Je lui avais tout dit. Sans aucune exception, sans artifices inutiles et sans compassion.

Il était livide, plus qu'auparavant, ce qui n'était sans doute pas très bon signe. Le silence de mort.... Ouh, le mauvais jeux de mots.... Enfin, bref, la quiétude pesante qu'il m'imposait depuis tout à l'heure commençais à me filer des envies de meurtres envers sa personne. Non seulement, j'aurais pu croire qu'il n'avait pas écouté un seul mot de ce que je m'étais évertuée à lui dire, mais en plus, il faisait le muet. Son état de léthargie était stressant. Quelle raison avait-il d'agir de la sorte ? Ça n'y changerait rien !

Et il resta ainsi pendant neuf minutes, que je chronométrais scrupuleusement, sans prêter à la route d'avantage d'attention. Evitant tout de même deux camions et une voiture qui auraient pu démolir la magnifique carrosserie de mon moyen de locomotion préféré – certes, courir avait ses avantages, mais rien ne pouvait remplacer la sensation de puissance que je ressentais derrière le volant.

« Et pour Nikki ? » Avait-il enfin murmuré, les yeux clos et un air de martyr à l'agonie sur le visage. Il faudrait que je le fasse cesser de faire le malheureux, c'était vain et stressant. Vain car je n'avais pas de pitié, et stressant car cela faisait augmenter mon taux de culpabilité.

« Comment ça ' et pour Nikki ' ? »

« Je veux la revoir ! Tout de suite ! »

« C'est hors de question. » Mon ton avait été calme et glacial et je lui lavais lancé mon regard le plus menaçant, ce qui n'eut pas l'air de l'intimider le moins du monde. Insolent garnement.

« Je dois la revoir ! Il faut que je la revois ! »

« Tu ne peux pas ! Tu la tuerais comme tu as tué les débiles de l'hôtel. »

« Je ne ferais jamais ça ! Ramènes-moi à Los Angeles ! »

« D'accord, mais je ne suis en aucun cas responsable de sa future mort. Et je ne tolérerais aucune plainte ou lamentation... ou même les regards meurtris. Pour faire claire, tu la tues si ça t'éclates, mais je ne veux pas avoir à en subir les conséquences. »

Pas que je me souciai pas de la survie de sa copine, mais il fallait que je teste une nouvelle technique, parce qu'il ne se contenterait pas de la tuer elle, mais aussi une dizaine d'autres habitants. Ce qui alerterait à coup sur les Volturis, qui le tueraient et voudraient savoir qui l'avait transformé et lâché à son bon vouloir dans une grande ville, ce qui me ferait les revoir... Alors, il valait mieux pour tout le monde qu'il ne la revoie pas.

« J'ai déjà dit que je ne lui ferais pas de mal. »

« Je sais, mais de toute façon je ne viendrais pas avec toi, il y a surement un mandat d'arrêt à mon égard.... Oh et n'oublies pas de ne pas la voir pendant la journée, ça l'effraierait... »

« A cause du soleil... J'ai comprit. »

« Ouais, mais quand j'y pense... en voyant ton teint blafard et tes yeux rouges, elle risque aussi de flipper, alors pour plus d'effets, vas-y le jour. C'est pas bien grave, elle n'aura pas une espérance de vie très grande dès qu'elle t'aura vu... »

Et la conversation continua pendant une demie-heure, durant laquelle je réussi à le faire changer d'avis... En lui mentant légèrement. Je lui avais fait croire que d'ici une dizaine de mois, il serait apte à pouvoir la revoir sans la blesser... La vérité était que d'ici une dizaine de mois, il commencerait à oublier sa vie passée. Mais, c'était pour son propre bien.

Et pour le mien. Un peu.

Durant tout le reste du trajet qui nous menait vers le nord, terre promise, humide et verdoyante, qui nous permettrait de vivre tranquillement pendant quelques mois, le temps qu'il apprenne comment survivre, nous continuâmes à bavasser de tout et rien. Je lui expliquais plus en profondeur la vie de vampire. Il buvait mes paroles avec une avidité étrange. Comme si j'étais une personne différente, d'il y a quelques heure, une personne qu'il pouvait respecter et comprendre. Je n'avais pourtant pas changé d'un pouce, mais il semblait me voir d'une autre façon que je ne comprenais pas. Chayton , qui nourrissait une haine sans égards il y a peu me regardait maintenant avec une fascination respectueuse inattendue. M'interrompant de temps en temps pour me poser une question.

