7- N'ai pas peur d'ouvrir les yeux.

2014

- On recommence!

« Mais ça fait la sixième fois ! »

« Ecoute Peter, on est là pour sauver des vies pas pour parler alors bouge! »

« Oui... »

« 1-2-3... » L'ambulancier venait de redonner un coup de jus à la jeune femme inconsciente, étendue à terre, à l'aide du défibrillateur cardiaque.

« Emilie!? Tu es là! Ma chérie, tu m'entends ? Est-ce que ça va ? Emilie... c'est Louise ta grande sœur. » Louise pleurait toutes les larmes de son corps , à genoux, lui tenant fermement la main, en face du visage d'ange de sa petite sœur qui venait de se reprendre un énième coup de jus.

« Mais que lui est-il arrivé bon sang, que lui est-il arrivé!? Je l'attendais à la gare elle n'est pas venue, Emilie réponds moi...Emilie s'il te plait. »

« Votre sœur est dans le coma, on n'a pas pu vous le dire au téléphone... elle a eu un accident de voiture, qui a provoqué d'autres accidents... c'est la seule survivante... du moins, la seule qui n'a pas arrêté de respirer, son cœur part puis revient ça fait déjà une heure que l'on est sur place. »

« Oh mon dieu... »

« Madame ne restez pas là, allez en cellule psychologique qui se trouve à votre gauche. »

Un homme venait de lui prendre le bras, mais celle-ci refusa catégoriquement de bouger.

« Laissez-moi, je vais très bien ! Ce n'est pas moi qui ai besoin d'aide mais ma sœur! »

« Je crois qu'on va l'emmener à l'hôpital... en urgence! » Venait de dire l'homme qui ne voyait cette fois, plus repartir le cœur d'Emilie, qui affichait une ligne accompagnée d'un bruit assourdissant.

« Emilie! Oh mon dieu ne faites rien, Emilie? Ça va ma chérie je suis là, ça va aller! » Emilie venait d'ouvrir ses grands yeux bleus sur le regard émerveillé de Louise et celui de l'ambulancier, choqué par la tournure qu'avait pris le sauvetage.

« Appelez un docteur ! » avait hurlé l'ambulancier, qui se précipitait déjà sur le médecin dans l'ambulance.

« On a une survivante ! »

« J'arrive tout de suite! Où est-elle ? Avait-il demandé, suivi de près par l'ambulancier surexcité.

« Là-bas, elles sont là-bas! » Il pointait du doigt deux silhouettes près d'une voiture rouge méconnaissable.

Sans rien dire, Emilie leva les yeux vers les deux hommes qui se précipitaient vers elle. Elle eut très peur. Elle fit rouler ses yeux du côté gauche et vit sa sœur lui tenant la main, pleurant d'émotion. Elle le savait, Louise été Margaret dans son rêve. Puis elle vit sa meilleure amie, Alice arriver. C'était Régina. Emilie n'entendait rien. Elle faisait simplement rouler ses yeux dans toutes les directions, reconnaissant certains, non par leur apparence physique mais par un ressentit. Elle referma les yeux, sereine.

« Mais qu'est-ce que vous attendez ! Allez chercher un brancard! » Hurla le docteur.

« Elle respire encore. » Répondit l'ambulancier

« Est-ce qu'elle va bien, Louise ? J'ai eu si peur qu'elle ne s'en sorte pas mon dieu, j'ai eu si peur… » Annonça Alice.

« Oui, elle s'était réveillée...mais elle a refermé les yeux... » Répondit Louise, qui était soudainement inquiète.


Emilie ouvrit délicatement les yeux. d'abord, elle vit le plafond, blanc comme la neige et comprit soudainement qu'elle s'était réveillée à l'hôpital. La jeune femme était seule. Sur une table de nuit à côté du lit se trouvait une jolie jonquille dans son vase transparent, qui laissait apparaitre des paillettes. Elles dansaient dans l'eau et brillaient à la lumière de la pièce. Ces simples et fines paillettes suffirent à éblouir la jeune femme. Elle se frotta les yeux et vit au même moment les fins tuyaux dans sa main. Les machines qui étaient reliées à elle étaient partout. La jeune femme eut envie de refermer les yeux, le monde hors de son rêve l'éblouissant trop. Le monde lui paraissait si différent, elle se sentait tellement fragile, écrasée par la lumière. Au moment où la jeune femme s'apprêtait à refermer les yeux, une petite fille, qui ne devait pas avoir plus de huit ans, se précipita sur son lit quand celle-ci vit qu'elle avait ouvert les yeux.

