Bonjour, bonjour ! Je suis (enfin) de retour, ce qui ce fait tout de même rare en ce moment. Mais, c'est bientôt la fin de l'année, et qui fin d'année dit aussi plus de temps. Et plus de temps = plus de temps pour écrire.

J'ai du faire une overdose de maths.

Au programme de ce chapitre : Quelques révélations, deux ou trois tentatives de meurtres, de la mondanité, des surnoms en tout genres. Et du sarcasme. Parce que le sarcasme c'est la vie.


Je suis montée dans la voiture, plus tout à fait sure de ma santé mentale. Pour quelles stupides raisons avais-je agréé à une telle proposition ? C'était du suicide pure, mais commandé à distance par une bande de cinglés buveurs d'animaux. Je dus retenir la nausée qui m'assaillit en pensant à cette abomination. Ces gens étaient sans doute les plus fous que j'avais jamais rencontré et cela faisait à peine cinq minutes que je les connaissais. J'attendais la suite avec une impatience incontrolable. Ca allait à coup sur être royalement désastreux. Rien de mieux pour commencer une nouvelle vie avec un espèce de schizophrène sur patte : Un coup je veux te tuer, un coup je t'admire de tout mon être. Faudrait savoir quoi un peu, je voudrais pas dire mais c'est destabilisant.

Quelques garçons d'une quinzaine d'années fixaient mon véhicule avec une envie non dissimulée, mais ma présence semblait les retenir de s'approcher. Les mignons.

Je sentis les yeux du concerné qui me fixaient, laissant une sensation désagréable de brulure, je ne me retournais pourtant pas. Préférant me concentrer sur les Cinglés qui montaient dans leur voitures. Carotella était à part avec la même humaine que tout à l'heure, qui étrangement était encore en vie, ne me lâchant du regard que pour regarder la petite brave et la foudroyer des yeux. Vraiment charmant. Même avec les membres de son propre clan. Il fit monter l'humaine dans une Volvo grise puis s'y installa du côté conducteur. Sans doute pour la rammener chez elle.

J'attendis que les quatre autres partent pour les suivre, le regard de Chayton ne se détachant toujours pas de moi. Il n'avait rien dit quand j'ai fermé la portière, rien non plus quand j'ai tourné les clefs pour faire démarrer le moteur, mais quand il les a vu passer devant nous pour m'indiquer le chemin de ce qui devait être le lieu de mon meurtre - oui, je sais, ça vous donne envie d'y aller à vous aussi, non ?- il a émit un petit grognement qui ressemblait plus à une demande d'attention. Tel un gosse qui veux qu'on joue avec lui à la poupée.

- "Quoi ?"

- "C'est qui ? Les gens avec qui tu as parlé, je veux dire. Tu les connais ?"

- "J'en sais rien de qui ils sont, et j'ai déjà entendu parler d'eux une seule fois dans ma vie. Alors, non je ne les connais pas. Je sais même plus leur nom. Et c'est une grande erreur que j'ai faite en acceptant de les suivre jusque chez eux. Tu es à peine capable de te contenir de m'attaquer moi, alors que je ne suis même pas un peu méchante avec toi... Alors eux. Mais si tu pouvais éviter, tu vois juste pour que je reste en vie plus longtemps que ça. Ca serait domage, j'ai encore quelques pays à visiter avant de pouvoir retourner chez moi. Et je suis persuadée que l'Amérique du Sud c'est joli."

- "Je suis parfaitement capable de me retenir !"

- "Oh, s'il-te-plait, pas de ça avec moi. Je vois bien que tu sers les dents et que tu es tendu comme un arc durant une bataille anglaise. Et je les ai vues en vrai ces batailles, alors je peux te dire que t'es pas vraiment en état de faire causette avec une demie douzaine de vampire au minimum, parce que, je crois qu'ils sont un peu plus que ça."

- "Je te dis que je vais rester calme. Et puis, je suis pas le seul à être un peu agité, t'as pas vu comment la blonde avait envie de te sauter dessus ?"

- "Si, je crois que Barbie m'aime pas trop, je dois pas être assez superficielle pour elle. Ou c'est peut-être qu'elle n'aime pas mon humour. Ils avaient du mal avec ça aussi à Volterra."

- "T'as jamais pensé que ça venait peut-être de toi ?"