«... Et après il y a les Volturi, ceux-là vaut mieux pas les rencontrer, une grande bande de schizophrènes sur entrainés qui dirigent notre monde... Il paraît que tout les vampires doivent être répertoriés par eux, mais personnellement, ils se sont aperçu de mon existence après 400 ans... Enfin, quand je dis 400 ans, c'est grosso-modo. Parce que, en réalité j'ai 403 ans de vie vampirique et 18 ans d'humanité, ce qui me fait donc 421 ans, j'suis vieille pas vrai ? Bref, je les ai finalement rencontrés... Et encore, c'est moi qui les ai trouvé... Tu parles d'une équipe de pros ! Alors, on a pas besoin d'aller les revoir pour leur faire part de ton existence... Ils m'aiment pas trop depuis que j'ai failli tuer l'une des leurs. Le pire c'est que j'aurai pu lui faire paître le carrelage (Nda : j'ai pas pu résister, on va dire que c'est ma 'quote' perso...) mais y a ses amis qui se sont ramenés, et j'ai du partir le plus vite possible. Tout en ramenant le bolide magnifique dans lequel tu es installé... Je sais, c'est du grand art.»

« Et avant toutes ses aventures, tu faisais quoi ? Parce que, si t'as une vie aussi démentielle que ça, je sais pas si je vais arriver à tenir. Je suis du genre assez tranquille, trop d'action d'un seul coup ça pourrait m'achever... J'ai bossé dans l'administration après tout !»

Je ris alors, pas du rire cynique et sarcastique qui pouvait me secouer parfois. Non, mais plutôt d'un rire amusé et franc, qui me donna des fourmis le long de ma colonne vertébrale. Pas désagréable, étrange, certes, mais définitivement pas désagréable sensation.

« Oh, ne t'en fais pas, j'ai vécu pendant des siècles dans la campagne profonde écossaise, alors pour ce qui est de la tranquillité, tu fais pas mieux. Ma seule source d'activité c'était de regarder la télé, enfin ça, c'est pour les quarante dernières années, parce qu'avant, mon seul remède à l'ennui c'était de draguer les alcoolos notoires dans les bars des villages... Cela pouvait quand même s'avérer hilarant quand ils en étaient à leur septième verre de bière. Mais à ce stade là, ils n'étaient plus très comestible... »

Je crois que nous avions dû dépasser le panneau indiquant notre entrée dans l'État de Washington depuis deux heures et demie, longeant la côte pour éviter les grands axes de circulation, quand je remarquai que ma jauge d'essence était presque sur 0. Et le pire, c'est que je m'étais engagée dans la mauvaise direction... Au lieu de continuer de monter en direction de Seattle et du Canada, j'avais bifurqué à l'Ouest, j'aurai vraiment dû penser à m'acheter un GPS, et pour assaisonner le tout, si je faisais demi-tour, je n'aurai pas assez d'essence.

Première mission de la journée. Trouver une station service dans cette amas de verdure isolé.

Ce qui ne fut pas facile, du tout.

Tout d'abord, parce qu'il n'y avait pas une seule fichu trace d'activité dans ce 'Olympic National Park' à deux balles, et que cette nationale 101 ne semblait pas se finir... Bien sur, j'aurai pu aller chercher de l'essence en courant, mais je ne pouvais pas laisser Chayton seul ici – dès fois qu'il croiserait une quelconque source de vie dans les parages – mais je ne pouvais pas non plus l'emmener avec moi pour les mêmes raisons... Je comprenais enfin le pourquoi du regard anéanti des parents quand ils regardent leur progéniture sans pouvoir faire quoique ce soit. Ils devaient vivre avec.

Et, c'est alors que... Miracle des miracle, un panneau, annonçant la proximité d'un bourg dont je n'avais jamais entendu parler, se dressa devant moi. Ma voiture était sauvée. Parce que, bon, ça paraît pas comme ça, mais elles doivent souffrir quand même quand on prend pas soin de leur moteur... Euh, je m'égares comme une brebis à l'abandon là, revenons à nos moutons.

