Cette histoire est maintenant traduite en anglais grâce à l'aide de mes fabuleurs bêta-lectrices. N'hésitez pas à aller voir sur mon profil !
Sinon, j'avais précisé que cette histoire est un UA, vous aurez plus d'infos dans ce chapitre :)
IV : Erika Mary Holmes
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Archie n'était pas du genre à rougir pour un rien. Mais il n'avait pas vraiment envisagé la rencontre entre ses parents et Amelia de cette manière. Et vue la tête qu'arborait la jeune fille en ce moment, elle ne l'avait pas envisagé comme ça non plus. En soupirant et maudissant intérieurement les asociaux qui lui servaient de parents, il tapota la main de la blonde pour la faire réagir sous les rires de Virginia.
Alors qu'elle secouait la tête, sûrement pour se remettre les idées en place, Archie réfléchissait déjà à la suite des événements. Il savait que si Sherlock avait décidé qu'il irait au cinéma, rien ne le ferait changer d'avis. Donc il allait devoir garder sa petite sœur. Oh, joie... Il aimait la gamine, pas de soucis. Son complexe de supériorité et sa voix suraiguë, un peu moins.
Il proposa immédiatement à Ruby et Amelia de rentrer à l'université si la perspective de garder la fillette ne les ravissait pas, mais les demoiselles rirent doucement et dirent qu'elles ne laisseraient pas Archie et Virginia seuls dans ce pétrin. Tous les quatre prirent donc la direction de l'appartement qui se trouvait quelques dizaines de mètres plus loin, apercevant Sherlock et John qui en sortait, Sherlock avec une nouvelle chemise et John avec un air maussade.
Ils poussèrent la porte du 221, essuyant leurs pieds sur le paillasson. Archie se dirigea immédiatement vers l'appartement de leur logeuse pour la saluer. La vieille dame lui sourit avec douceur, comme à son habitude. Le garçon lui rappelait tant Sherlock lorsqu'il avait emménagé ici... Elle ne se faisait plus toute jeune et se doutait bien que le temps viendrait bientôt où elle devrait s'en aller. Mais en attendant, elle profiterait au maximum de ses étranges locataires.
Archie présenta Ruby et Amelia et la logeuse haussa un sourcil en reconnaissant en la métisse la fille des deux garnements impolis qui avaient gâché la vie de Sherlock quelques années plus tôt. Surtout quand on voyait combien la jeune adolescente semblait timide et gentille. Elle trouva que la seconde jeune fille, la grande blonde, avait quelque chose d'étrange dans la démarche... sans doute avait elle des hallucinations. Mrs. Hudson les salua tous les quatre et retourna dans son appartement.
Les amis montèrent les marches jusqu'au 221C où Archie jeta son sac et leur proposa de laisser leurs affaires également. Puis ils partirent pour la porte voisine d'où la musique trop joyeuse du générique de My Little Pony résonnait. Le jeune homme secoua la tête, déprimé. Sa sœur était ingérable. Elle devait encore être en train de dessiner des poneys pendus en suivant le modèle du dessin-animé. De dessiner sur les murs, bien sûr.
Le jeune homme poussa la porte du 221B et les quatre amis pénétrèrent dans l'appartement étrange des parents de Archie. Le désordre régnait, des livres et papiers jonchaient le sol, couverts de dessins. Un des fauteuils était renversé sur le tapis. Le feu s'était éteint et il commençait à faire froid. Au milieu de cette tornade, une petite fille était allongé sur le ventre, les jambes battant derrière elle au rythme du générique du dessin-animé, crayonnant avec application sur des feuilles plus ou moins neuves.
Archie poussa en cri d'effroi en reconnaissant son diplôme de fin d'études secondaires. Il se jeta sur la gamine et la repoussa sous ses cris stridents, récupérant son bac et gémissant en le voyant couvert de gribouillis rosâtres. Il se pencha vers la petite qui s'était recroquevillée en pleurant, il commença à lui hurler dessus. Virginia se posta à ses côtés et posa une main sur son bras pour qu'il se recule et se calme. À peine eut-elle prononcé un mot qu'Erika se jetait dans ses bras, le visage ruisselant de larmes de crocodile.
Pas dupe pour un sou, elle la laissa quand même se blottir contre elle en lui caressant les cheveux. La petite se calma rapidement avant de lever ses grands yeux implorant vers elle, mais Virginia resta inflexible. Elle ne se laisserait pas attendrir par les battements de cils et reposa l'enfant au sol. Erika se recula de quelques pas, contemplant les deux invitées avec un froncement de sourcil frustré. Elle ne reconnaissait pas les filles et avait horreur de ça.
Amelia vint immédiatement vers elle et s'accroupit pour se mettre à sa hauteur. Erika cligna des yeux, la contemplant. La blonde passa une main gênée dans ses courts cheveux blonds, ne sachant pas trop quoi faire de ses membres. Elle voulut ouvrir la bouche, parler, se présenter, mais rien ne sortit. Ce fut Erika qui prit la parole.
