Finalement le nouveau chapitre est arrivé aujourd'hui, vous avez de la chance j'ai eu un élan d'inspiration incontrôlable lol. Je commence à prendre vraiment du plaisir à faire le POV d'Edward car j'ai moins à m'attarder sur le déroulement de l'histoire et plus sur les sentiments des personnages et le décor.
En tous cas j'ai été heureuse de constater que le premier chapitre et son prologue vous a plu.
Bonne lecture et à bientôt !
Céline : Je suis contente que tu aies apprécié le POV de Bella et que celui d'Edward ne te déçoive pas. Ne t'inquiète pas, je compte bien continuer =D
Patricia : je ne chôme jamais lol. Oui, la réalité est parfois difficile malheureusement... C'est d'ailleurs souvent là que l'on voit où sont les amis.
bosoleil1979 : Et oui il rêve déjà de sa Bella, et tu vas voir voir dans ce chapitre l'effet qu'elle va lui faire XD Merci en tous cas !
caro30 : mdr ! Merci à toi pour ta review !
Chapitre 2. Isabella Swan
***
Le lycée devenait de plus en plus insupportable. L'idée de l'arrivée d'Isabella était comme une étincelle dans une pièce remplie de gaz. Elle avait provoqué une réelle explosion. J'en venais à la détester sans même la connaitre. C'était puéril, mais l'atmosphère du lycée était complètement étouffante et elle en était l'origine.
Black avait redoublé ses bêtises. Il ne faisait plus que me prendre mon déjeuner tous les midis, c'était sarcasme sur sarcasme. J'avais des envies de meurtres sur lui et sur elle. Le vendredi qui a précédé son arrivée j'ai failli sécher l'après-midi. J'étais aussi en train d'imaginer des excuses pour ne pas aller en cours lundi. Je me ravisai cependant pour deux raisons. D'abord je ne voulais pas inquiéter maman. Son état empirait de jour en jour et même si elle ne me disait rien, je savais pertinemment ce que cela signifiait. Je crois qu'elle n'allait pas voir le mois prochain arriver. Elle voulait tenir jusqu'à mon dix-huitième anniversaire mais cela relèverait du miracle si elle y arrivait, et je sais que les miracles n'existent pas. De plus, il faudra bien que je retourne au lycée un jour, alors un jour de plus ou un jour de moins ça n'allait pas changer grand-chose.
Je passai le week-end entre mes devoirs et mon piano. A vrai dire je n'avais pas tellement envie de jouer mais maman adorait m'entendre et me regarder. Je ne pouvais rien lui refuser. Je fis alors semblant de ne pas avoir mal, de ne pas être triste. Je jouai les airs les plus enjoués que j'avais dans mon répertoire. Je pense que j'aurais pu faire du théâtre car on aurait pu croire que je m'amusais à les faire sortir de mes doigts. Je voulais juste rendre ma mère heureuse et l'entendre rire. Quand elle riait c'était comme si la maladie n'existait pas.
Nous avions maintenant une infirmière à plein temps ou presque à la maison pour s'occuper d'elle. Elle était gentille mais je dois avouer que j'étais un peu gêné par sa présence. C'était comme si elle entrait dans notre intimité. J'ai toujours eu l'habitude d'être seul avec maman, et là c'était étrange. Je me gardai bien de le dire cependant car je savais qu'elle était indispensable. Si elle pouvait soulager un peu maman, ça en valait le coup.
On arriva à dimanche soir. La veille de lundi matin. Je m'assis sur un des bancs de jardin pour écouter les sons de la nuit. La maison était vraiment bien placée. Nous étions à l'orée de la forêt et tout était extrêmement paisible. J'entendis des bruits de pas derrière moi.
- Ne reste pas dehors maman, il ne fait pas très chaud.
- J'ai quand même le droit d'apporter une couverture à mon fils justement parce qu'il ne fait pas très chaud non ?
Je lui souris. Elle vint s'emmitoufler avec moi en silence. Après quelques minutes, elle se décida à me dire ce qui lui trottait dans la tête depuis le début.
- Edward, mon chéri, j'aimerais que nous parlions sérieusement de sujets que nous évitons toi et moi.
- Quoi ? Pas de trucs compliqués s'il te plait, je suis fatigué.
- Tu trouveras toujours une excuse pour éviter ces conversations. Alors tu vas m'écouter. Je sais que tu es loin d'être stupide, et moi non plus. Ce n'est pas la peine de faire semblant de ne pas être touché par tout ce qui arrive. Tu sais, je n'ai pas peur de mourir. J'ai peur de te laisser tout seul. J'aurais aimé que tu arrives à trouver au moins une personne, un ami, qui te soutiendrait.
