II : Holmes : nouvelle génération

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Lorsque le réveil avait sonné, Archie avait sursauté. Il s'était tourné vers le cadran digital où les chiffres s'affichaient et avait l'avait contemplé, bouche-bée. Pas possible. Il ne pouvait pas avoir passé la nuit sur le problème. Il avait l'impression de s'y être mit à peine quelques dizaines de minutes avant. Il tourna la tête vers les volets à demi-clots et constata qu'effectivement, le soleil s'était levé. Ô ! Joie. C'était la rentrée. Il avait faillit l'oublier celle-là. Avec un soupir, il se leva de son bureau, se dirigea vers son armoire de pin et en sortit son uniforme pendu sur un cintre.

Archie sortit de sa chambre, refermant la porte avec précaution de peur de causer du bruit et marcha sur la pointe des pieds dans le couloir qui menait aux pièces attenantes. Il se glaça lorsqu'il entendit derrière lui le tapotement rapide des plantes de pieds sur la moquette rouge passé du couloir. Sans un regard en arrière, il fronça les sourcils en une grimace déterminée et se précipita le long du couloir, ouvrant violemment la porte qui apparut bientôt à sa droite. Il traversa le salon sans même le remarquer et monta les marches de l'escalier quatre à quatre, ouvrant en grand le battant de la salle de bain pour le claquer au nez de son poursuivant. Après une seconde de réflexion, il rouvrit la porte et tira la langue à la gamine de dix ans qui boudait derrière, assise contre le mur, les bras croisées sur ses genoux.

Archie réprima un rire et commença à se déshabiller. Il jeta son uniforme d'un un coin de la salle de bain et rentra dans la douche, se délectant déjà des premières gouttes chaudes qui tombaient dans ses boucles folles. Il se dépêcha néanmoins de finir, refusant d'être en retard le premier jour. Après s'être rapidement séché, il enfila un boxer et se plaça devant la glace, appréciant son grain de peau sans défauts et son absence, dieu soit loué, d'acné. Puis il rasa le début de barbe qui poussait sur ses joues avant de saisir son eau de toilette et de s'en mettre un peu dans le cou. Il enfila son uniforme, ébouriffa ses boucles et sortit de la salle de bain, maudissant son idée stupide d'avoir mit ses chaussettes alors que de l'eau restait encore sur le carrelage.

À peine eut-il fait un pas dehors qu'il se fit écraser le pied par un poids conséquent. Il baissa la tête pour regarder sa petite sœur fuir dans la salle de bain en lui tirant la langue comme il l'avait fait quelques minutes plus tôt. En levant les yeux au ciel, Archie laissa un sourire gagner ses lèvres. Il redescendit dans le salon où ses parents prenaient le thé. Son père était recroquevillé dans un fauteuil, sa robe de chambre bleue auréolant autours de lui, le nez plongé dans sa tasse et les yeux rougis par le manque de sommeil. Archie haussa un sourcil. Il était rare de remarquer des signes physiques defatigue chez lui. Il se tourna vers son autre père avec une moue interrogative et l'autre homme répondit avec un haussement d'épaules. Il n'en savait pas plus apparemment.

- Vous commencez vos cours à quelle heure ? demanda-t-il à Sherlock, espérant le dérider.

- 'cune idée.

- Sherlock ! Je te l'ai dis huit fois depuis qu'on s'est réveillés.

- Depuis que TU t'es réveillé !

- Dis-moi ce qui s'est passé.

- Il s'est passé que ta fille a braillé après un cauchemar à quatre heures du matin et que môsieur n'a pas voulu aller s'occuper d'elle !

- Tu es aussi son père, Sherlock.

- Rien à foutre. Je suis fatigué.

- Je me demande parfois qui de nous deux est l'adulte, père, rit Archie.

- Fils indigne. Continue et je te déshérite.

- Manquerait plus que ça. Tu deviens sénile père. Tu m'as menacé de la même manière seize fois cette semaine.

- Archibald Théophraste Holmes ! Un peu de respect envers ton vieux père !

- Vieux père, vieux père, chantonna une petite voix depuis le haut des escaliers.

- Te voilà, toi ! s'écria Sherlock.

- Hihi, vieux père, rit la gamine en se jetant sur les genoux de Sherlock avec un gloussement.

La remontrance de Sherlock mourut dans sa gorge alors qu'il serrait sa fille dans ses bras avec un sourire crispé. Il avait beau avoir eut dix-neuf ans pour s'habituer aux enfants, les contacts physiques à répétition n'étaient pas trop son fort. Levant les yeux aux ciel, Archie s'assit dans le canapé, souriant au smiley jaune qui grimaçait sur le mur et remercia John lorsqu'il lui apporta une tasse de thé. Il la savoura avant de jeter un coup d'œil à la pendule et de se lever d'un bond. Il déposa rapidement sa tasse dans l'évier, embrassa ses deux pères et sa petite sœur avant de sauter dans ses chaussures et de se diriger vers la porte. Alors qu'il sortait, il entendit la voix de John sermonner la gamine.

