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Disclaimer : J'ai tout piqué à Joanne Rowling, qui ferait une dépression si elle voyait ce que j'ose faire avec ses livres merveilleux

Notes : Désolée pour le retard, jusqu'ici j'avais toujours été relativement rapide dans mes updates mais avec la rentrée j'ai vraiment décroché j'espère que le chapitre suivant mettra moins de temps à venir.
J'ai décidé que les chapitres du pdv de Sirius devraient être plus délirants que ceux de Severus, mais je ne vous raconte pas combien c'est galère d'essayer de rendre un tant soit peu drôle le récit de quelque chose censé être abominable pour le narrateur Donc je ne sais pas trop ce que ce chapitre va donner, encore une fois. En fait, je crois que vous allez bailler pendant toute la première moitié .

Dédicace : Fic dédiée aux prépas Ciné-Sup du lycée Guist'hau de Nantes, yéééééééé D! Mention spéciale pour Alessandro, le Poilu et 'Millou!

Spoilers : Pas de nouveau spoiler par rapport aux chapitres précédents.

Reviewers : C'est dingue, c'est en cherchant les reviews dans ma boîte aux lettres que j'ai réalisé qu'il m'avait fallu un mois pour pondre ce chapitre Je n'en reviens pas comment le temps passe vite! Au bout d'un moment j'ai abandonné les remerciements par mail faute de temps (j'allais quand même pas vous envoyer un mail identique à tous, dans ces cas-là mieux vaut ne rien faire !). Mais merci à tous.
Chrisanimefan : Ouaip, le chapitre de Sev était pas pareil, mais s'il ne vous a pas barbés c'est l'essentiel.
Dark Jezebel : Certes, je torture Sev, mais c'est pour en faire un ptit martyre ;) C'est le tour de Sirius, maintenant !
TiteSevie : Oui, Dumby en citrouille dans ma tête c'est assez réjouissant, avec une ptite calotte orange sur la tête et de beaux collants assortis, niak XD! Comme tu le dis, les fourmis rouges, ce n'était sûrement pas Sev' Pas lui, il n'aurait jamais fait une chose pareille ! Désolée, l'inspiration n'est pas venue vite Quand j'avais encore du temps pour écrire j'étais en panne et quand j'ai de nouveau eu des idées je croulais sous le boulot é-è!
alana chantelune : Yé, tout arrive, même au bout d'un mois XD.
Exandra : Normal que cette histoire soit géniale, je suis un génie Mdr, vous me flattez trop, j'ai les chevilles qui enflent XP.
Blood-Countess : Tu fais partie de ceux qui ont semble-t-il préféré le 2nd chapitre (c'est vrai, ce mensonge o.o?) ça m'étonne beaucoup mais me réjouit totalement. Oui, Black et Potter vont souffrir Plus que je ne le dis, d'ailleurs. Si j'avais trop insisté, j'aurais jamais pu essayer de rendre ça comique.
Phonzine : Ahlala ma zine, toi tu me complimentes toujours trop, je sais jamais où me mettre ! Bon, si tout le monde ne lit pas cette fic dans l'unique but de se payer un fou rire, ça va, je ne vous décevrai pas tous :).
Miya Black : En fait, moi aussi j'avais hâte de lire la suite Lol! Je ne me remets toujours pas d'avoir mis autant de temps! Je ne réalisais pas vraiment les avantages d'être en vacances en ce qui concerne l'écriture, je crois -.-;
Shiefa Li : Nous voilà au fameux chapitre, j'espère juste qu'il méritait l'attente.
blacky : Toi aussi tu me complimentes trop lol! Je suis désolée de ne pas avoir posté de nouveau secret diary Mener deux fics de front me paraissait très faisable, AVANT. Rentrée à la c°°!
Luthien : Comment ça va toi ? Merci d'avoir trouvé le temps de lire cette fic, je sais bien que t'es débordée
Zelda : Oui, je me suis bien délirée à écrire ça ! Si ça ne m'amusait pas, j'arrêterais, parce que des paquets de bêtises pareils
Ankou : Oui, je suis surprise moi-même du nombre de reviews, mais c'est pas pour ça que je les mérite, va ;p! Snivellus, ça veut dire pleurnicheur, je crois
Eh voilà! Merci encore et voilà la suite .
doluiamor : Toi tu as eu de la chance, tu as lu ma fic le jour même où je poste cette update ;)!

