Chapitre 18 :

Après un coup de fil express passé à Gabi, il se rendit au loft.

-Salut.

Il baissa les yeux. Pour une raison inconnue il n'était pas à l'aise, elle le remarque de suite.

-Entre je t'en prie.

-Où est Ricardo ?

-Là où il passe le plus clair de son temps, au poste.

Il fronça les sourcils.

-Gabi ça va ?

-Oui.

Elle ne voulait pas lui expliquer la raison de son agacement. Hier soir, après son départ, Ricardo avait été plus que pressent pour avoir un tête à tête charnel avec elle, et bien qu'elle y avait pensé plus tôt dans la journée, hier soir ne lui avait pas semblé être le bon moment, et ça c'était terminé par une légère dispute. Secouant la tête, elle re-concentra son attention sur l'homme en face d'elle, l'homme qu'elle ne pouvait s'empêché d'aimer.

-Tu as les cassettes ?

-Oui, il fallait à tout prix que je les sorte du presbytère.

-Je suis désolée.

-Tu n'as pas de raisons de l'être.

Il ne lui parla pas de la crise d'angoisse qui l'avait prit cette nuit, à 3 heures du matin, ni du fait qu'il lui en avait voulu durant un court instant.

Elle lui prit la première cassette et l'inséra dans le VCR. Des bijoux apparurent sur l'écran. Francesca avait du filmer l'objet de son prochain coup. Gabi regarda Antonio en lui demandant s'il reconnaissait ces bijoux, il lui répondit par la négative, elle avança alors rapidement la cassette.

Antonio soupira, si cette cassette n'était pas la bonne, ça voulait dire que celle qu'il avait en main avait de bonne chance de l'être.

-Bon ce n'est pas celle là. Passe-moi l'autre s'il te plait.

Il lui passa la dernière cassette, les mains tremblantes, n'étant plus sur de vouloir la mettre en marche. Gabi souffla pour se donner du courage.

-La dernière cassette. Notre dernière chance.

Elle introduisit la cassette dans le magnéto, et se retourna vers Antonio, anxieuse. Après quelques secondes d'attente, ils apparurent sur l'écran.

*Elle était en train de le débarrasser de son éternel col blanc.*

Ils savaient tous deux ce qui venait après.

*Elle lui ouvrit la chemise, s'abaissa et lui embrassa le torse, puis remonta vers le cou et trouva enfin sa bouche.*

Bien que connaissant par cœur la suite, ils ne purent détacher les yeux de la télévision.

*Il la retourna fermement, passant ainsi derrière elle, et lui embrassa le cou alors qu'il défaisait, une à une, ses bretelles. Alors qu'il la débarrassait de son haut, elle se retourna dans ses bras et captura à nouveau ses lèvres, insatiable.*

Un murmure rauque se fit entendre.

-Hum je crois qu'on l'a trouvé.

Gabi eu du mal à répondre.

-Oui, on l'a trouvé.

Ni l'un ni l'autre ne fit de mouvements pour arrêter l'enregistrement. Les yeux de nouveau rivés sur l'écran, ils virent Antonio l'allonger sur une couverture, qui par bonheur se trouvait là.

*Il se baissa pour l'embrasser, laissant ses mains errer là où elles le désiraient. Son corps était devenu sa possession et il commençait seulement à l'apprivoiser. Quand il sentit Gabi s'arquer sous lui à la recherche de plus de contact, il délaissa ses lèvres pour que sa propre bouche vienne à la rencontre de ses trésors cachés. Il apprit alors qu'elle n'était pas insensible aux caresses apportées à sa poitrine, qu'elle était légèrement chatouilleuse près du nombril et qu'elle était des plus réceptives quand il descendait plus bas.*

Gabi détourna quelques secondes le regard, gênée de se voir ainsi exposée, dans tous les sens du terme, et malgré tout fébrile de se voir, elle et Antonio faisant l'amour.

*Elle le fit remonter à sa hauteur, l'embrassa tendrement et le regarda dans les yeux, lui signalant qu'elle était prête. Il comprit le message et s'introduisit doucement en elle. Elle laissa échapper un soupir, et il se mit alors à bouger. Doucement au début puis lorsqu'elle vint à l'encontre de chacun de ses coups de reins ils se mirent à se mouvoir de plus en plus rapidement. Des râles, des gémissements, des cris et des respirations haletantes se mélangèrent dans le silence qu'entourait ce couple faisant l'amour dans les décombres.*

Gabi se précipita vers Antonio et lui arracha la télécommande des mains, mettant sur pause.

Elle et Antonio, figés sur l'écran, s'embrassant pendant qu'ils étaient toujours unis.

