Chapitre 20 :
Antonio était de retour à la mission, rentrant dans sa chambre il souffla un bon coup. Il était toujours en possession de la cassette, avec Gabi ils s'étaient pratiquement grillés auprès de Ricardo et maintenant plus que jamais il devait parler à Francesca. De s'être pratiquement fait surprendre par Ricardo lui avait fait tilt, il devait savoir si Francesca était en possession d'autres cassettes, et bien sur sans que Gabi ne soit au courant. Il mit bien vite de coté le sentiment de culpabilité qu'il ressentait, parler à Francesca était important, et même s'il n'aimait pas cacher des choses à Gabi, là il n'avait pas d'autre choix. Empêtré dans ses certitudes et incertitudes, il ne se rendit pas compte que d'aller voir Francesca, seul, n'était certainement pas la chose à faire.
Il se dirigea alors vers son bureau, fermant la porte, il remarqua qu'il n'était pas seul, une sœur l'attendait.
-Bonjour ma sœur. Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous ?
La sœur qui regardait par la fenêtre, se retourna alors très lentement.
-Oh oui Antonio vous pouvez faire quelque chose pour moi. C'est gentil à vous de le proposer.
Francesca. Dans son bureau. Habillée en bonne sœur.
Non, il devait rêver !
Francesca sourit devait l'air d'incompréhension d'Antonio, puis déchanta très vite lorsque l'incompréhension se transforma en fureur.
-Francesca qu'est-ce que vous venez faire ici dans cette tenue !?!?
-J'essaye d'attirer votre attention, ce que j'ai remarquablement fait je dois avouer.
Le sang d'Antonio ne fit alors qu'un tour.
-Vous déshonorez l'habit et la fonction de sœur !!!
-Oh et moi qui pensais faire tout le contraire !
-Arrêtez ce petit jeu Francesca ! Et retirez-moi ça tout de suite !!!
Son sourire s'élargit.
-A vos ordres ! Mais ne venez pas me dire que c'est moi qui me brûle les ailes.
Elle enleva alors sa coiffe, laissant ses cheveux retomber en cascade sur ses épaules.
-Qu'est-ce que vous faites ?!
-J'exécutes vos ordres Antonio.
Toujours ce même sourire provocateur, un de ceux qui vous défie de dire non, de lui dire non. Antonio, trop choqué pour avoir une pensée cohérente la laissa s'approcher. Il devait bien reconnaitre qu'elle venait d'ajouter un nouvel attrait à l'uniforme….. Puis elle posa délicatement une main sur lui, et il reprit enfin ses esprits.
-Ne me touchez pas !
-Ne me dites pas qu'une femme vous fait peur Antonio je ne vous croirai pas.
Il soupira et ferma les yeux. Dieu ce que les femmes pouvaient être épuisantes parfois.
Francesca laissa courir sa main jusqu'à la ceinture, ce qui fit instantanément ouvrir les yeux d'Antonio.
-Laissez-vous faire et je vous promets qu'après Gabi Martinez ne sera qu'un lointain souvenir….
-Non !!! Jamais !
Francesca mit la main sur le cœur et feignit d'être blessée.
-Aie ! Et après vous osez me dire que Gabi et vous n'êtes pas amants ! Quel sens de la vérité Mon Père.
-Sortez d'ici Francesca. Immédiatement ! Et enlevez cette tenue ridicule !
Il alla lui ouvrir la porte, la fusillant du regard. Elle dut s'avouer vaincue pour cette fois, et contrite, se retira, mais elle était loin d'en avoir fini avec lui, c'était bien trop distrayant.
Se pinçant l'arrête du nez, Antonio se demanda si dans une vie antérieure il avait fait quelque chose de mal pour être puni de la sorte. Las de cette entrevue, de cette journée même, il alla jusqu'à sa chambre, se déshabilla aussi vite qu'il le put et se glissa dans son lit.
Havre de paix et lieu de torture à la fois.
Ne cherchant même pas à trouver le sommeil, celui-ci s'abattit sur lui avec une vitesse fulgurante, lui donnant subitement l'impression de se reposer, véritablement. Le calme avant la tempête, diront certains.
** Il rentra de nouveau dans son bureau, sachant pertinemment qu'il allait retrouver Francesca dans une tenue des moins conventionnelles.
Elle était négligemment perchée sur son bureau, les jambes croisées, élégamment couvertes par des bas noirs. Une main posée nonchalamment sur son genou qui se laissait voir par la fente outrageuse de sa tenue de bonne sœur.
Il se passa la langue sur la lèvre inférieure, un combat faisant rage intérieurement.
Une voix profonde et sensuelle se fit entendre.
-Bonsoir Antonio. Je vois que j'avais raison, Gabi est loin maintenant. Très loin.
Elle descendit alors de son perchoir et s'approcha dangereusement de lui. Comme plus tôt dans la journée, elle vint le toucher.
-Laissez-vous faire Antonio. Ne me combattez pas.
Et contrairement à ce qui s'était passé alors, il la laissa faire.
Sa ceinture tomba dans un bruit sourd.
Un bruit de fermeture éclaire que l'on descend se fit entendre.
Une main qui s'introduit dans un endroit défendu.
Des frottements et des soupirs interdits se mélangèrent.
Il la regarda alors s'agenouiller devant lui puis ferma les yeux quelques instants.
Sentant son souffle chaud le caresser il les rouvrit. Des yeux d'un brun éclatant rencontrèrent ses yeux assombris par le désir.
Gabi…..
Gabi, sa Gabi, toute innocente et en même temps tentatrice dans cette tenue de couvent, agenouillée devant lui, prête à lui faire…..**
Oh Seigneur !!!!
Il se redressa d'un bond, comme il l'avait déjà fait quelques nuits auparavant, et se passa une main sur le visage. Il fallait que ça s'arrête. Il le fallait mais c'était pourtant si…… bon.
Et Seigneur il n'avait que ça. Des rêves. Ses rêves.
Se frottant les yeux, il perdit la combat interne qu'il se livrait, et se rallongea, soupirant.
Et alors que ses doigts se refermèrent sur sa virilité, les lèvres douces et humides de Gabi vinrent l'encercler.
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