Mesdemoiselles, vous l'attendiez toutes... Voici L qui débarque sur vos écrans !

Je ne garantis rien, ni les soins pour soigner la surdité de vos proches après votre hurlement hystérique, ni le remboursement des frais médicaux et de l'ambulance si vous vous évanouissez de bonheur, ni le prix du cercueil si vous préférez la crise cardiaque. Après... chacun son style !

Celeste31 : mais les fofolles sont adorables ! ...non ? ...mais peuvent être dangereuses pour L...

Melissa : te voilà servie ! :)

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Chapitre 3

VICTOIRE !

Une image du détective mondialement adoré m'envahit l'esprit. Il se dressait sur un piédestal et la cape de velours rouge attachée autour de son cou était soulevée par un vent inexistant. Il portait une couronne de travers, légèrement penchée, qui brillait d'une lueur aveuglante. Des diamants roses scintillaient autour de sa figure, et je pouvais entendre le chant d'un chœur en arrière-plan.

La foule pouvait plus ou moins voir mon interprétation faussée de l'étudiant au dos voûté. Plusieurs d'entre eux grimacèrent. Je pouvais les voir suer à grosses gouttes.

Comment se fait-il que je sois la seule personne qui comprenne ça ?

Mes pensées étaient focalisées sur une seule chose pendant que je regardais au-dessus de l'épaule de Light. Des centaines d'images défilaient dans ma tête : les excentricités, le vocabulaire intellectuel, les moments horribles et ceux plus mignons.

Tout ça s'écrasa au-dessus de moi.

Inconsciemment, j'ouvris ma bouche et soufflais, « L… »

Light se raidit.

Je revins à la réalité, encore sous le choc. Un gong sonna non loin de là, m'éveillant de ma transe.

Light venait de me demander mon nom.

Et je venais de lui en donner un. Mais ce n'était pas le mien, certes non.

Et merde ! J'aurais voulu m'arracher les cheveux. C'était trop stupide ! Oh non, oh non…

Light me fixait, totalement à court de mots. Je n'étais pas sûre qu'il ait remarqué ce que j'avais dit. A moins qu'il ne s'attende à ce que que je pointe une caméra en disant : « C'était un canular ! »

Je paniquais. Je ne viens quand même pas de balancer L ! Qu'est-ce que je fous ? La situation me donna des papillons dans l'estomac. Mes pensées vrombissaient à des milliers de kilomètres à l'heure. J'avais besoin d'une solution au plus vite.

Je butais sur mes mots, en essayant de gagner du temps. « Ah, L,… ahhh…. L… ahhh… » Je cillais. C'est ça ! « L-Ah ! Ella ! » Puis je dis le truc le plus ridicule qui me passa par la tête. Je ne sais pas pourquoi je sortis ça. Peut-être que la pression avait eu raison de moi.

Je fis claquer mes doigts.

« …Krispy. Je m'appelle Ella Krispy ! »

Ridicule.

« Krispy ? » répéta faiblement Light.

Je posais mes mains sur mes hanches, défendant immédiatement mon nouveau nom. Qui n'aimait pas Snap, Crackle et Pop ? ( ?) (bien que je préfère le pain grillé) « Oui, comme le Rice Krispy. Ça te pose un problème, peut-être ? » Mon regard glissa de nouveau vers l'individu voûté à ma droite.

Light leva les bras.

« Attends une sec- »

J'écartais son coude. Ce n'était pas personnel, ni quoi que ce soit.

J'étais juste incroyablement distraite.

« Oui, bien sûr… Merci, Light. » marmonnais-je d'un air absent en passant à côté de lui.

Mon corps me semblait plus lourd à chaque pas. Une petite voix dans ma tête me poussait à avancer. Cela commençait calmement, et le volume augmentait au fur et à mesure que je m'approchais. Vas-y, Sydney. Vas-y, Sydney. Vas-y, Sydney. VAS-Y, SYDNEY !

Plus je m'approchais, plus il me semblait familier. Comme ces inoubliables cernes sous ses yeux, dus à d'innombrables nuits blanches. Et un manque d'exposition au soleil clairement révélé par sa complexion fantomatique. Il était même plus pâle que les lumières artificielles.

Mais il y avait autre chose. Des détails que je n'aurais jamais remarqués en parcourant les volumes, ni en regardant attentivement chaque épisode de l'anime.

Pendant que je me rapprochais, je remarquais qu'il ne faisait jamais le moindre mouvement inutile. Il n'était tout de même pas comme une statue, mais c'était comme si chacun de ses gestes était soigneusement calculé, même lorsqu'il clignait des yeux. Il ne semblait presque pas respirer, comme s'il n'avait pas besoin d'oxygène. Ses coudes faisaient saillie de façon étrange alors qu'il glissait ses mains dans ses poches dans un geste sans grâce mais fluide.