- Erika, ne suis pas ton frère. Tu dois te préparer aussi pour l'école.

Il se pressa vers le petit appartement sur le même palier que ses parents que sa sœur et lui partageaient quand Erika se décidait à dormir dans son lit et pas dans le canapé du salon en lisant l'un des nombreux bouquins de Sherlock. Archie saisit son sac qui se trouvait près de la porte et descendit les marches quatre à quatre, adressant un salut de la main à Mrs. Hudson, la logeuse de ses parents depuis plus de vingt ans et qui avait alloué à leurs enfants le 221C, juste à côté du leur.

Archie sortit dans la rue, appelant du bras un taxi. Il avait horreur des transports en commun, habitude prise de son père et de son oncle qui avaient une sainte horreur de la société et des microbes du métro et du bus. Il indiqua l'adresse de l'université au chauffeur et se rencogna dans son fauteuil. Il n'avait aucune envie de rentrer à l'université mais les choses étaient ce qu'elles étaient et on ne devenait pas psychologue sans passer par l'école. Et marquer dans son CV qu'on avait étudié à Scotland Yard, ça déchirait quand même.

Il arriva rapidement devant le grand portail de l'école et pénétra dans le campus qui grouillait déjà de monde -merveilleux, vraiment- en tentant de ne se faire toucher par personne. Alors que la masse des étudiants se clairsemait déjà, une jeune fille surgit devant lui -comment avait-il pu ne pas la remarquer avant ?- et il ne parvint pas à s'arrêter, la bousculant et la faisant chuter. Il se pencha immédiatement pour l'aider à se relever et en profita pour la détailler. L'allure sportive, de cours cheveux blonds ébouriffés qui tombaient devant ses grands yeux verts, l'uniforme enfilé à la va-vite, les chaussures délacées et le sac à demi ouvert, elle paraissait en retard.

Il n'avait pas l'intelligence de son père mais tout de même. Il déduisit immédiatement que sa mère venait de l'amener, qu'elle se débrouillait bien en société, qu'elle était de la même promo que lui, qu'elle avait une sœur ou un frère aîné qu'elle n'avait pas vu depuis quelques années déjà, que son père était mort ou très malade, qu'elle ne venait pas d'un milieu favorisé, qu'elle adorait Maupassant et qu'elle venait d'Écosse. Ils échangèrent quelques mots puis Archie se pressa le long du couloir pour aller dans la partie du campus réservée aux arts et à la littérature.

Archie repéra la tignasse bleue à l'autre bout de la cour. Il traversa rapidement la cour et salua la jeune fille en l'appelant par son nom. Elle se retourna et fixa ses yeux verrons sur Archie, lui souriant joyeusement.

- Théoooooo ! s'écria-t-elle alors qu'il s'approchait.

- Arrête de m'appeler comme ça, Virginia. J'ai déjà pas un prénom exceptionnel, mais le deuxième est carrément honteux.

- Plains-toi à tes parents.

- Tous les jours, je te jure.

- Tu m'as manqué.

- On s'est vu il y a deux jours, flowerpot.

- Tu vois, toi aussi tu me donnes un surnom stupide.

Tous les deux rirent doucement, heureux de retrouver cette complicité qu'ils avaient depuis leur naissance. Virginia était la fille de Harriet et de Shannon, une jeune américaine qu'elle avait rencontrée quelques années après la fin de sa cure de désintoxication. Virginia était née deux ans avant Archie mais elle était une Watson et n'était pas très grande, donnant l'impression qu'elle était la petit sœur de celui-ci au lieu de sa cousine aînée.

Deux jours plus tôt, Archie se trouvait vers Virginia chez qui il avait passé quelques jours pendant les vacances. La jeune fille avait un appartement depuis bientôt un an et ne se gênait pas pour en faire profiter son cousin qui fuyait la présence de son envahissante petite sœur. Il avait beau adorer Erika, la gamine avait le même caractère de cochon que Sherlock et les manières butées de John. Une combinaison de choc qui venait facilement à bout de la patience quasi-inexistante de Archie.

Il prit dix minutes pour discuter avec Virginia qui avait choisit d'étudier les beaux-arts à Scotland Yard. Malgré ses cheveux bleus, son allure débraillée et ses manières loufoques, la jeune fille était très sérieuse lorsqu'elle le voulait et dotée d'une inébranlable détermination. Archie ne doutait pas une seconde qu'elle réussirait cette branche si peu choisie de l'université. Alors qu'ils commençaient à parler de Mycroft dont on avait toujours aucune nouvelles, Archie consulta sa montre et retint un juron en voyant l'heure. Il salua brièvement sa cousine et se dirigea vers l'amphithéâtre où il savait avoir cour avec Jim.

Son parrain était un bon professeur et un excellent mathématicien. Malheureusement, il avait horreur des élèves. Il avait été collé à l'université par sa fiancée, Molly, qui ne supportait pas de le voir végéter à la maison en construisant et détruisant des théories plus farfelues les unes que les autres. Et malgré les apparences, Jim était complètement soumis à sa fiancée. Archie pénétra dans l'amphithéâtre et vit au loin la jeune fille qu'il avait bousculé. Il gravit les marches et vint s'asseoir près d'elle.

