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Disclaimer : Toutes mes excuses à Joanne Rowling pour lui voler odieusement son univers magique et torturer ses personnages...

Notes : L'histoire n'a pas changé, ça se passe donc lors de la sixième année des Maraudeurs à Poudlard, et tout naît d'un pari débile entre James et Sirius (que vous avez vu au chapitre précédent, à moins que vous ne preniez un malin plaisir à lire les chapitres de fic dans le désordre XP).
Même si j'ai classé cette fic comme humoristique moi-même, elle ne le sera sans doute pas tout le temps; ce n'était même pas mon intention au départ! Ce second chapitre du point de vue de Severus est nettement moins délirant que le premier, et en fait c'est normal quand on voit la vie du bonhomme... Donc l'humour dans cette fic risque d'être un rien, euh, "spasmodique". Je me demande si je ne devrais pas changer le genre, mais on verra cela plus tard.
Ce chapitre commence avant le 1er, vous allez très vite comprendre quand (je dirais qu'on le devine dès le premier mot). Mais il se finit après. Je vous dis pas ça pour vous décourager de le lire, mais je suis passée à deux doigts de le foutre intégralement à la poubelle et de le recommencer. Car du fait qu'il ne progresse presque pas dans le temps, il est un peu rébarbatif et sans intérêt... Ça piétine, voilà. Mais vous m'excuserez, on va dire que c'est pour planter définitivement le contexte, je ferai mieux la prochaine fois! Enfin j'essaierai...

Dédicace : Fic dédiée aux prépas Ciné-Sup du lycée Guist'hau de Nantes, yééééééééD! Mention spéciale pour Alessandro, le Poilu et 'Millou!

Spoilers : Spoilers de l'Ordre du Phénix. Je me rends compte cependant que des spoilers, il risque d'y en avoir de plus en plus, et même s'ils ne sont pas d'une importance capitale dans le tome 5, je déconseille cette fic à quelqu'un qui ne l'aurait pas lu (j'aurais peut-être dû le dire dès le début, hein? Désolée v-v).

Reviewers : Merci beaucoup, je reconnais parmi vous de fidèles lecteurs des Secret Diaries, et ça me touche beaucoup.
Mystick : Ta review m'a fait peur (si, je te jure), tu as dû lire le chapitre juste vraiment après qu'il ait été déposé. Du coup, lorsque j'ai eu un remord et que j'ai voulu l'enlever seulement quelques minutes plus tard, j'avais déjà une review! Donc voilà, c'est uniquement ta faute si je n'ai pas enlevé cette fic du site tant qu'il en était encore temps lol!
chrisanimefan : Oui, moi aussi j'adore ce couple, héhé... Parce que ce sont mes persos préférés, parce que la 1ère potterfiction que j'aie lue de ma vie était sur ce couple, mais aussi pcq'ils se détestent et que c'est d'autant plus drôle de les coller ensemble... °sourire sadique°
TiteSevie : Effectivement, c un des paris les plus cons de l'histoire de Poudlard, mais... je doute que beaucoup s'en souviennent par la suite, en vérité... hihihi...
Blood-Countess : Oh la la! #°-°# La reine, voyons, n'exagérons rien, je débute, là;! Bon, encore une fois je sais plus où me mettre... Hum... Tiens, sous le bureau, là, je suis très bien lol.
Mymye-Snape : Merci merci, ce chapitre sera moins drôle mais là je radote un peu... C'est que je tiens à vous préparer psychologiquement à ce chapitre!
teaolemon : Oh ben, demandé aussi gentiment, je ne pouvais pas refuser!
SweetDeath : La voilà la suite, la voilà...
Phonzine : Bah c'est sûr que j'ai tendance à voir Remus comme un garçon plein de bon sens qui dit toujours ce qu'il faut, mais j'en ai pas fait un grand sage, non plus! Sensible, intelligent (comparé à Sirius et James lol), perspicace et à l'écoute. Le confident parfait.
Alessandro : Ah la la, Etcideneb, comment oses-tu te faire passer pour Alessandro! Tsss... Mdr, ça m'a bien fait marrer quand même... Je dirais que le Poilu pourrait faire Sirius en remplacement de Toitoine qui nous a lâchement abandonnées. Millou ferait alors Remus? James... Photocopieuse, bien sûr! Peter : le Serial Killer! (C'est génial, on leur a donné pile les surnoms qu'il faut!) Il ressemble pas à Peter mais c'est pas grave, c'est soit lui soit le Sadique et lui il est trop maigre. Pour Severus, je sèche un peu... Toinou peut-être? avec des cheveux longs il serait crédible... Alessandro pourrait marcher, si seulement il n'avait pas de lunettes. Et Drouet en McGonagall? Hinhinhin!
(Pour toute personne qui lirait ceci et qui ne comprendrait rien : ne cherchez pas à comprendre, vous ne pourriez pas)
Dark Jezebel : Ma Jeeeeeez chériiiiieuh à moooaaaaaa! C'est gentil de faire monter le compteur de mes reviews lol!
Shiefa Li : Effectivement, je suis une sadique, yëk yëk yëk! Mé nooon... Pour tout dire, j'étais à court d'idées et j'ai balancé cette fin idiote... idiote parce que je ne savais pas alors ce que Peter voulait montrer à Sirius et Remus. C'est très fin de faire ça...
Mais bon. Voilà enfin la suite.
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2. Le bandeau

