Salut !

De retour... pour vous offrir de l'adrénaline sur un plateau ! Avec tout mon amour ^^.

Réponse aux reviews des guests:

Melissa : Hihi, ma réaction a été à peu de choses près la même quand j'ai lu la première fois. Mais, ho, tu n'es pas un peu possessive ? ^^ (je pourrais avoir un petit bout de L s'ilteplaits'ilteplait...) Ahaha, en plus d'être folle, tu vas voir ce que L va pouvoir rajouter à la liste des qualificatifs pour Sydney à la fin du chapitre... Niark, niark... Merci pour ta fidélité, ça fait chaud au coeur de lire tes reviews. Déjà touché un mot à Satchelle, d'ailleurs :)

La réaction qui réchauffe le coeur de la traductrice en mode lonesome cowboy : Laurie. Yesss ! J'ai réussi à convaincre quelqu'un de jeter un oeil à l'original !

...

Au fait, vous allez retrouver les petits petons malheureux de Sydney (quand je vous dis que c'est une obsession) mais aussi de l'action, du suspense, de l'aventure... et L, qu'est-ce que vous croyez ?!

Les secrets de Sydney, par contre, il faudra attendre encore un peu.

...

Chapitre 4

Je. Suis. Trop. Chanceuse.

La tête fourrée dans le complet standard de Matsuda, je le soulevais carrément en le serrant de toutes mes forces. Chaque battement de cœur, chaque coupure endolorie, chaque égratignure, chaque goutte de pluie glaciale, chaque contusion noiraude – je les noyais tous dans cette unique éreinte.

« Tu es encore mieux en taille réelle ! » m'écriais-je.

On pouvait toujours compter sur Matsuda pour arriver au moment opportun. Même si tu étais paumé dans les fins fonds de Tokyo, au beau milieu de la nuit, avec les coups de tonnerre qui te tombent sur le coin de la tête, il se débrouillait pour apparaitre toujours exactement au bon moment.

Grâce à lui, je me sentais vraiment mieux, je vous jure.

Mais bon, interloqué comme il était, le détective ne semblait pas le prendre aussi bien que moi.

Le parapluie de Matsuda se fracassa sur le sol tandis que de gigantesques frissons remontaient le long de son dos. Il se mit à se tortiller comme une anguille et tordit son cou pour tenter d'apercevoir son assaillant.

Il tenta une phrase étouffée : « Tu… m'écrases… » Difficile pour lui d'expirer de ses poumons écrasés ces quelques mots d'anglais.

Mes yeux s'agrandirent.

Oups.

« Je suis désolée ! » Je le laissais retomber sur ses pieds et je commençais à épousseter ses épaules. J'aimais vraiment Matsuda. Il représentait plus une mascotte qu'autre chose, un soutien à l'équipe d'enquête. Ça ne m'aurait pas surpris d'apprendre qu'il était allé racheter du café pour les autres (je parie qu'il se portait volontaire pour ce genre de choses). Quoi que, Matsuda avait eu quelques moments qui marquaient ses traits de caractère par-ci par-là et qui montraient à quel point il était mignon, courageux et déterminé.

Ça le rendait encore plus adorable.

Matsuda se retourna et s'éloigna de quelques pas, choqué. « Je ne sais pas comment c'est aux Etats-Unis, mais embrasser un inconnu en public, ce n'est pas- »

« Je suis canadienne, - mais c'est génial ! Tu es exactement celui dont j'ai besoin ! » Je pouvais à peine me retenir de sautiller sur place, tellement j'étais excitée. L'augmentation du nombre de coïncidences me procurait des regains d'adrénaline.

« Je-je suis quoi… ? » Matsuda observait les environs, à la recherche de son parapluie. Il n'arrêtait pas de me jeter des coups d'œil, comme s'il s'attendait à ce que je sorte de derrière mon dos une barre de fer pour le frapper à la tempe dans la seconde.

« OUI ! » Je donnais des coups de poing dans l'air, émerveillée par ma découverte. Ça allait tout régler. Imaginaire ou non, L était un génie, probablement la personne la plus intelligente au monde.

Et maintenant, j'avais le moyen de le trouver.

Je sautillais d'un pied sur l'autre et fis claquer ma langue contre mes dents. Ça valait le coup de s'être retrouvé menottée. « Matsuda, tu peux me mener à L ! » criais-je, absolument extasiée par l'idée.

Matsuda laissa échapper de ses doigts le parapluie qu'il venait de retrouver, qui retomba sur le sol une fois de plus pour rouler lentement et se stopper à côté du caniveau. L'eau crasseuse le barbouilla avant de dévier sa route pour se déverser à travers la grille d'égouts.