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3. Porridge mon amour

Porridge.
Un mot pâteux, je trouve. Qui illustre assez bien la chose elle-même.
C'est visqueux, grumeleux Ce n'est pas que ce soit mauvais, mais maintenant que j'y pense, on jurerait des aliments prédigérés. Je devrais peut-être penser un peu moins.
Quand j'y réfléchis, je me rends compte que cela doit bien faire une quinzaine d'années que j'en prends chaque jour au petit-déjeuner. J'y ai même initié James. Je crois qu'il ne m'est jamais venu à l'esprit de manger autre chose.
Suis-je masochiste?
Sans doute la question mériterait-elle quelque réflexion poussée sur le conditionnement des enfants par leurs parents dès leur plus jeune âge et la propagande des grands-mères qui assurent que porridge et huile de foie de morue sont bons pour la santé, mais en vérité, je m'en fous pas mal. Il se trouve juste qu'au réveil me viennent souvent des questions existentielles - et celle du jour est : "Pourquoi est-ce que je mange du porridge tous les matins?"
Je n'en ai pas la moindre idée.
Cette subite prise de conscience me plonge un instant dans une perplexité abyssale. Puis je prends une grande décision. Il est temps de bouleverser mes habitudes. Adieu, mon ancienne vie. J'ai abandonné ma maison l'été dernier, j'abandonne aujourd'hui le porridge et ses bienfaits - probablement fictifs.
Je repousse théâtralement mon assiette et m'empare avec détermination d'un croissant tiède.
Eh voilà. Ça y est, je suis un homme. Pas plus compliqué que cela.
« Pas de porridge, ce matin?» fait James en s'en servant copieusement.
Ce mec est anormal. Il adore le porridge.
« Pas de Lily, ce matin? je réplique vertement.
– Elle avait quelque chose à faire à la bibliothèque», répond-il avec ce sourire idiot qui me donne toujours envie de lui balancer ma chaise à la figure.
Je grogne vaguement.
« Tu ne trouves pas qu'il y a comme une odeur de chou dans l'air? dit James avant d'enfourner goulûment une cuillerée de porridge tremblotant.
– Mmh, peut-être Peter, qu'est-ce que tu as foutu encore? je lance d'un ton agressif au garçon à ma gauche.
– Hein? fait l'intéressé sur la défensive. Mais rien du tout! Je t'assure!»
J'y crois pas, il marche à chaque fois.
« Haha! Non, Peter, je te charrie!
– Sirius dit James.
– C'est bon, Prongs, je rigolais je glousse en secouant la tête, avant de lécher soigneusement ma cuillère de porridge, pour étaler la marmelade d'orange avec.
– Aaargh!»
Stupéfait, je lâche mon croissant et me tourne vers James avec inquiétude. Celui-ci est plié en deux à côté de moi, une main crispée sur le ventre.
« Ça ne va pas?» je demande stupidement.
Si, il pète la forme, c'est pour cela qu'il a l'air de souffrir comme s'il avait avalé du verre pilé. Crétin.
James lève alors les yeux vers moi. Et mon menton me tombe sur les genoux.
Son visage a changé.
Son nez s'est aplati, ses yeux se sont écartés, et sa peau olivâtre se craquelle comme de la terre sèche.
Eh, ce n'est pas comme cela que tu vas élargir ton fan-club, vieux.
«
Qu'est-sssse qui m'arrive?» grimace James.
J'ouvre les yeux tellement grand que je dois ressembler à un elfe de maison - en moins laid, bien entendu. Sa langue est devenue fourchue.
Je veux me frotter les yeux mais, étant donné ma soudaine incapacité à les fermer, il n'en résulte qu'une grande douleur et un temporaire aveuglement.
Quelqu'un crie à la table. Je perçois de brusques mouvements de fuite, mais je suis incapable d'esquisser un geste.
« Oh non Pas ssssa» gémit mon ami.
Il tombe brutalement en arrière, à bas du banc. Ses jambes ne sont plus qu'une longue queue reptilienne. Des serpents, surgis de nulle part, commencent à l'encercler.
Sirius, ressaisis-toi!
Je récupère mon menton, replace mes yeux dans leurs orbites et me lève d'un bond. Je ressens alors une violente crampe dans l'estomac et je ne réussis qu'à grand peine à rester sur mes pieds.
Ma vue se brouille. Ma tête tourne. J'ai la nausée. C'est un peu comme au bout de quinze verres de punch, mais sans l'agréable petit goût de jus d'orange. Et la gaieté idiote de l'ivresse est remplacée ici par une terreur indicible et inexplicable qui trouve bientôt une justification.