SPLASH!
« Gasp!» Je remonte à la surface et aspire une grande goulée d'air à travers mes cheveux dégoulinants.
Qu'est-ce qui s'est passé? Qu'est-ce que je fais dans l'eau! J'étais en train de lire sur le bord du lac et
« Tu avais raison, Padfoot, les serpents savent nager!»
Je frémis de rage en reconnaissant la voix familière de mon ennemi de toujours au milieu des éclats de rire. Je rejette les mèches ruisselantes qui pendent devant mes yeux, me tourne vers la rive et ne peux retenir un rictus en voyant un ouragan approcher.
« JAMES POTTER!» rugit la voix sèche de Minerva McGonagall.
Le sourire railleur des deux Gryffondors se décompose et ils bondissent instinctivement à trois mètres l'un de l'autre, se retrouvant de part et d'autre d'une McGonagall manifestement très en colère, autour de laquelle les badauds se dispersent bien vite.
Je qualifierais cette vision de pitoyable, si je n'étais pas moi-même en train de patauger dans de l'eau boueuse. Je rejoins laborieusement le rivage et tente de me hisser sur la terre ferme. Ma baguette est restée dans mon livre, non loin des pieds de Black, inaccessible.
« Ça devient de la provocation! continue McGonagall. Quand cesserez-vous de vous battre!»
De surprise, j'en lâche ma prise et rechute dans l'eau.
Nous battre? Nous battre! Eh, oh, c'est moi, la victime! Je subis!
« Je ne supporte plus vos mesquineries, Mr Potter, et vous, Mr Snape! vocifère le professeur de Métamorphose en nous pointant successivement du doigt. Oui, vous aussi Mr Snape, ne faites pas l'innocent! Même si je n'en ai pas la preuve, je sais que vous êtes responsable de l'invasion de fourmis rouges du lit de Potter, lundi dernier! Vous êtes juste suffisamment malin pour ne pas vous faire prendre Ce qui n'est de toute évidence pas votre cas, James Potter!
– C'est parce que lui, il fait ses coups par en-dessous! proteste le Gryffondor.
– Je ne veux pas le savoir!»
Potter pince les lèvres, la mâchoire crispée.
« Je suis navrée de voir que vous entraînez une fois de plus Sirius Black dans vos bêtises!»
Aussitôt Black se met à admirer ses chaussures.
« J'enlève trente points à Gryffondor, aidez votre camarade à sortir de l'eau!»
Je n'en reviens pas. Trente points pour avoir essayé de me noyer. C'est donc tout ca que vaut ma vie? Le problème, c'est que mes tortionnaires sont les chouchous de tous les professeurs, même de l'inflexible McGonagall.
Black s'approche et me tend une main réticente, que j'ignore superbement. Je n'ai vraiment pas besoin de son aide. Mais chaque touffe d'herbe que j'agrippe s'arrache sous mon poids, et la situation tourne au ridicule.
« Dieux du ciel, ne soyez pas si borné, Mr Snape!» s'exaspère McGonagall.
J'attrape à contrecur la main du Gryffondor.
« James, aide-moi bon sang!» ronchonne Black.
Potter saisit mon autre main en soupirant et je me trouve bientôt sur le bord, face à mes deux ennemis.
« Et faites vos excuses! dit McGonagall.
– Désolé, bougonne Black en faisant un pas en arrière.
– Excuse-moi, Snape», dit James avec un sourire mauvais. Il tient toujours mon bras et je n'aime pas du tout la lueur qui brille dans ses yeux plantés dans les miens.
Satisfaite, McGonagall tourne les talons et s'éloigne.
« Oui, je suis vraiment désolé, souffle Potter tout près de mon visage. Sirius et moi, on se disait qu'il était grand temps que tu te laves les cheveux, mais un seul bain n'a visiblement pas suffit!»
Et avant que j'aie pu réagir, il me repousse dans le lac.
« Cinquante points et une retenue, Potter!» crie la voix lointaine de McGonagall.
Potter me toise avec mépris.
« Ça les vaut.»
Mais son sourire disparaît encore quand retentit un nouveau :
« JAMES POTTER!»
Mmh, impression de déjà-vu.
Mais cette fois, James devient pâle comme un linge et, les yeux ronds, il déglutit péniblement avant de se retourner avec appréhension vers la jeune fille qui a surgi derrière lui.
« Tiens, Lily! dit-il en se passant dans les cheveux une main un peu tremblante. C'est toujours un bonheur d'entendre ta jolie voix!
– Tu es méprisable, Potter!
– Je sais, tu me le dis souvent
– Un abruti de première!
– Ça aussi, tu le dis souvent
– Et le pire égoïste que je connaisse!
– Alors là, pas d'accord, je fais ça pour le bien de tous!
– Je ne parle pas que de ce que tu fais à ce ce»
Elle pose sur moi ses yeux d'enragée, et je me dis que la traiter de sang-de-bourbe l'année dernière n'était peut-être pas la meilleure chose que j'aie faite dans ma vie. Ce genre de fille, il vaut mieux éviter de l'avoir contre soi.
Je tente une nouvelle fois de remonter sur l'herbe.
« ce Serpentard!
– Bravo, Lily, tu pouvais difficilement trouver pire insulte!
– LA FERME!» hurle-t-elle.
Sirius et James sursautent, moi je retombe une fois de plus dans la flotte.
« Je me fiche de tes petites querelles mesquines avec Snape, il s'agit des CINQUANTE POINTS QUE NOUS AVONS ENCORE PERDUS PAR TA FAUTE!»
Fichtre. Je ne savais pas que la voix humaine pouvait atteindre ces décibels. J'en ai les tympans qui vibrent.
« À QUOI ÇA SERT QU'ON SE DÉMÈNE POUR ÊTRE LES MEILLEURS SI TU FICHES TOUT PAR TERRE DE TON CÔTÉ! TU VEUX VRAIMENT QUE SERPENTARD GAGNE ENCORE LA COUPE, OU QUOI!»
Tandis qu'Evans continue à brailler - les Gryffondors sont réellement trop bruyants - j'aborde une nouvelle tentative pour me sortir enfin de ce bourbier. Si j'attrape les roseaux d'une main, cette racine de l'autre, et que je mets mon pied ici
Victoire!
Je m'affale, exténué et ruisselant, sur le sol accueillant. Je ramasse mon livre et m'empare de ma baguette - c'est la dernière fois que je m'en sers comme marque-page - afin de me redonner un aspect présentable.
Une fois sec et un peu moins boueux, j'hésite à profiter de l'inattention des Gryffondors pour leur jeter un sort, mais, finalement, les laisser à la fureur d'Evans me paraît mille fois plus cruel.
Et je préfère trouver une vengeance plus élaborée et plus discrète.