Le crépitement de la pluie se fit plus déterminé face au silence de Matsuda, clair et bruyant, comme du cristal.

Il ouvrit et referma la bouche en m'observant, totalement abasourdi. Ses yeux balayèrent les alentours, à la recherche d'une explication plausible.

Je pouvais voir ses pensées défiler sur son visage, et je le regardais passer en mode sécurité sans perdre une seconde, une sensation bizarre dans le ventre. Exactement comme on lui avait ordonné d'agir dans ce genre de situations.

Oubliant son parapluie trempé, il se redressa et couvrit son malaise d'un sourire rassurant. Il fit un autre pas en arrière, lentement cette fois. « Je… je pense que vous vous trompez de personne ! Je ne suis pas impliqué dans ce secteur-là… »

Hors de question que je laisse passer cette chance, pas même dans un million d'années. « Ne sois pas stupide, Matsuda ! Tu as un portable, non ? Appelle-le pour moi » le raisonnais-je.

Il porta les mains à son front, essayant de penser à un moyen de m'éconduire sans ignorer totalement ses instincts de gentleman. « E… écoutez, si vous avez des problèmes de ce genre, je peux vous emmener au commissariat le plus proche et… hé ! »

J'avais commencé à former des cercles autour de Matsuda, pas comme un requin-tigre affamé mais plutôt comme un gosse curieux. En agitant la tête de haut en bas, je tâtais son complet, à la recherche du téléphone qu'il avait sur lui –j'en étais sûre.

Avant que Matsuda n'ait eu l'occasion de protester, j'ouvris sa veste. « AH-AH ! » Je saisis l'appareil argenté au fond de sa poche, aussi rapidement qu'un chat, et brandis victorieusement mon trophée devant lui, admirative devant la valeur de l'objet.

Je tins Matsuda à distance d'une seule main, alors qu'il partait à l'assaut pour récupérer son bien. Faisant jouer mes doigts à la vitesse de la lumière, rapides comme seule une voleuse pouvait posséder, je changeais le langage de japonais à anglais et fis défiler la liste de contacts en deux temps trois mouvements.

J'essuyais du pouce les quelques gouttes de pluie tombées sur l'écran d'un bleu brillant, regardant, bouche bée, le nom qui venait de s'afficher en surligné. Le souffle coupé. Mes exploits de la journée avaient dû aboutir, tous convergeant vers cet instant.

Je le lus une nouvelle fois, histoire d'être sûre.

Ryuzaki.

Avec un sentiment de détermination croissant, je cliquais sur le bouton APPEL.

Le portable se mit à sonner.

Génial.

« Nous y voilà. » J'envoyais le téléphone à Matsuda, les lèvres étirées par l'impatience de ce succès.

Il l'attrapa bizarrement, en l'observant avec méfiance dans le creux de sa main avant de relever le regard vers moi.

« Allez, dis-lui bonjour ! Signale-lui qu'Ella Krispy veut lui parler, et, oh, essaye de dire tout ça en anglais, pour mon bénéfice, ok ? »

Il éleva le téléphone jusqu'à son oreille, sans grand enthousiasme.

Je rapprochais mon oreille du combiné et écoutais attentivement leur conversation.

« Hum… monsieur ? »

« Matsui, cette ligne est réservée aux urgences. »

J'adressais un sourire rayonnant à la voix numérisée. Yep, l'urgence, c'est bien moi.

« Oui, je sais, monsieur. Mais il y a cette fille- »

Je plaçais mes mains en porte-voix devant ma bouche. « Elle s'appelle Ella Krispy ! C'est moi ! Tu te souviens ? »

Matsuda grimaça.

La voix numérisée fit une pause.

J'attendis.

« Je n'ai pas en souvenir d'avoir jamais rencontré une Ella Krispy. »

Non.

C'était comme si on venait de me pousser dans un puits sans fond sans espoir de pouvoir un jour remonter. Comment aurait-il pu oublier... Sous le coup de l'irritation, une petite veine rouge se mit à pulser sur mon front. Ce gars…

J'arrachais le téléphone à Matsuda et je criais : « Arrête de te foutre de moi ! Bien sûr que tu sais qui je suis ! Je suis tombée du ciel devant toi, bordel ! »

« Je n'ai pas la moindre idée de ce dont vous me parlez. »

Pensait-il que c'était une blague ? Depuis quand le grand 'L' utilisait-il l'expression 'pas la moindre idée' ? J'avais parcouru des miles et des miles à pied, sous la pluie, dans l'obscurité, dans une ville inconnue, et il essayait d'être drôle ?

Mon ton s'abaissa dangereusement. « Ok, M. Ryuzaki, vous voulez jouer à ce petit jeu ? Pas de problème. » Je hochais la tête pour moi-même, contrôlant mes nerfs.

