Bonjour, bonsoir et bienvenue.

Bon, oui, je sais, j'ai été méchante sur le chapitre précédent mais, voici la véritable conclusion de cette histoire.

Enjoy ;)


15 février

À leur réveil ce matin là, ils sentent qu'ils ont loupé quelque chose. Un anniversaire ? Non. Un rendez-vous ? Non plus. Alors quoi ?

Evergreen se lève difficilement et se frottant le bas du dos. Mais dans quelle position a-t-elle dormi pour se sentir aussi mal ce matin ? Elle se rend en titubant à la salle de bain, se passe de l'eau sur le visage et frotte fermement ses paupières. Rien à faire, elles ont toujours autant de mal à s'ouvrir. Elle se traine péniblement jusqu'à son armoire qu'elle ouvre en grand. Pendant 5 minutes, elle reste pantoise devant ses fringues. Le brouillard dans son esprit s'évapore lentement, permettant à ses méninges de se mettre en route. Elle choisit une jupe, jette un coup d'œil dehors, la pluie tombe à verse. Elle oublie la jupe. Elle sort un pantalon chaud et une tunique verte, un col roulé crème et une veste qui va avec. Elle s'habille et, une fois bien mise, elle se brosse les cheveux en regardant par la fenêtre. Temps de merde. Elle va passer sa journée ici. Au moins, elle a une bonne raison de rester enfermée. Elle repose la brosse sur sa coiffeuse, met ses lunettes et prend un livre de la pile. Elle s'affale sur son lit et commence sa journée.

Elfman est assis sur son lit et il se demande comment il va passer en position debout. Son dos lui fait terriblement mal et il ne sait pas pourquoi. Lentement, il se met sur ses pieds et chancèle mais il tient fermement sur ses jambes. Il ouvre la porte de sa chambre. Le couloir est calme, ses sœurs doivent déjà être à la guilde. Il se dirige vers la salle de bain et le trajet lui semble terriblement long. Il arrive soulagé au lavabo et se passe de l'eau sur le visage. Il évite son reflet et retourne dans sa chambre en titubant de la même manière. Le chemin retour est moins laborieux. Il ouvre les rideaux, voit la pluie et les referme aussitôt pour finalement les rouvrir. Il doit se motiver aujourd'hui ! Il passe un pantalon et une chemise, il cherche un gros pull, n'en trouve pas et se rabat sur un gilet à fermeture éclair un peu trop petit mais tant pis. Il souffle un bon coup par le nez et prend un sac pour y mettre l'encyclopédie qu'il a acheté l'autre jour. Il met le sac sur son épaule, prend un parapluie et se rend à la guilde.

L'après-midi est bien calme à la guilde, Mirajane se repose un peu. Après les repas de ce midi, elle est contente de retrouver un peu de calme. Son frère est installé dans un coin, il est arrivé pas très bien réveillé ce matin et semble encore dans la lune. Il est seul à sa table et, chose exceptionnelle, il lit un livre. Enfin, ce doit être un livre d'image car il passe les pages drôlement vite. Elle laisse son frère tranquille et accueille le maître qui revient d'une réunion. Dans son coin, Elfman regarde les magnifiques illustrations de fées de son livre. En soupirant, il regarde par la fenêtre. Il aimerait tellement montrer le livre à Evergreen !... À cet instant précis, la porte s'ouvre et une jeune femme entre en éternuant. Evergreen se tourne pour fermer la porte et son regard croise celui d'Elfman qui la fixe avec un air étonné un peu effrayant. Elle l'ignore et se rend au comptoir pour poser une question à Mirajane. Elle fait demi-tour sitôt la réponse donnée (non, Reby n'est pas passée ici aujourd'hui…) et sort de la guilde. Le mage de Take Over ne l'a pas quittée des yeux et se demande toujours si elle a éternué parce qu'il a pensé à elle ou parce qu'elle a attrapé froid. Il penche plutôt pour la deuxième solution et se lève d'un bond en chopant son parapluie. Il peut encore la rattraper.

Elle a oublié de prendre son parapluie, quelle idiote ! Mais elle devait sortir, les histoires qui font peur, elle n'aime vraiment pas… Elle voulait rendre les livres à Reby mais elle n'était pas dans sa chambre et personne au dortoir ne savait où elle était (déjà que la moitié des filles était absente…) alors, elle avait décidé d'aller voir Mirajane pour lui demander. Avec un peu de chance, il y aurait des gens sympathique à la guilde avec qui elle pourrait rester. Que dalle ! Il n'y avait que cet imbécile d'Elfman.

Evergreen marche d'un pas vif sur les pavés et soudain, ce qui devait arriver, arrive : elle s'étale sur le sol mouillé. Ses mains heurtent le sol dans un "splach" ragoutant et elle sent que ses genoux deviennent très humides. Elle soupire tristement. Dans son dos, elle entend quelqu'un se moquer d'elle. Un coup sourd résonne et l'individu moqueur se retrouve le nez dans une flaque d'eau, quelques mètres plus loin. Surprise, Evergreen se retourne et tombe nez-à-nez avec une paire de genoux. Soudain, il ne pleut plus au dessus d'elle. Elle lève la tête. Le sourire d'Elfman sous son parapluie jaune est comme un soleil. Elle sourit à son tour. Le mage lui tend la main, elle accepte son aide.

- Je crois que j'ai les chaussettes trempées, murmure-t-elle.

- Y a un café juste là, on peut y entrer si tu veux.