- O - O - O -

Je n'arrive pas à dormir.
Outre les ronflements des autres dans le dortoir, outre ces tomates farcies qui me sont restées sur l'estomac, outre l'humiliation de la journée que je ressens encore douloureusement dans ma gorge, outre les idées de vengeance qui tournent sans fin dans mon esprit j'ai cette fichue eau dans les oreilles qui ne veut pas sortir. C'est horripilant.
Je continue à me tourner et me retourner dans mon lit, jusqu'à ce que je n'y tienne plus et que je me glisse hors des draps. Je prends le livre posé sur ma table de nuit et je passe silencieusement devant les lits de mes "camarades de chambrée", j'ai nommé Abruti, Brute Épaisse, Nigaud Un et Nigaud Deux - officiellement Tim Madley, Marshall Bulstrode, et les jumeaux Andrew et Jonathan Baddock. Heureusement que mon lit est depuis toujours situé tout au fond de la pièce, là où je peux ruminer tranquille. Je ne les supporte pas, ces quatre-là. Ils me le rendent bien, d'ailleurs. En première année, ils se sont crus obligés de me faire faire la visite guidée de toutes les cuvettes des toilettes Je leur ferai payer, un jour. Comme aux autres.
Je sors du dortoir et me rends dans la salle commune, déserte, où crépite néanmoins un bon feu de cheminée. Je m'affale dans l'un des fauteuils ouvragés en soupirant. Je suis insomniaque, de toute manière, alors autant utiliser ces heures de veille de façon constructive
Alors, cette vengeance!
Que répondre à un acte aussi bas que celui de me faire tomber à l'eau? C'est bête, c'est petit, c'est mesquin! Et cette façon de me prendre par surprise, c'était perfide, pas du tout ce qu'on attend d'un Gryffondor! D'un Serpentard, oui, mais pas d'un Gryffondor Malheureusement pour eux, j'étais en train de lire un ouvrage passionnant au moment où ils m'ont lâchement attaqué par derrière
J'ouvre le livre de potions sur mes genoux. Je le feuillette un moment, et je finis par repérer une recette intéressante Suffisamment simple pour mon niveau d'excellence, mais longue de préparation, malheureusement. Il faudra bien un mois pour la réaliser. Et même un peu plus si on y apporte les quelques améliorations que je vois possibles Peu importe, la vengeance est un plat qui se mange froid, et ma rancune est suffisamment tenace pour patienter jusque-là.
Potter et ce bellâtre de Black vont me payer cet affront! MOUAHAHAHAHAHAHA!
Kof.
Je le savais, j'ai attrapé un rhume dans ce foutu lac.
Je fais venir une pile de mouchoirs sur mes genoux et je m'approche un peu plus du feu.

