Chapitre 7 : Chasse à l'homme.

Je ne sais pas trop quoi vous dire après toutes ses réactions merveilleuses qui m'ont bouleversées plus que je ne le voudrais (les émotions et moi, on n'est pas amies). Merci de m'avoir enlevé mes doutes, de m'avoir fait reprendre espoir. Merci de me lire. Merci encore pour avoir supporté ma crise mélo-dramatique. Merci encore et encore. Sachez que je suis désolée pour cette pseudo-crise existentielle de l'autre jour (les temps sont durs, et parfois j'ai des petits coups de panique pour rien... :s).

Et puis, entre temps, j'ai eu quelques problèmes de santé. Ce qui n'a fait qu'accentuer mon petit découragement (je hais mes poumons, c'est officiel... Qui se dévoue pour me prêter les siens ?). Mais, je vous jure, je n'abandonnerais pas ! Je me suis bien trop attachée à ma petite Ailis !( à tel point, que parfois, il m'arrive de rêver d'en faire une adaptation en livre... Je suis folle... Et sans doute vaniteuse)

Réponses aux reviews mes cocos :

Alicia Constel : Tes reviews me font sourire, si tu savais, je ne te connais pas, mais tes mots me touchent. Énormément. J'aimerais pouvoir te dire à quel point, mais mes propres émotions ne sont jamais faciles à écrire... Alors, je vais juste dire merci, du fond du cœur.

Alizée: C'est malin, t'as fait coulé mon mascara. La prochaine fois, je met du waterproof avant de lire les reviews. Tu n'as pas à t'excuser pour les fautes, j'y ai même pas fait attention tu sais. Merci pour la tonne de compliment... C'est la première fois de ma vie que j'en reçoit autant... Ou, peut-être la deuxième si on compte mon bulletin de note quand j'étais en 6° (ah, c'était le bon temps...).

Pierrafeu: Tu es HEUREUSE (??) de savoir que je poste ? *tombe dans les pommes* Tu aurais pu me dire que j'allais épouser Robert Pattinson, j'aurais pas été aussi émue... (non, vraiment, les sentiments, c'est pas fait pour moi...).

Lily-Nora: Merci !! Si ça peut te rassurer : Non, l'inspiration ne me manques pas, c'est juste le temps. On en a jamais assez de ce truc là... Et particulièrement au lycée...(j'ai l'impression d'avoir emménagé là-bas). Et re-merci pour l'explication pour les reviews, ça me rassure, dans un sens, ça ne veut pas dire que ce que j'écris est nul... Mais que les gens n'aiment pas dévoiler leur avis.

Karo: Ha, enfin un «commentaire» un peu négatif ! Merci ! La non-présence d'action est surtout due au fait que j'aime explorer l'esprit d'Ailis, et que quand j'y suis, j'ai tendance à me centrer uniquement sur ce qu'elle pense. J'ai essayé de m'améliorer pour ce chapitre-ci, puisque il y a quand même UNE grande action, qui est celle qui va tout changer dans sa vie.

Audrey: Merci (c'est ma tournée du jour du merci...). Je ne baisse pas les bras, la vie me force à avoir du mal à les garder levés. (ça, c'était du grand moi... poétique, philosophique... mdr). Ne me remercie pas, je t'en supplie... Je ne fais juste qu'extérioriser ma folie. (Et dans tout ça, vous êtes mes victimes...)

Et, au risque de me répéter, merci !

Nicoco49: Ravie que ça te plaise... Merci de la reviews. :)

Moins d'une seconde après son geste tout de même déplacé, il enleva sa main, et recula d'un pas, comme pour me jauger. Ou me chercher une faille qui ferait que je sois susceptible d'agir comme une malade mentale. Je n'ai pas de faille, ou du moins, aucune apparente. «Je suis une femme forte, rien ne peut m'abattre.» Telles étaient mes pensées. C'était un bon leitmotiv quand on y pense. Un bon moyen de se cacher la vérité, mais également de se donner le moral. J'avais tout à y gagner à me fredonner cette phrase dans la tête.

- Alors, qu'est-ce-qui vous amène ici ?

Sa question m'irrita, combien de fois encore faudrait-il que j'y réponde ?