Je me tenais devant l'un des personnages les plus aimés de tous les fandoms, l'air embarrassée. Tout, du murmure des étudiants aux coups de klaxon au-dehors, tout avait disparu.

Il n'y avait plus que L.

Il m'observa de la tête aux pieds, d'un regard inquisiteur.

Il m'étudiait.

Je sentis mes oreilles virer au rouge. Je contemplais ses baskets elles étaient grises, abîmées, et les lacets étaient défaits.

Mes doigts tremblèrent. J'essayais de réunir tout mon courage pour dire quelque chose. N'importe quoi. Un bonjour aurait suffi. Mais ma langue semblait avoir doublé de volume. Je ne pouvais pas prononcer le moindre mot. Ma tête était désespérément vide.

Je ne peux pas rester éternellement comme ça !

« Keh- » Je fermais légèrement les yeux et m'inclinais pour le saluer. Je me penchais autant que mon dos pouvait me permettre. « C'est un grand honneur, …Hideki Ryuga ! » m'exclamais-je en me souvenant à la dernière seconde d'utiliser le bon nom, à la place de ''L''.

Je me tus. J'étais nerveuse, et mes doigts tremblaient encore, serrés contre mes paumes moites.

L me toisa pendant un moment, puis il sortit une main du fond de sa poche et pressa son pouce contre sa lèvre. Il s'inclina légèrement pour me saluer à son tour. Il ouvrit sa bouche et…

… dit quelque chose d'incompréhensible en japonais

Ce fut comme si un rocher de dix kilos me tombait sur la tête. Je reculais d'un pas. Soudain, ma langue ne me semblait plus du tout lourde. J'agitais mes bras devant lui, frustrée. « Oh, ça va ! Arrête de te foutre de moi ! Je sais que tu parles anglais ! »

Son pouce glissa de sa lèvre pour se retrouver sous son menton. L pencha la tête sur le côté, soudainement plongé dans ses pensées. Ses yeux fusèrent vers moi. « Et comment se fait-il que vous sachiez cela ? » Sa voix était beaucoup plus profonde que ce à qui je m'attendais, avec une éloquence inscrite dans chaque souffle et chaque vibration.

Mes yeux se déplacèrent de droite à gauche. Aucune réponse ne se formait dans ma tête.

Personne ne devrait être autorisé à avoir un tel sang-froid !

J'avais laissé L me piéger. Il me regardait, et je ne voyais plus l'absurdité d'une hallucination ou le plaisir de mon imagination. Les choses semblaient soudainement sérieuses. Cela me stoppa net.

Qu'est-ce que j'étais supposée dire ? Que lui et le millier de personnes dans cette pièce étaient juste les personnages d'une série japonaise nommée 'Death Note' ? Que j'avais vu tous les épisodes ? Sérieusement, est-ce que c'était vraiment l'explication que vous auriez voulu utiliser en soutenant le regard du plus grand détective au monde ?

Ma bouche s'ouvrit, sur le point de balbutier des paroles inintelligibles, défendant que vu qu'il était le meilleur des étudiants de Toho ou un truc dans le genre, il savait forcément parler anglais. Malheureusement, je fus interrompue avant même d'avoir pu commencer. Un concert de hurlement s'élevait dans mon dos.

Je n'eus pas même le temps de me retourner pour voir qui avait crié, parce que onze gardes de sécurité débrayés et revanchards décidèrent de me plaquer au sol et se mirent à me frapper en remboursement de leur peine. Mon menton heurta le sol et ils se jetèrent tous sur moi, quitte à s'entasser, débordés par l'adrénaline alors qu'ils savouraient leur victoire.

Tous les étudiants grimacèrent avec un « Ooh ! » effaré.

J'étais piégée sous une pile de gardes qui m'asphyxiaient sous leur masse. Je gémis. Ma main se tendit, comme pour rechercher un peu d'air frais en-dessous de ces corps qui puaient la transpiration, et eut un mouvement convulsif, demandant grâce.

Elle n'obtint qu'un bracelet de métal gelé pour encercler mon poignet.

Les gardes se relevèrent les uns après les autres et se donnèrent de grandes claques amicales dans le dos, tous contents de leur victoire. Comme si capturer une ado distraite était un acte qui méritait d'être célébré. Ils ne bondissaient pas dans les airs avec des hurlements de joie, mais on n'en était pas loin.

Un homme m'attrapa l'avant-bras sans la moindre douceur et me traîna vers la gauche de la scène, là d'où descendait un escalier métallique. Je frôlais Light et mon bras nu balaya le tissu de son costume. Je regardais par-dessus mon épaule, là où se trouvait L, seul. Son pouce était de nouveau contre ses lèvres. Il semblait presque attentionné en me voyant trimballée au diable vauvert.