La Jeep tourna à droite sur un petit chemin quasi invisible dans les milliers d'arbres alentours. Génial, en plus on est loin de toute source de civilisation, ça promet. Je les suivis pourtant, ma conscience me hurlant que j'étais bonne à mettre sur un bûcher. Et pourquoi me posait-il des questions embarassantes aussi ? Argh, qu'il était énervant.

- "Non, je pense pas que ça vienne de moi. Je crois que c'est la condition de vampire qui fait que les gens manquent de sarcasme. Pourtant c'est tellement plus marrant la vie avec une touche d'humour noir. Je ne comprendrais définitivement jamais les gens."

Leur voiture s'arrêta devant un manoir blanc de trois étage, lumineux d'une petite centaine d'années. Il était clair qu'ils ne vivaient pas tout le temps ici. Du gazon s'étalait longuement sur le sol, parfaitement taillé et sans mauvaises herbes. J'aime pas le gazon trop bien taillé, ça ne fait pas naturel.

Avant de descendre, je pris soin de remettre mon visage dans son état initial, pas besoin de jouer les petites humaines ici, et m'assurais que Chayton allait se tenir correctement. Il avait l'air tellement déterminé et sur de lui que je n'osais pas le contrarier en lui demandant si il allait bien.

La petite brune, dont j'ignorais toujours le nom, s'approcha de moi, un sourire au coin des lèvres.

- "Tu es Ailis, n'est-ce-pas ? Moi c'est Alice. Ton nom, c'est un peu l'ancêtre du mien, parce que Alice, ça vient du gaélique, Ailis. Mais il y a peu de gens qui le savent. Et ça veux dire que tu viens d'une famille noble, c'est le cas ? Ou c'est juste un hasard ? Allo ? Il y a quelqu'un ?"

Mes yeux s'étaient élargis, j'étais muette. Quel était cet être étrange ? Et comment diable savait-elle mon nom ? Et c'était quoi cette histoire de prénoms et d'ancêtres ? J'avais loupé un épisode ? J'étais où là ? Dans un asile pour vampire ?

- "Alice, laisse la respirer cinq minutes. Comment tu veux qu'elle te réponde ?"

Il y avait quelqu'un pour me sauver finalement, je n'étais finalement peut-être pas à deux doigts de mourir écrasée sous une pile énorme de questions en tout genre. Il faudrait que je pense à remercier le Costaud Sauveur de Vie, quand j'aurais le temps.

Et là, une autre femme sortit du manoir, elle avait l'air de sortir tout droit d'un de ces films du début du siècle dernier, ses cheveux caramels se finissant par des anglaises parfaitement arrondies, son tailleur de haute couture taillé au milimètre près. Tout chez elle sonnait trop parfait. Un peu comme dans ses séries américaines ou l'on voit des jeunes mères à la trentaine, cuisinant dans un intérieur contemporain des perles nouées autour du cou et un tablier avec un coeur cousu dessus. Ecoeurant de niaiserie. Elle nous fixa un bref instant avant de dévisager curieusement la petite brune, en attentes de réponses à ses évidentes questions.

Ils nous invitèrent à entrer dans la maison, pour nous diriger vers le salon. Tout ici était pâle et lumineux, tel un nuage comfortable sur lequel on rêverait de se poser indéfiniment.

- "Asseyez-vous, mon mari ne vas pas tarder à rentrer de l'hôpital, il devrait être ici dans dix minutes. Je suis Esmé Cullen, enchantée."

- "Ailis Ga..". Dis lui que tu t'appelles Gallagher, vas-y dis lui ! Non mais, c'est même pas ton vrai nom, tu devrais arrêter de dire à tout le monde que c'est le cas ! Mais elle a pas a le savoir, ton nom c'est Gallagher et puis c'est tout, tu t'appelles comme ça depuis quatre siècle, tu vas pas changer ça maintenant, c'est ridicule ! D'accord, mais un jour ou l'autre, faudra bien que tu t'avoues à toi même que tu n'as jamais été mariée avec lui. Tu devrais déjà en avoir fait ton deuil après quatre cent ans... Arrête ça tout de suite, fin de la conversation. "Gallagher. "

- "Chayton Hamner, ravi de faire votre connaissance," lui répondit-il, cherchant dans mon regard pourquoi j'avais eu un léger moment d'absence. Pas qu'il ait duré bien longtemps, mais cela avait apparement suffit à l'inquiéter toutefois. Il faudrait qu'il cesse rapidement de se préocuper de moi, c'était bien trop inhabituel et étrange.

