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Disclaimer : Est-ce que Sirius, Severus et le monde qui va avec m'appartiennent?
JKR : NON! Ils sont à moi!
Sûre?
JKR : -trépigne- ILS SONT À MOI À MOI À MOI À MOI À MOI À MOI À MOI À MOI !
Un simple "oui" aurait suffit... Est-ce que je me fais du fric en utilisant les inventions dûment copyrightées de cette chère Joanne Rowling?
JKR : J'espère bien que non!
Non, en effet. La milliardaire, c'est vous.
JKR : Faut bien vivre.
Oui, oui, je suis bien d'accord.
JKR : J'ai deux gosses à élever, moi.
Ah bah oui, c'est vrai! ... Alors, vous devez recevoir des alloc, en plus?
JKR : ...

Notes : Ok, j'ai un jour de retard, mais j'en ai eu du mal à écrire ce chapitre. J'ai cru que je n'allais jamais y arriver. Jusqu'à ce que je comprenne que c'était l'ambiance sonore qui ne convenait pas. J'ai remisé Muse et ses "I don't love you and I never will" pour me rabattre sur la charmante niaiserie de Coldplay. Là, j'ai bien avancé. Mais ce n'était pas encore assez. J'ai fouillé dans les tréfonds de ma CDthèque jusqu'à ce que je trouve Eagle-Eye Cherry. Mais c'est bien sûr! Parfait pour les chapitres cucul-la-praline que vous allez devoir supporter désormais! Non, mais, pour ma défense, cet album me rappelle ma lecture d'une des meilleurs sagas fantastiques qui existent et que vous devez lire vous aussi - non, évidemment que je ne vais pas vous conseiller Harry Potter! - j'ai nommé Les chroniques d'Alvin le Faiseur, d'Orson Scott Card. Allez les chercher, maintenant. Un peu tard pour en faire un cadeau de Noël, mais sait-on jamais.
--- Un chapitre pas drôle. Cette fois, je peux vous l'assurer sans mentir. L'humour n'est pas totalement absent, mais bien plus rare que les dernières fois. C'est qu'il y a trop d'évolutions pour laisser place à grand-chose d'autre. Beaucoup de questions existentielles. une longue suite de dialogues successifs pas toujours très bien reliés. Il est phénoménalement long, donc lourd - enfin, moi, il me lourde. J'en ai écrit trop en trop peu de temps, peut-être que je le modifierai (raccourcirai ) par la suite. Enfin, j'espère que ça vous plaira quand même T-T... Mais je vous aurai prévenu!

Dédicace : Aux ciné-sup, qui éclairent nos journées tristes entre les murs du lycée.

Spoilers : Rien de neuf de ce côté dans ce chapitre.

Remerciements : À Jo, Jez, Sin, Elehyn et tous ceux qui supportent mes jérémiades quand je peine sur un chapitre, et à Radiohead car je n'écris jamais un chapitre sans cette musique sublime.

Reviewers : Gyaaaa 30 reviews au dernier chapitre, le bonheur! Ça commence à devenir long, ces réponses! Mais ce n'est pas un leurre, le chapitre est vraiment très long! N'empêche que le postage du chapitre a été retardé de deux heures à cause des notes v-v... Je crois que je posterai les notes après, la prochaine fois...
Pour ceux qui ne sont pas inscrits à ffnet et qui voudraient que je les prévienne à l'arrivée d'un nouveau chapitre (vu le temps que je mets en général...!), vous n'avez qu'à me donner votre adresse et me le dire dans votre review.
Miya Black : Merci, liseuse de notes! Vous avez été plusieurs à tenir à me rassurer à ce sujet! Vive Pooky et vive Garfield. « J'ai l'impression que tu te prends pour un humain, Garfield...» « Oui, d'ailleurs, il faudrait que je soigne ce complexe d'infériorité.» Mouahahaha! Ok, je me calme.
Shinia Marina : o.O Oula, tes cours, ils font peur lol. Mais, idée à retenir, je saurai à qui demander si j'ai besoin d'écrire un article sur les méduses australes. Comme tu l'as remarqué si justement, Sirius n'a pas fait la """blague""" à Severus incluant un certain loup-garou. Serait-ce une fic humoristique avec une fin triste...?
alana chantelune : Merci, je suis toujours étonnée que ma fic fasse rire lol... Gwen, je vais essayer de la cerner un peu plus tout de même, car elle est un peu floue... mais tant mieux si elle vous plaît. Cette fois tu n'es pas obligée de te taper toutes les notes!
Alexiel : Oublié de reviewer le dernier chapitre? ê-e Mais tu n'a reviewé aucun chapitre... Lol, je vais en déduire que tu as découvert cette fic au chapitre 5. Merci de me rassurer; en fait, même si je l'ai critiqué, je l'aimais bien, le chapitre 6. Le 7, par contre... (- totalement angoissée)
kétinka : Bon, ben, l'amitié naissante, elle grandit pas mal dans ce chapitre! C'est le moins qu'on puisse dire... Lol, une nouvelle semaine mouvementée à Poudlard... J'écris pas si bien, voyons, il n'y a pas de quoi en parler... Disons que j'écrivais peut-être assez bien, jusqu'à ce fichu chapitre 7... Mais non, je n'insiste pas lourdement, mais non! J'ai peeeuuur...
TiteSevie : Oui, c'était fait exprès que Sirius soit comparé à un chien, et si tu regardes bien, en fait, j'essaie toujours de coller des expressions avec un chien (nom d'un chien, ou même "en chien de fusil") sur Sirius. J'essaie de faire de même avec les autres, d'ailleurs. Dis, si tu veux de remerciements aussi dans le chapitre 8... ce serait drôlement bien que tu updates, non?
blacky : Je suis désoléééée... Que tout le monde sache que si Sirius dit que "Blacky, c'est moche" dans le chapitre 6, c'est uniquement pour que Sev l'appelle par son prénom!
Mystina : J'aime les truc écrits en capitale, gueulez-moi votre enthousiasme, ça fait du bien! Vu le nombre de réponses aux reviews qu'il y a maintenant, je ne vous en veux pas de ne pas lire autre chose que la vôtre!
lani : Au moins une qui connaît le Donjon de Naheulbeuk! Pour tous ceux qui connaissent pas cette géniale parodie d'aventure fantasy en mp3, allez faire un tour sur Nan, Sirius n'est pas encore amoureux... ou bien il ne le sait pas encore. Fichu déni de la réalité! ... Ah, je le savais que t'étais une salope!
