Chapitre 13 : Si l'on trouve du plaisir au bonheur d'autrui, c'est avant tout parce que l'autre est nécessaire à son propre bonheur.

Oui, j'ai décidé d'être philosophe.

Soundtrack, s'il y a des intéressées :

Alright – Supergrass

Bettersweet Symphony - The Verve

Song 2 - Blur

U turn Lili - AaRon

One Last Time – The Kooks

Ahem, laissons maintenant la place à ce chapitre ( tant ? ) attendu.


J'étais maudite.

Plus que la plupart des vampires. On est bien d'accord, malédiction rime presque avec vampirisme. Presque.

Et bien je crois que j'avais assez accumulé de problèmes en tout genres depuis sept mois. J'avais rêvé d'aventures et d'exotisme, j'avais été servie comme une reine. Je pestai contre moi-même, incapable de m'en prendre à quelqu'un d'autre. J'aurai dû repérer leur odeur bien avant ! A quoi avais-je donc pensé pendant tout ce temps ? Si ce n'est à Chayton. Chayton, justement, un nouveau-né face à une bande de vampires...

D'ailleurs, était-ce une mode de constituer des clans ? Avais-je loupé un cours des Volturi à propos des 'familles vampiriques répertoriées' ? Ou alors, c'est juste que je n'avais pas écouté... Plus que probable. Leurs longs discours sur l'histoire vampirique à travers les siècles et les millénaires m'avaient au premier abord passionnée mais bien vite lassée. Pourquoi diable la vie d'un vampire ne pouvait-elle pas être paisible et rangée ?

-Arrête de réfléchir à ces trucs là, ça suffit ! Faut que tu te barres d'ici !

-Ouais, bonne idée Voix 2.

Vous ne voulez pas savoir ce qu'est cette histoire de voix, croyez moi... Et c'est long à expliquer aussi.

Je commençais à établir des plans de survie dans ma tête, le plus rapidement possible. Puis je posais un bref regard sur la pompe à essence. 32 litres. Étais-ce assez pour aller au moins jusque Seattle ? Pas avec une voiture de sport. Fichus goûts de luxes. Je décidais d'attendre encore un peu, de toutes façons, on était dans un lieu public, qui qu'ils soient, ils ne pourraient pas m'attaquer ? Pas vrai ?

Leurs odeurs se rapprochaient, se concentraient, j'arrivais à les identifier parmi celles des humains, dans un mélange étouffant de variations olfactives. J'étais alerte, mes sens s'étaient décuplés, mon corps prenait de lui-même une posture défensive.

Je devais avoir l'air fine, dans le corps d'une humaine sans grand intérêt à me comporter comme un prédateur. Mes yeux ne restaient pas fixés plus d'un quart de seconde sur quelque chose, mes narines s'étaient dilatées, les secondes défilaient trop lentement. Je me sentais épiée, traquée. Mon instinct me poussait à me retourner et à attaquer.

Mon cerveau me hurlait de fuir le plus loin et le plus rapidement possible. Mais ça, c'était simplement mon côté lâche qui ressortait. Mon autre côté – celui que je décidais de suivre – le plus brave des deux m'ordonnait de suivre mon instinct.

Le seul problème de l'histoire – bien qu'il fut également assez conséquent, pour compenser, un peu, le minimum de chance que j'avais d'avoir un seul désagrément – était qu'ils étaient bien plus nombreux que nous, et que j'étais accompagnée d'un nouveau-né qui n'avait aucune retenue.

Alors question défense, on repasserait un autre jour, voir un siècle ou deux plus tard. Quand je me serais auto-disciplinée et que j'aurais enseigné à mon nouveau compagnon de vie comment survivre proprement.

Y avait pas tellement besoin d'autant d'années pour ça, quand on y pense... J'avais juste quelques règles élémentaires que je ne vais pas vous expliquer maintenant, question de temps vous voyez.

Mon esprit, peut-être inconsciemment, se mit tout d'un coup à arrêter de divaguer. Sans doute parce que j'étais en état de détresse à un niveau mortellement élevé et, que mon monologue intérieur était décourageant.