-Je….. Il faut qu'on la détruise !

Antonio n'eu aucune réaction, il regardait toujours l'image qui était devant lui.

Gabi et lui.

Lui et Gabi.

-Antonio tu m'entends ?!

Elle posa la main sur son bras, le faisant revenir sur terre.

-Quoi ?

Elle comprenait. Bien sur qu'elle comprenait, elle était dans le même état que lui. Quoiqu'un petit peu plus lucide, ça n'était pas la première fois qu'elle voyait la cassette, enfin la dernière fois elle n'avait eu qu'un petit aperçu. Dieu sait que l'intégralité était…..

-Je te disais qu'il fallait détruire la cassette.

-Pourquoi ?

-Pourquoi….. Pourquoi nous devons la détruire !? Antonio !!!!

-Pardon. Oui, oui, je…. Il faut s'en débarrasser.

-Bien.

Il avait du mal à se concentrer sur autre chose que le spectacle dont il venait d'être témoin, et dont à l'époque, il avait été l'acteur. Se revoir lui et Gabi, intimes, avait déclenché une myriade d'émotions, son cœur battait plus vite que jamais et son corps…. Son corps la désirait comme jamais il ne l'avait désiré jusqu'à maintenant.

-Il faut que……… La salle de bain !

Il allait pratiquement courir pour atteindre la salle de bain sauf que Gabi, bien qu'ayant une idée de ce qui le dérangeait, ne put s'empêcher de se mettre en travers de son chemin, l'empêchant de passer.

-Gabi qu'est-ce que tu fais ?

-Ca se voit non !?

-Laisse-moi passer.

-Non.

-No… Quoi ?!

-Antonio il faut qu'on parle.

-Gabi crois moi ce n'est pas le moment.

Elle le regarda dans les yeux puis laissa son regard descendre.

-Je crois au contraire que c'est le bon moment.

-Gabi……

-Ce qui est sur cette cassette…..

Ils se tournèrent tous les deux vers l'écran.

-Est encore en train de se produire.

-Quoi ?! Gabi on n'a pas….

-Je sais, mais je ne parle pas de ça, enfin pas totalement. Le fait qu'on en ait tous deux envie, encore, montre….

-Tu vas te marier à mon frère. JE suis supposé te marier à mon frère.

-Je sais, et TU es prêtre. Cela ne nous a jamais empêché de, d'avoir les sentiments que nous avons l'un envers l'autre.

Il baissa les yeux, se sentant alors coupable de l'avoir presque trahi avec Francesca.

-Gabi il faut que je te dise quelque chose.

-Je sais déjà ce que tu vas me dire.

Elle lui sourit et il grimaça.

-Je ne pense pas. C'est à propos de Francesca.

Elle déchanta rapidement.

-Qu'est-ce qu'elle a encore fait ?

-Ce n'est pas elle, c'est moi.

-Qu'est-ce qui se passe ?

Elle retint sa respiration, ayant peur de la réponse.

-Je crois que…..

Des soupirs de plaisir se firent de nouveau entendre dans la pièce. La cassette s'était remise en marche.

Il ferma les yeux, les rouvrit et se dirigea vers le magnétoscope pour en sortir la cassette, tout troubles étant oubliés.

-Gabi il s'est passé quelque chose. Avec Francesca.

Elle releva vers lui des yeux agrandis par la peur….

-Qu'est-ce qui se passe ici ?

Ricardo venait de rentrer. Les trouvant figés, se défiant du regard, il se dit que quelque chose d'important avait du se passer. Gabi passa d'Antonio à Ricardo sans pouvoir prononcer le moindre mot. Antonio se décida alors à détacher son regard d'elle.

-Il ne se passe rien.

Ceci sembla sortir Gabi de sa torpeur. Elle se dirigea alors vers la porte, mais Ricardo fut plus rapide et vint lui bloquer le passage.

-Ricardo laisse moi passer.

-Non.

Elle le regarda, énervée.

-J'ai besoin de prendre l'air !

-Non.

Il regarda tour à tour son frère puis Gabi.

-Il y a quelque chose que vous me cachez tous les deux, et je veux savoir ce que c'est. Maintenant.

Gabi leva vers lui des yeux suppliant. Il fallait qu'elle sorte.

-Tu ne sortiras pas d'ici tant que je ne saurai pas ce qui se passe Gabi.

Il regarda alors son frère.

-Et c'est pareil pour toi Antonio.

Gabi et Antonio soupirèrent ensemble, se regardant, une même pensée traversant leurs esprits.

Que faire maintenant ?!

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