- O - O - O -

Ombre parmi les ombres, je circule avec assurance entre les murs suintants, percés de lourdes portes en bois. Plus je m'éloigne du long couloir qui relie l'entrée de la salle commune à l'escalier, plus la lumière se fait rare. Je sors ma baguette afin de voir où je mets les pieds, et j'ai juste le temps de voir un gros rat noir détaller dans un trou. L'état des sous-sols est vraiment infect. Tous ces cachots abandonnés Plus personne ne met les pieds ici, depuis que les séquestrations d'élèves indisciplinés ont été abolies. Encore un coup d'un Gryffondor, si je me souviens bien. Quel gâchis.
Mais au moins, je peux être tranquille pour faire ce que j'ai à faire.
J'ouvre une des portes d'un coup de baguette et, jetant un dernier regard par-dessus mon épaule, je me faufile à l'intérieur.
La pièce est crasseuse et encombrée d'objets divers entassés sans précautions. On ne doit pas trouver pire bordel, à part peut-être dans le cerveau de Pettigrew. Une odeur de moisissure flotte dans l'air, qui me rappelle étrangement l'époque où je me cachais dans l'abris de jardin, étant enfant. Je retrouve dans ces cachots le même sentiment de sécurité Avec un peu de ménage - non, beaucoup de ménage -, je pourrais me plaire, ici. Cet endroit est dépourvu de la chose qui me cause le plus de tourments depuis toujours : des gens.
Je m'avance vers le chaudron que j'ai laissé contre un mur. J'en retire le couvercle - et suis aussitôt assailli par une puanteur suffocante. Je repousse le souvenir cette fois bien moins agréable des choux à la vapeur de ma vieille tante Maglia, et examine le contenu du chaudron. Il faudra que je pense à mettre un masque, la prochaine fois. D'après ce que je vois (et ce que je sens), il est temps d'ajouter la poudre de dent de narval noir.
L'ensemble des ingrédients s'est avéré coûteux, mais j'ai l'habitude de dépenser tout mon argent chez l'apothicaire, et ces Gallions ont été on ne peut mieux employés Même si deux Gryffondors dont la suffisance n'a d'égal que la stupidité n'en valent pas la peine, la préparation de cette potion se révèle une tâche passionnante.
Après avoir placé le chaudron sur un feu, je mesure la dose précise de poudre scintillante, et j'y ajoute quelques gouttes d'essence d'if centenaire avant de commencer à incorporer lentement le tout à la mixture brune. À mon grand soulagement, des volutes bleutées commencent à s'élever de la potion, ce qui laisse supposer que ma touche personnelle aura l'effet escompté. L'effet de la potion devrait durer cinq à dix fois plus longtemps. Je me demande même comment j'ai pu douter une seconde de mon génie!
Je continue à remuer le breuvage jusqu'à ce qu'il acquière la teinte idéale puis, satisfait, je le retire du feu et le repose au même endroit contre le mur. Encore cinq jours à laisser reposer avant de pouvoir ajouter l'ingrédient suivant.
Je me donne beaucoup de mal pour pas grand-chose, vraiment. Quoique cela fait tellement longtemps que je n'ai pas piqué un fou rire aux dépens des Gryffondors que j'aurais fait encore bien plus. Ce sera d'autant plus amusant que je ne sais pas exactement quel sera le résultat. Surprise
Ça, pour une surprise, Potter et Black vont en avoir une belle!
- O -
L'heure du couvre-feu est proche lorsque je rejoins la salle commune, et celle-ci est plongée dans une semi-obscurité. N'ayant aucune envie de rejoindre les dortoirs où la bande des quatre ne doit même pas être encore couchée, je m'assois dans le fauteuil devant la cheminée, les pieds sur le bord de l'âtre, mains croisées sur le ventre.
Je suis incroyablement détendu. Bercé par la douce tiédeur du feu, je m'assoupis lentement
Je suis un puissant sorcier, craint et respecté. Potter est mon elfe de maison, et il a l'honneur de me servir de paillasson à l'entrée de mon manoir, tandis que Black est ma dame de compagnie la plus dévouée. Son tablier en dentelle le met particulièrement en valeur Je sors mon tromblon pour partir à la chasse au Lupin dans le jardin quand, soudain, deux mains froides se plaquent sur mes yeux et je me réveille en sursaut.
« Aaaah!
– Devine qui c'est? piaille une voix aigüe - une voix que je reconnaîtrais entre mille malgré mon état de demi-sommeil.
– Gwendolyn je marmonne avec un rien de détresse dans la voix.
– Gagné!»
Les mains se dégagent de ma vue et l'incarnation féminine de mes cauchemars apparaît devant moi.
« Mais arrête de faire comme si tu ne me connaissais pas, voyons, appelle-moi Gwen! sourit la fillette, toutes dents blanches dehors.
– Si seulement je pouvais ne pas te connaître je soupire. Qu'est-ce que tu fais ici? Tu devrais dormir depuis longtemps, à ton âge.
– Oh, c'est trop gentil de te préoccuper de mon bien-être comme ça!»
Pardon? Je me préoccupe de quoi, moi!
« Mais j'ai eu onze ans, cette année! poursuit-elle.
– Je m'en étais douté, je réplique sèchement, puisque tu es ici. Malheureusement
– Si tu savais ce que je suis heureuse d'avoir été placée à Serpentard, comme toi!