Elle accepte en tremblotant. Il passe sa grosse main dans son dos et la pousse doucement dans le café. Une clochette annonce leur entrée, la pièce est bien remplie, personne ne fait attention à eux. Ils se mettent dans un coin et pendant que la jeune femme retire ses chaussures pour voir l'état de ses chaussettes, Elfman demande deux chocolats chauds et des langues de chat. Evergreen est surprise mais ne dit rien, trop occupé à tenter de se réchauffer les pieds.

- Je peux te prêter une paire de chaussette si tu veux, souffle l'homme. J'en une paire dans mon sac.

- Qu'est-ce que tu fiches avec des chaussettes dans ton sac, demande la jeune femme en acceptant tout de même ?

- J'avais peur que mes chaussures prennent l'eau. J'ai préféré être prévoyant.

Elle n'ajoute rien et enfile les grosses chaussettes d'Elfman. Elles sont douces et chaudes. La jeune femme sourit et remercie le mage. Leurs chocolats arrivent avec les biscuits. Alors, dans un même mouvement, ils prennent chacun une langue de chat et la trempent dans le breuvage avant de la croquer. Le biscuit dans la bouche, ils se dévisagent, étonnés.

- Ah. Toi aussi tu… tu fais ça !

- Oui, j'adore, souffle la jeune femme ! Je sais que ce n'est pas très élégant, mais c'est juste délicieux.

- Je suis tout à fait d'accord ! Même si ça fait des miettes partout, je trouve que c'est comme ça que c'est le meilleur !

Ils se sourient et finissent leur biscuit. Alors, Elfman sort le livre de son sac.

- Euh… Ever ?! Je peux te montrer quelque chose ?

Elle ne lui fait aucune remarque concernant ce surnom (elle en a marre de toujours lui dire la même chose) et accepte d'un hochement de tête. Il lui montre le livre et le pose sur la table, entre leurs deux tasses. Il lui parle de la librairie, du vendeur, de l'encyclopédie qu'il a lu dans son lit. Evergreen est fascinée par la couverture. Doucement, elle pose son doigt et suis les boucles dorées avec passion. Elfman pose sa main sur la sienne pour la retirer de la couverture et ouvre le livre. La jeune femme est saisie par la beauté de l'illustration de la première page. Sa main effleurant celle de son voisin de table, elle pose son doigt sur l'aquarelle en poussant un soupir émerveillé. Le mage sourit en se rapprochant un peu de la demoiselle.

- J'ai immédiatement pensé à toi en voyant ce bouquin. Je me suis dit que c'était un cadeau idéal pour une fan de fée telle que toi. Et j'ai été passionné par cet ouvrage. J'ai tout lu, j'te jure ! Et j'ai découvert des tas de trucs ! Par exemple, tu savais que…

Et doucement, il tourne les pages lui résumant ce qu'il a lu. Evergreen lui pose des questions, elle s'étonne, elle est effrayée, elle se moque. Ensemble, ils parcourent l'encyclopédie en mêlant leurs rires et leur surprise. Ils sont envoûtés par les dessins, ils sont dans un autre monde. Lorsqu'Elfman referme le livre, la réalité revient doucement à eux. Le café est presque plein, il fait très chaud, les gens crient mais ils n'entendent rien. Ils se regardent dans les yeux avec un léger sourire aux coins des lèvres.

- Tu voulais m'offrir ce livre Elfman ?

- Oui. Je voulais que se soit un cadeau rien qu'à toi ! Je voulais que tu sois heureuse.

- Et je le suis.

- Mais… je ne te l'ai pas encore offert !

- Si. Tu l'as lu avec moi, tu m'as offert ta vision de ce livre. C'est comme si nous avions découvert ensemble ce petit peuple mystérieux. Tu as été mon guide et je me suis laissée entraînée avec plaisir dans cette aventure. Merci beaucoup.

Elle pose sa tête sur son épaule.

- Moi, je n'ai rien pour toi, soupire-t-elle.

- Tu as accepté de faire un tour dans ce livre avec moi, tu es assise à côté de moi. Je ne demande rien de plus.

La jeune femme relève la tête et plante son regard dans celui de l'homme. Un sourire narquois illumine son joli minois.

- Tu ne veux rien de plus ?

- Rien de rien, Ever.

- Laisse-moi te donner quelque chose, Elfman. C'est trois fois rien mais je tiens à l'offrir à toi et à personne d'autre…

Elle s'approche lentement et dépose ses lèvres sur les siennes. C'est comme si un papillon venait de se poser sur les lèvres du mage de Take Over. Evergreen se recule et observe attendrie les joues roses d'Elfman.

- Tu acceptes mon cadeau, demande-t-elle ?

- Je ne peux pas refuser, réplique-t-il en attirant la jeune femme contre lui.

Ils s'embrassent à nouveau. Evergreen sent monter en elle comme une colonie de papillons, ça gigote dans son ventre et ça lui donne des frissons le long de la colonne vertébrale. En passant ses mains dans le dos d'Elfman, elle sent les mêmes frissons, les mêmes papillons. Ils se sourient tendrement et les papillons s'envolent en faisant briller l'air alentour de leurs ailes dorées.

La Saint Valentin, c'est pour les autres. Pour eux, ce sont ces papillons qui s'envolent en faisant doucement bruisser leurs ailes scintillantes.

Des papillons en hiver, c'est magique.


NdZ Merci à vous d'avoir lu, d'avoir aimé (ou non, d'ailleurs) et d'être resté jusqu'à la fin. Et à la prochaine...?