Ankou : Ce que plusieurs ont soupçonné être un Sirius amoureux était en fait un Sirius qui tentait de demander à Sev de sortir avec lui pour remplir les conditions de son pari à la con... Mais c'est le fait qu'il renonce à lui demander qui indique qu'il y a anguille sous roche. C'est sûr que Servilus, c'est, euh... assez nul. Mais c'est vraiment méchant, alors ça rempli sa condition première...
Elehyn : Ouais, envoie Candy sur la bande des quatre! Lol, Sirius est pas à l'aise du tout dans ce chapitre! (Moi non pluuus... beuheuheuh, je vais pleureeer...) Adam Wilkes et son père je les vois comme les Malfoy, en fait, si vous voulez vous faire une idée... Remarque que James Potter aussi me fait penser à Malfoy, quelque part. Oui, le bouquin de Sev pourrait tomber en de mauvaises mains... celles de Sirius, par exemple? Lol, je vanne. (Quoique...) Et merci pour cette longue review!
chrisanimefan : Je m'excuse auprès de toutes les bibliothécaires (et documentalistes) pour Mme Pince qui est le stéréotype de la bibliothécaire chieuse... Merci de ta fidélité.
Dark Jezebel : Quoi mes pastilles, qu'est-ce qu'elles ont, mes pastilles! Vive les pastilles à la menthep... et vive les méduses! Allez, Jez, finis vite ton chapiiiitre...
nuage : Bravo nuage pour ta rapidité de reviewage en grand progrès, et désolée d'être en retard pour ta nouvelle dose... qui risque fort de te rester sur l'estomac... -sigh- Si quelqu'un lit toutes les réponses aux reviews, il verra une longue suite de lamentations sur le chapitre qui suit. Mais c'est que je suis vraiment anxieuse sur ce coup-là. «la vie sexuelle des cimex lectularius plus connues sous le nom de punaises de lit...» Mdr, je garde l'idée, ça pourrait servir!
Blue Nessae : T'inquiète, je finirai cette fic! Pas de problème... je sais pas combien de temps ça prendra, par contre... Déjà que je n'ai pas la moindre idée du nombre de chapitres qu'il y aura en tout...
Caroline Black : Oui, il me semble que tu m'as déjà dit que Sev était ton perso préféré avec Sirius! Moi, je les aime autant l'un que l'autre... Yééé! Forcément, ce sont les plus dark, les plus torturés, les plus... claaaaaasseuh!
Jo : Merci pour ta review toutoune, je sais pas pourquoi mais je t'ai oubliée à la première update... Alors j'édite pour te rendre justice. Géniallissime, comme tu y vas #o-o#... Bisou, je t'adore.
Tabasco : J'étais peut-être inspirée mon chapitre, mis toi tu étais inspirée pour ta review! j'aime les looongues reviews... Pourquoi Sev rit avec le truc de l'ulcère... ben... Dans la nouvelle version du chapitre 4, Sev raconte que ct ce que disait son grand-père... Et, alors que c'est un truc complètement tordu, Sirius le dit aussi et pour le même genre de raisons... puis il en rajoute en s'expliquant... et voilà... Bon, passons! Si c'était réaliste cette fic, ça se sauraitp! (Remarque, elle l'est assez, non?) Cette scène du souvenir de Sev est ma préférée du tome 5. On reparle du bandeau brièvement dans le chapitre qui vient, sinon, mais je n'ai pas trop insisté car c'est déjà assez chiant comme ça XP.
mad-eye-amarad : Ouais, c'est vrai que Sirius s'y prend pas si mal avec Sev... Si son coeur est de glace, c'est peut-être un abus de pastilles mentholées? ... Hum, je suis fatiguée, je commence à dire n'importe quoi. Mais oui, cette glace elle a déjà commencé à fondre!
Luthien : Ouais, j'essaie de faire croire que j'ai une culture alors je cause de Cendrillon... (culture Disney LOL). Non mais, sans blague, mes fics sont pleines de références, si, si! Surtout aux films de Rickman, en fait... J'aurais dû placer le bandeau bcp plus tôt en fait, mais moi aussi jel'avais oublié!
Sin the Sinful fanficeuse : Sin, tes reviews sont sûrement les plus bizarres. Qu'est-ce que c'est que cette histoire de guirlande mdr! Ouééé, tu as casé la méduse toi aussi! Bravo d'avoir updaté! Et qu'on ne moque pas mes pastilles à la menthe... Kiss Coooooleuh! Et oui, ma fic est longue, et tu vas pouvoir rajouter une ptite dizaine de pages avec ce chapitre...
Yoda-Ben : Hé, Sirius est le dérideur officiel de Severus désormais. Et même, dans le chapitre 8, il va réussir à le faire... mmgn... Tais-toi, Arca, ne révèle pas tes surprises... Enfin. J'espère bien qu'ils sont toujours chous dans le chapitre 7 - malgré les autres défauts à côté... (mais naaaan j'en rajoute pas, je vous prépare psychologiquement, c'est tout!)
Lome : Merci pour mes Sev, je les aime bien aussi, même s'ils ne sont pas assez classe... La classe Severussienne est un bouclier anti-humour inattaquable, alors je suis obligée de contourner un peu... Idem pour Sirius, d'ailleurs.
Nuwanda : Je ridiculise Sirius, mais c'est pour son bien. Si j'arrive à changer ton regard sur Sev, tant mieux! D'ailleurs, si tu veux le voir vraiment différemment (genre avec un canard en caoutchouc), jette un oeil à mon autre fic lol...
salh : Ma ptite sardine, je ne te féliciterai pas pour la longueur de tes reviews, mais je te reconnais une certaine concision!
Darksnape : Connectée à Sirius par la pensée, mmh? Je sais pas si ça se soigne... Bon, tant que imagines Sev en caleçon, ça va encorep... J'essaierai pas de ne pas dénaturer Sev dans mon délire, promis!
Blood-Countess : Désolée de pas trop t'avoir écrit, mais en fait j'ai écrit quasiment à personne ces derniers temps, j'ai encore une 15aine de mails en attente ... Mon chapitre passe en priorité!
Phonzine : Mé non il est pas fou, Sirius, c'est... son instinct maternel qui est très développé. Merci de ta review ma Zine, et joyeux Noël!
Paradise1 : Ouf, si ffnet a choisi que c'est à moi que tu arriverais à envoyer un review, c'est sûrement que c'est ma fic la meilleure lolllll...
SuuAnda : Quoi quoi quoi, encore une qui n'aime pas Sirius, mmh? Tant que tu ne me sors pas les horreurs de Morgane, je tolèèère... J'aime les timbrés, t'en fais pas, moi-même je suis une Tarée professionnelle.
Allez, le chapitre! Désolée, j'étais pas inspirée pour le titre -.-...