Avec le ton d'un enfant récitant un poème, je lui narrais la même chose qu'aux autres. Son expression faciale se modifia légèrement en un rictus amusé, que je préféra ignorer. Les gens d'ici agissaient d'une façon trop étrange pour que je prête réellement attention à leurs faits et gestes.

Il m'annonça qu'il me présenterai au reste de son «clan», comme il l'appelait, le lendemain matin. Je tentais vainement de ne pas me dire que le pire était à venir. Rester impassible dans ce genre de situation frôlant les pires scènes d'une pièce de théâtre m'étais dur. Je n'aime d'ailleurs pas le théâtre, les rôles sont trop sur-joués, le décor est abominable, et les dialogues grotesques. J'aime le terre à terre, le réalisme, le naturel. Alors, forcément, des gens qui me paraissent sur-jouer la personne qu'ils sont, j'ai du mal à les supporter.

La chambre était grande, elle devait même être claire au beau milieu de la journée. La position de la fenêtre avait été bien choisie. J'étais sure de pouvoir voir le lever du soleil. Tant mieux ! Un énorme canapé en cuir beige trônait contre le mur en face de moi. Des étagères semblables à celles du bureau du «maître des lieux»- idée dure à accepter, longeaient le mur à ma droite. Des aquarelles aux tons pastels étaient disposés çà et là sur la tapisserie beige. Une armoire en bois massif était à ma gauche. Des tapis bruns recouvraient le sol. C'était classique et sans âge.

M'installant à terre, face à la grande fenêtre, je contemplais les étoiles sans les voir. Réfléchissant à tout et aussi aux petits riens de ma vie. Il fallait que j'aille chercher mes valises ainsi que ma voiture au plus vite. Mes affaires étaient bien dissimulées, certes, mais ces idiots d'humains seraient capables de me les voler quand même. Vu le peu de scrupules qu'ils avaient à commettre des actes stupides. Et puis ma Koenigsegg avait bien trop d'importance pour que je m'en sépare plus longtemps, et pour ne pas négliger le plus important, elle m'avait coûté trop cher pour que je permette qu'on me la dérobe. Oui, vous avez bien lu, acheté. J'ai décidé qu'une telle merveille ne devait pas être volée, elle vaut bien plus que ça. Et mon compte en banque l'a bien senti par ailleurs. Mais un dicton ne dit-il pas que « quand on aime on ne compte pas » ? Moi, pas, mais mon banquier, si.

Je restais dans cette position plusieurs heures durant lesquelles je laissai mon esprit vagabonder au flot de mes songes. Attendant le moment que je voulais voir, mon rituel préféré. Celui qui me ferait devenir aux yeux de tous différente. Celui qui me rendait inhumaine. La nuit, il était plus aisé de paraître normale. Enfin, je pouvais y arriver le jour également, mais mes capacités de changement d'identité me donnaient soif. Plus que la légère brulure qui me dévorait la gorge et qui, comparativement, pouvait ressembler à la caresse d'une plume. Je devais d'ailleurs aller chasser rapidement, je n'étais pas sure que le fait de chasser sur leur territoire soit un fait qu'ils apprécient. Puisque moi non plus, de toutes façons, j'aurais pris ça comme un affront délibéré, une envie de combattre. Et je ne me serais pas gênée pour attaquer cet ennemi potentiel.

Je pourrais y aller tout en allant chercher ma voiture. Bonne idée.

Le moment que j'espérais voir arriva enfin, et je me délectais comme à chaque fois de sa magnificence. Le mélange des couleurs, la disparitions des étoiles au profit de la lumière du jour, et la chute de la lune. Un événement aussi naturel que magique.

Dans quelques heures, on me présenterai à l'ensemble des vampires habitant ce lieu.

___________3 mois plus tard (je vous jure que vous saurez ce qui s'est passé entre temps )

Je fonçais sur ma proie, en aspirant une fois encore les délicieuses effluves qui émanaient de son sang. Il ou elle, qu'en savais-je, n'eut pas le temps de faire un quelconque mouvement. Un seul cri de surprise sorti de sa bouche, bref, et faible. Comme ce qu'elle était, une pauvre victime tentante et fragile, trop fragile pour me résister. J'enfonçais mes dents dans son cou, n'ayant pas la patience nécessaire pour attendre plus longtemps, et je me régalais du doux arôme de son sang un peu fruité, et très sucré. L'humain-proie avait peut-être du diabète.