Le papillonnement explosa dans ma poitrine –du genre qui en général m'arrachait des cris de fan-girl hystérique lorsque je regardais cette fichue série à laquelle j'essayais d'échapper- . (On est toutes coupables, de ce point de vue-là ou d'un autre.)

Même si ce n'était qu'un rêve, je ne pouvais pas m'en empêcher.

Je lui offris un grand sourire, dévoilant toutes mes dents.

Un peu plus tard…

C'était déjà beaucoup plus barbant.

Je jetais un coup d'œil au bureau en effervescence devant moi, une moue plaquée sur le visage. Je gigotais sur le banc sans rien trouver de mieux à faire que de croiser et décroiser mes jambes. La petite chaine attachée à mon poignet tinta contre l'accoudoir.

Les secrétaires répondaient à plusieurs appels en même temps, un homme envoyait des sms, quelques officiers sirotaient un café : de quoi commencer une nuit bien ennuyeuse. Des piles de papier et des classeurs refermés s'alignaient sur les bureaux. Le son de doigts qui tapaient sur des claviers résonnait à mes oreilles. La salle tout entière sentait l'encre et la peinture neuve.

« On va réessayer, Ella. »

L'homme assis en face de moi releva les yeux de ses notes. J'étais certaine que ce n'était que pour les apparences. Il ne pouvait pas y avoir eu autant à écrire.

« Tu es une touriste nord-américaine séparée de ses parents pendant leur voyage d'affaire ?

-Ouaips. »

Il hocha la tête.

« Hum hum… hum hum… quelle entreprise était-ce, déjà ?

-Leakey Faucet's Plus.

-Hum… je vois, là est le problème. Aucun voyage d'affaire n'a été organisé par Leakey Faucet's Plus. Nous l'avons vérifié. »

Je lâchais un halètement moqueur.

« Mes parents me mentiraient, à moi ? Je n'en avais pas la moindre id-

-Pas plus qu'il n'y a de trace d'une Ella Krispy dans les listes de passagers des vols pour le Japon sur les six derniers mois. Nous avons aussi vérifié ça. »

Je me mordis la langue. Ce gars était fait pour son boulot, je lui devais au moins ça. Il m'avait interrogé toute la journée. Il s'arrêtait juste pour vérifier les faits ou pour faire un tour à la machine à café (il ne semblait pas enclin à partager quoi que ce soit avec moi, apparemment les délinquants n'avaient pas le droit à la moindre nourriture) ou encore pour parler avec d'autres clients.

J'allongeais mes jambes sur le banc. C'était vraiment bizarre de s'allonger, avec mon poignet toujours attaché à l'accoudoir, mais je me débrouillais pour glisser mon bras derrière ma tête et regarder le plafond. Cela faisait comme si j'étais l'une de ces personnes allongées pour une thérapie de psy sur le point de révéler ses petits secrets à un inconnu.

Je pressais le dos de ma main libre contre mon front et soupirais théâtralement.

« Vous avez raison. Je suis une espionne coréenne déguisée en une touriste canadienne ignorante envoyée par Leakey Faucet's Plus. Je projetais de renverser le gouvernement durant l'automne. Enfermez-moi dans une cellule et faites-moi taire pour toujours ! »

L'enquêteur se leva brusquement et me toisa.

« Si vous refusez de me donner votre identité, vous savez où vous allez finir, n'est-ce pas ? »

Je me tus. Bien sûr que je le savais, et ce n'était certainement pas un coin sympa.

Il s'éclaira la gorge avec une susceptibilité impossible à ignorer.

« Pensez-y. Je reviendrais entendre votre réponse. »

Il se détourna.

« Attends une seconde, mon pote » (je roulais et touchais sa jambe) « Tu ne pourrais pas m'apporter un peu de bouffe ? Je crève de faim !

-Bien sûr ! Je m'occupe de ça. »

Il paraissait sincère, gentil, et d'humeur aimable.

« Vraiment ? »

Je m'avançais autant que possible. L'espoir remplissait mon estomac vide.

« Non » répliqua sèchement l'homme. Il grogna quelque chose à propos d'heures supplémentaires un peu trop nombreuses, glissa son bloc-notes dans la poche de sa veste et sortit.

Je retombais en arrière et prétendis observer une toile d'araignée au plafond, bien ennuyeuse. Connard…

Après avoir attendu deux bonnes minutes, je tendis le cou afin de m'assurer que la voie était libre. L'enquêteur était invisible, le reste des gens était assis derrière leur petit bureau, occupés à remplir de la paperasse ou à quoi que ça d'autre. Ils étaient tous trop préoccupés pour prêter attention à a petite étrangère que j'étais.