- Il est gentil ton frère à toi ? demanda-t-elle.
- Que...
- Moi le mien il est méchant. Il s'occupe pas bien de moi et je vais le dire à mes papas.
- Comment sais-tu...
- Je le sais. Tu dois pas le laisser être le meilleur parce que c'est les petites sœurs les mieux des enfants.
- Mon frère n'est plus là, demoiselle.
- Je sais aussi. Mais c'est pas une raison. Te laisses pas faire dans ta tête.
- Je m'en souviendrais.
- Super. Tu veux jouer avec moi ?
Amelia se dit qu'elle ne devait pas y faire plus attention que ça. Quand on voyait les autres spécimens de la famille, elle ne souhaitait plus s'inquiéter ni se surprendre rien. Question de survie. Alors elle s'assit à même le sol et adressa un regard à Ruby pour qu'elle s'avance et vienne dire bonjour à la fillette. Elle n'allait quand même pas se laisser intimider par une gamine !
Ruby fit un pas hésitant vers Erika, puis un second, et vint finalement s'asseoir près d'Amelia. La petite fille lui lança un regard perçant. Contrairement à son frère qui voulait suivre sa propre voie, Erika avait décidé qu'elle serait super-héros, comme papa plus tard. Alors elle observait chacun des mouvements de Sherlock, écoutait chacune de ses paroles. Cette attitude repoussait parfois Sherlock qui avait tendance à être assez désagréable avec elle, mais elle ne lui en tenait jamais rigueur et l'homme était flatté par son attitude.
Dans leur jeunesse, bien avant d'avoir Archie et Erika, Sherlock et John travaillaient au département de police de Londres, dirigé par un homme nommé Dimmock. À l'époque, le maintenant très célèbre professeur Lestrade était inspecteur et demandait l'aide du duo sur ses enquêtes. Puis un jour, Mrs. Lestrade lui avait fait part de son souhait d'envoyer leurs futurs enfants à Scotland Yard. Alors qu'elle n'était même pas encore enceinte.
Lestrade avait toujours été incapable de lui dire non et avait donc accédé à son requête de les inscrire d'office à l'université. Ce qu'il avait feint, puisqu'il était impossible d'inscrire des gens même pas encore nés. Mais ça, Lestrade ne vit pas l'intérêt de le dire à sa femme. Quelques années passèrent, Mrs. Lestrade tomba enceinte de son premier enfant, les enquêtes continuaient jusqu'au jour où un meurtrier en série retint l'attention de tous.
Il s'appelait Sebastian Moran et était le demi-frère d'un ami de leur petite troupe, Jim Moriarty. À l'époque, Jim sortait avec la médecin légiste de l'hôpital St. Barts et fut extrêmement choqué d'apprendre ce que faisait Sebastian. Lestrade, Sherlock et John furent chargés de l'affaire. Et Sherlock se fit tirer dessus, sur le toit de l'hôpital, au moment où il poussait Sebastian dans le vide.
Le meurtrier avait attrapé le bras du détective alors qu'il chutait et tous deux étaient tombés du toit. Sebastian avait amortie la chute, mais Sherlock avait eut plusieurs côtes brisés, un poumon perforé et une sévère commotion cérébrale. Sans oublier, bien évidemment, la balle longée dans son torse. Il avait été conduit à l'hôpital. On avait rien pu faire pour Sebastian. Il était mort sur le coup. Mais Sherlock était entre la vie et la mort. Il avait été opéré, on avait retiré la balle, replacé les côtes, cousu le poumon. Il ne s'était pas réveillé.
Il était resté trois ans dans le coma. John avait vu partir avec les semaine ses espoirs de voir Sherlock se réveiller. Un Sherlock à qui il n'avait même pas pu avouer son amour. La première année, il était venu presque tous les jours à son chevet. Puis de moins en moins, parce que ça faisait mal et qu'il voyait se dissiper ses espoirs de réveil. Au bout de la deuxième année, il ne venait plus qu'une fois par mois. Puis il cessa de venir pendant presque six mois, commençant à entretenir une relation avec une jeune femme nommée Mary.
Il avait tout pour être heureux, seule subsistait l'ombre de Sherlock qui planait sur ses épaules. Il avait décroché un emploi à St. Barts. Il donnait des cours de médecine là où lui-même avait apprit son métier. Il se fiança avec Mary. Et Sherlock se réveilla. Il était au restaurant avec sa fiancée lorsqu'il reçut l'appel de Molly. Il n'avait plus de contact avec Lestrade qui avait décidé de se faire professeur également, sous l'impulsion de sa femme de nouveau enceinte.
