qu'elle huma en fermant les yeux. Elle avait envie de pleurer.
-Merci.
Son pouce vint s'écraser sur sa joue, balayant la larme amère qui s'y trouvait.
-De rien.
Ils se sourirent tendrement, puis il changea de sujet, il le fallait.
-Tu venais pour quelque chose de précis ?
-Non. Oui. En fait je me demandais si tu avais repensé à notre conversation.
Il fronça les sourcils, il n'y avait pas qu'un sujet de conversation entre eux, Dieu sait que ça aurait été plus simple sinon. Quoiqu'en ce moment Francesca occupait beaucoup le devant de la scène.
Francesca….. Il détourna les yeux.
-A quel propos ?
-De Francesca. Enfin des cassettes que j'ai aperçues dans sa chambre. Tu pourrais trouver un moyen de l'occuper un peu ?
Oh Seigneur pas ça !
-Non !!
Elle le regarda étrangement.
-Antonio…. ?
Merde !
-Je suis désolé, c'est que….
-Elle est revenue te voir c'est ça ?
-Oui. Enfin non.
On ne pouvait pas dire qu'une apparition dans un rêve, aussi agréable soit-il, était une visite réelle.
-Antonio qu'est-ce qui se passe ?
-Je te l'ai dit j'ai mal dormi.
Il fuyait son regard et ça ce n'était jamais bon signe. Elle voulu faire un geste tendre mais il était en tenue cléricale, et ils étaient à la mission, dans les jardins certes, mais à la mission tout de même. Elle s'abstint donc.
Il était puéril et il le savait, et son refus catégorique était en train d'inquiéter Gabi en plus, mais « d'occuper Francesca » comme elle disait, n'était, selon lui, pas une bonne idée. Comment la voir, et la distraire le temps qu'il fallait, alors que la nuit dernière il lui faisait…..
Oh Seigneur……
-Antonio ?
Il revint sur terre.
-Oui ?
-Pourquoi tu ne veux pas le faire ? Tu l'as dit toi-même on ne peut pas faire autrement. Il faut qu'on sache ce que contiennent ces cassettes, et voir si celle où on nous voit faire l'amour est là bas.
-Je sais.
Il soupira.
-Je vais le faire. Tu as raison on n'a pas le choix.
C'était dingue quand même. C'était lui qui l'avait convaincue de le laisser s'occuper de Francesca et maintenant il s'en voulait d'avoir même évoqué cette solution. Il espérait seulement qu'il pourrait se contrôler et que des images fugaces ne feront pas leur apparition dans son esprit.
-Tu es sur que ça va aller ?
Il lui remit tendrement une mèche de cheveux derrière l'oreille.
-Oui, j'en suis sur.
Dieu ce qu'il crevait de l'embrasser à cet instant.
Elle le regarda, soulagée.
-Merci.
Elle quitta le jardin, et Antonio, serrant précieusement la rose près de son cœur.
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