Merci pour les reviews, pour le nombres de vues qui a dépassé les 400 (j'hallucine toujours autant en voyant les chiffres....).
Voici enfin mon chapitre, qui a gravement tardé, je m'excuse.
Je la suivis, ne sachant pas trop à quoi m'attendre, restant prudente mais tout en étant pleine de curiosité.
Parfois, je me disais quand même que ma personnalité me perdrais. C'est une chose que j'avais découverte il y a peu, la curiosité. J'étais toujours un peu en retrait de tout ce qui ce passait autour de moi, peut-être par instinct d'autodéfense gardé en souvenir de la petite humaine que j'étais et dont ma mémoire continue à se souvenir de moins en moins. Je n'ai pas cherché à la cultiver, elle s'est épanouie en moi progressivement, sans que j'en eu réellement conscience. Maintenant qu'elle s'était installée, il aurait fallu que je cherche comment m'en débarrasser. Mais j'imaginais que le moment n'était pas idéal pour accomplir cela.
Nous parcourûmes les quelques kilomètres qui nous séparaient de la ville endormie, les lumières des réverbères formaient des aura illuminés au beau milieu des ténèbres, semblables aux halos entourant les divinités religieuses représentées sur une œuvre d'art. Les rues désertes étaient petites, et il devait être dur d'y circuler lorsque l'on ne connaissait pas la ville et qu'on n'avait pas de guide ou de sens hyper-développés. Alice au Pays des Merveilles aurait pu aisément les confondre avec les voies boisées de son labyrinthe.
La demeure devant moi n'était pas vraiment ce à quoi je m'étais attendue, ni à quelque chose que j'assimilerais à une maison, pour ma part, en tout cas. On aurait par ailleurs plutôt songé en la voyant à un château moyenâgeux, ou peut-être de la fin de l'antiquité.
La pierre brune s'effritait par endroit, à d'autres l'humidité avait formé des tâches sombres, semblables à celles montrées par un psychologue lors d'un quelconque test pour humain, servant à déterminer à quel degré de folie êtes vous.
Personne n'échappe à la folie, même le plus saint d'esprit des humains.
Il faisait plutôt froid, cette nuit. Du moins, c'est le terme qui me parut le plus correct, car comparativement, l'Italie était nettement plus chaude et sec que les autres pays que j'avais visité jusqu'à maintenant, ce qui apportait, hélas, son lot de désagrément. Comme le fait de ne pas pouvoir sortir de toute la journée à cause de la présence constante du soleil. Ce qui m'empêchait tout déplacement diurne, comme voyager ou encore chasser.
Mon hôtesse me dirigea vers une haute porte de bois aux écrous dorés assortie à la poignet de fer forgée dont la dorure s'effaçait, elle était couronnée d'un emblème ayant une quelconque ressemblance avec celui d'un roi, dont l'identité m'échappait pour l'instant. Deux lions entouraient des oiseaux siamois, une couronne dominait, la main de la justice était elle aussi présente. Se considéraient-ils comme supérieur ? Décidaient-ils de règles qui m'étaient inconnues ?
Elle ouvrit la porte, l'air était saturé d'odeurs vampiriques, mais aussi de toutes celles des personnes qui dormaient aux alentours. Comment diable étaient-ils encore vivants ? Ma soif non comblée par ma partie de chasse ratée, je me retins de foncer vers la première maison que je trouverais pour aller me rassasier.
Ignorant tout de mes songes et du feu qui brulait l'intérieur de ma gorge, la dénommée Heidi, me précéda et avança dans un couloir sombre, lambrissé et à l'éclairage artificiel défaillant. Les murs de bois étaient parsemés de toiles d'artistes divers quelques-uns m'étaient connus. Des paysages d'Europe, des portraits de jeunes duchesses aux allures sévères et supérieures; et quelques fois, des vampires. Ceux-ci étaient reconnaissables, d'ailleurs, les yeux rouges, la peau blanche et une beauté largement plus accentuée que le plus beau des humains. Nous avancions toujours, lorsque ma grande-copine-je-te-fais-pleins-de-sourire s'arrêta brusquement, et se retourna.
- Alors, cela fait combien de temps que vous êtes dans les environs ?
- Mmm, je dirais dans les sept jours et treize heures vingt-neuf minutes et vingt sept secondes.
-Ah ! J'adore la précision ! Elle rit, décidément cette femme était d'une nature très heureuse. Trop heureuse.
- Oui, moi également, ça et le sarcasme. Il n'y a rien de mieux. À part peut-être une proie terrorisée... l'adrénaline a un goût fantastique.