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7. Le fauteuil

Assis en tailleur devant la cheminée de la salle commune, je frotte mes mains l'une contre l'autre devant les flammes pour les réchauffer.
Le froid m'a saisi dès ma sortie de l'infirmerie. J'y serais bien resté encore un peu Je secoue la tête.
Qu'est-ce que je foutais dans cette infirmerie, d'abord?
Question pertinente. J'étais inquiet, voilà.
Cependant, il n'y a pas de honte à cela. Je ne suis pas un monstre, non plus. Même un Serpentard, même Severus Snape ne mérite pas de se faire rouer de coup dans un cachot humide. Quand je l'ai trouvé, j'ai cru Il ne bougeait plus. Alors forcément, après, j'étais inquiet. C'est humain. J'ai voulu l'accompagner, j'ai voulu aider, j'ai voulu rester, et je me suis endormi. C'est tout.
Ou presque.
Comment ai-je pu partager un fou rire avec Severus Snape! Avant hier matin, je ne savais même pas qu'il était capable de produire autre chose qu'un ricanement moqueur. C'est assez perturbant, de voir Severus Snape rire. J'avais failli en tomber de ma chaise.
Hé, finalement, c'est lui qui est tombé.
Même si je n'ai toujours pas compris ce qu'il y avait de drôle dans le fait que mon père ait eu un ulcère, je peux toujours me vanter d'avoir déridé Mr Stoïque. Me vanter auprès de qui, ça, par contre, je ne vois pas Personne n'en a rien à tricoter de l'humour de Snape. Mais je suis content quand même. Il y a quelque chose qui cloche chez moi.
Et chez lui?
Le bandeau de pirate est posé sur mes genoux. Qu'est-ce que ça veut dire, ça? Je suis censé le prendre comment? Je ne trouve aucune explication plausible au fait que cet objet se soit trouvé en la possession de Snape durant tout ce temps J'en tire juste une joie tout à fait infantile, que je n'essaie même pas de réprimer.
Bon, j'ai besoin d'une douche. Brûlante.
- O -
Tout est silencieux lorsque j'entre dans le dortoir. Les autres doivent tous reposer encore dans les bras de Morphée.
Je vais pour défaire mes draps afin de donner l'impression que j'y ai dormi, mais le subterfuge m'apparaît vite comme inutile comme je me rappelle que je ne fais de toute façon jamais mon lit. Je me contente d'aller dire bonjour à Pookie, qui m'a bien manqué durant ma nuit pour le moins cauchemardesque. Brave nounours. Je me dirige vers la salle de bain. J'ouvre la porte et trouve James, une serviette de bain autour de la taille, en train de s'examiner les ailes du nez dans la glace.
« Oh non, par pitié! je m'écrie théâtralement en refermant la porte derrière moi. Tout, mais pas ça!»
Il se retourne d'un bond.
« Sirius! Tu m'as fait peur!
– Je t'en supplie, ôte de ma vue ce corps rachitique!» je gémis en me couvrant les yeux.
Non pas qu'il soit si maigre. Mais s'il croit que je n'ai pas remarqué que depuis une semaine il ne mange presque plus rien, il est temps de lui démontrer le contraire.
« Rachitique! Je suis plus musclé que toi, Mr Tout-Mou! rit-il en me balançant la première chose qui lui tombe sous la main - c'est-à-dire une brosse à dents.
Peter est mou; moi, je suis souple, je fais avec un clin d'il. Et toi, tu es rachitique.
Remus est rachitique, réplique James en remettant ses lunettes en place. Moi, je suis svelte. Et toi, tu devrais te remettre au Quidditch, tu t'empâtes.
– Sûrement pas, je refuse en tirant la langue. Tenir un balai, ça rend les mains calleuses.»
Et je lui renvoie la brosse à dents, agrémentée d'un petit charme afin qu'elle lui frotte sauvagement le nez.
« Tiens, voilà pour tes points noirs!
– Eh! Arrête! C'est pas juste, je suis désarmé! proteste James sous les assauts de la brosse vengeresse. Oh, et puis, je m'en fous : c'est ta brosse à dents, de toute façon
– Ma! Finite incantatem
Et les deux crétins que nous sommes nous mettons à rire comme des bossus, rire comme nous ne l'avions pas fait depuis trop longtemps. N'aurions-nous pas un peu oublié que nous sommes les meilleurs amis du monde, quelque part, en chemin?
« Je t'adore, Prongs!»
Uh.
J'ai dit ça à voix haute!
James éclate de rire. Bien sûr.
« C'est ça, adore-moi! En attendant, je ne devrais même pas t'adresser la parole!
– Pourquoi?» Zut, James, c'est comme cela que tu réponds à ma déclaration d'amitié?
« Pourquoi? Tu me demandes pourquoi! s'indigne-t-il en m'écartant sans ménagement pour attraper sa robe, accrochée au portemanteau de la porte. Tu as découché, mon salaud! Juste le soir où on décide de retourner à la grande tour Nord-Nord-Est pour compléter la Carte, monsieur est titillé par sa libido! Ça fait deux mois qu'on n'a pas fait une sortie de ce genre! J'espère au moins qu'elle en valait la peine»
Le reste de ses grognements sont étouffés lorsqu'il enfile sa robe. Pris de court, je mets un temps à réagir.
« Je Oh! Mais je Je n'étais pas avec une fille!»
La tête de James jaillit de l'encolure de sa robe.
« Mais alors, tu étais avec qui!
– Qu'est-ce qui te fait croire que j'étais avec quelqu'un?
– Mmh, peut-être le fait qu'hier soir, tu aies débarqué dans la chambre en trombe, pour attraper un bouquin et repartir aussi vite en lançant : "Quelqu'un à voir, je reviens!" Ça t'irait, ça?
– Effectivement. C'est assez bien vu, je dois le reconnaître.
– N'est-ce pas.»
Une idée me frappe tout à coup, et je plonge la main dans la poche à contenance amplifiée de ma robe. J'en sors La reproduction des méduses australes en Antarctique.
« Mince, du coup, j'ai oublié de lui donner!
– N'essaie pas de changer de sujet avec ton bouquin débile! Réponds-moi : t'étais avec qui?»
Je regarde mon ami dans les yeux. Je n'ai jamais rien caché à James.
« Avec Snape.
QUOI! hurle mon ami, les yeux exorbités.
– Mais qu'est-ce qui se passe, ici? Tiens, Sirius, te voilà!»
Peter vient d'entrer dans la pièce en se frottant les yeux d'un air ensommeillé.
« SIRIUS A PASSÉ LA NUIT AVEC SNIVELLUS! crie James en levant les bras au ciel.
– Ah oui? Qu'est-ce que vous avez fait?» demande innocemment Peter.
En proie à la consternation la plus totale, James cligne des yeux, les bras toujours en l'air. Je juge bon de rectifier le tir.
« James, ne va pas t'imaginer quoi que ce soit Je n'ai rien fait avec Snape
– Vous avez joué aux cartes explosives, c'est ça! ironise-t-il.
– Euh non On a dormi
– Tu l'avoues! Vous avez "dormi" ensemble!
– Hein! fait Peter d'un air horrifié.
– Mais non, pas ensemble, voyons! Juste dans la même pièce! Et c'était un accident! Je n'avais pas du tout prévu d'y passer la nuit
– Passer la nuit OÙ, à la fin!
– À euh Je ne peux pas te le dire.
– Et pourquoi tu ne peux pas me le dire, je te prie?
– Parce que» J'ai promis. « Parce que j'ai un stupide pari à honorer et que je n'y arriverai jamais si tu ne me laisses pas faire comme je l'entends, voilà!»
James croise les bras sur sa poitrine, contrarié. Peter se passe une main dans les cheveux en secouant la tête avec fatigue.
« Je suis complètement dans la choucroute» grommelle-t-il en se dirigeant vers le lavabo dont il ouvre le robinet pour s'asperger le visage.
Un coup d'il à l'air furieux de James m'indique qu'il semble décidé à remettre ça. Je m'attends à voir de la fumée lui sortir des oreilles, quand il explose enfin :
« Mais quand même, TU NOUS AS PRÉFÉRÉ SNIVELLUS!»
C'est alors que la porte s'ouvre encore une fois en grand, et qu'un Remus exténué apparaît sur le seuil.
« Bon, alors. Sirius, tu nous as lâchés hier et c'était nul, excuse-toi. James, arrête de faire la gueule et pardonne à ton meilleur ami parce que c'est toi qui l'as mis dans cette situation avec Snape. Peter, lâche tout de suite cette brosse à dents, c'est celle de Sirius. Je retourne me coucher; essayez de vous engueuler un peu moins fort, s'il vous plaît, il y en a qui ont une transformation éprouvante à endurer dans quatre jours.»
Il tourne les talons et referme la porte comme un coucou moldu rentrerait dans sa maison après avoir donné l'heure (j'aimais bien quand Lily nous montrait tous ces trucs bizarres).
Je souris à James, un peu penaud.
« Je suis désolé de vous avoir plantés comme cela, ce n'était vraiment pas mon intention de départ
– Je te pardonne.
– Merci! Tu n'arrives jamais à m'en vouloir, pas vrai?
– Là n'est pas la question, répond James en balayant la question de la main. Quand un loup-garou te donne un ordre, tu n'as plus qu'à obéir si tu tiens à la chair tendre de ton postérieur.
– J'ai entendu! nous parvient la voix étouffée de Remus derrière la porte.
– J'espère bien!» dit James d'une voix forte. Puis, plus bas : « Je déteste quand son ouïe devient surdéveloppée, pas toi?»
Je hoche la tête avec lassitude.
« Mais dis-moi, Prongs Pour quelle raison peux-tu bien être debout à huit heures un dimanche? Cette inspection nasale était donc si urgente?
– J'ai simplement décidé de me lever de bonne heure»
De bonne heure? James? Il a perdu l'esprit.
Je décide néanmoins de le soutenir moralement dans cette épreuve.
« L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, j'acquiesce, reconnaissant la sagesse de cette décision.
– Non, la salle de bain appartient à ceux qui se lèvent tôt, rectifie James. J'ai juste omis de pousser le verrou, histoire d'éviter les parasites dans votre genre
– Mon âme de chien est blessée de cette comparaison, je bougonne.
– Mon âme de rat a l'habitude, soupire Peter avec philosophie.
– Quoi qu'il en soit, ceci ne nous explique pas pourquoi tu devais squatter la salle de bain à cette heure indécente»
James, qui se débat avec un peigne pour arranger ses cheveux mouillés, ébauche un sourire énigmatique assaisonné d'un haussement de sourcil hautain.
« Vous aimeriez bien que je vous le dise, heeeiiin?»
Je lève les yeux au ciel.
« Ça y est, j'ai déjà perdu l'envie de savoir!
– Moi aussi, renchérit Peter.
Vos gueules! crie Remus dans la pièce voisine.
– Bien. Puisque c'est ça, je ne vous dirai rien, bande d'égoïstes.
– Attends un peu, je crois deviner : tu as un rencard, je me trompe?
– Ha Qui sait?»
Je me réjouis intérieurement. Il peut toujours faire des mystères, je suis certain qu'il a un rendez-vous. Je savais bien qu'entre lui et Lily, ça ne pouvait finir aussi stupidement.
« Vous me trouvez comment? s'enquiert James en abandonnant le peigne sur le bord du lavabo.
– Euh commence Peter. Il y a quelque chose de changé par rapport à d'habitude?
– Ça ne se voit pas?
– Ah, mais si, je souris. Ton nez est curieusement rouge.
– Enfoiré.
– Je t'aime aussi, vieux frère.»

