Chapitre 17 :

Antonio referma la porte de sa chambre, s'adossant dessus il soupira. La soirée avait été particulièrement éprouvante. Regarder son frère avec Gabi, le regarder lui sourire, la toucher, l'embrasser, avait été un calvaire interminable. Heureusement il était dans sa chambre à présent et pouvait enfin souffler. Il avait bien vu que Gabi semblait mal à l'aise à cause de l'excès de démonstration de la part de Ricardo, et elle semblait aussi être sous pression.

***

Quand un coup de fil se fit entendre, leur laissant un petit peu de temps seuls, Gabi pu lui dire que sur les six cassettes elle en avait visionnés quatre et qu'elle n'avait pas trouvé la leur.

-Et où se trouvent les autres ?

-Ici.

-Comment ça « ici » ?!

-Dans mon sac.

Antonio repéra le dit sac et découvrit stupéfait qu'une des cassettes allait en tomber.

-Gabi il faut…..

-Je sais. Antonio je ne peux pas les garder ici, il faut que tu repartes avec.

-Quoi !?

-Il faut……

-Qu'est-ce que vous complotez tous les deux ?

Ils sursautèrent à l'unisson.

-Rien !

Ricardo sourit.

-Je sais Gab'.

-Qui c'était ?

-Le poste, je dois y passer tout à l'heure.

-A cette heure ?!

-Ouais.

-Il se fait tard de toute façon, je vais vous laisser.

-Non Antonio.

Ricardo et Antonio la regardèrent bizarrement, elle se reprit alors.

-Je veux dire qu'on n'a pas encore prit le café et…..

-C'est pas grave, crois moi je reste très bien éveillé sans.

Ricardo quant à lui, était plutôt content que son frère parte maintenant, cela lui laissait plus de temps en tête à tête avec Gabi.

-Bon passez une bonne soirée tous les deux.

-Antonio attends !

Il se retourna, surpris.

-Tu as oublié tes cassettes.

-Mes cass…..

Elle lui fit les gros yeux.

-Ah oui ! Merci.

Des vidéos ?! Antonio !? Ricardo trouva ça étrange.

Qu'est-ce qu'ils avaient tous avec les vidéos ?

Il y a quelque temps déjà Francesca lui avait également parlé d'une cassette, mais il préféra ne rien dire. Plus vite Antonio serait parti, plus vite il aurait Gabi pour lui tout seul.

-Bonne soirée frangin !

Gabi lui fit un sourire désolé et eu envie de le prendre dans les bras, ce qu'elle fit, au grand étonnement d'Antonio. Il la serra contre lui, et lui déposa un rapide baiser dans les cheveux, et Gabi se dit que finalement elle n'était plus certaine de vouloir faire des galipettes avec Ricardo ce soir.

***

Antonio se regarda dans le miroir et s'aspergea d'eau. Il n'y avait pas eu que la soirée de fatigante, son entrevue avec Francesca l'avait été tout autant, pour d'autres raisons.

Il lui avait demandé de passer à la mission en fin de journée, et il en était encore à se demander ce qu'il pourrait lui dire quand elle arriva.

-Bonjour mon prêtre préféré !

Elle lui sourit d'un grand sourire charmeur.

-Francesca.

- Alors pourquoi voulez-vous me voir ? Je vous manque déjà ?!

Il soupira. Qu'est-ce qu'il était censé répondre à ça ?!

– Oh non Francesca pas du tout, à vrai dire je vous ai vu cette nuit dans un rêve de mes rêves, plus ou moins érotique d'ailleurs….. –

-Allo Ralph, ici Meggie !

-Pardon ?

-Rien. Alors… ?

Antonio était de plus en plus mal à l'aise. Ca le dérangeait de lui parler ici, dans son bureau.

-Pas ici.

-Oh « pas ici ». Seriez-vous d'humeur coquine Mon Père ?

Il l'emmena à sa suite dans les jardins de l'église, puis il contempla un instant le sujet à aborder. Il inspira profondément tout en admirant le paysage.

-C'est beau n'est-ce pas ?

-De quoi ? Les roses ?!

Elle eut un petit rire.