Je m'assis, frottais mon nez contre mes genoux et reniflais.

Il était temps d'appliquer mon grand plan d'évasion.

La chaine métallique entre chaque menotte avait été testée pour résister à une pression de 500 hectopascals pendant sa fabrication. Après quoi un homme avait vérifié leur fermeture à la main pour être sûr que le mécanisme fonctionnait à la perfection. (L'une des quatre chaînes de Discovery Channel, ne me jugez pas là-dessus)

Ce sur quoi ils n'avaient pas compté, c'est que la personne enchaînée applique un petit peu de physique.

Par physique, je veux dire : enfoncer la clef dans la serrure, et tourner.

Le gars ne m'avait même pas remarqué lui piquer la clef pendant que je lui demandais quelque chose à manger. Honnêtement, et avec ça, il osait se faire appeler 'enquêteur'.

La plupart des menottes peuvent être ouvertes avec une clef universelle fournie avec n'importe quel paquet, et bon nombre d'agents de police portaient avec eux ce genre de clef pendue à la ceinture.

Ce gars pouvait s'estimer heureux que je n'aie pas pris son flingue. La plupart des gens n'avaient pas conscience qu'il suffisait de pousser l'arme au fond du holster puis de l'y rouler pour l'y coincer. Moi, bien sûr, je le savais (encore Discovery Channel).

Mais les armes à feu, ce n'était pas mon genre.

Le verrou sauta avec un clic et je m'en débarrassais sans effort pour frotter l'anneau rouge qui ornait désormais mon poignet. Le métal me cisaillait la peau depuis des heures.

Je plaçais la clef dans ma poche par mesure de sécurité. On ne savait jamais quand ce genre de chose pouvait se montrer utile.

Avec un long souffle affligé, je me frayais un chemin entre les bureaux jusqu'à l'accueil. Incapable de résister, je tapotais le rebord du comptoir et la réceptionniste releva la tête de ses mots-croisés.

Je pointais du doigt mon ravisseur, occupé à flirter avec une policière qui venait de rentrer d'une mission de surveillance.

« Accordez-moi une faveur. Dites à ce gars qu'Ella Krispy le salue. Ok ? »

Je lui fis un clin d'œil et ouvris la porte en face.

Je partis d'un pas nonchalant, puis plus rapide et lorsque je tournais à l'angle de la rue, je courus jusqu'à ce que le commissariat soit hors de ma vue.

Plus tard…

C'était la pire hallucination de tous les temps !

Pourquoi ce changement d'avis ?

J'étais sous des trombes d'eau, le vent soufflait si fort que la pluie tombait en oblique et enfin j'étais trempée de la tête aux pieds. Je m'ébrouais, penchais la tête en arière et me battis contre la tempête.

Les rues étaient désertes. La plupart des piétons s'étaient réfugiés à un arrêt de bus ou dans un bar. Les réverbères étaient déjà allumés mais leur lueur était difficilement discernable sous les seaux d'eau qui tombaient du ciel.

Le ciel était d'un gris ombrageux. La plupart des canalisations débordaient et l'eau se précipitait sur les bords des trottoirs. Je louchais derrière mes cheveux trempés. Mes doigts de pieds avaient viré d'un bleu pâle vers un violet inquiétant. Mes lèvres tremblèrent tandis que je jurais. J'avais besoin de sortir de cette tempête au plus vite, sans quoi j'étais bonne pour mourir de froid.

Ça, et le fait que j'avais vraiment faim.

Je commençais à douter du fait que ce ne soit qu'un rêve, ou même l'effet d'une drogue hallucinogène. J'avais déjà essayé de m'éveiller de ce cauchemar mais cela semblait compliqué. J'étais à court d'idées. Et si ce n'était pas une hallucination, il ne restait qu'une alternative…

Non. Non. C'est impossible. Je dois rejoindre la réalité !

Un homme courait en agrippant son parapluie. La toile imperméable tentait de se libérer de son armature métallique, tiraillée par le vent qui soufflait dans trois directions à la fois.

Il s'était recroquevillé, ce qui m'empêchait d'apercevoir son visage en entier.

Soudain, je réalisais quelque chose. Je tournais les talons, glissais dans les flaques d'eau et frappais le sol dans ma course effrénée. Je lui rentrais dans le dos et le serrais dans mes bras, je soulevant presque.

« Matsuda ! »

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Comme quoi, L a beau faire ce qu'il peut pour échapper à la fangirl, celle-ci a plus d'un tour dans son sac ! Et même un génie de son genre a intérêt à se méfier... Sérieusement. Très sérieusement. Affaire à suivre, bien sûr...

Comme d'hab, n'hésitez pas à reviewer même si votre pensée se résume en un seul mot.