« Emilie je t'ai apporté une rose! Ce sont tes fleurs préférées il parait! » La fillette lui tendait de sa main fragile la magnifique rose rouge, sous le nez d'Emilie. Respirer le parfum de cette rose lui redonna l'envie et l'énergie de comprendre tout ça. Emilie se décida à parler, après avoir reconnu la petite fille, Audrey, la petite fille de sa sœur. Mais avant qu'Emilie ait pu réfléchir à ce qu'elle pourrait lui dire, elle eut de nouveau peur. Audrey lui faisait tellement penser à Mary, la femme de ménage de l'immeuble d'Emma. Emma! Mais oui, Emma, Régina, Henri tout lui revenait à l'esprit. Mais qu'avait-elle fait ? Qu'est-ce que c'était ? Qu'est-ce que ça voulait dire?... A ce moment-là le docteur arriva à son tour, comme en réponse à ses questions, des dossiers en main.

« Oh, qu'avons-nous là une petite chipie qui vient voir sa tante! » Audrey rougit, et un énorme et très large sourire en destination du docteur se fit immédiatement.

« Emilie! Vous vous êtes réveillée? Eh bien, vous tombez bien miss Enalban, j'ai les résultats de vos examens... Vous êtes pratiquement guérit! Rien de grave, à part quelques blessures assez profondes et un choc au crâne qui va beaucoup mieux. Vous n'aurez aucune rééducation, vous êtes une miraculée! »

« Merci docteur... Mills. » Emilie était sous le choc, sur la blouse du docteur été écrit : "Dr Henry Mills".

« Henry ? » s'exclama Emilie.

« Oui c'est bien moi, que voulez-vous ? »

« Non, rien ça va aller... »

« Vous êtes sûre ? »

« Oui, j'ai encore besoin de repos merci. »

« Bon, je vais vous laisser alors. » Il repartit tout en prenant soin de gratouiller la petite tête brune d'Audrey.

« Tu m'as trop manquée Emilie! » Elle la serra très fort dans les bras, ce qui réveilla définitivement la jeune femme.

« Toi aussi Audrey... » Elle ferma les yeux et une larme couleur perle coula le long de sa joue bleuie par les coups de l'accident.

« Maman va arriver ! Je te laisse je vais à l'école! » Elle l'embrassa sur le front, se leva du lit, posa la rose dans le vase avec la jonquille et sortit en courant de la chambre. Emilie avait un sourire aux lèvres, pour la première fois. Elle se rendormit, de nouveau sereine.


Emilie se réveilla, sous le regard de sa sœur et de sa meilleure amie, elles tenaient chacune de leur côté une main d'Emilie.

« Alice! Alice ! Réveilles-toi elle a ouvert les yeux ! »

« Oh mon dieu, Emilie ça va ? » Les deux jeunes femmes posaient sur Emilie des yeux interrogateurs et émerveillés.

« Je vais bien, je me sens en pleine forme. » Emilie se releva sur son lit, bu un verre d'eau que Louise venait de lui tendre et celle-ci demanda:

« Oh, Audrey est passée ? » Elle venait de voir les fleurs et parmi elles, celle qu'Audrey gardait toujours dans sa chambre, si belle et si rouge, on ne pouvait pas se tromper.

« Oui il y a quelques heures, elle est repartit à l'école. »

« C'est son père qui a dû l'emmener, décidément c'est la seule chose qu'il fait de bien celui-là. »

« Les filles il faut que j'y aille, j'ai mon mari qui arrive en train aujourd'hui, je te laisse ma chérie. » Alice fit un baiser sur la main et le front d'Emilie, qui après avoir senti les lèvres de sa meilleure amie sur son front, ferma les yeux, pour mieux apprécier cet échange.

« A plus. » Répondirent Louise et Emilie en cœur.

« Louise? »

« Oui? »

« J'étais dans le coma? »

« Oui je crois, mais tu sais rien de grave, bien que le coma ait été profond. »

« Tu crois que c'est possible... que je sois médium et que je puisse voir l'avenir, aussi bien que le passé? »

« Oui, c'est possible, généralement lorsque l'on a ce type d'expériences, on s'en souvient en détails on le vit par vision, et par ressentit. » Répondit Louise

« ... »

« Pourquoi tu te souviens de quelques chose ? Tu as vécu ces choses ? »

« Oui... » Emilie ne laissa pas le temps à Louise de réagir, elle se leva précipitamment et sortie de la chambre discrètement.