Le compteur affichait maintenant plus ou moins fièrement 45 litres. Pas encore assez. Une dizaine et je pourrais enfin m'en aller rapidement. Ce qui ne semblait pas être un tempo qui convenait à la troupe de petits écoliers aux dents acérées qui s'approchaient encore. Leurs corps immortels étaient à peine différentiables à ceux des humains pâles. Mais quand on regardait de plus prêt, ce n'était pas la couleur de leur peau qui en faisait des êtres différents, c'était leurs visages. Figés dans le temps, graves et inattaquables. Ils semblaient à part, et inadaptés à l'environnement.

Et bon sang, qu'ils me paraissaient proches.

Ils étaient quatre. Deux blonds et deux bruns plus ou moins foncés. Leur carrure était remarquablement diversifiée. Un grand au port altier, un autre presque aussi élevé mais bien plus costaud, une petite toute fine aux allures enfantines, et une caricature de la blonde parfaite et surfaite.

Quatre vampires pour cinq odeurs. C'est quoi l'arnaque ? Il y en a un qui se cache pour pouvoir attaquer plus facilement ? Il a un don d'invisibilité ? Le plus baraqué a avalé l'un d'entre eux en guise de goûter ?

Je scrutais la foule pour chercher ce mystérieux inhumain. Il était simplement plus probable qu'il soit dissimulé parmi la petite centaine d'humains que les autres des possibilités, et quoique plus rassurant aussi. Des vampires qui se mangent entre eux, c'est assez écœurant comme idée.

Après exactement trois secondes et quinze centièmes, un visage qui me paraissait vampirique. Il n'était pas seul – puisqu'il s'agissait bien d'un mâle – mais accompagné d'une humaine à la peau translucide. Je me demandais comment j'avais fait jusqu'ici pour ne pas le remarquer. Ses bras passés en position défensive autour du corps de l'humaine et ses yeux étaient braqués sur moi avec une telle hargne et un tel mépris que ma propre volonté à m'enfuir fut dissoute immédiatement et fut remplacée aussitôt par une haine et une envie de me battre le plus cruellement possible. Il se prenait pour qui Carotella ? De quel droit me jugeait-il ? Il ne me connaissait en rien. On ne s'était jamais croisé auparavant.

Ses compagnons se dirigeaient vers moi. Comment diable faisaient-ils pour savoir que j'étais l'une des leurs ? J'avais juste l'air d'une touriste égarée dans une campagne inadaptée à sa présence.

- Ton odeur.

- Comment ça, "ton odeur" ?

- Ils savent que t'es un vampire à cause de ton odeur. T'aurais vraiment dû écouter ce que te baragouinait le Volturi... C'était quoi déjà son nom ?

- Parce qu'ils peuvent sentir mon odeur ? C'est de l'arnaque ce don ! Je veux faire une réclamation ! On parie combien qu'il y a pas de service après vente !

Je jettais un bref coup d'oeil à Chayton, qui les fixais avec un regard suspicieux, puis au compteur électrique. 62 litres. Ca ferait l'affaire. Reposant la pompe sur son support, je fis demi-tour vers ma boutique de la station.

Quand j'en ressortis, après m'être soulagée d'un bon soixante-quinze dollars sur mon compte en banque, ils étaient postés devant ma voiture. Immobiles et bel et bien trop près de moi. J'avais une subbite envie prétendre ne pas les avoir vus et de partir en courant de l'autre côté du globe... La Sybérie ça peut pas être aussi mal que ça y paraît. Enfin, quand on est insensible au froid et qu'on ferme les yeux pour éviter de voir la désertique misère qui y règne nuit et jour et ce toute l'année.

J'avançais tout de même en leur direction, sans que je ne saches pourquoi j'avais une telle envie de mourir si abruptement, mon pas était hésitant et fuyant, mais je continuais au moins à marcher. Certes comme un humain trop âgé et aux articulations tellement usées par le temps qu'il lui est difficile de bouger une phalange. Mais l'effort y était tout de même. Finalement, après ce qui me parut une être une éternité d'angoisses et de terreur, je m'arretais devant mes ennemis potentiels, la tête haute. Comme à mon habitude, ne jamais rien laisser paraître à qui que ce soit, et encore moins devant ce qui devait être des hostiles étrangers. C'était l'une de mes règles d'or. L'apparence ne doit jamais montrer quoi que ce soit ayant un rapport avec l'intérieur.