Ça pouvait vraiment mal tourner. J'avais déjà vu ce que L pouvait faire à une personne. Il pouvait ignorer ses droits, ses libertés, l'enlever et l'enfermer derrière les barreaux pour toujours. Il pouvait l'interroger avec n'importe quelle méthode, regarder et contrôler chacun de ses gestes, éliminer toute notion de vie privée.

Le monde entier était pris dans une tourmente explosive à cause des meurtres de Kira. Les gens étaient embrouillés, tremblants, recroquevillés dans l'obscurité. Les leaders mondiaux lui accorderaient tout ce qu'il désirerait aussi longtemps qu'il leur promettrait allégeance.

L resterait leur seule lueur d'espoir.

Faisant de lui l'homme le plus puissant de la planète.

Attache ta ceinture, L. C'est en train de devenir personnel.

J'inspirais longuement, et parlais d'un ton bas vers le haut-parleur. Juste assez audible pour que lui seul puisse l'entendre. Je chuchotais ces deux petits mots, comme si ma voix supportait des caisses bourrées d'explosifs, tous dirigés contre lui.

J'espérais l'avoir touché.

Echec et mat.

Je regardais, de l'autre côté de la rue, un bar en effervescence. C'était un point touristique multilingue. Les gens qui avaient échappé à la pluie y séchaient leurs manteaux ils buvaient et riaient entre eux, laissant l'air étouffant et la bière leur réchauffer le sang.

Je parie qu'aucun d'entre eux – ni la serveuse de cocktails qui attendait depuis longtemps une promotion, ni ces businessmen trinquant à un accord commercial de trente-deux millions de dollars, ni e couple qui sortait ensemble en cachette dans un coin obscur, ni les huit gars en train de passer la porte avec de fausses cartes d'identité – aucun d'entre eux ne pouvait ressentir le même frisson d'excitation qui me parcourait tout le corps.

Je rayonnais presque.

Je pouvais vous assurer qu'il ne s'était pas attendu à ce que je sois en possession de cette connaissance-là. L'idée d'avoir réussi à surprendre L me remplissait de courage.

Je continuais. « Brillant, la manière dont tu l'as dissimulé. Un coup de génie, en fait. Juste sous le nez de tous… » Je laissais ma phrase en suspens. Mon cœur battait de plus en plus vite.

« Où avez-vous obtenu cette information ? »

« C'est déconcertant, n'est-ce pas ? » Je tordis une mèche de cheveux, pensive je l'enroulais et la laissais se dérouler en retour.

Comment le grand L réagirait-il ?

La vitrine du pub s'embuait. L'air au-dehors se rafraîchissait alors que la pluie s'installait. Les restes du déluge ruisselaient de mes cheveux emmêlés et de mes doigts engourdis.

« Seriez-vous par hasard en train de me menacer, Mademoiselle Krispy ? Je vous suggère de choisir vos mots avec soin, je ne suis pas le genre de personne dont on peut se jouer. »

« Pas besoin d'être nerveux, je suis là pour aider, pas pour blesser. » Je me retournais lentement vers Matsuda. « Et je sais à quel point tu désires gagner » dis-je avec un sous-entendu provocateur dissimulé dans le fond de ma voix. J'avais pris parti de profiter de ce rêve extravagant, juste un petit moment, jusqu'à avoir retrouvé la raison. Mon jeu était truffé d'as cachés dans ma manche je n'avais pas l'intention de les gâcher. « Crois-moi, je suis ton meilleur atout. »

Je dus attendre une bonne minute sa réponse.

« S'il vous plait, tendez le téléphone à Matsuda. »

Obéissante, et avec force réticence, je laissais Matsuda récupérer sa propriété (un phénomène en soi).

La conversation qui suivit fut courte et basse – et en japonais. Aucun doute qu'elle était aussi codée, juste au cas où je pourrais comprendre la langue. Je pense qu'à un moment, Matsuda protesta, mais il fut rapidement réduit au silence. J'étais occupée à loucher vers le ciel noir. Tous les nuages orageux avaient été chassés, mais les étoiles n'étaient pas pour autant visibles derrière la lueur orangée de la ville.

Exactement comme à la maison… avec toutes les voitures affairées et le brouillard tous les matins et la lumière qui ne…

Matsuda referma le téléphone d'un coup sec, me tirant de mon rêve éveillé. « Je suppose que tu viens avec moi. » Sa voix grinçait de surprise (il ne s'attendait pas à ce que son boss accepte) et alors qu'il traversait la rue, il jeta un regard en arrière vers moi. « Qu'attends-tu ? »

J'étais debout dans une flaque d'eau, immobile comme une pierre. Ma bouche trembla. Je levais un bras et le pointais vers la vitrine du pub.

