Salutations les amis ! Avouez je vous ai manqué ! Mais me revoilà, encore et toujours. En espérant qu'il vous plaise mes très chères...

Il fallait à tout prix que je quitte cette ville. Principalement parce que j'y avais commit un crime et que des témoins – certes ivres – m'avaient vu en sa compagnie. J'aurais sans doute du les tuer aussi, en y réfléchissant bien. J'avais commis une erreur, et ce n'était pas peu dire. Comme avec l'ange tout à l'heure. Ce qui me paraissait être des heures voir plusieurs jours était en fait une simple petite demie-heure. Le temps n'avait plus sa consistance habituelle, et il m'était étrange de le voir ainsi : Je m'étais toujours représentée le temps comme une chose fixe et stable, quasi immuable sur laquelle je pouvais compter. Cette petite trahison me donnait des frissons le long de ma colonne vertébrale, à moins que ce ne fut le hurlement de douleur, plus que foudroyante apparement, qui sortit de la bouche de l'inco... Chayton.

Le simple fait de penser son nom m'emplissait d'une vague de remord encore plus imposante que l'inondation qui siégait déjà dans mon corps, j'avais l'impression de subir un raz-de-marée interne d'émotion, et ce n'était pas ce qu'il y avait de plus agréable à endurer. Comme disent les pilotes d'avion avant de mourir - parce qu'ils meurent tous, faut pas rêver, c'est pour les besoins du film - Meydey, meydey, Houston on a un problème !

Le corps agité sur le siège passager me rammena à la réalité, douloureuse et qui me replongea ensuite dans mes songes interminables. J'avais fait éprouver à un autre mon propre fardaud quotidien, cette pénitence éternelle et irrémédiable et j'ignorais comment il allait s'en sortir. D'après mes homologues d'Italie, chacun à sa propre façon de vivre le vampirisme, il semblerait que je m'y sois très bien adapté toujours en prenant leur opinion. Mais leur opinion avait également conduit à ma fuite précipitée en Amérique, alors bon.... Tout ça à cause de cette Heïdi et de ses sourires en veux-tu-en-voilà. Oui, j'avais flanché et je lui avais sauté dessus, alors qu'elle me disait que :

"Je pense que tu aurais besoin de t'amuser un peu, tu as toujours ce regard vague des gens qui s'ennuient. J'ai envie de te voir sourire, allez vas-y c'est pas si facile.... Allez, regarde tu étires tes lèvres, comme ça", m'avait-elle dit en pincant mes joues pour tenter de déserrer mes lippes totalement hermétiques.

Et, je crois que c'est là que j'ai succombé à ma furieuse envie de la tuer.... J'aurais pu y arriver si seulement les bruits de notre combats n'avaient pas attirés le reste de la troupe. Et que Jane, cette hystérique tout en douceur et gentillesse, ne m'avait pas cloitrée à terre et que je ne m'étais pas mise à hurler comme une démente sous le coup de la douleur subite qui me transperçait de toutes parts, sans me laisser aucune chance de pouvoir me défendre. Tous des lâches. Dire que j'avais supporté leur compagnie pendant presque un mois, surtout parce que le "Grand cinglé" m'avait selon ses dires trouvé "particulièrement intéressante et pleine de talent". Tu parles ! C'était plus de la flatterie de bas étage qu'autre chose, certains humain m'avaient déjà bien mieux grattifiés que lui, c'est pour vous dire un peu. Mais c'était il y a bien longtemps, à l'époque où la galanterie était de mise et où les proies venaient directement se jeter dans la gueule du loup un peu trop tentant, en l'occurrence, moi. Ah, c'était le bon temps, j'avais seulement à me balader tranquilement avec un air naïf sur le visage et à modifier la couleur de mes yeux et de ma peau pour me nourrir... Nostalgie, quand tu nous tient.

Un nouvel hurlement à en réveiller la dépouille du Christ envahit l'habitacle clos de ma voiture, et me libéra également de mon incroyable capacité à tomber dans des songes interminables, vestige de quatre siècles d'errance solitaire. Plus maintenant, fini le temps ou je pouvais passer des heures sans bouger à réfléchir inlassablement sur tout et rien à la fois, il me faudrait dorénavant gérer un "nouveau né" - terme étrange que ces satanés Volturri m'avaient inculqués quelques mois auparavant - ce qui ne semblait pas être une tâche simple.