– Hein?

– Tu sais?
– Évidemment que je le sais! Tu me le dis à chaque fois que tu m'adresses la parole!
– Ah, oui, c'est vrai!» glousse-t-elle.
Je cherche un moyen de m'échapper de ce siège, mais ses deux bras s'abaissent tels une herse tandis qu'elle s'appuie sur les deux accoudoirs. Je m'enfonce dans le rembourrage du fauteuil comme elle me tend une joue rose.
« Tu fais un bisou à ta cousine préférée?
– Ne sois pas stupide, je ne t'en ai pas fait depuis ton baptème!
– Et tu te le rappelles encore! J'étais un beau bébé, hein?
– Je me souviens surtout du moment où tu m'as vomi dessus, pour être honnête.
– Et je t'aimais déjà!»
Je lui lance mon regard le plus terrible.
« Pousse-toi de mon feu!»
Son sourire s'affaisse imperceptiblement comme elle se redresse.
« Je n'aime pas que tu me parles comme ça, Sev!
– Ne m'appelle pas Sev!
– Pourquoi? Je t'ai toujours appelé comme ça!
– Et je t'ai toujours dit de ne pas le faire! D'ailleurs, si tu pouvais ne pas m'appeler du tout, ce serait aussi bien.
– Arrête de faire ton méchant, cousin!
– Tu n'as pas encore compris! Je SUIS méchant!»
Nouveaux gloussements.
« Mais oui, c'est ça. Et je suppose aussi que tu me détestes?
– Exactement!
– Tu ne changes donc toujours pas de refrain après tant d'années! Et tu mens toujours aussi mal!»
Je roule les yeux. J'ai vraiment une famille de tarés.
« Qu'est-ce que tu fais ici? je demande à nouveau.
– J'avais oublié ce roman sur une table, dit-elle en me montrant un petit livre bariolé. Tu connais?
– Pas vraiment, non, je réponds avec dédain.
– Tu as tort, c'est super! C'est le huitième tome des Chroniques de la Pleine Lune, de Roberta Fier. Mon préféré!
– Tant mieux
– Tu n'es pas branché romans d'horreur, hein?»
Je lui souris avec condescendance.
« Non, désolé, je fais partie de ces gens qui perdent leur temps à lire de la littérature.
– C'est pas grave, tu sais, tu as beau être un peu barbant, tu restes mon cousin préféré!»
Je ne prends pas la peine de lui faire remarquer que je suis son seul cousin. Au lieu de quoi je m'extirpe du fauteuil et m'éloigne de la fillette autant que possible.
« Ben tu vas où?
– Je vais me coucher!
– Par là, ce sont les dortoirs des filles, Sev!»
Très juste.
Le temps de secouer un peu mon sens de l'orientation endormi, et je m'élance vers le bon couloir.
« Sev, attends! Tu vas au bal de Halloween la semaine prochaine?
– Nan! je lance par-dessus mon épaule avant de m'éloigner dans le boyau sinueux.
– Chouette, moi non plus, je suis trop jeune! entends-je Gwendolyn s'exclamer derrière moi. On passera la soirée ensemble, alors!»
Note pour moi-même : prévoir déguisement pour fête de Halloween.