Ils s'installèrent tous dans des grands fauteuil, Barbie et le sauveur ensemble tandis que le grand blond et cette Alice sur-excitée prennaient place dans celui à ma gauche. Celle qui devait être la matriarche était en face de nous dans une position assez décontractée mais qui indiquait bien sa réticence à notre égard.

- "Je peux vous poser une question si ça ne vous paraît pas trop indécent ?"

- "Allez-y, y a pas de problème. C'est pas comme si vous étiez les premiers à m'interroger. J'ai déjà subi des interrogatoires tellement plus tordus que ce à quoi vous pourriez vous attendre. " C'est vrai, qu'après les questions impitoyables des Volturi sur tout les sujets de ma vie, rien ne me paraissait trop indescret. J'avais atteint mes limites le jour ou l'on m'a demandé si je comptais me marier avec l'un d'entre eux pour rejoindre officiellement leur comunauté. Pas besoin de préciser quelle avait été ma réponse

- "Juste pour savoir, que faîtes vous ici ?"

- "Euh, c'est légèrement compliqué. Disons que j'ai fait une erreur d'itinéraire et qu'à la place de me retrouver à Seattle, j'ai voulu tester les petites routes des côtes. Ce qui m'a ammené par ici, mais quand je me suis rendu compte de cela, il était trop tard et je n'avais plus assez d'essence pour faire demi-tour. Et que, le seul endroit où il y a une station service dans les environs, c'est ici. Faut dire aussi que ma voiture consomme pas mal et que j'ai pas eu le temps de faire un plein avant."

- "Vous n'êtes donc pas venus nous rendre visite de façon délibérée ?"

- "Pas du tout. Et croyez moi, si j'avais su qu'il y avait des vampires dans les parages, je me serais débrouillé autrement. Mais, j'ai jamais été douée pour deviner les trucs de ce genre."

Alice la sur-excitée m'observa pendant quelques instants, un peu gênée.

- "Tu peux me refaire voir ton don, je le trouve plutôt marrant."

J'avais envie de m'amuser un peu et de lui montrer en même temps de quoi j'étais capable. Alors pour une fois je m'autorisais à prendre l'apparence d'une personne réelle et qui plus est en face de moi. Alors je changeais mes traits pour les siens et échangeais mon corps pour sa toute petite enveloppe corporelle.

Mes vêtements n'étaient évidemment pas adaptés à cette nouvelle corpulence, mais ce n'était pas franchement le plus dérangeant de l'histoire. Ils me dévisageaient tous, faisant la navette entre la vraie Alice et moi. Leur étonnement aurait pu être risible par biens des égards, mais c'était en fait plus que gênant et flatteur. A un tel point que j'enchainais le show et pris l'apparence de Barbie, qui ne se lassait pas de me dévisager avec une hargne qui augmenta quand elle vit ma nouvelle apparence. Mes vêtements m'étaient cette fois-ci à peine portables, j'étais un peu plus grande et plus épaisse qu'elle apparement.

Alors que je me décidais si oui ou non je pouvais m'autoriser le droit de prendre l'apparence d'un des mâles pour finir mon spectacle en beauté. Une voiture freina rapidement sur les cailloux de l'entrée du manoir et Carotella apparut soudainement dans la pièce, un air encore plus renfrogné sur le visage que tout à l'heure. Il y a des gens comme ça des fois, on peut pas faire grand chose pour eux, et il en faisait parti. Le pauvre, je suis sûre qu'il aurait pu avoir l'air gentil si il le voulait.

- "Bonjour, je suis Chayton, et elle c'est Ailis. Content de vous voir." Il devait vraiment arrêter de se la jouer au mec très courtois et poli, après moi j'ai pas l'air fine avec mes manières plus décontractées qu'autre chose. Je n'étais pas non plus vulgaire, mais disons que parfois je laissais mes mots sortir sans les contrôler.

Carotella se contenta d'acquiesser vaguement, me fixant d'un air aussi amusant que celui des autres.