- O - O - O -

« Il fait beau, non?» s'exclame James en ouvrant grand les bras au soleil du début d'après-midi.
En train de me frictionner énergiquement les bras, je lui adresse un regard plutôt froid.
« Quelque chose qui ne va pas, Padfoot?
– Bon sang. James. Es-tu seulement humain?
– Eh bien, aux dernières nouv
– Je te signale qu'on gèle littéralement!
– C'est vrai qu'on pourrait se croire en hiver.» Il inspire à plein poumons. « Hhha! Ne trouves-tu pas l'air frais vivifiant?
– C'est ça. Je me sens vivant comme un sorbet glacé.»
James joint les mains et papillonne des paupières.
« Tu es un véritable poète, Siri.
– Un poète qui ne sera bientôt plus qu'une stalagmite géante, je grommelle. On pourrait rentrer?
– Tu n'as qu'à jeter un sort de chaleur sur ta Mais qu'est-ce que tu as fait de ta cape?»
J'applaudis son sens de l'observation, vraiment.
« Je l'ai oubliée quelque part», je marmonne. Sur les épaules de Snape.
Que ma bonté naturelle soit maudite.
« Ahin commente mon ami d'un air entendu.
– Quoi, quoi "ahin", quoi? Arrête avec tes insinuations, depuis ce matin tu ne fais que ça!
– Tu avais ta cape, hier soir Tu l'as donc enlevée en présence de Snape!»
Quelle perspicacité. Je soupire.
« Ça servira à quelque chose si je te jure n'avoir enlevé que ma cape?
– Mmh Nan.
– Tu sais que tu commences vraiment à me
– Ça alors! me coupe-t-il. Sirius, regarde qui arrive! Ton amant de la nuit dernière!»
Loin de me retourner, je me fige comme un bloc de glace - ce que je suis déjà plus ou moins.
« Attends, on va l'appeler, peut-être que lui voudra bien me raconter où vous étiez hier soir!
– James, non!»
Je ne peux pas me retrouver en présence de ces deux-là en même temps. Je ne peux pas
Pivotant lentement sur moi-même, je suis des yeux mon ami qui déjà, sans m'écouter, va couper la route du Serpentard longeant le mur du château non loin. Celui-ci ralentit progressivement à la vue de James, et s'arrête finalement à quelques mètres de lui. Il jette dans ma direction un bref coup d'il, que je fuis misérablement. Qu'est-ce que je fais!
« Snivelly! j'entends James s'écrier. Toi ici, quelle coïncidence!
– Qu'est-ce qu'il y a, Potter?»
Je m'approche de la scène avec appréhension. Snape toise mon ami d'un air farouche. Il ne m'accorde pas un regard.
« C'est marrant, tout de même, cette façon que tu as de te trouver immanquablement sur notre route! remarque James. Si je ne te connaissais pas si bien, je pourrais croire que tu nous espionnes!
– Toujours aussi nombriliste, Potter. Cesse un peu de croire que le monde entier tourne autour de toi.
– Toujours aussi mégalo, Snape, réplique James sur le même ton. Cesse un peu de te prendre pour le monde entier.»
Le Serpentard pince les lèvres. Gryffondor : deux, Serpentard : zéro.
« Tu préférerais voir Evans collée à tes basques plutôt que moi, je n'en doute pas. Dommage, la demoiselle semble faire défaut à ta cour, depuis quelque temps
– Va te faire voir», rougit James.
Les lèvres de Snape se retroussent en un rictus où se lit tout le mépris imaginable.
« Comme tu dois souffrir Pour une torture d'un tel raffinement, je pourrais presque réussir à la considérer comme une égale.»
Fumier! Pourquoi suis-je choqué par la bassesse de ce coup? C'est Snape. Il a toujours eu ce genre de répartie. N'empêche, quelque part, j'en ressens du dépit.
« Arrête de t'en prendre à elle, espèce de lâche! crache James.
– C'est toujours un sujet sensible, à ce que je vois? Comme c'est touchant. J'en pleurerais.»
Le visage du Gryffondor se durcit.
« Eh bien, pleure donc, Snivellus. Je sais combien tu es doué pour cela.
– Renouvelle ton stock d'insultes, Potter ricane Snape, qui crispe néanmoins la mâchoire - et la main dans sa poche.
– Oh, mais tu voudrais peut-être qu'on te file un coup de main? Qu'est-ce que tu en dis, Padfoot?
– Prongs, arrête je murmure en baissant la tête.
– Allez, enfin, ce serait si facile! Regarde, le temps qu'il sorte sa baguette je peux le désarmer trois fois»
Joignant le geste à la parole, il lance un puissant expelliarmus à la vitesse de l'éclair. Snape a le même réflexe, mais une fraction de seconde trop tard. Sa baguette atterrit dans la main de James et il est projeté en arrière et s'affale sur le sol dur et glissant.
« Tu es décidément un duelliste pathétique, Snape, se moque James en s'approchant de lui, une baguette dans chaque main. Tu veux voir ce qu'on peut faire avec deux baguettes?
– James» je l'appelle dans une plainte à peine audible.
Putain putain putain. Fais chier. C'est la merde. Mon langage se barre en couille, je vais disjoncter.
James, Snape, Snape, James; mon meilleur ami depuis les bacs à sables, une victime de maltraitances depuis des années - je me place dans quel camp!
James ne se rend pas compte du dilemme qu'il m'impose. Il pense que je vais me ranger de son côté. Comme je l'ai toujours fait. Comme je devrais sûrement le faire.
Je ne peux pas.
« James, je répète plus fermement.
– Une suggestion, Padfoot?
– Laisse-le.»
Il tourne brusquement la tête dans ma direction, stupéfait.
« Qu'est-ce que tu dis?»
Je ne sais pas si j'ai pris la bonne décision, mais maintenant que j'ai un pied dans le vide, autant mettre aussi le deuxième et voir si je sais voler. Mais qu'est-ce que c'est encore que cette métaphore pourrie?
« Laisse-le, James. S'il te plaît.»
Il me dévisage, bouche bée.
« Est-ce que tu te sens bien?
– Pas vraiment, non», je réponds, maussade. C'est peut-être le pudding de ce midi qui est mal passé?
Cerveau, boucle-la, tu ne m'aides pas. Je parle avec mon cur et mes tripes, là, c'est beau, c'est fort; je n'ai pas besoin de ton rationalisme ridicule.
Tu vas faire une bêtise, sans moi.
On ne peut pas dire que tu m'en aies beaucoup préservé, jusqu'ici
« Rends-lui sa baguette et laisse-le partir.
– Mais je vais le faire! Dès que j'aurais pu m'amuser un peu avec lui»
Presque mécaniquement, je sors ma propre baguette et la pointe sur mon ami.
« Ne m'oblige pas à m'en servir contre toi, James», j'articule sèchement.
Je crois que j'ai basculé tout entier dans le vide intersidéral, là.
« Tu as perdu la raison! rugit-il.
– Peut-être bien.»
Un instant, je crois qu'il va me frapper. Mais ses yeux incrédules sondent désespérément les miens à la recherche d'une réponse que je ne peux lui fournir.
Il baisse finalement les bras. Avec un écurement manifeste, il jette la baguette de Snape sur le sol et tourne les talons pour rentrer au château d'un pas rageur. J'ai envie de pleurer, tout à coup.
Il m'a regardé avec dégoût. J'aurais préféré qu'il me mette son poing dans la figure.
Une boule dans la gorge, je le regarde disparaître, avant de reporter mon attention sur Snape. Celui-ci a l'air tout aussi éberlué que James l'instant d'avant. Je lui tends la main pour l'aider à se relever; il accepte sans broncher.
« Tiens, voilà ta baguette, je fais simplement.
– Je Tu Il balbutie Snape.
– Tu récites tes conjugaisons?» je plaisante.
Il se tait un moment, durant lequel je soutiens son regard perçant.
« Je suppose que je dois encore te remercier.
– Pas si ça t'écorche la bouche», je hausse les épaules.
Il fait de nouveau cette chose extraordinaire qui ne cesse de m'émerveiller - un sourire. Un peu triste, néanmoins.
« C'est la troisième fois depuis hier que tu me sauves la mise. Qu'est-ce que tu cherches? Tu veux que j'aie une dette envers toi?»
Je laisse échapper un petit rire.
« Allons, Snape. Les Gryffondors ne sont pas aussi calculateurs.
– J'essaie de comprendre Je tentais de ne rien prendre au sérieux, jusqu'ici, mais là»
Il se frotte les yeux d'un air accablé. Que veut-il que je lui dise? Je suis au moins aussi perdu que lui.
« Peut-être que je veux juste que tu aies confiance en moi.
– Ha! Confiance? Mais c'est qu'il a l'air sérieux, en plus!
– Je le suis.
– Je n'ai jamais eu confiance en personne, Black, et certainement pas en toi.
– Il n'est jamais trop tard pour bien faire.
– Comment veux-tu que j'ai confiance en toi après des années de coups fourrés?»
Je baisse les yeux.
« Je sais. Il ne me reste qu'à essayer de rattraper tout cela
– Et comment, je te prie?
– En En empêchant qu'il t'arrive du mal?»
Il a un rire bref et sans joie.
« Tu veux être mon ange gardien, Black? raille-t-il.
– Mmh, ta bonne étoile, plutôt» Ouh, le jeu de mot! Ouh, le jeu de mot!
Il a l'air profondément amusé. Je rêve, il se paie ma tête.
« Ne te marre pas! Tu crois que je suis en train de te raconter une histoire drôle, ou quoi?
– Tu sais ce que je crois? Je crois que tu as reçu un coup sur la tête qui a entraîné une commotion cérébrale.
– Mouais, ça se tient, j'opine, faussement sérieux. Je me suis éclaté le crâne contre un mur, il y a trois semaines.» À son froncement de sourcils, j'explique : « La potion d'épouvante m'avait donné des envies d'auto-défenestration.»
J'ai sorti cela d'un ton léger, mais l'expression du Serpentard s'assombrit. Il tire un peu sur son écharpe pour y enfouir son menton.
« Bon, je je vais y aller. Merci pour tout. Il faut que je passe à la bibliothèque.
– D'accord Tiens, au fait! je me rappelle soudain. Voilà ton livre!»
Je tends à Snape La reproduction des méduses australes en Antarctique, trop heureux de me débarrasser de ce bouquin au titre idiot.
« Attends», dis-je au moment où il va s'en emparer. Je sors de ma poche le bandeau de pirate et le glisse entre les pages. « Ton marque-page»
Il plisse les yeux, décontenancé, mais saisit néanmoins le livre sans un commentaire.
« J'ai toujours ta cape, grimace-t-il. Je suis désolé, je ne l'ai pas ici» Il regarde autour de lui d'un air confus. « Je te la rendrai la prochaine fois. Tu n'as qu'à prendre la mienne.
– Non non, ce n'est pas la peine! j'assure, un peu surpris par la proposition; mais un violent frisson qui me parcourt la colonne vertébrale vient contredire mes paroles.
– Mais si», insiste Snape en dégrafant sa cape pour la jeter d'autorité sur mes épaules.
L'étoffe est encore toute pleine de sa chaleur, et je me sens tout de suite beaucoup mieux.
« Tu as un instinct maternel très développé, Snape.
– Abruti. J'ai suffisamment de dettes comme cela Et si tu es malade, ça va encore me retomber dessus.»
J'attrape une de ses mains qui s'affairent à fixer l'agrafe du vêtement.
« Si je tombe malade, tu me veilleras à l'infirmerie.»
Il braque ses yeux noirs dans les miens, interdit, puis sur sa main dans la mienne. On pourrait cuire un uf sur ses joues. C'est charmant.
« Je euh»
Il dégage maladroitement sa main et recule d'un pas.
« Je pense que Potter sera là pour ça.»
Il détourne le regard, un nuage de vapeur blanche sortant de sa bouche au gré de sa respiration. L'instant de quiétude s'est évanoui, et j'ai de nouveau terriblement conscience du vent glacé qui souffle entre nous.
« Je ne sais pas s'il va me pardonner de sitôt
– Bien sûr que si. Ne dis pas de bêtise.»
Ces paroles me réconfortent et me peinent tout à la fois.
Il fait mine de partir. Je le retiens par le bras.
« À demain, alors en cours de botanique.»
Après une brève hésitation, il hoche la tête, puis s'éloigne.
Tremblant encore, je resserre la cape autour de mes épaules.