Qui a éteint la lumière!
La salle est devenue obscure. Mais je décèle des mouvements furtifs autour de moi, et distingue fugitivement des formes - des formes tout à fait anormales.
Bon sang de bon sang de bon sang mais qu'est-ce que c'est que ces abominations!
Il n'y a plus un seul humain ici. Ils m'ont tous laissé dans le noir. Seul.
Je suis peu à peu encerclé par des versions gigantesques de ces créatures ignobles qui grouillent dans les ténèbres de mes cauchemars. Ils sont partout, et tout ce que j'ai envie de faire, c'est de me cacher sous le banc en attendant la mort. Mais sous le banc il y a déjà ce serpent à buste humain qui était autrefois mon meilleur ami.
Un être ressemblant à un épouvantable métissage d'homme et de mouche agite ses antennes dans ma direction. Je fais un pas en arrière en hurlant.
Je veux fuir. Des voix me parviennent comme étouffées Peut-être les autres sont-ils au-dehors? Je me précipite vers la porte. Quelques monstres tentent de m'arrêter; je les esquive ou les repousse avec l'énergie du désespoir.
Mais dehors, il n'y a personne. Je m'enfuis dans les couloirs sombres.
Je suis entouré de voix chuchotantes. Çà et là surgissent de nouvelles visions d'horreur. Les portraits eux-mêmes sont à présent peuplés de silhouettes difformes. Je passe devant le tableau d'un homme défiguré et stoppe ma course en réalisant qu'il ne s'agit pas d'un tableau.
C'est un miroir.
Je reviens lentement en arrière; chaque pas me coûte un effort incroyable. Je me place devant le miroir et porte aussitôt mes mains à mon visage. Ou ce qu'il en reste.
Non, ce n'est pas possible
Je sens sous mes doigts écorchés la peau en lambeaux, la texture poisseuse du sang, les meurtrissures multiples.
Un hurlement d'effroi s'échappe de mes lèvres tailladées. Il est long, puissant, continu - mais bientôt entrecoupé de sanglots de panique. Je recule jusqu'à ce que mon dos heurte le mur, et je repars en courant.
Je ne vois plus où je vais à travers mes larmes. Je finis par trébucher. Je tombe sur le sol et me terre contre une paroi. Je me recroqueville, me tasse; je voudrais faire partie du mur, disparaître. Je pleure entre mes mains, et je suis forcé de sentir encore les lacérations de mon visage.
Je veux mourir.
J'entends des créatures rampantes approcher. Je suis acculé. Mes cris sont impuissants.
Je veux mourir.
Mon front heurte violemment le mur et je sombre dans l'inconscience.
- O -
« Aaah!»
J'ouvre les yeux, le souffle court.
Mal.
Peur.
Je ne peux pas bouger.
Soudain, une main fraîche se pose sur mon front. Je tressaille.
« Là, là» murmure une voix rassurante.
Maman?
Les idées se mettent douloureusement en place. Bien sûr que non, ce n'est pas ma mère; ma mère m'a renié depuis longtemps déjà. À cette pensée, je me sens plus misérable qu'un chiot abandonné dans un caniveau.
Le visage inquiet de Madame Pomfrey apparaît dans mon champ de vision. Je voudrais parler, mais ma langue est comme paralysée et je n'émets qu'un faible râle.
« Du calme. Nous avons dû vous immobiliser pour vous empêcher de vous faire du mal. Je vais enlever le charme.»
Un instant plus tard, je retrouve le contrôle de mes muscles. Et tout me revient en mémoire.
Je touche instinctivement mon visage. Je rencontre des bandages.
« Non j'articule faiblement.
– Ne vous en faites pas, me réconforte Madame Pomfrey. Votre coup à la tête sera sans conséquences. Quant à vos autres blessures Elles ont commencé à disparaître d'elles-mêmes.»
Je n'arrive pourtant pas à me sentir soulagé. Je ressens encore la terreur qui s'était emparée de moi précédemment.
Je relève la tête et regarde autour de moi. Je suis dans l'infirmerie, bien sûr. Tout est obscur. Serait-on déjà en fin de journée? Dans le lit d'à-côté, James est raide comme une planche, endormi, mais les papillonnements de ses paupières trahissent un sommeil agité.
« Allons, dit Madame Pomfrey. Vous allez me boire cette potion, maintenant.
– Mais
– Vous parlerez plus tard avec le directeur.»
Je ne proteste pas plus. Je ressens une grande lassitude.
Bientôt, je glisse dans un sommeil sans rêves.