Matsuda pivota.

Le bar – qui était encore il y a quelques instants rempli de rires et de joie – bourdonnait maintenant de clients hurlants qui renversaient les chaises et brisaient les verres.

Matsuda, avec tout le souci et la prévenance avec lesquelles il était né, accourut vers l'entrée. Il se faufilé entre les clients qui s'échappaient, passant à toute vitesse le seuil de l'entrée.

J'observais un moment, mon cœur s'agitant comme les ailes d'un colibri dans ma poitrine.

Une tête qui explose, ce n'est pas le genre de chose qu'on voit tous les jours.

Le sang éclaboussait tout la fenêtre du pub, se découpant sur l'écriture vert olive collée au verre rougi. Au lieu d'y lire GILLIGAN'S, ne restait plus que IGAN'S.

Je ressentis le désir urgent de tourner les talons et de m'enfuir avec tous les gens terrifiés qui se pressaient vers moi. Ce bon vieil instinct de survie… je suppose que le mien tardait à venir. Il n'y a rien de honteux dans le fait de s'enfuir, va-t'en. Simplement, va-t'en. Mes pieds gelés me démangeaient, me suppliant de dégager en vitesse. Mes doigts tremblaient, pincés sur le tissu de mon pantalon.

Respire.

J'avalais ma salive, resserrais mes poings tremblants et me mis à courir. Je traversais follement la rue et me ruais à travers les portes du pub.

Ce n'était pas le moment d'être une poule mouillée. C'était le moment d'être courageux, audacieux, d'être un héros. C'était le moment de…

« OW ! »

Je m'arrêtais brusquement et m'attrapais le pied gauche. Je sautais sur place et jurais. Mon gros orteil vibrait de douleur. Le tabouret de bar vers lequel je venais de me précipiter roula, diablement fier avec son bois taché de sombre.

C'était le moment de trouver des chaussures.

Pendant que j'étais occupée à sautiller sur place, mon pied encore épargné glissa dans quelque chose d'humide. Tout d'abord, je pensais qu'il devait s'agir de bière renversée dans la débandade. Cela ne prenait pas en compte le petit détail –petit mais important- que c'était chaud.

Révoltée, je m'éloignais d'un bond de la flaque rouge. Mon pied nu laissa de fines empreintes du liquide sur le sol. Je cantonnais ma nausée au fond de ma gorge. Une fois que je fus sûre de me contrôler, je contournais d'un pas irrégulier les éclaboussures de sang et toisais la dépouille.

Je ne m'attendais pas à telle puanteur.

Il était vêtu d'un complet à rayures et de chaussures en daim. Une montre à goussets dorée avait glissé hors de sa veste le cadran reposait contre sa poitrine. Je ne pouvais pas lire les inscriptions gravées à la surface. Le métal chatoyait d'un air désolé.

Je ne rentrerais pas dans les détails. Il m'arrive encore de faire des cauchemars de cette journée. Je suis certaine que ça ne me quittera jamais complètement. Tout ce que vous avez besoin de savoir, c'est que cet homme qui reposait sur le sol en formant un angle particulier avec son corps n'avait pas de tête.

Matsuda essayait de dissimuler sa propre détresse et interrogeait le barman. Celui-ci ne cessait de s'éponger la tête avec un mouchoir à carreaux tout en peignant ses rouflaquettes auburn avec ses poings. Son autre main frappait le comptoir dans un rythme ternaire. Sa moustache frisottante s'affaissa, traduisant sa fatigue.

« J'ai travaillé ici pendant quinze ans, et jamais encore je n'ai vu la tête d'un client e-exploser ! » Son écossais claqua durement dans l'air. « Qu-que vais-je devenir ? Je vais me faire arrêter, c'est sûr ! »

Je me penchais vers le cadavre de l'inconnu sans plus d'inquiétude et fronçais le nez. En le regardant de haut en bas, je fronçais les sourcils. Malgré les objections bruyantes de Matsuda, je déboutonnais sa veste et la rabattis sur le côté. Un magnum argenté brillait dans son holster, comme pour me faire un clin d'œil.

Quel genre de gars portait des chaussures en daim, possédait une montre à gousset hors de prix et une arme à feu ?

Le barman avait raison la tête des gens n'explosait pas comme ça sous le coup du hasard.

Quelqu'un leur donnait un coup de main.

Devinez qui.

Fin du chapitre 4

NDT :

Quand je vous disais qu'il y avait du remue-ménage.

Devinez un peu ce que Sydney a dit à L pour le convaincre.

Reviews, mes chous ? ^^