- O - O - O -

« Bravo, Mr Black, me félicite Flitwick. Vous avez réussi le premier. Comme toujours, devrais-je dire. Dix points pour Gryffondor.»
Je me tourne vers Remus.
« Bon sang, j'adore les cours de Charmes.
– Tu es doué, il faut dire. Ça doit faire partie de ton charme naturel.
– Crétin.»
Je lui lance ma boule de pétanque au visage. Elle se cogne mollement contre sa tempe et retombe sur le bureau avec un bruit flasque. Je ris.
« Ramollir le métal Est-ce que ça ne te donne pas des idées de farces absolument fantastiques?
– Va jouer ailleurs, Padfoot, s'agace Remus en me renvoyant la boule. Tout le monde n'a pas tes dons; j'essaie de me concentrer.
– Moony, tu deviens rabat-joie»
Vivement que la pleine Lune soit passée; un Remus irritable c'est franchement irritant.
J'ai une pensée triste pour cette longue nuit de sommeil que nous allons gaspiller à courir les bois. Le chien qui est en moi a une pensée joyeuse pour cette longue promenade nocturne que nous allons mener dans la Forêt.
Est-ce que cette histoire d'animagus ne me rendrait pas un peu schizophrène?
« Je m'inquiète, Sirius.»
Je regarde Remus avec étonnement.
« Ne fais pas cette tête. Cela fait trois jours que vous ne vous parlez plus, avec James.»
Je me rembrunis. Plus précisément : deux jours, vingt heures et quarante-sept minutes.
« C'est lui qui fait la gueule, je souligne. Mais je ne vais pas m'excuser! Il n'avait pas à me placer dans cette situation embarrassante. Enfin, Moony, toi qui est préfet, tu ne vas tout de même pas me reprocher d'avoir défendu Snape!»
Ouh, c'est petit, ça, mon vieux Sirius.
« Non, bien entendu Mais tu pourrais essayer d'en discuter avec James, au moins Au lieu de cela, je te vois de plus en plus souvent avec Snape.»
Je tressaille involontairement, et tente aussitôt de retrouver contenance en appuyant mon menton sur ma main dans une pause qui se veut nonchalante - et qui, assez probablement, ne l'est pas le moins du monde.
« Ah ah oui? Tu trouves?
– Je trouve. Et ta pâleur ne fait que me le confirmer observe finement le loup-garou.
– Ça va, inutile d'en rajouter Mais, euh d'autres l'ont remarqué?
– Je ne pense pas À part James, bien sûr.
– James? je répète avec une pointe de désespoir.
– Il a l'impression que tu le fais exprès pour le blesser. Je ne sais pas si c'est le cas, mais je peux te dire que ça marche.
– Quelle idée! Ce n'était pas du tout mon intention»
Je me sens affreusement mal. Et je n'ai pourtant pas mangé de pudding.
« Tu n'auras qu'à dire à Prongs que mon pari est en voie d'être honoré
– Et pourquoi tu ne lui dirais pas toi-même! J'en ai assez de jouer les intermédiaires!»
Bon. Ne pas froisser un gars qui va se changer en bête sanguinaire le lendemain soir.
« D'accord, Moody Moony, d'accord; je vais essayer de lui parler» Quand il aura reconnu être en tort.
Remus s'adoucit.
« Merci. Alors, avec Snape, ça avance, dis-tu?
– Euh oui» Pourquoi j'ai parlé de ça, moi?
« Tu as l'air de prendre cela très à cur.»
Je triture nerveusement ma boule de pétanque devenue aussi malléable qu'une balle en mousse.
« Non Je ferai ce que j'ai promis que je ferais, c'est tout. Question d'honneur. Le seul problème
– Oh! Regarde, j'ai réussi!»
Remus appuie frénétiquement sur sa boule avec extase. Au bout de quelques minutes de ce jeu, il paraît se souvenir de ma présence.
« Haha, euh Oui, tu disais? Quel est le problème?
– Rien» Inutile de faire semblant d'être intéressé, hein. « C'est juste que c'est bizarre.
– Qu'est-ce qui est bizarre?
– C'est C'est difficile à expliquer.»
Je marque une pause, cherchant mes mots. Les discussions sérieuses ne sont pas mon fort - depuis mon traumatisme à dix ans lorsque mes parents avaient envoyé Kreacher me parler des "choses de la vie", j'ai décidé que je préférais grandement l'humour en toutes circonstances.
« Tu vois Cela commence à faire un bout de temps que je fais semblant de de l'apprécier et j'en ai tellement pris l'habitude que ça paraît comme normal.»
Remus fronce les sourcils.
« Je veux dire qu'avant, je devais me forcer à faire tous ces trucs sourire en le voyant le traiter avec un minimum de gentillesse Mais maintenant, cette attitude me semble aller de soi. C'est celle que j'adopte sans même y penser, tu comprends?
– Je crois, acquiesce-t-il. À force de faire semblant d'être son ami, tu es devenu son ami.
– Oui! Euh, non! Non, nous ne sommes pas amis Il reste mon ennemi de toujours
– Qui essaies-tu de convaincre, Sirius? Moi, ou toi?»
Je me renfrogne.
« Moony, laisse-moi te dire que tu manques de tact.
– Tu peux parler, toi! s'offusque-t-il. Dans le genre "je-mets-les-pieds-dans-le-plat", tu n'es pas mauvais non plus!
– Ne me dis pas que tu m'en veux encore pour hier! Je suis sûr que Lisa
– Lenna!
– Je suis sûr que Lenna l'a pris avec humour!
– Certainement! Te voir débarquer au beau milieu de notre conversation en braillant "Remus, tu ne vas pas parler avec elle en public!", c'était vraiment très drôle.
– Je n'ai pas précisé qui était "elle"! Si Laura
– Lenna!
– Si Lenna l'a pris pour elle, c'est qu'elle avait quelque chose sur la conscience!