- O - O - O -

« Bien, soupire Madame Pomfrey. Il semble que vous ayez recouvert suffisamment de forces, à présent. Je vais dire au professeur Dumbledore qu'il peut entrer.»
J'échange un regard avec James. Les éclaircissements vont enfin venir.
Nous avons déjà parlé de ce qui était arrivé. James a vécu plus ou moins la même chose que moi, bien que son expérience semble avoir été plus traumatisante encore que la mienne. Dans son délire, il s'est mordu et griffé profondément le visage et les bras et il en porte encore quelques marques qui, Madame Pomfrey l'a assuré, disparaîtront sous peu, ce qui a réconforté le sot qui se disait déjà que Lily ne voudrait plus de lui.
Bizarrement, il n'a pas voulu m'expliquer pourquoi je l'ai entendu crier « Voilà Benny Bunny!» dans son sommeil. J'ai bien sûr rangé soigneusement cette information dans le tiroir "moyens de pression" de ma mémoire. James dit que j'ai un cerveau de Serpentard.
Dumbledore apparaît, affichant un sourire bienveillant, mais le regard grave. Il est suivi de près par Stuffbell et Wilkes. La présence du professeur de Potions confirme nos soupçons, mais celle du professeur de Défense contre les Forces du Mal n'est pas un bon signe.
« Bonjour, mes enfants, dit Dumbledore. Je suis rassuré de voir que vous êtes rétablis ou presque», ajoute-t-il avec un clin d'il.
Le visage de James est toujours d'une belle teinte vert gazon. Quant à moi, j'arbore encore plusieurs balafres assez vilaines. Si mon visage garde une seule cicatrice, je n'aurai de cesse de retrouver le responsable de tout cela jusqu'à ma mort ou la sienne.
« J'imagine que vous êtes curieux de savoir ce qui vous est arrivé hier.»
Nous acquiesçons silencieusement. Curieux, c'est un euphémisme de taille.
« Vos deux professeurs ici présents ont travaillé à résoudre cette énigme pendant que vous étiez inconscients, je vais leur laisser les explications.»
Le professeur de Potions au teint rougeaud s'approche avec une mine lugubre apparemment très travaillée - mais il est si tendu qu'il se cogne contre un plateau de médicaments au passage. Poufsouffle de base.
«
Aïe, hum, ce n'est rien Poppy, tout va bien, merci.»
Sans perdre contenance, il retrouve instantanément son expression première et nous regarde tour à tour d'un air exagérément grave. Je me mords la joue pour ne pas rire.
« Nous allons d'abord répondre à la question du "comment", annonce-t-il avec une lenteur calculée. Il semble donc qu'une personne malintentionnée ait empoisonné votre porridge hier matin.»
Ça, on l'avait deviné tous seuls, je vous remercie. Énoncé de cette façon, cela aurait presque l'air ridicule.
« Nous avons retrouvé des traces de la potion qui a été mélangée à votre petit-déjeuner, ce qui nous amène à l'examen du "quoi". J'ai dû demander l'aide du professeur Wilkes, car cette potion m'était inconnue, continue Stuffbell avec un sourire gêné.
– Et cela n'a rien d'étonnant, dit froidement Wilkes, puisque cette potion est considérée comme de la mauvaise magie.
– Vous vous voulez dire de la magie noire?» je bafouille d'une voix un peu trop aiguë.
Wilkes m'adresse un sourire à glacer le sang d'un phénix.
« Si vous préférez, Mr Black.»
Qu'est-ce que c'est que ce bordel? De la magie noire à Poudlard, le lieu le plus sûr de Grande-Bretagne?
« Il faut préciser, se justifie Stuffbell, qu'il ne s'agit pas de la recette originale.
– En effet, confirme Wilkes. C'est une version, si l'on peut dire, "améliorée" d'une potion d'épouvante. D'ordinaire, les effets en sont déjà violents. Le sujet est assailli par une peur incontrôlable, et il se trouve en proie à des hallucinations mettant en scène toutes ses pires frayeurs, un peu comme le ferait un épouvantard.
– Mais, pire que cela! dit Stuffbell en arrondissant les yeux comme un hibou et en levant l'index dramatiquement - je crois revoir ma grand-mère lorsqu'elle me racontait des histoires de vampires. Il se croit changé en une chose qu'il craint, qui le révulse! Ainsi, le dégoût inspiré par sa propre apparence peut l'amener aux pires extrémités.»
James et moi échangeons un regard ennuyé.
« Excusez-moi, professeur dit James avec un soupçon de moquerie dans la voix. Êtes-vous en train d'insinuer que nous avons essayé de nous suicider?»