Ce village me semblait assez grand pour contenir une station service, mais pas assez pour que j'y trouve de quoi habiller l'espèce de grand dadet aux blagues étranges qui siégeait sur mon siège passager. C'est pas grave, une fois que j'aurai de quoi pouvoir rouler, je ferai une halte quelque part... En essayant de garantir la survie des gens autour de moi. Ce qui impliquait d'enfermer Chayton dans la voiture et de ne pas l'en laisser sortir. En espérant qu'il soit aussi docile qu'il l'avait été tout le reste de la journée.

Je continuai d'avancer dans ce qui me sembler être la rue principale, un lycée, un magasin de trucs de plein air, un garage, et une station service. Hallelujah ! I will survive !( Nda : Vous remarquerez, si vous avez l'œil avisé, la présence de deux titres de chansons côte à côte. C'est magistral.)

« Et, maintenant, tu vas assister à un tour de magie extraordinaire... » Enfin, extraordinaire.... Si on veut, hein. J'allais juste utiliser mon 'super pouvoir' et changer quelques détails pas très humains.

« Oh, ta peau... Tes yeux... Pourquoi tes cheveux sont plus clairs ? » J'avais opté pour le look Californienne, ce qui inclut les yeux bleus, la peau hyper bronzée et les cheveux blonds. Oui, je sais, beaucoup de stéréotypes réunis... Mais les gens croient aux stéréotypes.

« Ça, mon cher ami, c'est ce qu'on appelle avoir un don... On verra si t'en as un au fil du temps. Bon alors, je veux pas perdre de temps... Tu restes dans la voiture, et arrêtes de respirer, c'est plus sur pour tout le monde... Tu serais capable d'esquinter ma portière, et je serais alors contrainte de te faire du mal. J'en ai pas pour longtemps. »

« D'accord. » Comme quoi, parfois, je pouvais faire preuve d'autorité. Ha ha !

J'ouvris rapidement la portière, la refermai derrière moi le plus rapidement – qui puisse paraître humain – possible. Des gens parlaient à droite à gauche, certains de pièce automobiles, d'autre de formules mathématiques étranges ou de marque de chaussure pour randonnée, les diverses paroles se mélangeant en un seul chuchotis léger. Le vent cinglait mes cheveux et ma veste en cuir. L'humidité était presque palpable. Un sentiment de déjà vu m'envahit, contre-balançant avec la culpabilité écrasante.

La pompe à essence me semblait d'une lenteur exaspérante, le compteur allait si doucement que j'avais le temps d'y observer les défauts de chaque chiffre imprimé sur les petites plaques métalliques.

Alors que j'en étais à 23 litres, une sonnerie retentit dans le lycée – qui ne ressemblait pas à l'idée que je m'en étais faite, on aurait plutôt dit un ensemble de maisonnettes collées les unes aux autres – et un retentissant brouhaha de chaises qui frottent sur le sol et de bavardages emplit le semblant de quiétude alentour.

C'est alors que je les sentis, il y avait des vampires dans cette foutue bourgade quasi inexistante de la surface de la Terre.

Mais qu'est-ce-que pouvait bien faire des vampires ici ? Pire. Que pouvait bien faire des vampires dans un lycée ?

Oui, je suis pleine de sadisme de m'arrêter à un moment pareil, mais que voulez vous, on peut pas se refaire comme ça !

Et, j'ai prévu de publier deux chapitres le moi prochain, si si si, vous ne rêvez pas, ça m'impose un rythme comme ça. Sinon j'ai tendance à me laisser aller. Fainéante jusqu'au bout.

Vous savez quoi ? Je veux des Reviews, tout plein de Reviews les amis. (En parlant de ça, Alicia, t'es où ? Tu as migré dans un endroit désertique et grave terrorisant ? Tu t'es fait capturer par une horde de gnous enragés ? )

Parce que, sinon, j'ai décidé d'être plus aussi gentille. ( Nda : Vous aurez gravement remarqué la lourdeur de la menace, ça vous fait grave flippé là, nan ? Nan ? Bon, OK, nan, mais j'aurais essayé... ).

Reviews quand même, parce que, j'aime ça !!!