Du coin de l'oeil, je vis mon compagnon d'infortune tenter de sortir de la voiture. Je lui envoyais un regard mauvais pour le stopper de faire une énorme bêtise. Je n'avais pas tellement envie de voir la moitié de la population de ce village décimée.

- Bonjour.

C'était ce qui me parut le plus addapté à dire en de telles circonstances. Ils ne me répondirent pas immédiatement, chacun d'entre eux semblèrent intéressés par autre chose, comme la plus petite qui était concentrée sur Chayton, qui lui ne détachait pas ses yeux de moi, à travers le parbrise, ses iris emplies de questions auxquelles je n'avais pas de réponses. Le grand blond avait l'air d'essayer désespéremment de comprendre quelque chose en me dévisageant intensément, et le costaud regardait derrière lui vers ce qui semblait être le roux acariâtre.

- Bienvenue chez nous, me répondit sarcastiquement Barbie-Vampire.

Elle voulait jouer ? La pauvre petite, si elle avait la moindre idée de ce qui l'attendait en voulant jouer avec moi.

- J'adore votre sens de l'acceuil. J'imagine que c'est de ça qu'ils parlent en contant les merveilleuses histoires du "charme paysant". Ca s'apprend comment ? Je veux dire, ils vous inculquent les bases de la vie à la rustique à la naissance, ou ça vient avec le temps ?

Cette merveilleuse réplique, toute aussi caustique et naturelle qu'elle fut, fit rire le costaud qui détourna son attention de Carotella pour s'adresser à Barbie qui semblait sur le point de se jetter sur moi.

- Rose, vas-y doucement mon amour, lui conseilla-t-il, passant un de ses énormes bras autour de sa taille et embrassant la base de son cou.

Génial, en plus de ça il faut que je me tappe un couple d'amoureux en ruth.

- Et si on continuait cette discution plus tard, dans un endroit à l'abris de tout éventuels curieux ?

La petite brune avait l'âme brave. Mais elle ne pensait tout de même pas que j'allais accepter de les rencontrer dans un endroit où ils pourraient faire de moi une espèce d'esclave à tout faire... Ou pire. Si ça se trouve, ils vont faire des expériences sur moi, comme dans les laboratoires de ces humains dégénérés.

- On a pas l'intention de vous enfermer quelque part, on veux juste discuter avec vous.

Cette fois-ci, c'était le blond qui avait parlé. Je n'en étais pas pour autant rassurée. Les mots sont juste une façade.

- Et qu'est-ce-qui me le garanti ?

- Rien du tout. Faîtes-nous juste confiance.

Confiance ? Oh le naïf. J'ai jamais fait confiance à qui que ce soit de toute ma vie. Alors en plus à des prétentieux qui se croient tout permis ? J'avais presque envie d'en rire.

- D'accord. Mais j'ai toujours pas confiance.

Et tout d'un coup, sans prévenir, je m'apperçu d'un détail que j'avais dû négliger. Leurs yeux étaient dorés. Et ça plus le fait que l'un d'entre eux fréquentais une humaine... J'avais rencontré les cinglés.


Si j'ai tardé à le publier, c'est pour une raison toute simple, et aussi très très pesante. J'ai ce qu'on appelle "des ennuis de santé"... Ce qui implique beaucoup de temps passé à l'hôpital, chez mon médecin, à faire des prises de sang, des électro-cardiogrammes et autres choses aussi reluisantes. J'ai peu de temps, des obligations scolaires et médicales, et besoin de dormir un maximum.

Alicia, ça fait du bien de te revoir parmi nous. Les histoires d'amour ? Quelles histoires d'amûûûr ? J'en vois pas moi. ( Haha, qui sait comment ça va se terminer ? Moi je sais... Hou la vilaine.). Pour Rosalie, saches que c'est très largement le cas pour moi aussi ( Ca à empiré de livre en livre.). T'es pardonnée, je subis les mêmes désagréments à chaque vacances.

Hasta pronto amigos. J'ai encore laissé du suspens, parce que ça me fait marrer.