Hey les amis ! Ailís est de retour, pour encore plus de cynisme et encore plus de péripéties, ha ha !!
Dans les épisodes précédents:
Ailís, jeune demoiselle écossaise de son état vivant au XVII ème siècle se fait sauvagement (Ouuuh, Grr !!) mordre par un vampire dont je ne sais même pas l'identité (ha ouais, ça sent la pro quand même) avant son mariage avec son «prince charmant». Elle a vécu sa petite vie de vampire tranquillou pendant quelques siècles, puis s'est lassée de son quotidien, malgré son attachement à son pays, et est partie à la découverte du monde. Et c'est là que ça se complique. Entre rencontre avec les Volturri, humains un peu trop entreprenants et celui qui se transforme malencontreusement en vampire, ça devient légèrement plus animé tout à coup. Et, pour parfaire le tout, Chayton, le gentil petit humain transformé, est pas très commode à son réveil, ce qui entraine une petite lutte interrompue par l'arrivée des employés de l'hôtel dans lequel ils logeaient.
Et je vous remercie chaleureusement (retransmettre la chaleur par l'intermédiaire d'un écran c'est moyen quand même...) de vos reviews et m'excuse au près de Tata Grimma pour l'avoir fait se coucher tard. Apparemment, le dernier chapitre vous avait plus, j'espère qu'il en sera de même pour celui là. (qui a mit du temps à sortir mais ce n'est pas du tout par manque d'inspiration, disons que quand j'avais le temps d'écrire je n'en trouvais pas l'envie... Ouais, je sais, je suis ingrate.)
Ah, j'avais peut-être une chance de m'en sortir finalement. Bien, je n'avais pas l'intention de mourir maintenant, ça tombe bien. J'aurai presque pu dire que le hasard faisait bien les choses, mais je ne crois pas à ces trucs là.
Des murmures à peines voilés par l'épaisseur du mur s'élevèrent de dehors, couvrant le chuintement du vent qui pénétrait par l'interstice de la porte.
«Je t'avais dit que c'était une bizarre... T'as pas vu comment elle agissait ? Si ça se trouve c'est des serials killers, ou des dealeurs de drogue.... ou même des trafiquants d'armes, tiens ! Tu crois qu'on devrait appeler la police ?» Pépia la voix effrayée de la greluche. Mais bien sur ! C'est évident, je me drogue à l'héroïne tout les jours, et de temps en temps je revends ma came aux coins des ruelles sombres et quand ça suffit pas pour me payer toute ma drogue, je vends des flingues. Ouais, c'est sur que ça le fait pas mal comme scénario... Pour un film d'action Hollywoodien au budget équivalent au PIB de toute l'Afrique du Sud.
Mais en ce qui concerne la partie serial killer... Bah, disons que ce n'est qu'un concours de circonstance qui fait que j'en suis une.
«Non, si c'est rien de grave et qu'on appel la police, le patron sera au courant... Et on se ferait virer tous les deux s'ils ont abimé quoi que ce soit, alors on va attendre un peu d'accord ? De toute façon, j'ai pris ma batte de baseball avec moi.»
«N'empêche, je suis pas rassurée, t'as entendu le vacarme qu'ils ont faits ? Ils ont carrément du démonter la chambre entière !» Jacassait-elle. Encore.
«Chut, je crois qu'ils peuvent nous entendre, ils font plus de bruit.»
Vrai.
«Nouveau-né enragé» était toujours au dessus de moi, raide comme un piquet, et les narines dilatées. Bah, au moins je serais débarrassée de Greluche et de son copain, mais il faudrait que je fasse le ménage après ça. Les mecs, tous les mêmes, partout où ils passent faut nettoyer après, vampire ou pas.
Les humains-encas-pour-nouveau-né n'étaient plus tellement loin de nous, de leur mort en l'occurrence. Plutôt dramatique comme situation, on aurait pu presque en faire un film d'horreur à petit budget. L'endroit désertique et sombre, les amoureux seuls et les méchants vampires prêts à en faire leurs repas. J'imaginais déjà le titre : «Lover's nightmare». Poignant et tellement agréable à entendre. J'étais certaine de son succès au box-office, avec une histoire pareil aussi, c'était obligatoire.
Et, tout à coup, alors que j'étais en train d'imaginer la gloire et l'argent que j'accumulerais avec mon idée de génie, Chayton l'Enragé avait décidé que l'heure du repas était arrivée. Pas patient du tout et briseur de rêve aussi, pour compléter le tableau.
L'affamé se rua sur la porte, lâchant ma gorge, et l'ouvrit à la volée, ce qui la fit exploser sur le mur. Je décidai de le suivre, on est jamais trop prudent, et vit la mine horrifiée de Greluche en voyant que son copain était en train de mourir à côté d'elle. J'avais cessé de respirer, l'air empestait le sang et le tabac froid, et détournais les yeux. Mais j'entendais. Tout. Les battements s'estompant, ceux qui s'accéléraient, le cri d'horreur, celui de douleur, le bruit du sang qui s'écoulait de la gorge de l'homme, pour finir dans la gorge de Chayton. Mon venin affluait rapidement dans ma bouche, mon larynx se décimait, mes pupilles se dilatèrent. Mais je résistais. J'avais connu pire. Et, le premier repas c'est quand même important, alors j'avais pas franchement envie qu'il s'en prenne encore une fois à moi si je le lui gâchai. Trouillarde ? Non, seulement prévoyante.