« Mais où tu vas ?! Attends ! Il est 7h24! » Louise se précipita à son tour et couru après sa petite soeur. Emilie quant à elle, emprunta les escaliers d'urgence qui menaient à une sortie à l'arrière de l'hôpital et couru hors du bâtiment. Quelques minutes plus tard, Louise arriva à son tour, sans aucune Emilie à l'horizon.

« Mais bon sang, qu'est-ce qu'elle fout !? Elle est en pyjama! » Louise croisa les bras, puis repartit calmement par l'escalier qu'elle venait de prendre. Connaissant par cœur sa sœur, Louise savait pertinemment qu'Emilie ne ferait rien de grave et savait ce qu'elle faisait.


Emilie couru dans les rues de New York, les gens la dévisageaient.

« Excusez-moi, pouvez-vous me prêter votre veste je vous la rends dès que possible. » Emilie se trouvait face à un homme à peine plus âgé qu'elle, avec sa femme.

« Euh, je ne crois pas que ce soit possible mademoiselle, je suis désolé, passez bonne matinée. » Mais alors que l'homme repartait déjà avec sa femme l'air outré, Emilie souffla puis recouru vers eux leurs tendant 18 billet neufs.

« Et si je vous paie ? » Elle les regardait, inquiète de ce qu'ils allaient lui répondre.

« Bon... » L'homme pris l'argent, le mis dans la poche de la veste de sa femme et regarda Emilie droit dans les yeux. « C'est d'accord, vous avez de la chance que j'habite à deux pas d'ici. »

« Oh merci ! Merci infiniment! » L'homme lui tendit sa longue veste, puis repartit. Emilie mis la veste et se dirigea vers la mairie de New-York.

« Excusez-moi, il serait possible de voir des archives ? Je peux vous donner les noms. »

« Bonjour, oui bien sûr, qui vous envoie ? »

« Euh...Mr Henry Mills »

« Très bien je vois. Allez-y, prenez l'escalier à droite, troisième porte. Vous direz au directeur des archives que c'est moi qui vous envoie. Elle lui fit un clin d'œil, Emilie comprit qu'elle n'aurait pas pu être envoyée pas Henry, qui était parti en vacances depuis qu'elle l'avait vu.

« Merci... » Elle monta les larges escaliers de la luxueuse mairie, se recoiffa et rajusta sa veste.

« Bonjour mademoiselle, que cherchez-vous ? Qui vous envoie ? »

« Euh... c'est la dame de l'accueil qui m'envoie. »

« Hum attendez deux secondes, je reviens. » Il prit son téléphone et appela la dame de l'accueil. Emilie prit son mal en patience et ne capta que quelques mots brefs de la conversation téléphonique.

« Très bien, quelle archive cherchez-vous ? »

« Euh... Je cherche l'archive de la famille Mills. »

« Je vois... Suivez-moi. » Emilie n'en croyait pas ses yeux, des milliers de personnes s'agitaient telles des fourmis dans la grande bibliothèque qui contenait pratiquement toutes les archives des familles de New York. Des rangées et des rangées de dossiers qui lui faisaient tourner la tête.

« Ouah, c'est très grand ici! »

« Vous êtes à la Mairie de New York, pas d'Atlanta. »

« ... »

« Ah le voilà Mills… euh Mme Mills Emma. Tenez, et n'oubliez pas de me le rendre lorsque vous aurez fini. »

« Oui bien sûr. » Emilie prit l'énorme dossier que lui tendait l'homme. « Merci. »

En guise de réponse, l'homme lui fit un sourire et repartit à l'accueil.

« Bon, c'est parti. » Détonna Emilie, dans un soupir agacé. Emilie prit place à une table en face d'une étudiante très souriante.

« Bonjour »

« Bonjour. » fit à son tour Emilie sèchement, qui n'avait pas l'habitude de parler aux inconnus.

Emilie ouvra le dossier et sur la première page était posée une petite photo de mariage. On pouvait lire en dessous : "Emma et Regina 24 avril 2000". Emilie eu une vision. Sa tête lui tourna et elle se retrouva dans une pièce où Emma écrivait une lettre, ou du moins écrivait sur une feuille de papier, en larmes. Sur cette feuille était marqué "Je suis désolée. Comment vivre sans toi Régina? Henri, je t'aime, je t'aime tellement mon amour tu es mon fils. Pour toujours."