Le professeur se dandine d'un air gêné. L'effronterie de James a parfois de quoi mettre mal à l'aise.
« Eh bien, c'est en effet
– Nous ne sommes pas suicidaires», tranche James.
Je sais exactement ce qu'il ressent. C'est insultant. Un Gryffondor ne serait jamais assez lâche pour mettre fin à ses jours.
Mais Wilkes prend la parole.
« Mr Potter, je dois vous rappeler que vous vous êtes lacéré les poignets à l'aide de vos crochets.»
James regarde ses bandages avec stupeur.
Je ne peux m'empêcher de trouver la scène du plus haut comique, et je pouffe dans ma couverture. Mon ami plisse les yeux dans ma direction.
« Je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de drôle!
– Hihihihihi! j'essaie de me contenir. Tu devrais voir ta tête! Tu es VERT!
– Très fin, vraiment très fin, j'admire, commente Face-de-Martien.
– Bwahahahahahaha!
– Quant à vous, Mr Black, vous avez tenté de vous fracasser le crâne sur un mur et avez bien failli réussir.»
Mon rire s'éteint instantanément. J'ai fait ça, moi?
« Mais non C'était un accident
– Un "accident"? Vous avez pris votre tête pour un cognard, peut-être?
– Professeur Wilkes, s'il vous plaît!» intervient Dumbledore.
Un frisson me parcourt l'échine comme des souvenirs jusque-là refoulés ressurgissent.
Je veux mourir.
« Eh bien, Sirius? ricane James à son tour. Tout d'un coup tu as l'air tout décomposé!»
Je lui tire la langue en fronçant le nez.
Vive les bonnes vieilles méthodes lorsqu'on est à court de répartie.
« Mais vous disiez que la potion que nous avons reçue a été modifiée? fait James avec plus de sérieux.
– Oui commence Stuffbell.
– J'y viens, le coupe Wilkes. Celui qui a préparé cette potion en aggravé les effets avec une habileté surprenante»
Je réprime une grimace. Une habileté surprenante. Voyez-vous ça. Il n'y a qu'un Serpentard pour sortir des énormités pareilles. Décernons-lui un ordre de Merlin, tant que nous y sommes.
« Non seulement, poursuit Wilkes, l'effet en fut nettement plus durable - une vingtaine d'heures dans votre cas, Mr Potter - mais il en fut également bien plus terrible. D'une façon ou d'une autre, vos craintes se sont matérialisées. Je suppose que Mr Black a ingéré une dose moindre de potion, puisque seul Mr Potter s'est vu attaqué par ses ectoplasmes; vous avez reçu une morsure de crotale bien réelle qui aurait pu vous coûter la vie.»
Nous fixons Wilkes avec stupéfaction. Nous avons l'air plus stupides que deux escalopes surgelées. Ce qu'il est en train de dire, c'est que James a failli être tué par une création de son propre esprit.
Je me demande si on appellerait cela un suicide, dans ce cas?
« Reste la question du "qui", intervient Stuffbell, trop content de pouvoir en placer une. Vous rappelez-vous que qui que ce soit ait approché vos assiettes?»
Nous secouons la tête en signe de dénégation.
« De toute façon, professeur Stuffbell, dit sèchement Wilkes, je doute fort qu'un individu ayant réalisé une telle prouesse soit suffisamment stupide pour risquer de se faire remarquer à verser le breuvage au vu et au su de tous.»
Stuffbell devient encore plus rouge qu'il ne l'est d'ordinaire.
« Vous avez raison, bien sûr, marmonne-t-il. D'ailleurs, je m'étonnerais même qu'il soit dans les possibilités d'aucun élève de cette école de confectionner cette potion Je ne suis pas certain d'en être capable moi-même.»
Wilkes ne répond rien, mais une expression furtive sur son visage me dit clairement toute la confiance qu'il place dans les capacités de son collègue poufsouffle.
« Mais on va retrouver qui a fait ça, pas vrai? je m'enquiers.
– Nous ferons tout notre possible, dit sombrement Dumbledore. Mais nous avons déjà interrogé les elfes et fouillé les dortoirs, sans résultat.
– Il n'y a pas de moyen magique de trouver le coupable? s'étonne James.
– À mon grand regret, non, Mr Potter, soupire le directeur. Il reste à espérer qu'il ne s'agit que d'une mauvaise blague qui a mal tourné. Même si cela me navre de constater des conflits entre mes élèves à une époque comme la nôtre.»
Si nous n'étions pas deux pauvres sorciers innocents qui viennent de vivre une expérience abominable, je pourrais sentir poindre une légère accusation dans sa voix. Mais non. Il ne serait jamais aussi gonflé.
« À ce propos, Mr Black, je ne vous tiens bien entendu pas rigueur des quelques dégâts que vous avez causés parmi vos camarades»