– Ha!
– C'est totalement idiot, comme raisonnement.
– Ouais, peut-être.
– Sûr.
– Si tu ne t'affichais pas avec une Serpentard devant tout le monde, aussi»
Remus écrase sa boule sur la table.
« Tu cherches vraiment à m'énerver ou bien c'est inné chez toi?»
Je lui fais mon sourire le plus éclatant.
« Ça doit faire partie de mon charme naturel.
– Crétin.»
Il boude un moment, puis me glisse un regard que, s'il ne s'agissait pas de Remus, je qualifierais de sournois.
« Dis-moi un peu, Padfoot
– Oui, mon loulou?
– Tu ne ressens que de l'amitié pour Snape, n'est-ce pas?»
Il me faut une seconde ou deux, le temps que la véritable question sous-entendue par le loup-garou ne m'apparaisse.
« Moony! je m'étrangle. Comment peux-tu? Je! Enfin! C'est très gênant!
– Tu ne réponds pas à ma question, là»
Mais il est sournois, ma parole.
« Évidemment, enfin! Que veux-tu que je ressente d'autre! Ce n'est pas parce que tu es amoureux d'une Serpentard que tout le monde doit faire de même!
– Pour la centième fois
– Tu n'es pas amoureux de Lina, d'accord.
– Lenna!
– Je sais. Je l'ai fait exprès pour te faire bisquer.»
Il me tire la langue.
« Pour ton impolitesse envers une amie à moi, je veux que tu te réconcilies avec James d'ici demain soir.
– Tu en profites, là.
– Exactement. Alors, c'est faisable?
– Mmh C'est faisable.»

- O - O - O -

Lorsque je vois James déboucher devant moi dans le couloir désert, je décide de ne pas m'embarrasser d'une quelconque délicatesse. Je lui saute littéralement dessus par derrière.
« PRONGS! Si tu savais ce que tu m'as manqué!
– Aaah! Sirius! suffoque-t-il.
– Oui, c'est moi!
– Lâche-moi! Tu m'étrangles!
– Oups.»
Je desserre mes bras autour de son cou.
« Si tu pouvais aussi descendre de mon dos, cela m'arrangerait, espèce de cinglé, ajoute-t-il froidement. C'est que tu pèses ton poids
– Nan.
– Comment ça, "nan"!
– C'est le seul moyen pour que tu cesses de m'ignorer.»
Ou s'il arrive à me porter sur son dos et prétendre malgré tout que je n'existe pas, je lui tire mon chapeau bien bas.
« Merlin, il t'a fallu toute la nuit pour concevoir un plan aussi élaboré?
– Comment le sais-tu? je m'étonne.
– Oh, Sirius
– Oui Jaaames?»
Si vous vous demandez si je suis content de moi sur ce coup, sans hésitation, je vous répondrai oui.
« Je ne veux pas mourir écrasé par un taré. Je mérite mieux que ça.
– Tu arrêtes de me faire la tête, alors?
– Ne rêve pas. Tu m'as trahi de façon parfaitement ignoble.
– Mais tu m'aimes beaucoup trop pour être vraiment fâché.
– Et qu'est-ce qui te fait penser une chose pareille! Tu n'imagines même pas à quel point je suis en colère!
– Tu veux un bisou?
– Grand Dieu non!
– Hé, ça me fait deux moyens de pression, deux.
– Reconnais plutôt ta faute, au lieu de faire le malin!
– C'est aussi de ta faute, Jamie.
– Ne m'appelle pas Jamie!
– Trois moyens de pression, trois.
– Il te manque une case, tu le sais?
– Et j'en suis fier.»
Être perché sur le dos de quelqu'un donne immédiatement une impression de supériorité tout à fait réjouissante. Je me sens prêt à m'établir pour aussi longtemps qu'il le faudra.
« En quoi j'ai eu un tort quelconque dans l'incident de dimanche dernier? finit par s'enquérir James, à ma grande satisfaction.
– Tu t'en es pris à Snape en ma présence, négligeant le fait que je suis censé avoir des vues sur lui, Jamie.
– C'était une raison pour braquer ta baguette sur moi!
– Il fallait bien que je fasse bonne figure devant Snivellus. Je te rappelle que c'est aussi à cause de toi que je dois faire tout ça.
– Tu es en train de me démontrer que je n'ai fait que récolter ce que j'ai semé, c'est cela?
– À peu près, oui. Il comprend vite, ce petit.»
Je lui tapote gentiment la tête.
« Bon, alors, on arrête tout ça, dit calmement James.
– Tout quoi?
– Toute cette histoire de pari stupide. Je te délivre de tes obligations envers Snape. Descends de mon dos, je ne t'en veux plus.»
Je m'attendais à tout, sauf à cela. Je me laisse glisser à terre, un peu pantelant.
« La vache, mon dos! Padfoot, tu es une vraie plaie! Tu pèses combien, au juste?
– Mais Mais non!
– Quoi encore?
– Non! Tu ne peux pas me dire de tout arrêter comme ça!
– Un peu, que je peux! Ce pari t'a retourné contre moi en face de mon pire ennemi, tu ne crois pas que j'aie envie de continuer?
– Tu n'as pas le droit de faire ça!
– Quel est le problème, Sirius? Tu n'es pas rassuré de te débarrasser de ce gage immonde?
– Bah» Non, pas du tout.
J'ai cette impression bizarre qu'on m'enlève le pain de la bouche.
« Explique-toi, Sirius, parce que, là, je suis paumé.
– Eh bien Je me suis démené pour respecter les termes de ce pari que j'ai perdu Alors, maintenant que je suis si près du but, tu ne peux pas me demander de tout foutre en l'air»
James a l'air soupçonneux quant à cette explication.
« Je vois ce que tu veux dire, Sirius Enfin, je crois Continue à draguer Snivellus, dans ce cas, Mr L'Allumeur Professionnel. Mais tu es tout de même un peu masochiste.»
Je souris avec soulagement.
« Ça fait partie de mon charme naturel.»