Peut m'importait, j'avais juste l'impression qu'il avait été conçu pour être mien. Son corps m'appartenait. Son sang également. Et, Dieu, qu'il était tentant.

Je buvais avec avidité, sans tenter de refréner mes ardeurs passagères. J'étais de toute façon persuadée de ne pas y arriver. Bien que j'aurais voulu faire durer le plaisir plus longtemps, pour profiter de l'instant de grâce qui se déroulait, j'en étais incapable. Son emprise était trop forte, trop intense.

Un râle si faible que je failli ne pas l'entendre s'échappa de sa poitrine. Ses pulsations cardiaques diminuaient. C'était bientôt la fin. Pour ma proie, et pour moi. Dans quelques secondes, je n'aurait plus rien à avaler, je n'aurais plus cette douce tentation hypnotisante. J'étais une addicte se rendant compte que sa drogue préférée disparaissait. Loin. Sans qu'elle puisse y faire quelque chose, sans trouver le moyen de la récupérer.

Et si j'arrêtais ? Si je laissais à ma proie le temps de retrouver ses forces ? Juste pour avoir la chance de ressentir le même état de transe un jour. Il fallait que je stoppe maintenant, sinon il serait trop tard. Mais, il n'y avait rien à faire, je n'étais plus moi-même. Moi-même ? Voilà une notion qui restait encore à définir. Je n'étais qu'un prédateur, un être assoiffé. Le peu d'humanité qu'il pouvait me rester était parti se terrer au fond de moi avec ma conscience. Si loin que la survie de ma victime de la semaine n'était pas garantie.

Sans y faire attention, je relevais la tête, ce qui stoppa toute envie meurtrière en moi. J'avais vu son visage. Plus beau que tout ce que j'avais pu voir jusqu'à présent. Plus beau que celui de tout les vampires que j'avais rencontré. Il était pourtant en piteux état, par ma faute de surcroit, mais ses traits me donnaient une force et une détermination inédite. Qu'avait-il de si spécial ? Je n'en savais rien du tout. Mais il était différent. Et j'avais une irrépressible envie de le savoir en vie.

D'un bond, je m'éloignais du demi-cadavre. Et cessais de respirer. Il fallait à tout prix qu'il reste en vie. Son cœur battait trop lentement, sa respiration était trop faible. L'humain mourrait. Il manquait de sang, et je manquais de temps. (On peut m'applaudir pour la rime que je n'ai même pas faite exprès, je l'ai vue à la relecture... Merci, merci. Ouch, ça c'est du délire. ) Je devais tout faire pour qu'il survive. Je paniquais, il me fallait bien l'avouer. Je levais mes yeux vers lui, qui étaient auparavant dirigés sur le sol terreux, et y vit un mirage, ses traits trop tirés me donnaient des frissons d'effroi.

Il lui fallait du sang, et je n'avais aucune idée de où je pourrais lui en trouver. Y avait-il au moins un hôpital dans les environs ? Je ne savais pas. Je ne savais rien !

Furibonde, je poussais un cri de rage envers mon ignorance. Je tournais en rond, foulant au passage le sol de mes pas frénétiques. Si je continuais, j'allais creuser un tunnel. Avec un peu de chance il me mènerait vers un endroit où je pourrais le sauver. Il ne pouvait pas mourir. Pas par ma faute ! J'étais aussi impuissante que lui, que cet ange au bord des rives de la mort.

Il se mit à se tortiller sur le sol, puis un hurlement déchira la quiétude qui avait envahie les lieux.

Je me détournais du corps, puis couru un bon kilomètre avant de m'autoriser à respirer de nouveau. Je le sentais toujours, bien malgré moi. Flairant des odeurs de pollution typiques des pots d'échappements des voitures, quelques fumées de cheminées industrielles, des milliers d'odeurs humaines, et, en plus ou moins égale quantité, des animaux en tout genre, sans doute d'un zoo. J'en déduisais qu'il s'agissait d'une ville, assez conséquente pour probablement contenir au moins un hôpital. J'étais tombée sur le bon endroit. Je suivais à la trace le flot d'odeur

Une sirène d'alarme de voiture retentit à deux kilomètres de moi, je me rapprochais. Il faisait sans doute trop sombre pour que quelqu'un m'ai aperçu dans cette campagne boisée.