- O - O - O -

Je manque de lâcher le pichet de diabolo menthe lorsque quelque chose me percute violemment par derrière.
D'abord projeté vers l'avant, je repousse avec rage quoi que soit ce qui s'est avachi dans mon dos, et me retourne à la vitesse de la chauve-souris fondant sur un papillon de nuit. Un Sirius Black au regard trouble chancelle sous mes yeux. J'esquisse un rictus de contentement lorsqu'il s'écroule à mes pieds.
Dommage qu'il soit trop saoul pour éprouver de la honte.
Il commence à se remettre debout et je suis bien tenté de lui adresser un coup de pied dans les côtes, quand il s'accroche à mon manteau - et à ma jambe par la même occasion. Je frémis d'horreur à ce contact.
« Lâche-moi tout de suite, Black!»
Pour le convaincre, je lui assène un grand coup de faux sur le crâne.
Il recule en titubant, se tenant la tête d'une main. Je sens venir une de ces crises de colère dont seuls les Gryffondors sont capables. Mais, à mon plus grand étonnement, et à ma plus grande frayeur encore, il se met à sourire bizarrement.
Je lui lance un regard qui signifie plus ou moins "si tu trouves ça drôle je vais de te faire changer d'avis bien vite". Sans effet.
De plus en plus mal à l'aise, je passe aux insultes grossières - mais toujours efficaces auprès des créatures grossières :
« Arrête de me regarder comme ça, pourriture de Gryffondor!
– Tu sais, Snivellus»
J'aurais presque un soupir de soulagement en entendant ce surnom pourtant honni. Les Gryffondors sont si prévisibles. Mais je désenchante vite.
« Tu as de jolis yeux quand tu es en colère!»
Il se passe sans doute plusieurs secondes le temps que mon cerveau assimile cette information. On me renvoie un rapport d'erreur. J'ai forcément mal entendu.
Mais si je me fie à son sourire, ce n'est pas le cas.
« Black, espèce de de de»
Mince alors, c'est quoi la suite?
« De?»
Allez, la première chose qui me passe par la tête.
« De malade mental!» Je dirais même pervers.
Je fuis avant qu'il ne puisse répliquer quelque chose qui ne me pousserait à un acte impardonnable.
Maudit Black. Maudits Gryffondors. Tous des imbéciles.
Me complimenter, ce n'était pas loyal! Un vulgaire coup bas! Je n'y étais pas préparé! Bien sûr, c'est pour cela qu'il l'a fait. Je ne peux pas croire que je me suis fait prendre au dépourvu par ce lourdaud de Black.
En plus, à cause de lui, j'ai oublié mon diabolo là-bas.
Mais je n'ai aucune intention d'y retourner, Black a visiblement l'intention de passer la soirée à vider tous les saladiers de punch. Débile, et alcoolique. Les Gryffondors ne sont plus ce qu'ils étaient.
Bientôt, il se lance sur la piste de danse. Mouais, il danse plutôt bien, pour un pirate passablement bourré avec un verre dans chaque main et un bandeau ridicule sur l'il. Si l'on omet le fait, bien sûr, qu'il est en train de danser le tango sur du rock'n'roll.
Attendez, ce ne serait pas Samantha Crow, cette femme-panthère qui se trémousse contre lui? Elle a oublié qu'elle était une Serpentard, ou quoi! Quelle honte! C'est un spectacle déplorable! Elle se comporte comme une débauchée! Ils sont au courant qu'ils sont en public? Et que tout le monde les regarde?
Non, pas tout le monde. Pas moi. Je refuse d'assister à cela. Je n'ai qu'à m'asseoir derrière une colonne et lire le roman que j'ai apporté.
Euh, non, pas cette colonne-là
Une minute. Je me hausse sur la pointe des pieds pour mieux voir. C'est Remus Lupin, ça? Soudé à cette fille par la bouche?

Ils respirent quand, exactement?
Je m'arrache à ma contemplation morbide et marche à un autre angle de la salle. Bien, enfin un peu de calme. Je pause ma faux contre une colonne et ouvre mon livre avec soulagement.
- O -
Allons donc. Cela ne fait pas une heure que je lis qu'un objet volant non-identifié m'atterrit sur la tête. Je découvre avec une certaine perplexité qu'il s'agit d'une bottine en cuir noir.
Je vais faire une crise de nerfs. Si je me suis déguisé en la Mort, c'est pour qu'on me laisse tranquille, pas pour qu'on me balance des chaussures puantes!
Et puis c'est quoi, ces sifflements?
Je surgis avec fureur de derrière la colonne de marbre. Et je me donne un coup de faux sur la tête pour m'assurer que je ne rêve pas.
Il y a un attroupement autour d'une des tables. Et sur la table, un Sirius Black hilare se trémousse en déboutonnant sa chemise.
Une petite lumière rouge s'allume dans mon cerveau. Alerte, alerte. Gryffondor sur le point de commettre un attentat à la pudeur.
Mais que font donc les professeurs!
Ben voyons.
Ils papotent tranquillement à l'autre bout de la salle, tournant le dos à la scène - sauf Dumbledore, mais la corbeille de fruit sur la tête de Sprout ne lui laisse sans doute pas voir grand chose. Dumbledore est profondément pathétique, en citrouille. Je suis sincère.
Et pourquoi ses prétendus amis ne font-il rien pour l'arrêter?
Je les cherche des yeux. Lupin est toujours avec la fille. Le sens d'un tel comportement m'échappera toujours. Ils n'en ont pas marre, au bout d'un moment! Potter et Evans sirotent un milk-shake à la fraise en se regardant dans le blanc des yeux - si c'est pas mignon! Quand je pense que ce sont ces deux-là qui s'étripaient sous mes yeux, il n'y a pas un mois. Quant à Pettigrew, il s'est endormi sur un banc dans son costume de Nounours et suce son pouce consciencieusement. Je me répète, mais les Gryffondors ne sont plus ce qu'ils étaient.
Il n'est pas question que j'intervienne.
Black fait tournoyer sa chemise en oscillant sur ses jambes.
Il n'en est pas question.
Des cris hystériques s'élèvent lorsque la chemise rouge s'envole - couverts par la musique tonitruante.
Il n'en est pas

