Chapitre 22 :

Il se passa une main dans les cheveux, ne sachant pas tellement quoi répondre. Il était vrai qu'il avait commit des infidélités ici, en rêves peut-être mais ça n'enlevait pas moins sa part de responsabilité.

-Gabi je……

Elle regarda le sol, chagrinée.

-Je ne suis pas sure d'avoir envie de savoir Antonio.

-Mais ce n'est pas ce que tu crois !

Elle leva vers lui un regard éloquent.

-Bon peut-être un petit peu, mais ce que je veux dire c'est que c'est de toi dont je rêve et tout un coup…..

-Pouf ! Francesca apparait comme par magie ?!

Il rougit.

-Oui.

-C'est de ma faute.

-Quoi !?

-Je n'ai pas arrêté de lui donner de bonnes raisons d'aller te voir !

-Non. Gabi, non. Francesca est….. quelqu'un de…..

-Ecoute si elle apparait dans tes rêves c'est que ça doit signifier quelque chose.

-Non.

-Je veux que tu trouve ce que ça signifie.

-Gabi…..

-Non ! Je ne veux plus…. la voir, ni…..

-C'est ridicule Gabi !

-Oh bien sur c'est moi qui suis ridicule maintenant !!

Il soupira.

-Ce n'est pas ce que j'ai dit.

-Et tu veux dire quoi ? Tu rêves que tu fais je-ne-sais-quoi avec elle et je suis censée faire quoi moi !?

-Calme-toi.

-Non ! Je te jure que si je lui mets la main dessus……

Elle ne put terminer sa phrase, Antonio venait de parler.

-Peut-être que je devrai me faire transférer.

Elle était sous le choc. Elle venait d'où cette idée ?!

Voyant qu'elle ne trouvait pas les mots, Antonio y vit une opportunité. Sa bouche prit alors possession de celle de Gabi. Fermant les yeux, elle laissa le sentiment de bien-être et d'appartenance couler en elle. Rouvrant subitement les yeux, la colère se faisant sentir.

- Comment oses-tu !?

La gifle partie sans qu'aucun d'eux n'ait eu le temps de réagir.

Elle se retourna, prête à sortir de la pièce et lutant pour garder ses larmes sous contrôle. S'arrêtant, la main sur la poignée, elle lui fit face une dernière fois.

-Oui peut-être que tu devrais.

Elle le quitta, le laissant seul dans sa chambre, abasourdi et attristé, ne comprenant pas trop ce qui venait de se produire.

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Il tourna dans tous les sens ce qui s'était passé. La réaction de Gabi, ses paroles, tout. Elle semblait vraiment agitée, rien d'étonnant, lorsque ça avait un rapport avec Francesca ou la cassette elle avait du mal à se contrôler, et là il devait dire qu'il avait fait fort, elle avait de bonnes raisons d'être hystérique.

Il fallait qu'il trouve un moyen de l'apaiser, de lui faire comprendre que…. Que quoi d'ailleurs ?

Se prenant la tête entre les mains il se dit qu'il donnait une image bien étrange des prêtres.

Curieux qu'il se considérait toujours comme tel après tous les derniers évènements.

Soudain il sentit un sentiment de panique l'envahir. Il y a quelques temps, alors qu'ils pensaient toujours à céder au chantage de Francesca, bien avant qu'il n'ait eu l'idée stupide de lui proposer son marché, Gabi devait prendre l'argent de la salle des pièces à conviction, qui s'était avéré être une arme au final. Et tout un coup l'idée de savoir Gabi en possession d'une arme, alors qu'il y a quelques minutes à peine elle avait juré la destruction de Francesca, le rendait nerveux.

Bien sur il ne pensait pas vraiment qu'elle puisse passer à l'acte, mais nerveuse comme elle était à l'heure actuelle, un accident pouvait très vite arriver.

Devait-il ou non partir à sa recherche alors qu'il était à l'origine de son agitation ?

Non. En toute logique il devrait s'effacer pendant un temps, pour lui laisser le temps de prendre le recul nécessaire et aussi parce que s'il lui faisait part de ses craintes, à coup sur c'est lui qui prendrait une balle, et avec raison. Et puis ses dernières paroles lui faisaient peur.

Voulait-elle vraiment qu'il s'en aille ?

Il devrait peut-être véritablement y réfléchir. Quand il avait prit conscience de ses sentiments pour Gabi c'est ce qu'il avait fait, demander un transfert pour le Guatemala.

Mais maintenant….. maintenant il savait ce que voulait dire avoir Gabi dans sa vie. Maintenant il savait que ses sentiments étaient réciproques. Maintenant trop de choses s'étaient produites.

Finalement le transfert était la bonne solution, la plus rationnelle. Mais depuis quand les affaires de cœur étaient rationnelles ?!

S'il partait, Francesca ne serait plus un problème, quoiqu'ayant récupéré la cassette, elle n'en était plus vraiment un.

Gabi pourrait alors se consacrer entièrement à Ricardo. Il chassa très vite le sentiment de jalousie qu'il ressentait.

S'il partait, il pourrait lui-même se re-concentrer sur l'autre chose la plus importante de sa vie, sa vocation, la vocation de toute une vie.

Ouais, partir était décidemment la bonne solution, et si elle ne l'était pas c'était à coup sur la plus simple.

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