- Tout à fait d'accord. Cette voix ne provenait pas de mon interlocutrice toujours souriante. Une sonorité enfantine mais qui contenait beaucoup de sadisme. Un mélange perturbant, mais qui, étonnamment, me plus. Je n'étais pas un modèle de sainteté, loin de là. Et, de toute façon, un vampire saint ? Hum, assez ironique dans son genre comme pensée. Un rire intérieur résonna dans mon crane. J'étais probablement dérangée, même pour une créature mythique et qualifiée de malfaisante. Une petite femme, ou peut-être pré-adolescente se tenait de l'autre côté de Mme Sourire, elle avait effectivement l'air sadique. Vraiment sadique. La classe.
- Ravie de vous rencontrer, Jane Volturi.
- Ailís Gallagher, moi de même.
- Une nouvelle, hum, Heidi, tu te surpasse en ce moment. La dernière livraison était impressionnante, et qui plus est délicieuse.
Le sourire que lui renvoya Heidi était entièrement constitué de plaisir et de fierté. La petite sadique devait être une sorte de chef ou peut-être son idole.
- Enfin bref, assez de félicitations pour aujourd'hui. Je vais aller la conduire à Aro. Marcus et Caïus ont des affaires importantes à régler.
- Tu rigoles ? Je l'ai trouvée, donc c'est moi qui vais l'y emmener.
Oh, génial. On aurait dit qu'elles se chamaillaient pour une poupée, comme des enfants à l'école maternelle. Il ne manquerait plus que l'une d'entre elles se mette à hurler «je vais le dire à ma mère !» et le spectacle serait complet. Qu'est-ce-que je suis venue faire ici ?
- Peut-être, mais je suis mieux vue par Aro que toi...
- Ça, c'est ce que tu crois.
Me désintéressant de leur dispute puérile, j'observais encore une fois les tableaux, sur l'un d'entre eux un vampire était différent. Au début, je ne su pas pourquoi, puis l'évidence me frappa. Ses yeux étaient absolument perturbant. Le rouge-sang habituel avait été remplacé par un doré assorti à la couleur de ses cheveux. Je fixais ce portrait sans ciller. Pourquoi ses prunelles étaient-elles différentes ? Que faisait-il pour cela ? Était-il malade ? Il n'en avait pourtant pas l'air. Sa beauté n'était pas affectée, et il souriait poliment. Comme-ci cette anomalie n'en était pas une. Il était étrangement fier de quelque chose, on pouvait le ressentir sur ses traits, même s'il tentait de le dissimuler.
- C'est Carlisle Cullen.
Je me détournais de ma contemplation pour regarder la petite sadique, apparemment, elle avait gagné. Mme Sourire avait disparu de la circulation.
- Il est... étrange.
- Et pas qu'un peu. C'est toute sa famille. Il s'est même mit à transformer sept personnes. Sept ! Pour pouvoir monter un clan, et qu'ils partagent ses goûts en matière d'alimentation. Ils se nourrissent d'animaux. Ce qui est soit-disant suffisant pour leur soif. Tu parles ! Ils doivent souffrir le martyr ! Il a du devenir fou, ça arrive quelques fois. Même ses enfants son cinglés. Un de ses fils est tombé amoureux d'une humaine...
- Une humaine ?!?
- Oui, et le pire c'est qu'elle est même venue ici, une fois.
- Et elle est encore vivante ?
- On est pas sûr, mais on espère que non. Bref, un autre est un rescapé des conflits Sud-américains, et avec tout ce qui c'est passé la bas... Il a énormément de chance d'avoir survécu. Une autre s'est faite transformée par un vampire qui était tombé amoureux d'elle pour la protéger d'un traqueur qui la voulait. Et ce même traqueur s'est mit à pourchasser l'humaine. Ils ont fini par le détruire l'année dernière. Un clan de dégénérés. Vraiment. S'ils n'étaient pas aussi nombreux.... Ils n'existeraient sans doute plus.
Je ne répondis pas, n'ayant rien à ajouter. Que dire de plus ? Son air rêveur me laissa pantoise.
Moi je ne tuais pas pour le plaisir, c'était juste une nécessité. Rien d'autre. Pour elle ça avait l'air d'être un plaisir personnel; c'était plus qu'un besoin, c'était ce qu'elle voulait faire. Je m'étais trompée, elle n'était pas classe, loin de là. Tuer un de ses semblables, et en plus pour le plaisir, c'était digne d'un vulgaire psychopathe humain. «Vraiment.»
Nous nous trouvions à présent dans un ascenseur, de bois, toujours. Les moulures au plafond avaient été dorées, les portes en fer également. Le bois et l'or. Deux éléments qu'ils semblaient apprécier par ici. La musique de fond me donna envie de pouffer. Le carillon tintait gaiement pour une musique qui au départ était emplie de nostalgie. Les reprises de ce genre me déplaisaient énormément, mais elles avaient tout de même un léger aspect comique. Bien qu'il fût dissimulé entre deux «ding !» radieux et rayonnant de bonheur. Eurk !
Peut-être que ce n'était pas seulement la mélodie dégoulinante de bonheur, peut-être était-ce le bonheur en lui même qui m'écœurait. Quoi qu'il en soit, là n'était pas la question.