Greluche entreprit alors de se sauver, ce qui n'eut pas l'air de plaire à Nouveau-né enragé, car dès qu'il eut finit de boire le sang de son compagnon il se dirigea vers elle et lui brisa la nuque, faisant cesser ses hurlements terrifiés. Je m'adossais contre le mur, attendant qu'il ait fini de s'amuser. Quelques minutes plus tard, alors que je commençais à imaginer comment j'allais me débarrasser des corps, il se retourna vers moi.
Panique pas, ne panique pas, respire. Non, arrête de respirer ça sent encore le sang. Prends une position décontractée, agit normalement... Mais c'est comment déjà agir normalement pour un vampire? Quelqu'un a le mode d'emploi ? Quelque chose ? Un truc pour me protéger ? Un super bouclier anti-vampire terrifiant ? Une gousse d'ail ? Nan, ça marche pas ça déjà... N'importe quoi ?
Et ce que je vis dans ses yeux me fit me sentir encore plus coupable que je ne l'étais déjà. Il avait comprit. Il se retourna vers les cadavres, d'une lenteur contrastant avec la fluidité de ses mouvements depuis qu'il était éveillé.
«Oh mon... Oh ! Qu'est-ce-que j'ai fait ?»
Je dus me mordre les lèvres pour retenir le commentaire, tout aussi futile que sarcastique, que je mourrais d'envie de lui dire. C'était pas le moment.
«Pourquoi ? Pourquoi ? Mon Dieu, pourquoi ?...» Continuait-il, sa litanie commençait à me stresser, alors je pris la parole, histoire d'essayer de le faire taire.
«Hey, tu devrais aller dans la voiture, cherches pas c'est la quelle, y en a qu'une sur le parking. Je m'occupes du reste d'accord ?» Il me regarda, le visage vide de toute émotion, un air pathétique peint sur son visage, et je m'en voulus encore plus de ce que je lui avais fait. «Tiens, prends les clefs.» Chayton le, tout à coup, plus si enragé que ça, les attrapa et prit la direction du parking.
«Et essayes pas de filer en douce avec ! » Alors que j'ajoutais cela, il émit un petit marmonnement étrange dont je ne compris que quelques mots. «... besoin...parler... gamin... 'bécile... ». Le mieux pour nous deux était que j'en fasse abstraction, j'avais des choses plus intéressantes à accomplir que de le sermonner pour m'avoir traitée d'imbécile. Je verrais ça plus tard. Pas question de me laisser faire !
Il fallait que, avec toute mon expérience dans la dissimulation de crime, je nous sorte de ce problème.
1ère étape : Se débarrasser des preuves.
2ème étape : Se débarrasser des corps.
3ème étape : S'en aller d'ici.
4ème étape : Expliquer à cet ingrat de quel bois je me chauffe.
5ème étape : Rester en vie.
Je décidais de combiner l'étape n°1 et 2, autant faire d'une pierre deux coups quand on en a l'opportunité. Je déplaçai les morts vers l'accueil, pour la mise en scène, et farfouillais dans le placard destiné aux produits d'entretiens, j'avais lu un truc racontant que c'était le genre de chose qui pouvait s'avérer très dangereux lorsque c'était mal utilisé. Dangereux, certes, mais salvateur. Le tout était de trouver ceux avec un pictogramme indiquant que s'était inflammable. Une fois que ce fut fait, il me fallait trouver quelque chose pouvant allumer un feu, n'importe quoi ferait l'affaire. Ils avaient des cheminées, et puis au moins un des deux fumait, vu l'odeur pestilentielle que dégageait le copain de la Greluche, j'en déduisis que c'était lui le coupable de cette abomination olfactive.
Je sais que ça fait mauvais genre de fouiller un cadavre, mais quand on a pas le choix... On fait comme on peut.
Le briquet à motifs de petits cochons, que je trouvai dans la poche arrière de son jean, collait parfaitement à l'idée que je m'étais faite du personnage. Un léger rire m'échappa, je le ravalai aussitôt.
Je renversais les bouteilles de cire pour parquet sur le sol, les meubles et les corps, reculais jusqu'à la porte, allumais le briquet le jeta vers le milieu de la pièce et couru le plus vite que je pu vers ma voiture.
Je me glissai en une fraction de seconde sur le siège conducteur, le moteur était déjà allumé, ce qui me perturba, depuis quand les gens prévoyaient-ils les besoins des autres ? Depuis quand s'était-on jamais soucié de ce que j'aurais besoin ? Quatre siècles.
La route était d'une longueur infinie devant mes yeux. Il me fallait fuir. Une fois encore. Voilà à quoi s'était réduite ma vie depuis que j'avais quitté l'Écosse. Maudites soient les pulsions qui m'avaient poussée à quitter mon pays... J'y étais tellement bien là bas. Seule et sans problème.
Me ressaisissant, je pris la parole brisant le silence glacial qui régnait dans l'habitacle.
«Bon, maintenant tu vas peut-être me laisser t'expliquer tout ce qui t'arrives sans me sauter dessus. Parce que là, franchement, si tu fais ça pendant que tu es dans ma voiture ça va mal se finir.»
Et ça se finit comme ça. Bouh, je suis méchante, mais si j'en met trop, ou serait le suspens ?
Et, avouez le, vous aimez le suspens.
PS : Il est un peu plus court que ceux de d'habitude, ou je suis aux envirrons des 22OO mots par chapitre, alors qu'il dépasse seulement les 1900. Vous m'en excusez ? En contre-partie je vous promet un autre chapitre dans le courant du mois, juste avant mon départ en Espagne le 19 mars. (Les voyages scolaires...)