- "Edward. Pareil." Je crois que je venais de dépacer un cap de tolérance envers sa personne parce que tout d'un coup, je n'ai plus vraiment su retenir mes pensées assassines.

- "Waouh, c'est dingue comme vous m'avez l'air très amusant comme mec. Ca doit être la fiesta tout les jours ici, non ?"

- "Ailis," m'intima alors la voix de Chayton, plus ferme que ce à quoi je ne m'étais attendue, il était tendu mais pour des raisons différentes que celles de tout à l'heure.

- "Quoi ?" Mon propre ton me parut alors bien faible et fragile. Je n'osais même pas imaginer le résultat chez les autres. J'étais sûre d'avoir l'air ridicule à me soumettre à ses ordres comme ça, sans rien dire. Sans même vainement protester pour l'honneur. Mais qui étais-je devenue en quatre-cent ans ? Personne, et je dis bien personne n'aurait jamais réussi à me faire obéir à une quelconque loi auparavant. J'avais toujours décidé de ce que je devais faire. Il m'était humiliant de me rendre compte que ce n'était visiblement plus le cas.

- "Arrête ça. Calme-toi." Je lui lançais un regard froid et déterminé, on en discuterait plus tard. Et je ne crois pas que cela allait être une discution aussi mondaine que celles qu'il semblait apprécier. J'avais une petite envie de le tuer. Encore une fois. Cela ne cesserait-il donc jamais ?

Lassée de mon petit jeu qui semblait bel et bien fini, je repris mon corps habituel. Et le silence pesant et assourdissant m'assaillit alors. La vache je pouvais presque sentir la tension dans l'air au bout de mes doigts.

- "Jolie caisse," lança le Costaud Sauveur de Vie. Ce mec était définitivement mon préféré du lot. De un : il me sauve la vie. Et de deux : il me parle de ma voiture.

- " Merci, j'ai pas mal déboursé pour l'avoir. Elle avait plutôt intérêt à être belle."

Et, aussi étrange que cela puisse paraitre, ça le fit rire. Il avait un sens de l'humour aussi profond que le mien. Je n'étais pas la seule. Cette conclusion me fit sourire aussi.

- "Quelle marque ?"

- "Koenigsegg, une CCX."

- "Combien de cylindres ?"

- "Huit. Pas autant que ce à quoi je m'attendais."

- "Vitesse de pointe ?"

- "Trois cent quatre vingt quinze kilomètres heure.... Et ferme la bouche." Il avait l'air tellement choqué que je me demandais si je n'avais pas dit quelque chose de mal.

- "Oh mon Dieu, il faut absolument que tu me la fasses essayer !" Avait alors explosé Chayton, un air aussi sur-excité que celui d'Alice quand elle m'avait acceuillie sur le visage.

Et ce fut le commencement d'une longue, longue discution sur les voitures de sport et sur la mécanique. Barbie avait l'air impressioné par le nombre de choses que je savais à propos des voitures. Jusqu'à ce que le patriarche fasse son apparition, là ce fut une histoire beaucoup beaucoup moins divertissante. Sa présence allait bouleverser mon existence plus que ce que je n'aurais pu l'imaginer. Ils n'étaient pas vraiment aussi cinglés que ce je m'étais laissée allée à croire. A part peut-être pour Barbie et Carotella.^


Alors, il était comment ? En tout cas je me suis bien amusée à l'écrire et les recherches sur les voitures que j'ai du faire on été.... Disons enrichissantes. Les voitures semblent avoir leur propre language, qui leur est bien spécifique puisque les seules choses que j'ai vaguement réussies à comprendre n'étaient que des déterminants et des verbes.

Sinon, et aussi étonant que cela puisse paraître Ailis aime bien Emmett. Il fallait bien qu'elle trouve quelqu'un qui a le même humour ridicule qu'elle un jour.

Oh, et je crois que c'est le plus long que j'ai jamais écrit. Ca compte comme bon plan pour s'excuser de ne pas publier autant qu'avant ?

Alicia, la baston c'est pas pour cette fois, mais ça risque de pas tarder... =) Merci pour tes voeux de rétablissement. J'ai passé le pire de tout ça, les médecins c'est fini, il n'y a plus que le traitement, et c'est tant mieux. J'espère que ce chapitre t'as plu.

Et je vous donne rendez-vous d'ici le 17 Juin.