Sur un autre «ding !», qui heureusement fût le final, nous débouchâmes sur un autre couloir, moins sombre cette fois. La pierre brune qui constituait le château en lui même remplaçait le chêne foncé des autres pièces. Une fenêtre ouverte laissait entrer l'air et les effluves humaines qu'il apportait avec lui. Ainsi que la pollution, l'odeur de la terre sèche et celles des poubelles d'un restaurant à deux cents mètres d'ici. Un chat devait y fouiller car son odeur en était toute proche.
Je vis Jane froncer les narines, se figer puis se diriger furieusement vers la fenêtre et la fermer violemment. J'ignore comment la vitre résista à cette attaque, mais elle resta intact. Je me serais pourtant attendue à ce qu'elle explose où qu'au moins la marque des doigts de la petite sadique y reste gravée. Mais rien, absolument rien.
Elle avança, toujours aussi raide, frappa- ou plutôt, tambourina -à la porte présentée devant elle. Une odeur de papier, des livres surement, d'encre et celle d'un vampire. Celui qui devait être le chef de cette tribu surexcitée. Youhou ! Ça promettait !
Option n°1 : Il est autant, voir peut-être plus, souriant et dans ce cas je m'en vais le plus vite possible d'ici.
Option n°2 : Il est normal, et ce serait bien le premier de ceux que je croise, et dans ce cas j'en fait mon idole. Ouais, il y a peu de chance quand même.
Cette fois ci, pas d'autre options. Dommage. C'est plus amusant quand il y en a plus. Ça laisse plus de suspense, on doute beaucoup plus. La, on a une chance sur deux, il y a moins de risque de perdre. Enfin, breffons.
«Maître ? »
Une voix rocailleuse retentit derrière la cloison, on était bien loin des douces sonorités des voix des autres vampires. Elle gardait pourtant un fond doux, mais elle avait été usée par le temps, une pointe de nostalgie était présente aussi mais était dissimulée dans de la gaieté . Un simple mot m'avait permis cette constatation : « Entrez !», je m'améliorais considérablement dans l'analyse des choses.
La petite sadique ouvrit la porte, la pièce que je découvris était impressionnante.
En bois, comme toujours, des étagères longeaient les murs de pierres. Des centaines de livres, voir peut-être des milliers emplissaient les bibliothèques, l'odeur d'autant de papier était étourdissante. Une légère nausée me prit, à cause de toutes ces senteurs différentes mélangées entres elles.
- Aro, je te présente Ailís Gallagher, c'est la première fois qu'elle vient chez nous. Annonça Jane, un sourire fier pendu à ses lèvres. Elle avait gagné la petite bataille de tout à l'heure avec Heidi, et en plus elle recevrait les félicitations de son maître adoré. Celui-ci était devant mes yeux, quasiment immobile.
C'était un vampire que je qualifierais de particulier, il avait les cheveux blancs, lui arrivant au milieu du cou, sa peau translucide me parut de verre. La fragilité qui émanait de lui était tangible, on pouvait presque la sentir dans l'air. Son regard voilé me transperça, il me fixait avec vélocité, comme si ma venue ici était un but de son existence. Ce qui n'était certainement pas le cas. Du moins, à ma connaissance.
Il se leva du fauteuil de velours rouge dans lequel il était installé, ses yeux laiteux étaient toujours vrillés aux miens. Il sourit, je me demandais comment sa peau résistait à l'effort.
- Ravi de te rencontrer. Je suis Aro Volturi.
- Je sais, on m'a déjà beaucoup parlé de vous. Enchantée.
J'avais envie de rajouter qu'on m'avait également fait un topo sur la vie des Cullen, mais je me retins . A quoi cela servirait-il ?
Un détail de ce que m'avait dit Jane, quelques minutes auparavant à leur sujet, me revint à la mémoire. «Ils se nourrissent d'animaux.» Comment cela se pouvait-il. Les animaux n'avaient aucune senteur appétissante, rien en eux ne tentait ma soif. Ce qui devait bien dire qu'ils n'étaient pas comestible, pour un vampire du moins. Parce que les humains n'y allaient pas de main morte sur la viande.
Aro s'approcha de moi, la main tendue vers mon épaule dénudée. Le geste n'avait rien de sensuel, il cherchait quelque chose d'autre. Son regard se fit empressé, presque brusque. Au moment du contact de sa peau, une petite décharge électrique parcouru mon corps.
Je sais que ce n'est pas exactement ce que vous voulez, je sais qu'il n'est pas terrible, je sais que je vous ai fait attendre. Je suis sincèrement désolée pour toutes ces raisons.
Essayez de ne pas me tuer. Vous avez néanmoins le droit d'être méchantes. Je vous comprendrais parfaitement. Bon je file me planquer.
See you...