Je fronce les sourcils sans comprendre.
« En vous débattant contre vos hallucinations, explique Dumbledore avec un sourire en coin, vous avez cassé le nez de Mr Snape et démis la mâchoire de Miss Williams.»
La vision incertaine d'une antenne brisée et d'une mandibule tordue me revient en mémoire. Hum.
Oui, bon, je ne pouvais pas deviner.
« Bien, je vais vous laisser vous reposer, à présent.
– Peut-on recevoir des visites? demande James.
– Eh bien, sourit Dumbledore, une demoiselle aux cheveux roux a attendu à la porte toute la matinée, mais je crois qu'elle est partie déjeuner, et je suggère que vous fassiez de même.
– Tout à fait, monsieur le directeur! renchérit Madame Pomfrey avec ardeur. Ces garçons doivent reprendre des forces! Les visites seront pour cet après-midi!»
Nous soupirons tous les deux. Lui de dépit, moi de soulagement. Je ne suis pas exactement pressé d'avoir Lily et James en train de se faire des papouilles juste à côté.
Lorsque nous sommes de nouveau seuls, face à des plateaux-repas, James me dit :
« En tout cas, bravo pour le nez de Snivellus, vieux!
– Merci, je réponds en riant. Qui sait, peut-être que je l'ai redressé un peu?
– Ça ne pourra pas être pire en tout cas!»
James marque une pause.
« Dis Tu crois que c'est lui qui a fait ça?
– Qui a fait quoi? je demande distraitement avant de mordre dans mon pain.
– À ton avis? Des napperons en dentelle!» s'exaspère James.
Je déglutis en affichant un air perplexe.
« Quels napperons en dentelle?
– Padfoot! Je parle de la potion d'épouvante qu'on a versée dans notre porridge! Tu crois que c'est lui?
– Chnape? je m'exclame, la bouche pleine.
– Je ne vois pas qui d'autre aurait des raisons de nous en vouloir. En plus, c'est lui le meilleur en potion
– Mais cela fait plus d'un mois que nous n'avons pas eu d'accrochage avec lui! j'objecte, en occultant le souvenir de samedi soir dernier.
– Snape est assez vindicatif pour avoir pris son temps!
– Je ne sais pas Stuffbell a clairement dit que ce n'était pas à la portée d'un élève. Wilkes lui-même était impressionné.
– C'est vrai qu'il me coûterait d'attribuer une telle virtuosité à Snape Mais je ne vois vraiment pas qui à part lui aurait pu le faire.
– Il s'agit de magie noire, James!
– Ça ne fait que l'accuser, justement! Tu sais bien ce que l'on raconte sur son père»
Je plisse les yeux avant de répondre froidement :
« Comment peux-tu me dire cela à moi, James, quand tu sais ce qu'il en est de ma propre famille?»
Mon ami se mord la lèvre nerveusement.
« Toi, ce n'est pas pareil. Lui, c'est un Serpentard.
– Mais de là à l'accuser de
– Avoue que c'est le plus probable, non?
– Je n'en sais rien. Mais je ne peux pas me résoudre à accuser quelqu'un sans preuve, même Snape.
– Tu as raison. Si les recherches des professeurs de donnent rien, il faudra enquêter nous-même.»
Un léger rictus se dessine sur son visage à ces mots.
« Je ne veux même pas savoir à quoi tu penses, Prongs!
– Sirius dit-il d'un ton mielleux. Tu as toujours un pari à honorer, n'est-ce pas?
– Je savais que je ne voudrais pas savoir.
– Écoute, ce n'est pas compliqué! Tu vas de toute façon être obligé de passer un peu de temps en sa compagnie, si tu veux tenir ta parole
– S'il te plaît, tais-toi!» je supplie, me sentant soudain tout barbouillé.
Mais il continue, impitoyable.
« Snape est un vrai pou, imbu de lui-même. Je suis certain que si tu discutes avec lui
– Il ne va pas se vanter auprès de moi, réfléchis un peu!
– Non, mais il ne saura pas que tu le soupçonnes, et il laissera forcément passer quelque chose Et puis, tu auras peut-être l'occasion de fouiller son dortoir
– Eh, oh! je balise. Ça va pas, non? Tu peux m'expliquer pourquoi je me retrouverais dans son dortoir!
– Oh, Padfoot! Tout de suite! Ce n'est pas ce que je voulais dire! Tu me prends vraiment pour un pervers, ma parole
– Il faut avoir une légère déficience au niveau de la santé mentale, aussi, pour m'avoir proposé un pari aussi tordu!
– Ha! rit James. Tu ne l'as toujours pas digéré, pas vrai?
– J'aimerais t'y voir! je bougonne.
– Tu peux renoncer si tu as la trouille»
Peuh! Les ficelles sont grosses, il me fait le coup de la lâcheté
« Je ne suis pas un trouillard!»
Que voulez-vous, on ne se refait pas.