- Je n'ai besoin de personne, ne t'inquiète pas.
- Bien sur que si tu as besoin de quelqu'un. Jusqu'à aujourd'hui ce quelqu'un c'était moi, mais bientôt je ne serai plus là.
- Ne dis pas ça, je t'en prie.
Qu'elle le formule haut et fort me brisait le cœur. Non je ne voulais pas qu'elle parte, je refuse ça, elle n'a pas le droit de m'abandonner.
- C'est pourtant le cas mon chéri. Je sais que tu t'es forgé ton monde, mais un jour où l'autre il faudra affronter tes démons. J'aurais voulu te voir debout avant de partir, que tu arrives à te lever tout seul. Mais j'ai confiance en toi, un jour tu sauras car tu auras trouvé la bonne personne. Un ami ou plus, mais tu trouveras.
- Je ne suis pas certain de le vouloir.
- Pourquoi ?
- Parce que tout le monde se ressemble. Je ne veux pas de quelqu'un où je m'attendrai à chaque réaction. Je ne veux pas d'un mouton.
- Est-ce que j'en suis un ? Peux-tu prédire chacune de mes réactions ?
- Tu es ma mère, c'est différent. Pour que j'aie cette faculté de voir le monde comme ça, il fallait bien que ça vienne de quelqu'un. Tu es une exception.
- Quand bien même. Qu'est-ce qui empêche qu'il en existe d'autres ? Je sais que tu trouveras quelqu'un. Mais j'ai peur que ce jour là tu t'enfuies ou que tu sois trop dans ton monde pour voir cette personne. Je ne veux pas que tu pleures le jour où tu me diras au-revoir. Amènes si tu veux la fille de tous tes fantasmes et fais la fête ! Je veux que tu voies que le monde dans lequel nous vivons n'est pas si horrible que ce que tu crois. Les gens viennent, les gens partent, c'est la vie. Le tout c'est de la vivre pleinement sans se poser de questions. Tu analyses trop, tu veux être surpris mais tu ne te laisses pas surprendre. Demain tu as une nouvelle qui arrive au lycée. Essaie de ne pas la voir comme un objet d'analyse mais comme une femme. Peut-être que tu auras une belle surprise, car à force de cataloguer les gens tu ne les vois jamais vraiment.
Et elle partit aussi discrètement que ce qu'elle était arrivée. Elle venait me dire que bientôt elle ne serait plus de ce monde et déjà elle voulait que je la remplace. Si seulement c'était aussi simple. Non, je pense sincèrement que jamais personne ne pourra me surprendre, même si je fais des efforts.
***
- Edward, lève-toi tu vas être en retard pour le lycée ! Ne m'oblige pas à sortir la voiture pour t'amener s'il te plait !
Un grognement sortit malgré moi. J'avais très mal dormi. A vrai dire j'avais cauchemardé. Je ne me rappelle plus de quoi en revanche. Dommage, au moins ça m'aurait occupé de me remémorer le rêve et de le disséquer tout au long de la journée.
Je me levai toutefois et mis mes vieilles lunettes sur le nez. Depuis bien longtemps je me dis qu'il faudrait que je les change, mais je suis victime d'une grande flemme. Et puis à quoi bon jeter de l'argent par les fenêtres pour un truc que personne ne remarquera ?
Je me pris une longue douche pour me réveiller. J'aimais les sensations que m'apportait l'eau alors qu'elle coulait le long de mon corps. Je pris conscience que la journée allait être interminable. L'excitation va être à son comble. J'allais apercevoir cette fille, j'allais l'observer malgré moi et me rendre compte à quel point elle est banale.
Je m'habillai d'une chemise et d'un vieux jean, et je rajoutai un pull. Normalement elle ne devrait pas me remarquer avec des vêtements pareils. Je descendis ensuite les escaliers pour faire une bise à ma mère et prendre une pomme.
- Tu devrais manger un peu plus Edward…
- Je n'ai pas le temps, je crois que tu as remarqué que j'ai eu un peu de mal à me lever, je vais être en retard. Ne t'inquiète pas, j'ai des céréales dans mon sac comme toujours. A tout à l'heure !
Et je m'enfuis. Je ne voulais pas lui dire que je n'avais pas faim. Rien que de penser à la journée qui allait se passer j'avais la nausée. Une petite marche n'allait pas me faire de mal.