Pourquoi déboucle-t-il sa ceinture?
Il est temps de se bouger. Je traverse la salle en trombe en direction du groupe des professeurs. Mais ma faux est encombrante; elle se prend dans mes pieds et je m'écroule sur une petite table dans un fracas de chaises. Je suis empêtré dans ma cape, pas moyen de retrouver la position verticale.
C'est pas vrai! Voilà ce que ça rapporte de vouloir rendre service!
« Va voir s'il va bien!
– Mais, Lily
– S'il te plaît!»
Soudain, une silhouette sombre arrive au-dessus de moi.
Potter. Il ne manquait vraiment plus que lui pour que cette soirée soit un désastre total.
À ma grande surprise, il me prend la main pour me relever. Je me dégage avec mépris.
« Si j'étais toi, Potter - et Merlin m'en préserve - j'irais plutôt m'occuper de ce cher Black et de ce qui lui reste de tissu sur le dos.»
Potter fronce les sourcils en signe d'incompréhension. Il se retourne et fait un bond d'au moins trente centimètres.
« Nom de Remus! Pour l'amour du ciel, Remus, lâche cette fille et viens m'aider!»
Je me relève avec peine mais retrouve instantanément ma mortelle dignité.
Sur ma droite, Evans, les mains jointes, regarde avec adoration Potter et son nabot de copain jouer des coudes pour atteindre la table où gigote l'autre nudiste.
Pendant ce temps, il y a des remous au rayon fruits et légumes. Notre citrouille de directeur se met à glousser derrière l'ananas de Sprout, ce qui éveille les soupçons de l'assemblée Tous se retournent comme un seul homme. McGonagall devient encore plus blanche qu'elle ne l'était déjà - étant donné qu'elle est déguisée en fantôme - et se précipite vers les réjouissances, fendant la foule comme Moïse ouvrant les eaux.
C'est bon, j'en ai assez vu. Je ne veux pas rester une minute de plus à cette fête foireuse.
Dans un froissement de tissu, je me détourne de la scène et sors de la Grande Salle, mettant enfin un terme à mes souffrances.
Lorsque j'arrive dans la salle commune de Serpentard, Gwendolyn est endormie dans mon fauteuil habituel au coin de la cheminée. Avant de regagner mon dortoir, je ranime le feu mourant d'un coup de baguette. Parce qu'elle mignonne, quand même. Quand elle dort.
Le dortoir est vide. Les quatre nazes ont réussi je ne sais trop comment à se trouver chacun une cavalière pour le bal. Je ricane en me rappelant que la cavalière de Madley était Samantha Crow.
Je me défais de mon déguisement avec lassitude et range la faux dans une armoire. C'est alors seulement que je remarque qu'un morceau de tissu noir y est suspendu. Je le décroche, intrigué, et le tourne un moment entre mes doigts, avant de saisir enfin de quoi il s'agit.
Un bandeau de pirate.

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Je me dirige vers la Grande Salle, triturant machinalement le morceau de tissu noir que je garde dans ma poche depuis près d'une semaine. J'attends toujours le bon moment pour le coller sous le nez de Black et me moquer de lui. Mais comme d'un autre côté, moins je vois Black mieux je me porte, je n'ai pas vraiment eu d'occasion.
Dans mon autre main, je tiens serrée une petite fiole. Il s'agit d'un peu de la potion. Je ne suis pas certain de sa maturité; il va falloir que je trouve un moyen de m'en assurer.
Absorbé par mes pensées, je ne fais pas attention à Marshall "Brute Épaisse" Bulstrode qui jaillit du couloir à ma gauche, et je m'emplafonne dedans allégrement.
« Tu peux pas regarder où tu marches, Snape? grogne le tas de muscles ambulant. Tu veux peut-être que je t'apprenne à faire attention où tu mets les pieds?»
Il écrase son poing dans sa main. Ridicule. Tant que j'ai ma baguette, il ne peut rien me faire.
Il me vient une idée.
« Non, merci, Bul. Mais par contre, j'aimerais que tu me dises ce que tu penses de cette eau de toilette» et je lui colle le flacon ouvert sous le nez.
Il renifle avec méfiance et a aussitôt un mouvement de recul. Imbécile.
« Ça pue, ton truc! Pas étonnant que les filles te fuient!»
Je le regarde avec curiosité.
« Qu'est-ce qu'il y a Snape, j'ai un bouton sur le nez ou quoi?»
Mais soudain il tourne la tête, comme attiré par un bruit fantôme.
« Mais qu'est-ce que! glapit-il.
– Qu'est-ce que tu as? je demande innocemment.
– Snape! Aide-moi! crie-t-il en agitant les bras dans tous les sens.
– De quoi tu parles?
– Tu ne les vois pas! Regarde! il y en a partout! Aaah! Elles sont sur moi!»
Je suis impressionné et intrigué. Je ne m'attendais pas à un tel effet. Il se met à courir.
« LAISSEZ-MOI! DIS-LEUR DE ME LAISSER!»
Il s'engouffre dans un couloir et je m'élance à sa suite. Nous montons maints escaliers, jusqu'en haut de la tour des Gryffondors. Bulstrode, paniqué, se met à tourner en rond en hurlant et en se frappant les bras et la tête. Un attroupement s'est formé autour de lui. Je vois même Lupin, Black et Pettigrew. C'est certain que voir la plus grande brute de l'école dans un tel état a de quoi surprendre. Moi le premier.
Il a trop de Gryffondors ici. J'abandonne Brute Épaisse à son sort sans regret.
Alors que je descends les escaliers, je peux entendre ses cris :
« Les abeilles! Les abeilles!»