Le cours passa rapidement, suivit de la matinée. Il avait horreur de se vanter mais il était un génie, il le savait. Il n'égalait pas son père mais se rapprochait franchement de lui et il devait avouer que les cours de l'université n'étaient pas des plus intéressants. Il fut donc bien content lorsque la pause arriva. Il observa avec un sourire sa voisine consulter le plan de Scotland Yard pour tenter de repérer le self, se mordillant la lèvre et fronçant les sourcils.

- Amelia ? appela-t-il.

- Hum ?

- Tu veux que je te montre le self ?

- Oh, tu ferais ça ? lui sourit-elle.

- Allez, suis-moi. Par contre, on va faire un détour par le bâtiment E, j'ai quelqu'un à aller chercher.

- Pas de soucis.

Les deux nouveaux amis sortirent de l'amphithéâtre et se dirigèrent vers le bâtiment des beaux-arts, parcourant le dédale de couloirs guidés par la formidable mémoire de Archie. Le jeune homme ne vit pas Virginia arriver de derrière lui, mais Amelia la remarqua. Elle haussa un sourcil à l'allure de la jeune femme et lui fit un clin d'œil quand la jeune fille lui signifia de ne pas faire de bruit. Alors que Archie allait tourner au coin d'un couloir, Virginia se jeta sur son dos, le faisant s'exclamer de surprise. Elle accrocha ses jambes autours de sa taille et souffla dans son oreille pour le chatouiller.

- Hu, fringant destrier ! Tout droit au self !

- T'abuses, flowerpot.

- Vas te faire foutre. Tu nous présentes pas ?

- Si, bien sûr. Amelia, flowerpot, ma cousine. Flowerpot, Amelia, ma voisine de classe.

- Ne l'écoutes pas, je m'appelle Virginia. Heureuse de te connaître.

- De même ! Tu es en arts appliqués ?

- Non, en beaux-arts, et toi ?

- Diplomatie et relations internationales.

- Waouh ! Il en jette le nom !

- Ouais, je sais, rit Amelia.

Le trio se dirigea vers le self en discutant joyeusement. Ils prirent une table dans le coin de la salle et les deux cousins firent connaissance avec Amelia. Au fur et à mesure de la discussion, Archie put confirmer avec fierté un certain nombre de déductions qu'il avait fait. Puis les cours reprirent et Archie se sépara des deux jeunes filles pour aller en grec. Virginia retourna dans son bâtiment pour son cours d'histoire des arts et Amelia se retrouva seule dans le campus.

Elle trouva un carré de soleil éclairant un banc et s'assit dessus, branchant les écouteurs de son vieux walkman. Elle écoutait en boucle le CD de Queen que son père lui avait offert pour le dernier réveillon qu'ils avaient passé ensemble. Alors que les premières notes de We are the champions résonnaient dans ses oreilles, elle eut un doux sourire et exposa son visage au soleil, fermant les yeux et savourant les rayons dorés. Quelque part, son père veillait sur elle. Sinon, comment aurait-elle pu trouver deux amis si géniaux le premier jour du classe ?


Walla le chapitre deux :D On voit le point de vue de Archie, ce sera comme ça dans toute l'histoire, un chapitre Amelia, un chapitre Archie. Nouveau personnage aussi, Virginia ! J'espère que vous l'aimez... je vois un mélange de Harry et Shannon -que vous rencontrerez plus tard- quand je pense à elle.

Sinon, saison 3 quoi ! /!\ Spoil qui arrive pour ceux qui ne l'ont pas vu /!\

Nan sérieusement, Mary ? Elle déchire sa maman, et pourtant je ship JohnLock. Mais elle déchire sa maman. Bon, elle joue à la conne dans l'épisode trois, mais je m'en fout, elle déchire sa maman. Après, j'ai décidé de commencer à construire des temples pour les personnages. Pour l'instant, le plus grand est celui de Molly, talonné par Mycroft -peu importe ce que vous en pensez, ce mec est génial et je l'adore- puis par Greg-Graham, n'est-ce pas, et Mrs. Hudson. Bon, en fait, j'les aime tous. Après, mais comment j'ai pleuré dans l'épisode trois ! J'ai vraiment cru qu'ils se verraient plus ! Et là, BAM Moriarty dans ta face. #YOLOVE. Puis dans l'épisode 2, Sherlock qui part tôt au mariage comme Mrs. Hudson l'avait dit avant. Sniiiiiif. Puis Sherlock qui a une petite amie. Mais sérieusement quoi. Ce mec est un connard. Sérieusement, j'ai pas trop aimé Sherlock dans cette saison. Il joue au con. Voilà quoi. Amako vient de vous spoiler la saison 3/

Bon, n'oubliez pas de laisser votre avis !

Je vous embrasse,

Amako.