Je me sentais comme un spectateur de ce monde. J'étais comme déphasé. Je ne faisais pas partie de ce monde, mais j'y étais attaché malgré moi, je devais y vivre. Personne ne me voyait mais moi je lisais en chaque personne. C'est comme si je pouvais entrer dans une maison sans problème, observer tout les habitants dans son petit quotidien sans que personne ne remarque ma présence.
Mes premières heures de cours se déroulèrent comme d'habitude. J'étais seul à mon pupitre, transparent et personne ne faisait attention à moi. En revanche, tout le monde était excité par l'arrivée d'Isabella. D'après ce que j'entendais de par les garçons elle était très jolie et beaucoup s'imaginaient déjà sortir avec elle. En fait je crois que ce qui les attirait était surtout la nouveauté. Au moins elle n'aurait aucun préjugé personnel.
Je me rendis à la cafétéria le midi. Je remplis le plateau plus que de besoin. J'avais décidé de manger et je savais que comme d'habitude Black viendrait me rendre visite. J'espérais qu'il m'en laisserait quand même suffisamment pour que je puisse me faire un repas à peu près décent.
Je m'assis ensuite à ma table et commençai à manger. J'étais un peu en retrait et avachi sur moi-même. Ainsi elle ne devrait pas faire attention à moi et passer sans me voir. Moi en revanche dès qu'elle passa la porte je la vis.
D'abord, je pensai à ma mère. Elle l'avait très bien décrite. Naturelle. Elle n'avait pas de fanfreluche, n'était pas maquillée et… elle rougit dès que tous les regards se tournèrent vers elle. Une timide. Je fus soulagé en quelque sorte qu'elle soit avec Ashley. Elle ne pouvait pas mieux tomber. Elle n'était pas très grande mais elle était très bien proportionnée. Ses longues boucles brunes tombaient avec grâce le long de son dos. Elle balaya discrètement la salle, peut-être à la recherche de quelqu'un. Probablement de Black.
Je me renfrognai à cette simple idée. Bien sur qu'elle était une de ses amies. Il doit préférer les filles inaccessibles et naïves. Elle parut toutefois déçue de son inspection. Oui, évidemment il n'était pas encore là. Elle s'avança et alla s'assoir à la table d'Ashley. Je la vis sourire timidement à chacun des membres du groupe mais elle semblait ailleurs. Tout le monde la dévisageait. Moi je me contentais de l'observer du coin de l'œil.
Pourquoi y avait-il tant de tristesse dans son regard ? J'avais envie de la prendre dans mes bras et de la consoler. C'est ridicule, je ne la connais pas et ça ne m'est jamais arrivé. Finalement l'attrait de la nouveauté a aussi un pouvoir sur moi. Je me demandais malgré tout ce qui la rendait aussi triste. Une rentrée dans un lycée où elle ne connaissait personne ? Son arrivée à Forks ? Son départ de l'Arizona ?
J'étais en plein dans mes réflexions quand Black et ses gorilles arrivèrent comme à leur habitude.
- Alors c'est vrai ? Tu as faim ? Le problème c'est que ça me plait assez ce que tu as là. Et moi aussi j'ai faim.
Toujours le même petit jeu. Il avait même du mal à se renouveler, ça en devenait pathétique. Il me prit les trois-quarts de mon plateau en me filant une tape derrière la tête tout en me traitant de tous les noms. Heureusement j'avais déjà mangé pas mal et il m'avait laissé certains trucs. Je pourrais presque dire maintenant ce qu'il aime ou n'aime pas aux vues de ce qu'il laissait sur mon plateau. J'avais eu l'idée un jour de ne prendre que des trucs qu'il n'aimait pas mais il aurait risqué de me le faire payer plus tard et je n'en avais pas trop envie.
Ils me laissèrent ensuite comme à leur habitude. Je sentis un regard sur moi. Je ne voulais pas croiser ses yeux inquisiteurs mais je les sentais. Elle avait vu ce qu'il s'était passé. Pour la première fois depuis le début cela me gêna. Je n'avais pas envie qu'elle me voit comme ça. J'ai l'impression que je pourrais pleurer dans ses bras et qu'elle me pardonnerait toutes mes faiblesses tout en me réconfortant. Je crois qu'il ne faut pas que je m'approche d'elle.
Elle se leva soudainement et sortit. Je fus surpris et espérai que ce n'était pas à cause de moi. Peut-être que ça l'avait révolté de voir ce qu'il s'est passé. Après tout elle est fille de shérif, et d'un en plus qui aime profondément ce qu'il fait et qui a des valeurs morales. J'aurais voulu lui dire que ça m'était égal. De toute façon je ne mérite pas que l'on s'inquiète pour moi ou qu'on me défende.
