Chapitre 21 :
Les sœurs et les paroissiens de Saint-Josef comprirent très vite que le Père Antonio avait du passer une mauvaise nuit. Depuis ce matin il était d'une humeur massacrante. Bien sur il restait tout de même l'homme le plus avenant de la Terre mais il avait ce coté pressant et ce ton sec qu'il n'arborait pas d'ordinaire.
Antonio quant à lui, sorti dès qu'il le put de la chapelle, excédé par la soudaine frayeur qu'il provoquait chez ses novices. Il parti s'enfermer dans son bureau et s'autorisa à souffler un instant. Dire que sa nuit n'avait pas été tranquille était un doux euphémisme, et même après l'instant fugace de détente qu'il s'était autorisé, il n'avait pu dormir en paix. Trop de choses en tête et ailleurs.
Gabi.
Francesca.
Francesca et Gabi.
Il sorti de lui-même de sa rêverie avant que ça ne soit trop tard. D'ailleurs en y repensant il n'avait toujours pas demandé à Francesca si il n'y avait qu'une seule cassette. Cassette qui était en ce moment même en sa possession, et il fallait qu'il sache avant qu'elle ne se rende compte qu'elle n'avait plus aucune preuve contre eux, mais à vrai dire lui poser des questions avait été la dernière chose qu'il avait eu en tête lorsqu'il l'avait vu. Il soupira, se demandant un instant ce qu'elle dirait si elle avait connaissance du rêve qu'il avait fait la nuit dernière. Elle aurait eu toutes les preuves qu'elle voulait. La preuve qu'il était encore amoureux de Gabi et surtout qu'il commençait à ne plus être immunisé contre ses charmes. Il secoua la tête, mieux valait ne pas y penser. Il s'assit alors à son bureau et y mit de l'ordre.
Brouillons du prochain sermon.
Prospectus pour diverses associations.
Tout était en ordre, finalement il n'était pas si désordonné que ça. Regardant aux alentours il vit qu'il n'avait pas d'autres choix que de sortir. De toute façon rester planqué dans son bureau ne lui servirait à rien.
Sortant alors de sa « planque », il vit que l'endroit était désert et se dirigea naturellement vers la chapelle. Il pila net à la vue de Gabi, seule, agenouillée devant l'autel.
-GABI !!
Celle-ci sursauta, surprise.
-Antonio ?
Il arriva à sa hauteur, le souffle court, et la pressa de se relever. Cette position lui rappelant des souvenirs encore bien trop réels.
-Qu'est-ce que…..
Evidemment elle était désarçonnée, elle ne pouvait pas savoir….
-Tu n'es pas obligée de te mettre à genoux pour prier. Je veux dire…. Si tu veux….
-Antonio…. ?
Fuyant son regard, il essayait de gagner du temps, ne pouvant décemment pas lui expliquer ici. Il commença à marcher sachant pertinemment qu'elle le suivrait. Elle s'arrêta néanmoins dans le couloir.
-Antonio pourquoi tu es si….. bizarre ?
-Je ne suis pas…..
Elle soupira. Pourquoi fallait-il qu'il fasse toujours ça !? Qu'il élude ses questions.
-Qu'est-ce que tu as ?
Bien, apparemment elle voulait faire ça ici. Le milieu d'un couloir n'est généralement pas le lieu préconisé pour un interrogatoire. Levant les yeux sur elle, il remarqua à qu'elle point elle était déterminée, à quel point elle était belle lorsqu'elle était déterminée.
Passons……
Il essaya de se détendre avant de se lancer dans des explications.
-Antonio…..
-Je rêve.
-C'est….. tout ?!-
-Je sais ça.
-Cette nuit j'ai rêvé de…..
Non, il ne pouvait pas faire ça !
-De…… ?
-Tu étais là, et tu faisais….. Et Francesca, et…..
-Pardon !?
Il leva les yeux, et sut qu'il n'avait pas dit ce qu'il fallait.
-FRANCESCA !?!? Tu as rêvé de FRANCESCA !?
Interdit, il regarda autour d'eux. Ils étaient seuls, mais ils n'allaient pas le rester longtemps et il fallait qu'il gère…. la situation.
-Gabi…..
-Non ! Arrête avec tes « Gabi » !!
Il lui prit le bras et la fit avancer dans le couloir qui menait à sa chambre.
-Lâche-moi !!
Et une fois arrivés à destination c'est ce qu'il fit. Elle se détourna de lui, sachant très bien où ils se trouvaient, mais ne pouvant s'empêcher d'en faire la remarque.
-Oh ta chambre ! Ou devrai-je plutôt l'appeler « la scène du crime » !?
Il soupira.
-Gabi….
-Oui quoi ?! Tu vas me dire que ce n'est pas le cas peut-être ?
Oh ces explications promettaient d'être longues. Interminables même.
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