La masse d'arbres autour de moi se fit plus rare, plus disséminée, les effluves urbaines plus puissantes. J'y étais presque.

A la lumière lunaire, je me dirigeais vers les grattes-ciels désertés toutes les nuits par des milliers d'employés aussi banals que possibles. Mariés, divorcés, célibataires endurcis, parents, déprimés, insipides, PDG, comptables, secrétaires, ingénieurs, fumeurs, alcooliques, trompés, trompeurs, arnaqués, arnaqueurs. Ce qui représentait l'humain de base, bien loin des stars hollywoodiennes pimpantes et souriantes. La dure réalité. Celle qu'ils se refusaient de s'admettre, préférant leur ignorance à l'afflux de de la douleur. C'était compréhensible, enfin, un peu. Survivre dans ce monde de fou était déjà assez compliqué en se voilant la face, et les rares courageux qui s'y risquaient y laissaient souvent des plumes. ( cette expression est stupide, n'est-ce-pas ?)

Je ne connaissais pas cette ville, j'avais l'impression d'être démunie de tous mes moyens. Me fiant à mon instinct, je couru jusqu'au centre ville. Question de probabilité, sans doute. Que Dieu bénisse mon instinct : Il avait raison. Un panneau affichait en lettre majuscule «HÔPITAL » suivant le sens de la flèche, je me dirigeais vers une avenue assez fréquentée, ce qui m'amena à marcher d'une allure humaine et ennuyante sur le trottoir désert. Un pub était encore ouvert. Son enseigne bleu fluorescente contrastait avec les ténèbres environnants, un groupe d'hommes sentant l'alcool et le tabac s'égosillaient sur une chanson country devant l'édifice sur le trottoir à ma droite. L'un d'entre eux releva la tête à mon passage, puis me héla d'une voix grave et rocailleuse, je ne devais pas être la première qu'il appelait «poupée».

-Hé les mecs ! Wow, regardez la bombe en face ! L'entendis-je dire à ses comparses. Hé, chérie, tu sais que t'es trop sexy ? Continua-t-il en augmentant le volume de sa, toujours aussi désagréable, voix d'homme saoul. Ça te dirait de prendre un verre ? Oh, allez ma puce, fais pas la timide, j'suis sur que t'as grave envie de coucher avec moi. Persista-t-il, insensible à ma non-réaction, faisant rire ses amis.

- Cherche pas, Brandon, elle est trop canon pour toi ! Moi, j'ai mes chances. En plus, elle m'a l'air torride. Je sens que je vais bien m'amuser.

Je me stoppais, incapable de feindre plus longtemps l'ignorance. Pour qui ce misérable se prenait-il ? Avait-il la moindre idée de ce que je pourrais lui infliger ? N'avait-il donc point d'instinct de survie ? Ne se doutait-il pas qu'en moins d'une seconde, je pourrais lui enlever la vie ?

- Hé mon cœur, l'écoutes pas, viens danser avec moi !

Les apparences m'indiquèrent que, non, il n'était conscient de rien. Je soupirais, les humains étaient définitivement cinglés.

PS : Dans ce chapitre, il y a l'idée que j'avais dans la tête quand j'ai imaginé la vie d'Ailis la première fois. Ca fait bizarre de l'écrire.... J'ai enfin pus me sortir l'image, de mon «bébé» s'attaquant férocement à un homme pour s'arrêter brusquement, de la tête. Je vais rêver de quoi moi, maintenant ?

PS2: J'ai découvert, par un hasard assez étrange, je l'avoue, qu'on pouvait voir les pays dans lesquels on est lus. C'est étrange de se dire qu'il y a des gens qui me lisent à l'autre bout du monde. D'ailleurs, c'est comment le Canada ?

PS3: Les gens, je vous aime.

Bisous. Fascinante-histoire.