- O - O - O -

« Ne m'attendez pas, je vais demander quelques explications à McGo'», dit James.
Peter et Remus sortent de la salle en discutant avec animation. Je finis de ramasser mes affaires lorsqu'Immonde Traîtresse se plante devant moi.
« Siri?»
Je déteste ce surnom. C'est maintenant qu'elle vient se préoccuper de ma santé, celle-là? Je lève néanmoins le nez de mon sac pour la foudroyer du regard en bonne et due forme.
À mon grand étonnement, Sue pousse immédiatement un soupir de soulagement.
« C'est vrai alors, tu es redevenu comme avant! Je n'en dormais plus!»
J'essaie de la détester comme elle le mérite, mais je suis tout de même touché qu'elle se soit sentie si concernée. Je m'appuie sur mon bureau et me penche en avant de façon que quelques mèches rebelles tombent devant mes yeux.
« C'est vrai, ça, Sue?»
Mais non, je n'ai pas pris ma voix sexy. Je parle toujours comme cela!
« Vraiment, Siri! assure Sue en hochant énergiquement de la tête. Quand je t'ai vu, lundi Tu étais si»
Perdu? Attendrissant? Adorable?
«
repoussant!
– Pardon? je m'écrie en me redressant maladroitement comme sous l'effet d'une gifle.
– Je n'avais jamais vu un visage si monstrueux de ma vie grimace Sue. Et pourtant j'ai vu le film Elephantman
Je pourrais d'abord la clouer sur une planche comme une crucifiée, puis l'autopsier vivante
« Alors tu comprends ce que je suis rassurée de te retrouver aussi beau qu'avant!»
Hep, une seconde! C'est un compliment, ça!
« D'ailleurs, tu parais encore plus beau maintenant que je t'ai vu si affreux!» glousse la petite dinde en rosissant légèrement.
Elle est jolie comme une fraise à la chantilly.
Je m'assois sur la table avec désinvolture et souris de toutes mes dents bien blanches.
« Alors comme ça Tu étais inquiète?
– Oh, oui! Imagine un peu, si tu n'étais pas redevenu normal!
– Ça aurait été abominable j'acquiesce.
– Un peu, oui! J'aurais eu l'air de quoi, moi!
– Hein!
– La dernière petite amie du monstre Ça m'aurait suivi des années!»
Je disais donc : je la cloue, l'autopsie vivante très lentement et bien sûr sans anesthésie
Diggory apparaît dans l'encadrement de la porte.
« Tu viens, ma puce? Tout le monde est déjà dans la Grande Salle!
– Oui, Eric! dit Sue, devenue toute miel. Me voilà!»
Et Immonde Traîtresse me plante là sans un regard en arrière. Pour Diggory. Pour la deuxième fois.
James remercie et salue McGonagall lorsque je le rejoins.
« Oooh, si c'est pas un bon toutou ça, il a attendu son maître! raille-t-il.
– Prongs, tu deviens curieusement mauvaise langue depuis que tu as été changé en serpent», je réplique avec un sourire moqueur.
J'attends la nouvelle boutade mais, à la place, je me prends le coude de James dans l'estomac. Il vient de tendre le bras pour me faire stopper.
« Eh! Prongs, qu'est-ce qui te prend?»
James m'adresse un sourire immense - immensément flippant.
« Padfoot, est-ce que tu vois ce que je vois?»
Je cherche du regard avec appréhension ce qui a bien pu arrêter un James sur le chemin du déjeuner. Et j'aperçois, plus loin dans le couloir, un élève de dos, affairé à ranger des livres dans son sac. Un élève aux cheveux noirs et légèrement graisseux. Pas besoin de voir le nez crochu pour le reconnaître.
James me tire derrière un pilier.
« Padfoot, c'est le moment idéal, il n'y a plus que nous dans les couloirs! chuchote-t-il avec enthousiasme.
– Euh Prongs Je ne suis pas sûr que
– Trêve de bavardages! Je reste planqué là! Fonce, Casanova!»
Et il me pousse en avant. Zut. Je ne peux plus me dégonfler, maintenant.
Allons! Le plus tôt je m'y mettrai, le plus tôt ce sera fini.
Snape tente désespérément de fermer son sac trop plein lorsque j'arrive silencieusement à quelques mètres derrière lui - un peu trop silencieusement, peut-être.
« Snape?» dis-je doucement.
L'intéressé sursaute si fort qu'il en lâche son sac, qui se renverse sur le sol à ses pieds. Un instant plus tard, il me fait face, la main à moitié enfouie dans poche droite.
Merlin qu'il est nerveux! Une peur inhabituelle se lit très brièvement sur le visage du Serpentard. C'est suspect. Pourquoi me redoute-t-il tant, tout à coup?
Peut-être parce que tu as failli l'étrangler il y a de cela moins d'une semaine Sans oublier que tu lui as cassé le nez lundi.
Oh, ça va, j'ai pas fait exprès.
Je réalise qu'il faudrait peut-être que je dise quelque chose, vu qu'il n'a pas l'air décidé à m'accorder ne serait-ce qu'un "Oui?" - autant ne pas demander un "Qu'y a-t-il, mon amour?"
Cerveau, la ferme, tu ne m'aides vraiment pas à me calmer.
« Euh Salut»
Panne d'inspiration. Cela ne m'arrive jamais, avec les filles!
« Il, euh Il fait beau, aujourd'hui, non?»
C'était nul.
« Il pleut, Black», répond Snape en jetant un regard consterné vers la vitre embuée.
C'était très nul.
« Et alors, tu n'aimes pas la pluie? Moi j'aime bien la pluie il pleut, il mouille c'est la fête à la grenouille ha ha ha» Qu'est-ce que tu racontes!
Snape hausse un sourcil. Sa main est ressortie de sa poche et il a maintenant l'air plus ennuyé qu'effrayé. Si seulement il pouvait dire quelque chose cette fichue manie de faire économie du moindre mot
Il suffit de faire comme si c'était une fille, et cela ira tout seul. Snape est une fille Je n'ai qu'à me le représenter avec des couettes et une robe à fleurs Non non non!
Je tousse pour déguiser mon éclat de rire.
« J'imagine combien qu'il doit être difficile de s'exprimer lorsqu'on n'a que cinquante mots dans son vocabulaire, Black, mais je n'ai vraiment pas que ça à faire.»
Et il se détourne pour ramasser ses affaires.
« Attends, je vais t'aider!»
Héhé, un classique. Je me sens déjà plus dans mon élément.
Snape me regarde comme un zombie tandis que je m'empare de quelques-uns de ses livres. Il se redresse, interdit.
« Tu peux m'expliquer ce que tu es en train de faire?
– Je ramasse tes liv
– Je ne suis pas aveugle!» s'agace-t-il.
Je lui tends la pile de grimoires avec un sourire candide.
Il hésite.
Vite, Snape, c'est lourd.
Il l'attrape à deux mains, mais au lieu de la lâcher, je la tire vers moi, obligeant Snape à faire un pas en avant de sorte que seuls les livres nous séparent. Ha, presque trop facile.
Je regarde Snape dans les yeux et il soutient furieusement mon regard.
« Donne-moi ça, Black, souffle-t-il entre ses dents.
– En fait ce qui est charmant quand tu enrages, ce sont ces petits éclats argentés que tu as dans le regard», je susurre du bout des lèvres.
Il fronce les sourcils avec incrédulité, puis pince les lèvres et dégage brusquement ses livres de mes mains. Tiens, plus fort que je ne l'aurais cru.
Il recule, la lèvre retroussée dans une expression méprisante.
« Il y a quelque chose qui ne tourne vraiment pas rond chez toi, Black!» lance-t-il avant d'attraper son sac et de s'éloigner prestement dans le couloir.
Dès qu'il est hors de vue, je vais chercher James derrière son pilier.
Je trouve le Gryffondor assis par terre, en train de pleurer de rire.