Quoi qu'il en soit, je fus laissé perplexe sur un autre point. Connaissait-elle Black finalement ? Il ne s'était pas adressé à elle et elle à lui. Et puis elle semblait vraiment touchée par ce qu'il venait de faire. Pourquoi avait-elle été déçue tout à l'heure alors ? Qui recherchait-elle ? Décidément, pour la première fois je me retrouvais face à un mystère. Je devais avouer qu'Isabella Swan me fascinait.
C'est en admettant cela que je me rendis à mon cours de mathématiques. Ce qu'il y a de bien c'est que les chiffres ne mentent pas, ils restent les mêmes tout le temps. Je n'aimais pas spécialement cette matière mais au moins je pouvais me concentrer sur quelque chose qui me ferait oublier mon quotidien.
Une montée d'excitation se fit à nouveau sentir à mon plus grand étonnement, je pensais être un peu tranquille ici. Je compris les raisons en voyant Isabella sur le pas de la porte. Elle rougit à nouveau en voyant tous les regards tournés vers elle. Qu'est-ce qu'elle était mignonne avec cette couleur ! Mince, reprends-toi Edward. Elle vint s'assoir immédiatement à côté de moi. Normal, c'était probablement une des rares places libres.
Elle déballa ensuite ses affaires. Elle semblait passablement énervée. Etrange. Peut-être à cause de tous les regards posés sur elle comme ça. Elle tourna enfin la tête vers moi. De mon côté mon regard était perdu dans le vague mais je voyais parfaitement son visage du coin de l'œil.
Et là je ne compris pas. Son expression ne savait mentir. Il s'y passa tout un flot d'émotions inexplicables. De la surprise. De la peur. De l'incompréhension. Mais aussi de la joie, voire de l'hystérie. Pourquoi ? Elle se reprit au bout de quelques secondes. Je m'attendais à ce qu'elle détourne la tête et à ce qu'elle m'ignore.
- Salut, je suis Bella Swan comme tu dois t'en douter.
Quoi ? Elle me parlait ? Je tournai la tête vers elle. C'était la première fois que j'entendais sa voix. Elle était claire, et elle décelait beaucoup plus d'assurance que ce que j'imaginais. Ses rougeurs et son attitude m'avaient fait penser qu'elle était timide. Pourtant là elle venait se présenter d'elle-même. Je ne savais pas quoi répondre, je ne savais pas quoi faire. Je ne savais même pas à quand remontait la dernière fois que j'avais parlé à un élève.
- Heu salut.
Imbécile. Une fille qui te fascine se présente et essaie d'engager la conversation et toi tout ce que tu peux faire c'est un « Salut » ? T'es un cas désespéré mon vieux. Le pire, c'est qu'au lieu d'essayer de rattraper le coup je m'enfonçai davantage dans ma chaise, tentant de me faire oublier.
Du coin de l'œil j'observais Isabella. Non, pas Isabella. Elle s'était présentée sous le nom de Bella. Un nom qui lui allait parfaitement d'ailleurs. Pourquoi m'avait-elle donné ce diminutif ? Elle n'aimait pas son prénom ? Elle espérait déjà que nous serions amis ? Non, c'est stupide, ça devait être la première solution. D'ailleurs je crois que tout le monde commençait à l'appeler comme ça.
J'essayais de me concentrer sur ce que disait le professeur. Malheureusement il faisait des révisions pour ceux qui n'avaient pas bien compris et je m'ennuyais fermement. Je pris cependant parfaitement des notes afin d'être certain que la conversation avec ma voisine ne reprendrait pas. De plus je ne voulais pas attirer le regard sur moi.
Je regardai régulièrement l'heure à ma montre. Deux minutes avant la fin du cours je commençai à rassembler discrètement mes affaires. Dès la sonnerie je me propulsai dehors, espérant ne pas avoir à faire à Bella. Je n'étais pas à l'aise. Elle… je ne sais pas. Je n'étais juste pas dans mon état normal avec elle. Ça m'énervait de ne pas réussir à la percer. De plus elle dégageait cette aura…
L'heure suivante passa. J'entendis en passant dans un couloir une conversation qui retint mon attention. Je fis semblant de fouiller dans mon sac afin d'écouter.
- Si, je t'assure, j'étais là. J'avais envie d'exploser de rire. Elle l'a remis royalement à sa place. On dirait qu'elle n'a pas aimé ce qu'il a fait à Masen ce midi et elle lui a fait comprendre. Je pense qu'ils se connaissent d'avant. Je ne sais pas comment elle a pu échapper aux représailles de Black. Attends, sérieux, s'il m'avait invité à boire un verre moi je n'aurais pas dit non !