John s'était précipité à l'hôpital avec Mary pour revoir le détective. Il n'avait trouvé qu'une coquille décharnée. Sherlock venait d'apprendre ce qui avait menacé sa vie pendant tant de temps. Son poumon perforé serait à jamais fragilisé et il ne pourrait plus faire d'efforts physiques. Plus courir après les criminels, comme il aimait tant le faire. Et avec son souffle s'était éteint tous ses espoirs.
John avait été là pour le remettre d'aplomb. Il était retourné vivre au 221B quelques semaines pour aider le détective, puis il s'était marié lorsqu'il avait été un peu mieux. En temps que témoin, Sherlock avait été parfait. John n'oublierait jamais le plus beau jour de sa vie. Puis il avait apprit que Mary était enceinte et l'affaire Magnussen était arrivée. Sherlock avait absolument voulu reprendre du service.
Et là, le drame. Mary avait tiré sur Sherlock. John n'avait pas voulu savoir pourquoi, ni comment. Il l'avait apprit dans un couloir sombre alors que Sherlock et sa femme enceinte discutaient de SON avenir. Jamais il n'avait été plus en colère de sa vie. Mais il avait pardonné, parce qu'il était comme ça. Il avait suivit Sherlock chez Magnussen, l'avait vu tuer cet enfoiré et avait vu les larmes qui ne coulaient pas de ses yeux trop vides, trop jeunes. Les yeux du petit enfant qu'il était resté. Et il était retombé amoureux.
Sherlock avait été emmené, puis John lui avait fait ses adieux dans une base obscure du MI5 qui servait également d'aérodrome. Mais alors que Sherlock allait monter dans l'avion, un homme avait surgit du cockpit et s'était jeté sur lui. Ils avaient roulé dans la poussière et John avait vu le soleil se refléter sur le canon du revolver que tenait l'homme. Il s'était jeté sur lui pour tenter de le décrocher de Sherlock. Le coup était parti.
Mary s'était effondrée, une balle dans la poitrine. Une balle perdue avait suffit à détruire tout ce qui avait constitué sa vie ces quatre dernières années. Sherlock avait manqué fracasser le crâne de son agresseur par terre de colère. Il l'avait suffisamment assommé pour pouvoir se dégager de son étreinte fatale et se précipiter vers John qui tenait Mary dans ses bras. Déjà morte. Et le bébé aussi. Il avait fallut réapprendre à vivre. Ils l'avaient fait tous les deux. L'évolution de leur relation n'avait été que plus logique. Mais Sherlock avait abandonné son métier. Trop de risques.
John enseignait toujours à St. Barts et Sherlock avait trouvé un poste à Scotland Yard, auprès de Jim, punit par sa fiancée, et de Lestrade, punit par sa femme. Lui se punissait tout seul du malheur qu'il avait apporté dans la vie de John, sans se rendre compte du bonheur. Il était devenu professeur de physique, puisqu'il excellait dans ce domaine encore plus que dans les autres.
Ils n'avaient jamais caché leur vie à leurs enfants. Archie savait tout, de Moran à Magnussen en passant par Mary. Erika avait entendu des bribes de conversations et avait décidé qu'elle deviendrait comme son père. Ce que tout le monde approuvait en silence. Un Sherlock Holmes version jeune femme Watson serait la meilleure chose qui pourrait arriver à l'humanité.
Mais pour le moment, la gamine fixait Ruby Anderson de ses grands yeux bleus, fronçant délicatement les sourcils en une expression qui ne manquait pas de rappeler Sherlock.
- Toi. Je te connais.
- A-ah bon ?
- Oui. Tu es la fille de la grande nouille et de son incompétent d'ex-mari.
- Erika ! s'écria Archie.
- N-non, laisse-la, elle a raison. Mes parents ne sont pas des modèles de vertus. Oui, je suis leur fille.
- Bien. Tu n'es pas comme eux. Alors je t'aime bien. Tu veux jouer ?
- Avec plaisir.
Erika eut un sourire victorieux et hocha la tête avec le plus grand sérieux avant de leur tendre une feuille à chacune et de leur expliquer les règles du jeu à grand renfort de mots savants empruntés à son père qu'elle utilisaient bien évidemment n'importe comment. Archie eut un sourire en contemplant les trois filles qui jouaient à ses pieds. Il avait de la chance quand même.
J'ai la conviction d'avoir lu dans une nouvelle de Sherlock Holmes que Mary mourrait... J'ai peut-être rêvé mais pour moi, c'est très probable et en plus, magie, ça correspond à mon histoire, donc bon je vais pas me plaindre !
Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Je me rend compte que j'arrive beaucoup mieux à écrire avec Archie qu'avec Amelia... Si ça se trouve j'étais un homme dans une autre vie 8D ... ça expliquerais tellement de choses.
N'oubliez pas la review :3
Je vous embrasse,
Amako.
