Chapitre 16 :
Gabi avait du mal à contrôler les battements de son cœur. Inspirant profondément et soupirant, elle ouvrit la porte de la chambre et referma derrière elle. Ca y'était, elle se retrouvait sur les lieux du crime, enfin pas tout à fait. La chambre de Francesca….
Francesca était avec Antonio à cet instant précis…. Elle secoua la tête pour chasser ses pensées, et s'activa pour retrouver le carton de cassettes en espérant que Francesca n'avait pas eu la brillante idée de le déplacer. Il n'était pas visible, mais se souvenant l'avoir vu près du lit, elle alla voir en dessous.
Alléluia !
Il était bien là. Elle dénombra six cassettes en tout.
Grand Dieu mais qu'est-ce que Francesca pouvait bien faire de toutes ces cassettes !?
Elle espérait qu'elle ne faisait pas chanter d'autres personnes. Quoiqu'avec cette femme on pouvait s'attendre à tout, la preuve. Elle soupira. Il fallait se mettre à la tache, elle prit donc la première cassette et l'inséra dans le magnéto.
L'image floue du début fit place à une jeune fille blonde coincée dans…. la porte de garage…
What the….
C'était Scream.
Gabi mit en avance rapide, au cas où Francesca aurait eu la bonne idée de caler Antonio et elle faisant l'amour entre deux scènes de meurtre sanglant…. Finalement il n'y avait que ce film sur cette cassette….
Elle prit la seconde cassette en craignant le pire. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant un épisode des Simpsons, qu'elle avança rapidement, excédée.
Où tu as mit cette foutue cassette Francesca !?
Prenant son mal en patience, elle mit en marche la troisième cassette. Alors là c'était…..
Une femme à moitié dévêtue faisait des avances plus qu'explicites à un pauvre pilote d'avion. Et le dit pilote venait de perdre sa chemise en plus de son pantalon !
Gabi explosa de rire. Francesca louant un film pour adulte ça avait quelque chose de vraiment comique. Un sourire aux lèvres, elle avança le film. Qui sait elle apprendrait peut-être une chose ou deux. Ce ne fut, évidemment, pas le cas.
Sortant la cassette du magnéto, elle poussa un long soupir désespéré, se demandant si finalement Francesca avait bien la cassette ici.
En mettant en route la quatrième cassette, elle espérait que cette fois ça serait la bonne. Manque de chance c'était une espèce de documentaire animalier sur la vie sexuelle des animaux sauvages. C'était bien sa veine ça !
Tu ne serais pas en train de te fiche de nous Francesca !?!?!
Non mais qu'elle besoin elle avait de savoir ce qui se passait dans la vie sexuelle de tout le monde celle là ?!
Gabi croyait rêver, même en mettant « avance rapide » la cassette semblait ne pas avoir de fin, d'ailleurs à plusieurs reprises elle dut détourner le regard. Voir des rhinocéros y aller comme des lapins ça avait un coté dérangeant.
Elle s'assit sur le lit. Confortable.
Elle se mit soudain à se demander comment se serait de faire l'amour avec Antonio dans un lit.
Ma pauvre fille tu délires là ! Voilà ce que c'était de regarder ce genre de documentaire et de fantasmer sur un homme inaccessible en même temps.
N'empêche ce lit était vraiment accueillant…..
Oui et pourquoi pas sur la table, dans la douche et contre la porte pendant qu'on y était !!
Ricardo.
Elle était fiancée à Ricardo.
Elle souffla, se disant que ce soir elle allait préparer quelque chose de romantique, qui le ravirait et qui à coup sur leur ferait finir la soirée au lit, et elle en avait bien besoin. Elle mit de coté le sentiment de remord qui venait d'apparaitre, comme à chaque fois qu'elle était intime avec Ricardo.
Il était libre, Antonio ne l'était pas. Et puis elle aimait Ricardo, peut-être pas de la même manière qu'elle aimait Antonio, mais elle ne voyait pas le mal qu'il y avait à faire en sorte que son couple marche.
C'était bien pour ça qu'elle se retrouvait dans la chambre d'hôtel de Francesca non ?! Et puis ils allaient se marier….
Son portable se mit alors à vibrer, elle avait reçu un message. Antonio. Il lui disait que ça ne s'était pas passé comme prévu et que Francesca allait arriver d'une minute à l'autre.
Génial ! Comme si elle avait besoin de ça.
Elle appuya comme une enragée sur la touche « avance rapide » mais elle était déjà au maximum. Puis un clic se fit entendre et la cassette sorti. Bon toujours pas de vidéos sous des décombres.
Elle regarda le cartons et vi qu'il ne lui restait que deux cassettes mais elle n'avait pas assez de temps. Elle les mit dans son sac, regarda si elle n'avait pas trop dérangé la chambre et s'éclipsa.
Elle sorti son portable pour prévenir Antonio qu'elle était partie mais qu'elle avait avec elle deux des cassettes quand elle percuta quelqu'un.
-Gabi !
Elle releva la tête.
-Francesca….
-Qu'est-ce que vous êtes venue faire par ici ?
Gabi ouvrit la bouche.
-Attendez laisser moi deviner. Vous êtes encore venue me menacer de ne pas approcher votre amant !?
-No… Oui, c'est tout à fait ça.
Merci Francesca !
-Vous n'étiez pas là donc je suis repartie et maintenant je n'ai plus le temps.
Et elle prit la poudre d'escampette, laissant derrière elle une Francesca pantoise et ayant subitement l'impression d'avoir dit une bêtise.
-Gabi ??????
Trop tard, elle était déjà loin. Peu importe, de toute façon elle avait d'autres projets hautement plus important.
Gabi arriva au loft plus vite qu'elle ne le pensait. Elle réfléchissait à la soirée romantico-surprise qu'elle allait préparer à Ricardo, et il fallait aussi qu'elle téléphone à Antonio pour le tenir au courant. L'appeler n'était pas une bonne idée, elle lui enverrait un texto, cela semblait plus sur. Et c'est avec un sourire sur le visage qu'elle ouvrit la porte.
-Ricardo !
Son sourire s'agrandit.
-Comment ça….. Oh Antonio.
Elle eut du mal à cacher sa surprise, ce qu'Antonio remarqua immédiatement.
-Bonsoir.
-Qu'est-ce que tu fais là ?
Ricardo vint l'accueillir comme il se devait, c'est-à-dire en l'embrassant.
-Je l'ai invité.
Génial !
-Ca ne te dérange pas ?
Elle baissa les yeux mais les releva bien vite, souriant.
-Non pas du tout. Au contraire.
Et alors que dans une conversation silencieuse elle faisait comprendre à Antonio que tout allait bien et qu'elle lui en parlerait plus tard, elle vit du coin de l'œil Ricardo déposer son sac près de l'entrée, une des cassettes dépassant.
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