La Californie était à présent derrière moi, je ne risquais plus rien juridiquement parlant, gloire à ce pays ou les états sont bien distinct les uns des autres et ou les crimes commis dans un des états n'a pas de valeur dans un autre... Salut Schwarzi !

Je me demandais ou je pourrais nous installer, Chayton et moi... Dans un endroit loin des gens pour éviter les débordements, mais assez à proximité pour qu'on puisse chasser tranquilement... Un endroit touristique amis assez désert, pas facile à trouver dans l'Oregon ! A part Salem... Mais franchement les sorcières brulées et moi... Ou peut être dans la région du Crater Lake... Bonne idée tiens, c'est verdoyant, humide et plein de touristes.... De quoi me rappeler l'Ecosse, parfait.

Je roulais encore une heure et demie, en subissant les cris plaintifs et les appels de détresse pour une certaine "Nikki", avant d'arriver vers cette terre boisée et chaleureusement humidifiée, un peu comme chez moi. M'arrêtant dans un motel peu cher et au parking désert, ce n'était pas la saison des vacances, on était débarassé des touristes occasionels qui auraient tous finis en encas improvisés pour l'occasion, ça aurait un peu plombé l'ambiance. Avant de sortir de ma voiture, je pris soin de modifier mon teint en une peau hâlée et la couleur de mes iris en un marron moche accordé à mes cheveux... Un peu moins remarquable qu'un rouge rubis sur une peau d'un blanc lavabo.

Le hall d'entrée était lambrisé du sol au plafond et des La greluche de l'accueil me regarda d'un mauvais oeil, pour détourner le regard vers un jeune homme d'une vingtaine d'année derrière un bureau à l'opposé de la pièce, la tête dans des cahiers de comptes, je devais sans doute parraitre plus belle que la normale, et elle s'inquiétait sans doute de l'effet que je pourrais faire sur cet homme. Je poussais un soupir audible qui la rammena à ma présence.

"Bonjour, que puis-je faire pour vous ?"

J'eu envie de lui répondre " Bah écoute, darlin', dans trois jour tu te présentes à la porte de la chambre que je vais louer et tu te laisse gentiment tuer, ça te va ?" Mais je me suis contentée de lui dire "Une chambre pour deux s'il-vous-plait. "

J'eu la très nette impression qu'elle mourrait d'envie de me dire qu'elle n'en avait plus, mais j'imagine qu'elle c'était bien apperçue que ça ne serait pas crédible. "Très bien, chambre 27, au fond à gauche." M'annonça-t-elle à la place, désignant l'extérieur de la pièce en un geste rapide.

"Par contre, est-ce-qu'il serait possible de ne pas être dérangé pendant toute la durée de notre séjour ?" Elle tilta sur le mot "notre", et regarda autour de moi.

"Mon mari est dans la voiture, il ne se sent pas très bien, je préférerais qu'on ne vienne pas nous embêter, vous comprenez..." Inventais-je sur le champ, préférant ne pas lui dire qu'il était en train de devenir un vampire sur le siège passager d'une voiture qui vallait des millions de dollards et qu'il serait mieux pour elle de rester éloigné si elle tenait à sa vie.

"Oh, il n'y a pas de problème, vous aurez toute la tranquilité qu'il vous faut."

"Et le room service ne sera pas nécessaire." Je signais le registre qu'elle me présenta.

Trois jour.

Ca ne parrait pas long comme ça, mais dans les faits, ils le furent. Je ne pense pas avoir vécu de jour aussi longs et aussi douloureux que ceux-ci... Entre mes remords et mes oreilles martyrisées à longueur de journée, j'étais surmenée. Alors quand il se tut, j'étais heureuse et en profitais pour me détendre enfin, les yeux clos et le corps amorphe, je me laissais vagabonder tranquilement au rythme de mes songes. J'aurais sans doute du éviter mais j'aurais sans doute du remarquer que son coeur avait cessé de battre, ce que je ne fis pas.