- O - O - O -

Nous nous asseyons à la table de Gryffondor comme un troupeau de zombies revenant de la discothèque.
« C'est affreux, je gémis. Mon dodo
– Courage, Padfoot, dit James. Pense donc à ce pauvre Moony qui va passer la journée à l'infirmerie.
– À dormir! geint Peter.
– Ah, oui, c'est vrai
– La pleine Lune ne devrait jamais tomber en semaine.
– Ouais.
– Ouais.»
Quelle discussion.
« Pfff je souffle en m'étalant sur la table. Je déteste les jeudis.
– Ça tombe bien, on est vendredi marmonne James.
– Quoi? je me redresse. T'es sûr?
– Bah oui Demain on est samedi, alors
– En plus, hier, on était jeudi bafouille Peter, à moitié endormi sur ses bras.
– Tu veux dire que c'est aujourd'hui qu'on a Potion?
– Ce n'est pas le seul jour de la semaine où on a Potion, je te ferai remarquer.
– Non, mais c'est aujourd'hui que je dois faire équipe avec Snape!
– Oh.
– Oh.»
Un silence.
« Et alors?
– Ben, je sais pas, moi Je ne suis pas préparé psychologiquement
– En plus, après une nuit blanche, un cours de potion n'est vraiment pas indiqué, note Peter. Avec ma chance, je vais sans doute faire exploser mon chaudron
– Et puis, avec les valises que tu as sous les yeux, Snape ne voudra pas de toi, glousse James.
– C'est très malin.»
Bon sang, il a raison, je dois être hideux!
- O -
« J'ai emprunté ces fleurs de vent au professeur Sprout», explique Stuffbell en distribuant le dernier pot en terre.
D'un gabarit impressionnant, chaque pot ne contient pourtant qu'une sorte de minuscule pissenlit.
« Vous allez tester quelques gouttes de votre potion sur votre plante, j'en constaterai les résultats et en déduirai votre note. Ensuite, je vais vous enseigner comment inverser les effets de la potion de croissance, c'est-à-dire comment obtenir une potion? de?»
On entendrait une mouche soûle hoqueter dans le silence cataleptique.
« Mr Black?»
Je relève vivement la tête, ayant peut-être somnolé quelques secondes.
« Euh Vous pouvez répéter la question?
– Stéphanie de Monaco baragouine Peter, profondément endormi à la table derrière moi.
– Je vois se décourage Stuffbell. Demandons à votre camarade - Mr Snape?
– Une potion de dégénérescence, répond l'intéressé d'un air ennuyé.
– Bien, cinq points pour Serpentard. Vous irez chercher vos fioles respectives sur la table - les uns après les autres! Je ne veux pas d'accident!»
Je secoue la tête pour essayer de me réveiller.
« Tu vas tenir jusqu'à la fin du cours, Black? s'informe Snape avec une grimace.
– Oui, oui. Un peu fatigué, c'est tout.
– C'est le moins qu'on puisse dire. Si tu t'évanouis, essaie de ne pas tomber sur le chaudron, tu veux.
– C'est gentil.
– Pas du tout, ça m'ennuirait d'avoir à refaire la préparation à cause de toi. Qu'est-ce que tu as fait de ta nuit?
– Eh bien J'ai C'est-à-dire» Je me suis transformé en chien et j'ai accompagné mes amis, sous les formes d'un rat, d'un cerf et d'un loup-garou, dans la Forêt Interdite, où nous avons gambadé joyeusement jusqu'au petit matin. Pourquoi, ça t'étonne?
« Cela a un rapport avec l'absence de Lupin, n'est-ce pas?»
Il est trop futé, c'est agaçant.
« Écoute, Snape, je suis désolé
– Mais tu ne me fais pas assez confiance pour me révéler ce genre d'informations.
– Ce n'est pas ça» En fait, si, c'est exactement cela. « Il ne s'agit pas que de moi, tu comprends
– Oui, bien sûr, je comprends grogne-t-il. Je vais chercher la potion.»
Qu'il est susceptible. Pire qu'une fille.
Le temps qu'il revienne, je me suis déjà assoupi. Je n'ai jamais été aussi exténué de ma vie. J'ai eu des cauchemars toute la semaine, j'ai dû jouer au Quidditch avec James la veille pour me faire pardonner, et pour conclure en beauté, il ne manquait vraiment plus que la nuit de la pleine Lune.
« Allez, Black, remue-toi un peu.
– Mmh.
– Bois ça.»
Il me colle une flasque dans la main.
« Il te faut un biberon, ou ça va comme ça?
– Qu'est-ce que c'est? je m'enquiers mollement, ouvrant un il suspicieux.
– Du punch-coco.
– Sans rire! je m'éveille, mon intérêt soudain avivé.
– Mais non, c'est une potion revigorante, individu stupide»
Dommage
Je considère la bouteille avec méfiance.
« Tu te balades avec ça sur toi?
– Tu n'es pas le seul à avoir des problèmes de sommeil.
– Pourtant, à l'infirmerie, tu avais dormi comme un bébé, je rigole.
– Et qu'est-ce que tu en sais, tu m'as surveillé toute la nuit peut-être?
– Euh j'hésite. N Non, pas toute la nuit»
Bon, on ne va pas faire un plat pour quelques heures à l'observer dans le noir.
Pour changer de sujet, j'avale une grande gorgée de potion.
« Ouah, tu mets combien de menthe, là-dedans?
– Ça passe le goût se justifie-t-il.
– Tu ne serais pas un peu accro à la menthe, des fois?»
Il a un reniflement dédaigneux.
« Oui, ben, c'est moins dangereux que le punch. Alors, ça va mieux?
– Eh, ouais, ça donne un sacré coup de fouet! Il faudra que tu me files la recette!
– Tut tut. C'est ma recette personnelle, classée ultra-confidentielle.
– T'es pas sympa
– Chacun ses secrets, Black.»
- O -
« Tu pourrais peut-être t'en tenir à une goutte, pour commencer
– C'est marqué trois gouttes!
– Merci, Black, je sais lire.
– Alors laisse-moi faire!»
À la première goutte, rien ne se passe.
À la seconde, la plante grandit brusquement de vingt centimètres et continue à s'élever vers le plafond.
À la troisième, elle atteint ledit plafond.
« Euh Professeur! Notre plante Elle
– Nom d'un ornithorynque neurasthénique! C'est époustouflant! Vous n'avez mis que trois gouttes?
– Ben, oui Bon sang, Snape, qu'est-ce que t'as foutu?
– Pourquoi moi?
– Parce que ce n'est pas moi!»
Il se tasse sur sa chaise d'un air furieux.
« Cafteur J'ai juste essayé d'améliorer un peu la recette de base
– Qu'avez-vous fait, Mr Snape? interroge Stuffbell.
– Hum, j'ai remplacé les écailles d'aspic par de l'eau de jacinthe et des queues de rats séchées.»
Un couinement scandalisé s'élève à la table derrière. Ça t'apprendra à écouter les conversations des autres, Peter.
« C'est très bien vu, Mr Snape. J'accorde dix points à Serpentard. Malheureusement, je ne puis permettre que ce cours soit le champ de vos expériences les plus folles ou l'école ne sera bientôt plus qu'un champ de ruines. Vous allez me rédiger un devoir sur l'utilisation de la fleur de vent dans les potions médicinales.»
Snape me foudroie du regard.
« Passez vite à la composition de la potion de dégénérescence, à présent, avant que cette chose n'envahisse toute la salle.»
En effet, la petite fleur ressemble plus à un arbre, désormais. Le pot a éclaté et ses racines ont envahi le bureau, se tortillant en jolies bouclettes vertes et mauves.
« Tu es un véritable emmerdeur, Black, siffle Snape. Tu n'aurais pas pu fermer ta grande bouche et ne mettre qu'une goutte, comme je te l'avais dit?
– Mais tu as gagné plein de points!
– Et un devoir supplémentaire, merci bien, grince-t-il.
– Un peu d'optimisme, que diable! Essaie de voir le chaudron à moitié plein, pour une fois
– C'est cela, oui. Ne t'excuse pas, surtout.
– Je suis désolé Mais ne t'en fais pas, je vais t'aider à le faire
– Qu'est-ce qui te fais croire que j'ai envie que tu m'aides?
– J'ai des pouvoirs extra-lucides», je bougonne.
Il hausse un sourcil.
« Je dois rire?
Bon, d'accord, c'est moi qui ai envie de t'aider.
– Je suis désolé de briser ton petit cur en te disant ça, Black, mais tu n'es pas ma bonne étoile. Qui plus est, j'en sais bien plus que toi sur les potions et tu ne me seras d'aucune utilité.
– Oh, l'autre, comment il se la pète Laisse-moi donc me faire pardonner!»
Se laissant aller contre le dossier de sa chaise, il croise les jambes et me jauge du regard avec un insupportable petit sourire supérieur. Tu es content quand je te supplie, hein?
« Très bien, tu l'auras voulu, finit-il par dire d'un ton détaché. Rendez-vous ce soir à la salle d'étude du rez-de-chaussée.»
Je soupire avec ravissement.
« C'est tellement émouvant!
– Qu'est-ce que tu as encore, à faire ta mijaurée?
– Rends-toi compte! C'est notre premier rendez-vous!
– Oh, pitié, ferme-la»