Puis, tout alla très vite: des mots vinrent, Emma je t'aime, Régina, des désolés par-là, des pardons de l'autre... puis cette date très précise 11 septembre... 2001. C'en été trop que puisse supporter Emilie et elle revint dans le présent, comme si de rien n'était. Elle jeta un rapide coup d'œil en direction de la jeune femme et vit que celle-ci n'avait rien remarqué... Elle continua donc, malgré son épuisement.

Elle lut ensuite...un certificat de décès puis vit des dizaines puis des vingtaines de photos d'Emma, Régina et Henri. Comme une famille unie. Elle se sentit mal, puis une vision lui revint subitement: Régina dans une des tours jumelles ce 11 septembre 2001... Elle suffoquait et sa peau été devenue si noire qu'elle avait du mal à la reconnaitre... Des gens hurlaient, criaient, appelaient à l'aide, priaient. Elle vit Régina dans un dernier souffle laisser un message à Emma au téléphone. "Emma, Henry, je vous aime, je vous aime tous les deux. Je suis désolée de mourir, je suis désolée de vous faire subir ça, je voulais tout pour vous...tout...que tout aille bien...je t'ai... » Régina venait de mourir, manquant de respiration. Emilie s'obligea à se réveiller de ce cauchemar, s'obligea à ne pas pleurer mais les larmes scintillaient de nouveau sur ses joues meurtries.

« Que se passe-t-il mademoiselle? » Avant qu'Emilie puisse répondre à la jeune fille qui voyait bien qu'elle était très mal, une nouvelle vision vint à elle : "Emilie...Emilie...Emilie Amour charnel, écrit Amour charnel, le livre de notre Amour. Emilie tu es envoyée pour finir ce qui n'a pas été terminé sur cette terre, pour nous. Pour notre famille." Emilie savait qui lui parlait. C'était Emma. Emma été morte elle aussi... elle s'était suicidée, ne pouvant plus vivre sans Régina...

« Non... ça ... va me... merci. »

« Vous n'allez pas très bien, ça se voit. Vous voulez que j'appelle un docteur? »

« Non, je vais y aller moi-même. » Emilie se leva, ferma le dossier et le rapporta en courant. Elle savait maintenant, elle savait ce qu'elle devait accomplir: Amour charnel, pour ces deux femmes, ces deux anges qui ne pouvaient pas vivre l'une sans l'autre. Quant à Henri, elle savait ce qu'il été devenu, c'était ce docteur qui s'occupait d'elle. Les autres personnes devaient être des réincarnations, bien qu'Emilie ne croyait pas en ce genre de choses. Tout avait été fait pour qu'elle puisse accomplir son destin...


New York, 2016

Emilie tenait Amour charnel dans les mains. Ses amies ses parents et son mari, Henri, étaient là, pour assister à sa conférence.

Emue, elle commença: "Je suis vraiment heureuse que vous soyez tous venus. Vous avez eu le courage de me soutenir dans ce rêve, dans cette incroyable aventure qu'était ce magnifique amour, entre deux femmes, qui ont vécu le meilleur comme le pire. Leur amour était si fort si passionné que dans une des anecdotes, j'ai été obligée de mentionner qu'elles avaient failli mourir, par manque de respiration lors d'une de leurs soirées un peu "délicate". » Un faible sourire se dessina sur les lèvres d'Emilie qui se mit à pleurer. "Emma n'avait pas prévu la mort de Régina, cette journée tout droit sortie de l'enfer... Ce 11 septembre 2001. Jamais Emma n'a pu s'en remettre, et jamais Henri n'oubliera à quel point ses mères étaient géniales." Henri acquiesça tout en essuyant une larme qui venait de couler." Il faut que vous sachiez que l'amour n'a jamais autant ému un public à ce jour. Ce livre a touché des milliers de personnes, en a rapproché d'autres... Avec l'amour, il ne faut pas avoir peur d'ouvrir les yeux, il ne rend pas si aveugle." La salle n'émettait plus un bruit, seule la voix d'Emilie résonnait, tout le monde pleurait, tout le monde l'écoutait attentivement. "Prenez juste une profonde inspiration..."

FIN

Merci beaucoup! Cette fanfic a été très longue et j'en suis désolée! J'espère qu'elle vous a plu, et j'espère que vous n'êtes pas déçus de la fin inattendue. N'oubliez pas que l'amour c'est l'amour. bisouxxxxxxxxx à la prochaine ! :)