- O - O - O -

« Et alors, et alors, il a dit : "J'aime la pluie, moi! Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille!"»
James repart à rire de plus belle, écroulé sur la table. Peter doit se raccrocher au banc pour ne pas tomber par terre en se tenant les côtes; Remus se mord le poing pour ne pas exploser; quant à Lily elle est devenue toute rouge et s'évente à l'aide de sa serviette en tentant de réfréner ses gloussements.
Heureusement que Snape n'est pas descendu déjeuner finalement, sinon il aurait vite découvert le pot aux roses en voyant l'hilarité de ma troupe de nigauds.
« Dis-moi, Lily, je m'étonne, tu n'es pas censée défendre Snape?
– Mais pour qui tu me prends, Black? Ce type m'a traitée de Sang-de-Bourbe!
– Mais pourtant quand on lui faisait des farces tu
– Lily n'appréciait pas que Gryffondor en pâtisse, c'est tout, dit James en passant un bras autour des épaules de sa dulcinée. Mais là, on ne fait rien n'interdit, donc aucun risque, sourit-il, apparemment très content de lui.
Je ne fais rien d'interdit, tu veux dire, je rectifie. Toi, tu ne fais rien du tout
Il ne m'écoute même pas, il s'est mis à embrasser Lily.
Je me tourne vers Remus en secouant la tête. Et alors je me rappelle.
« Eh, Moony! Tu ne m'as jamais reparlé de la fille du bal!
– Oh, Sirius! soupire Remus. Mais qu'est-ce que tu veux que je te dise, à la fin?»
Je n'arrive pas à me décider pour une question en particulier alors je les balance toutes :
« Comment elle s'appelle? C'est une Serdaigle, non? En tout cas je suis certain qu'elle est en cinquième année! Tu comptes la revoir? Vous vous connaissez depuis quand? Vous êtes allés jusqu'où? Tu l'aimes? Tu vas l'épouser? Vous voulez combien d'enfants? Vous
– SIRIUS, COUCHÉ!» s'écrie Remus.
Je me calme aussitôt. Des fois, je m'emporte un peu.
« Il n'y a pas grand-chose à dire, dit Remus en haussant les épaules, les pommettes tout de même d'un rose suspect. J'avais un peu bu ce soir-là, voilà tout
– Aha, non, Moony, on ne me la fait pas à moi! Le seul verre que tu as tenu dans les mains, c'est moi qui l'ai bu!
– Ah oui? Oui, en effet L'approche de la pleine Lune, alors, je ne vois que ça
– Tu veux dire que c'était un flirt d'un soir? je demande avec une moue déçue.
– On peut dire ça comme ça.»
Je ne le crois qu'à moitié. J'imaginais Remus plus romantique.
« Et tu peux me dire d'où tu la sortais? Tu la cachais sous ta cape de vampire? Ou bien elle est tout naturellement tombée dans tes bras?
– Non. Si tu veux tout savoir nous avions acheté nos livres en même temps chez Fleury et Bott cet été, et
– DONC tu la connaissais avant! je triomphe en sautillant d'excitation.
– Oui, et alors?
– Donc vous aviez déjà discuté ensemble.
– Oui, et alors?
– Et tu as omis de nous en parler.
– Oui, et alors?
– Donc c'est plus sérieux.
– Oui, et Euh, non!
– Tu as dit "oui"! j'exulte en le pointant du doigt avec un grand sourire.
– C'était un automatisme! se défend - lamentablement - Remus.
– C'est cela, c'est cela je l'apaise, narquois. Et comment vos bouches en sont venues à faire connaissance à leur tour?
– Tu sais que tu devrais devenir journaliste people pour Sorcière Hebdo?
– Ne contourne pas la question Moony, je ne te lâcherai pas!»
Nouveau soupir. Il abandonne.
« C'est affreusement banal. Alors que tu ruminais dans ton coin, je l'ai vue en train de pleurer contre cette colonne, alors je suis allée la voir, je lui ai offert un mouchoir, elle m'a expliqué que son copain venait de la jeter pour une autre; j'ai dit que ce n'était qu'un idiot qui ne méritait pas toutes ces larmes, je l'ai fait sourire en lui parlant de la loque alcoolique qui me servait d'ami
– Qui ça?
– Toi, Sirius.
– Oh. Continue.
– Et voilà.
– Quoi, voilà?
– Tu veux que je te fasse un dessin?»
Bon sang, qu'il est désagréable quand il s'y met! Déjà qu'il m'oblige à lui tirer les vers du nez, et en plus il faut que j'extrapole sur des allusions!
« Et tu ne vas pas la revoir?
– Non, déclare-t-il d'un ton catégorique. Je lui ai expliqué que c'était une mauvaise idée.
– Mais pourquoi? Pour le peu que j'en ai vu, elle est jolie
– et gentille et intelligente et amusante, énumère Remus. Ce n'est pas d'elle que vient le problème.
– Il vient d'où alors, le problème?
– À ton avis? Tu ne vois pas un petit obstacle, comme par exemple le fait qu'une certaine personne n'est pas totalement humaine?»
Il a dit ce dernier mot à voix basse, la tête courbée, entre les cuisses de poulet et le gratin de pommes de terre.
Je rêve. Il nous la joue "amour impossible" et fatalité. Il se croit dans une tragédie grecque, ou quoi? En fait, il est encore plus romantique que ce que je croyais.
« Moony, c'est parfaitement idiot, je lui chuchote par-dessus la poivrière. Tu es humain vingt-neuf jours sur trente, je ne crois pas qu'elle aurait remarqué quoi que ce soit!
– On ne peut rien bâtir sur des fondations pourries. On ne se ment pas dans un couple.
– Ne ressors pas les vieux clichés, Moony. C'est n'importe quoi, du bla-bla de psychologues conjugaux. Je mens sans arrêt à mes copines, moi.
– Ah oui? fait hypocritement Remus. Combien de temps a duré ta plus longue histoire, déjà?
– Deux mois Mais je ne vois pas le rapport. Arrête de sourire comme ça. Il n'y a aucun rapport. Arrête, je te dis. Je n'ai pas encore trouvé l'amour, voilà tout!»
Alors que je prononce ces mots, je remarque que quelqu'un entre discrètement dans la salle. Snape. Je le suis des yeux tandis qu'il va s'asseoir à sa table.
« Quand on parle du loup, on en voit la queue» dit Remus.
Je lui lance ma serviette à la figure.

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Eh voilà, fini ! C'est plus long à chaque fois, on dirait
Dites-moi vite ce que vous en avez pensé!

Au cas où vous seriez incollables sur HP et où vous sauriez très bien que le père de Cedric Diggory s'appelle Amos, je précise que pour moi Eric est le petit frère de celui-ci. D'ailleurs, je ne crois pas que Amos Diggory soit particulièrement beau. Disons que Cedric tenait de son oncle ;).

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