-Antonio de quoi vouliez-vous vraiment me parler ?

Merde !

-Je….. C'est à propos de ce que je vous ai proposé.

-Ah ça y'est les remords tapent à la porte.

-Non. Enfin oui. Je voulais m'excuser.

-Et pourquoi ça ? Parce que vous avez osé émettre une telle suggestion ou parce que finalement vous y avez réfléchi ? Réellement réfléchi.

Antonio ne sut que répondre, parce qu'il l'admettait ou non, il y avait bel et bien pensé.

Elle vit qu'elle avait sans doute vu juste et prit confiance. S'avançant vers lui, elle lui prit la main et la lui caressa.

Il ferma les yeux, voyant ses propres mains lui faire des choses…. Il les rouvrit aussitôt.

-Alors Antonio, avez-vous quelque chose à me confesser ?

-Francesca arrêtez !

-Arrêter quoi ? Je ne fais que poser une innocente question.

Elle lui sourit alors.

-Moi j'ai quelque chose à confesser. J'ai envie de vous embrasser, ici et maintenant.

Antonio recula d'un pas, son air prédateur ne présageait rien de bon.

-Et quelque chose me dit que vous ne diriez pas non.

-Vous délirez.

-Vous croyez ?!

Pour prouver qu'elle avait raison, elle posa la main qu'elle tenait sur sa taille et s'approcha doucement de lui.

-Stop !!

Antonio la repoussa fermement. Il ne pouvait pas faire ça à Gabi. Il ne savait pas ce qui clochait dernièrement avec lui mais une chose était sure, il voulait être un bon prêtre mais en même temps il ne pouvait s'empêcher d'aimer Gabi, et il ne voulait pas ruiner leur vie à eux deux. A eux trois, si jamais Ricardo venait à savoir ce qui se passait.

Aimer Gabi était une chose, désirer Francesca en était une autre. Il ne pouvait pas faire ça.

-Dites moi quelque chose. Pourquoi vous laissez-vous aller avec cette chère Gabi mais pas avec moi.

-Francesca combien de fois vais-je devoir vous répéter que Gabi et moi ne sommes pas amants….

Il soupira d'impuissance. Même à ses propres oreilles ses mots sonnèrent faux.

-Le nombre de fois nécessaire pour que je vous crois, et ce n'est pas prêt d'arriver. C'est de faire des infidélités à votre maitresse qui vous fait peur Antonio ?

-Je suis prêtre, ma vie est dédiée à Dieu, et c'est à lui, plus qu'à quiconque, que les infidélités seraient faites si jamais…..

Mon Dieu mais qu'est-ce qu'il racontait !?

Il était déjà infidèle à Dieu. A cause de Gabi. Et c'est bien elle qu'il pensait tromper si jamais Francesca arrivait à ses fins.

Elle vit qu'encore une fois elle avait touché une corde sensible. Elle ne savait pas exactement pourquoi Antonio l'avait appelé mais elle avait autre chose que ça à faire, et elle aurait tout le temps de le pousser à bout un autre jour.

-Merci pour cette conversation fort divertissante Antonio, mais je vais devoir vous quitter.

-Mais….

-Ne vous inquiétez pas, je me rappellerai à votre bon souvenir en temps voulu.

Elle lui mima un baiser avant de tourner les talons.

Re-Merde !!

Il espérait que Gabi avait eu assez de temps pour trouver la cassette, parce qu'honnêtement il ne pouvait pas retenir Francesca plus longtemps sans que cela ne dérape d'une façon ou d'une autre. Il sorti son portable et envoya un message à Gabi.

***

Il était couché dans son lit, se tournant dans tous les sens, le sommeil le fuyant, et le pire dans tout ça c'est qu'il était épuisé. S'il fermait les yeux il n'était pas sur de trouver un sommeil sans rêves ou au contraire de retrouver sa double vie.

Il regarda alors les cassettes posées négligemment sur la table.

Oh Seigneur !!

Il ferma les yeux, essayant de ne penser à rien et de trouver le sommeil. A coup sur il se réveillerait demain encore plus fatigué qu'il ne l'était déjà.

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