- O - O - O -

« On s'installe devant le feu», décrète Snape comme nous entrons dans la salle d'étude.
Il a l'air de bonne humeur. Ravi de ma compagnie, peut-être?
« Oh-oh, je fais en m'arrêtant sur le seuil. Mauvais plan. Il n'y a qu'un seul fauteuil.»
Il fronce les sourcils d'un air contrarié. Puis il a un rictus.
« Et il est pour moi!» s'exclame-t-il en se jetant en avant.
J'ai une fraction de seconde de stupéfaction, puis - « Alors , sûrement pas!» - je me précipite à sa suite.
J'arrive par le côté droit, lui par le gauche, et nous atterrissons pêle-mêle sur le pauvre siège dont les ressorts grincent de douleur.
« AÏE! Black, ma tête!» se plaint Snape en me frappant à l'épaule.
La position de ma jambe droite a induit une position légèrement bancale, d'où un emplafonnage inévitable dans le Serpentard, mais je choisis de faire abstraction de ce détail.
« Tu croyais m'avoir, espèce de taré! je lance en riant. Je cours plus vite que toi!
– Ce n'était pas un défi, abruti, c'était une appropriation! De toute façon, c'est moi qui ai gagné!» exulte-t-il.
C'est à mon contact qu'il est devenu aussi puérile!
« Dans tes rêves! On s'est assis tous les deux!»
Oui, sûrement.
« Toi, tu as une jambe sur l'accoudoir objecte-t-il.
– L'accoudoir fait aussi partie du fauteuil!
– Mais tu n'es véritablement assis que quand tes deux fesses sont sur le coussin.
– Tu sais ce qu'elles te disent, mes fesses!
– J'ai pour principe de ne jamais discuter avec le postérieur des gens.
– Ah, parce que tu as des principes, toi?
– Plus que tu ne l'imagines.
– Par exemple?
– Mmh Ne jamais familiariser avec un Gryffondor.
– Je vois. Tes principes sont vraiment nazes.
– C'est toujours tellement agréable de converser avec toi
– La preuve, c'est que tu ne les respectes même pas!
– Bien sûr que si.
– Ah oui!
– C'est toi qui a fait montre d'une familiarité outrageante à mon égard, pas l'inverse.
Ah ouiReparlons un peu de mon postérieur!
« Remarque, je ne peux pas t'en vouloir, soupire-t-il d'un air affecté. J'ai une personnalité tellement fascinante
– C'est vrai, tu es irrésistible.
– Je ne te le fais pas dire.
– En attendant, je te signale que ton genou est par-dessus le mien.
– Et alors? Toi, tu es à moitié avachi sur moi!
– Et alors, ça veut dire que je me suis assis le premier.»
Il regarde son genou, puis relève la tête.
« Réfléchis un peu moins et laisse-moi le fauteuil, tu m'écrases.
– Pas question. En plus, tu es parti le premier. J'ai mérité ce siège!
– Il faut se rendre à l'évidence, Black, s'énerve-t-il. Ce fauteuil est trop petit pour nous deux!»
Je souris.
« Dans un western, ce serait le moment où on s'affronte en duel.
– Dans un quoi?
– Western. Un truc moldu.
– Oh, je vois.» Je décide d'ignorer la pointe de mépris dans sa voix. « Malheureusement, pour un duel, il faudrait déjà descendre de là.
– Très juste, j'acquiesce. Attends, j'ai une autre idée.»
Je sors ma baguette et, avec une facilité qui fait naître l'étonnement sur le visage du Serpentard, j'élargis le fauteuil juste assez pour que ma deuxième fesse trouve sa place.
« D'accord, pas mal, reconnaît-il. Mais tu aurais quand même pu faire un peu plus grand
Il veut sans doute parler de l'impossibilité qu'il y a à placer plus de trois millimètres et demi entre nous deux. Hé hé. Je l'ai fait exprès, bien sûr.
« Non, impossible, je secoue la tête. Plus étendu, le fauteuil se briserait en deux sous notre poids.
– Ah, tiens?
– Comme je te le dis.
– Tu sais que cela ressemble fort à une excuse bidon?
– C'est vrai?
– Hm-hm.
– Bon, dans ce cas, j'avoue Je me livre à du harcèlement sexuel.»
Cette fois, il rit franchement. Moi, un peu moins.
« Tout cela parce que tu ne veux pas admettre que tu n'es pas si doué que cela en charmes
– J'excelle en charmes!
– Oui oui, c'est bien ce que je dis»
Je lui donne un coup de coude et nous continuons à rire en en oubliant de respirer.
C'est incroyable ce que je peux me sentir bien.
Pouffant encore, j'étudie cette longue main blanche posée comme une drôle d'araignée sur son genou. Sans réfléchir, je l'attrape doucement par le poignet pour la retourner avec une sorte d'émerveillement.
« Qu'est-ce que tu fiches, Black?»
Il a dit cela gentiment, ce qui m'évite de virer illico au rouge brique. Je place ma main dans la sienne et la serre en souriant.
« Bonjour. Je m'appelle Sirius.»
Il hausse un sourcil, mais esquisse un petit sourire amusé et murmure à son tour :
« Bonsoir. Moi, c'est Severus.»
Je ne peux détacher mon regard de ce sourire sur ses lèvres. Qui aurait cru qu'il puisse avoir un sourire aussi doux?
J'ai envie de
Non, je veux dire que ce serait l'instant idéal pour
L'Instant, vous savez. Celui où tout est parfait.
Maintenant. Ou jamais.
Une foule d'idées et de désirs contraires se bousculent dans mon esprit, se heurtent, se repoussent, et je ne sais absolument plus ce que je dois faire, laquelle de ces voix écouter.
Je baisse la tête; elle est devenue trop lourde de pensées, ou bien c'est de le regarder qui m'est insupportable. Mais je la relève aussitôt parce qu'il m'est bien plus insupportable de ne plus le voir.
Le sourire s'estompe progressivement.
« Siriu?»
Je lève la main devant sa bouche pour le faire taire.
Je trouve quelque part dans mon crâne un interrupteur; avec cet interrupteur j'éteins tout, toutes les voix, en me disant qu'avec ce qui restera, on verra bien ce qui arrivera. Et dans ce silence soudain, les pulsations trop rapides de mon cur résonnent dans mes tempes comme le tonnerre dans la nuit.

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Là, il faut se figurer l'arène du cirque, le roulement de tambour, et Dumbo qui tient serrée sa plume magique. Plongera, plongera pas?
Vous avez tous vu Dumbo...
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Plus simplement : c'est finiii!
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Pas la fic, hein... juste le chapitre.
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Euh... J'espère que vous ne m'en voudrez pas de finir comme ça... C'est pas par sadisme... mais pour des raisons scénaristiques... c'est tout.
...
Désolée v-v. La suite arrive bientôt, c'est promis.
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Joyeux Noël et bonne année à tous.

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