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Je referme soigneusement le bocal dans lequel j'ai versé la potion et glisse deux fioles dans ma poche, avant de m'autoriser à enlever mon masque. Après ce qui est arrivé à Bulstrode hier, je ne peux pas prendre le risque de respirer la mixture. Ses hallucinations n'ont duré qu'un quart d'heure, mais il n'est toujours pas vraiment remis.
Je laisse le bocal sur place et sors du cachot sans bruit. Je suis à peine en vue des lumières du couloir principal que je décèle un bruit. Quelqu'un vient!
Et alors? J'ai parfaitement le droit de me trouver là.
Au détour du couloir surgit une silhouette désagréablement familière Sirius Black.
Bordel.
J'ai réussi à l'ignorer superbement toute la semaine, mais dans un couloir d'un mètre cinquante de large, cela devient difficile. Je lève néanmoins la tête vers le plafond d'un air distrait, en marchant collé au mur de gauche. Je suis sur le point de me mettre à siffloter nonchalamment quand j'entends :
« Qu'est-ce que tu essaies de faire, exactement?»
Bon, au moins j'aurai essayé.
Je m'arrête pour le foudroyer du regard comme il convient.
« J'essayais désespérément d'éviter de poser les yeux sur ta face de corniaud, ça me soulève le cur à chaque fois. D'ailleurs, si tu permets, je vais aller rendre mon dîner ailleurs.
– Très drôle. C'est sûr qu'avec tes cheveux gras et ton nez crochu, tu peux te permettre ce genre de remarques.»
Je ne dis rien. Cela fait un bout de temps que ce type d'insultes ne me fait plus ni chaud ni froid. Je fais mine de reprendre mon chemin, mais il accompagne mon mouvement d'un pas en arrière et pose un des seaux qu'il tient à la main, pour me barrer le passage.
Je réprime une vague de panique. Qu'est-ce qu'il me veut?
Je le dévisage avec dégoût.
« Quoi encore?» je crache avec toute l'agressivité que je peux mettre dans ces deux mots.
Il penche la tête sur le côté et m'observe avec le même air qu'aurait un chien devant un rôti d'hippogriffe. Je m'attends presque à le voir se lécher les babines en remuant la queue. Un sourire anormal déforme ses lèvres.
Oh non, il va recommencer.
«
Severus» murmure-t-il.
Je tressaille à cette soudaine familiarité.
« Je t'interdis de m'appeler ainsi! je siffle. Tu souilles mon prénom rien qu'en le prononçant!
– Tu préfères vraiment Snivellus?
– Sincèrement, je préfèrerais que tu m'oublies, Black.
– Ça sera difficile si tu es sans arrêt sur mon chemin.
– Je crois qu'en cet instant, c'est plutôt toi qui es sur le mien. Je ne vois vraiment pas ce qu'un Gryffondor vient faire du côté des cachots!
– J'ai une retenue, figure-toi! se défend Black, comme s'il s'agissait une cause louable.
– Une retenue? je fais, faussement surpris. Mais pourquoi donc? Oh, ce ne serait pas à cause de la mystérieuse disparition de tes vêtements à Halloween?»
Il rougit et je peux presque l'entendre bouillonner de rage. Glouglouglou.
Je renifle avec mépris.
« De corvée de nettoyage, hein? Il semble qu'on t'ai enfin trouvé une occupation qui te servira dans ta vie future!
– Ferme-la!
– Sans doute remplaceras-tu Filch, concierge c'est un métier qui ne requiert pas trop de facultés intellectuelles, même un Gryffondor aux tendances exhibitionnistes devrait en venir à bout!»
Black lâche le deuxième seau, qui se renverse par terre. Glouglouglou.
« Retire ça! rugit-il en me menaçant du doigt, à défaut de baguette. Sinon
– Sinon quoi, Black, tu vas aller pleurnicher chez ta maman? Oh, non, suis-je bête! Tu vis chez Potter maintenant, elle ne voulait plus de toi!»
C'est mon problème. Quand je commence, j'ai du mal à m'arrêter. C'est dur de ne pas abuser des bonnes choses.
Je me retrouve plaqué contre le mur, le bras de Black m'écrasant la gorge. J'ai ma baguette à la main, mais je suis incapable de produire le moindre son à part un vague gargouillement.
« Que ce soit bien clair, Snivelly, souffle Black. Si tu veux parler encore de ma mère, ce sera sur ton lit de mort à Sainte Mangouste!
– Grlg»
Ce n'est pas une réplique glorieuse, mais je fais ce que je peux. Je commence sérieusement à étouffer et je ne suis pas sûr qu'il s'en rende compte. Mes yeux se ferment malgré moi. Lorsqu'il finit par me lâcher mes jambes se dérobent et je glisse sur le sol, la respiration sifflante.
Il ramasse ses seaux et s'engouffre dans un des cachots.
Le sang bat dans mes tempes.
D'accord. Très bien. J'avais fini par avoir quelques scrupules, mais puisque c'est comme ça, je vais mettre mon plan à exécution.

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Ouf! Enfin fini! J'espère que ce n'était pas trop barbant.
Là j'ai la flemme de me relire, alors il risque d'y avoir plein de fautes, désolée...

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