J'entendis les couvertures se froisser, mais n'y fit guère attention, ses gesticulations le poussaient souvent à bouger dans les draps, puis un pied se poser sur le parquet. C'est là que j'ouvris les yeux. Ah, problème.

Info n°1 : Il est réveillé.

Info n°2 : Il a pas l'air content.

Info n°3 : Un nouveau-né, ça a beaucoup de force.

Info n°4 : J'ai pas tellement d'expérience dans les combats.

Info n°5 : Il se rapproche dangereusement.

Info n°6 : Je commence à flipper.

"Qui êtes vous ? Et qu'avez vous fait à ma Nikki ?" Ah, j'imagine que le fait qu'il l'ai appelé "sa" Nikki n'était pas bon signe... Il voudrait sans doute la retrouver, et comme je ne savais pas du tout qui elle était ni où elle se trouvait... Y a des risques de turbulence, pour rester dans les termes utilisés dans les avions. Je me levais du fauteuil sur lequel j'étais installée.

"Euh, bonjour. Moi c'est Ailis. Et je ne connais pas de Nikki, à part dans les feux de l'amour, mais ça doit pas compter, parce que bon ça m'étonnerais quand même qu'elle ait une vie aussi étrange que celle de la Nikki des feux de l'amour, et qu'elle se soit mariée autant de fois aussi..." C'est une des particularité que je possède, quand je stresse, je parle beaucoup...

Ca eu l'air de le mettre encore plus en colère... Il commença à se tapir, près à me bondir dessus. Mais qu'est-ce-que je lui avais fait encore ?

"Euh, hé vous voulez pas vous calmer un peu... Parce que bon, j'ai un sacré paquet de chose à vous expliquer et que ce sera pas facile si vous commencez à vouloir vous battre avec moi."

Aussi incroyable que ça puisse paraitre, ça ne l'a pas calmé. Pas du tout.

C'est là qu'il s'est jeté sur moi, comme un aigle aurait fondu sur sa proie, vorace et sans pitié...

Je sentis ses crocs s'enfoncer dans ma peau, j'hurlais, me débattis, le repoussais du mieux que je pus, il vacilla et s'écrasa sur le siège où je m'étais installée auparavant qui n'était plus que débris à présent.

Lorsqu'il se releva, ses yeux brillaient sous l'emprise d'une rage innouie que je n'avais pas prévue. Ca allait mal, très mal se finir.

Je commençais à vouloir vraiment lui faire du mal également, je n'avais jamais été du genre à me laisser faire, ça n'allait pas commencer maintenant. Je lui envoyais mon poing en plein sur le nez, persuadée de pouvoir me venger. Il l'attrapa au vol, me le tordis, me plaqua le dos sur le mur en y laissant sans doute une marque, du plâtre volait dans l'air, attérissant sur mes épaules. Je lui envoyais mon pied dans les parties génitales en réponse. Il n'avait sans doute pas prévu cela car il se plia en deux et lacha mon bras. J'en profitais pour m'éloigner un peu, tout en gardant le regard vrillé sur lui.

Il se redressa d'un seul coup, ne me laissant pas le temps de le voir arriver, sa main s'emparra de ma gorge, l'enserrant avec force et je me retrouvais sur le sol, à côté d'une armoire en bois rustique. Il aurait sans doute pu me la briser en deux, si je n'avais pas fait tomber l'armoire sur lui avec mon bras droit, l'atteignant comme je le pouvais. Sa prise se déserra un peu, me laissant l'occasion d'avaler une goulée d'air, la poussière de platre pateuse se collait dans mes paroies respiratoires, j'avalais mon venin pour faire passer le tout Et lui mordis l'avant bras qui me maintenait inerte et faiblarde sur le parquet de pin.

Il hurla à nouveau, son cri me heurta les tympans douloureusement. Au même instant, j'entendis des pas approcher de notre chambre de motel.

J'aimerais remercier tout les gens merveilleux qui me laissent des commentaires, ceux qui me lisent, ce qui m'ajoutent dans leur favoris, dans leur alertes. Et salue encore une fois le talent de Tata-Grimma.