Je partis alors aussi furtivement que l'était mon arrivée. Je suis presque certain qu'elles parlaient d'elle. Donc elle connaitrait bien Black. Mais elle m'aurait défendu ? Oh non ne me dites pas que c'est vrai, elle va s'attirer des ennuis. Je n'en vaux pas la peine et en plus si je le laisse faire c'est pour qu'il ne s'en prenne à personne d'autre. Moi, on s'en fout je suis seul de toute façon. Mais elle, elle parait si fragile. Il n'a pas intérêt à venir lui chercher des noises, car ce sera peut-être ce jour là qu'il verra que je ne suis pas aussi passif que ce que j'en ai l'air.
Les cours terminés, je rentrai tranquillement chez moi. Le prof nous avait laissé un peu en avance mais j'avais envie de prendre mon temps pour rentrer chez moi. J'entendis assez rapidement le bruit d'une voiture qui s'arrêta à ma hauteur. Je me stoppai à mon tour et une vitre descendit.
- Je te dépose quelque part ?
Je vis alors le visage de Bella qui m'observait. Je baragouinais pour moi. Pourquoi est-ce qu'elle me voyait ? Pourquoi je n'arrivais pas à être transparent pour elle aussi ? Devant mes réticences, elle rajouta quelque chose qui lui arracha un superbe sourire.
- Allez, je ne vais pas te mordre il pleut des cordes. Ne t'inquiète pas je ne te veux pas de mal.
On aurait dit qu'elle riait à une blague personnelle. Je la jaugeai. C'est vrai qu'il pleuvait, mais à vrai dire je ne m'en étais même pas aperçu. J'avais l'habitude. Une partie de moi me disait de fuir, de ne pas l'approcher. L'autre me susurrait que c'était stupide que je fuie comme ça. Elle n'allait effectivement pas me faire de mal. Et puis elle risquerait de le prendre pour elle si je refusais. Excuse minable. Elle fonctionna cependant car la dernière chose que je voulais c'était lui faire du mal. Je montai alors dans la voiture.
Elle démarra immédiatement. Je crois qu'elle avait peur que je m'enfuie. Elle n'avait pas tout à fait tord d'ailleurs.
- Tu me diras où aller ? Je ne connais pas ton adresse et de toute façon je t'avoue que j'ai encore un peu de mal à me repérer.
Ah oui, c'est vrai elle vient d'arriver. J'ai tendance à oublier ce détail, j'ai l'impression de la connaitre depuis toujours.
- Heu je te dirai où tourner, j'habite un peu en dehors de la ville.
J'étais fier de moi. J'avais réussi à aligner plus de deux mots devant elle. Un silence commença à s'installer. Il n'était cependant pas pesant. Je crois qu'elle attendait que je prenne la parole mais ne me forçait pas si je ne le voulais pas. J'appréciai ça, je dois l'avouer. Une fois de plus elle m'étonnait. Si moi je n'avais pas réussi à percer ses secrets, de son côté elle semblait avoir compris mon fonctionnement. Je choisis d'aborder un sujet important, il fallait qu'elle comprenne.
- Il parait que tu connais Jacob Black…
Elle parut soulagée de mon intervention. Elle me répondit sereinement, mais je vis qu'elle choisissait soigneusement chacun de ses mots.
- Disons que je l'ai connu. Il y a plusieurs années de cela je venais de temps en temps en vacances et nos pères sont amis. Mais j'ai l'impression qu'il a beaucoup changé. J'ai assisté à ce qu'il s'est passé à la cantine, je suis désolée.
- Je ne veux pas de ta pitié.
Ma réponse avait fusée. Non, je ne voulais pas de sa pitié. Qu'est-ce que je voulais ? Son indifférence ? Hier j'aurais pu dire ça. Tout à l'heure j'aurais pu dire ça. Maintenant je ne sais pas trop. Je sais juste que je ne veux pas de sa pitié.
- Ce n'est pas de la pitié. En fait ça me révolte qu'il fasse ça, je ne le reconnais plus.
C'est bien ce que je pensais. Finalement je l'avais quand même bien analysée tout à l'heure. Je n'arrive pas à anticiper ses réactions mais je peux les décrypter quand elles sont apparues. Il fallait cependant qu'elle ne s'en mêle pas.
- Laisse tomber. Je sais que tu t'es engueulée avec lui, ce n'est pas une chose à faire. Je te déconseille de recommencer, et oublie moi.
- Pourquoi ? Parce qu'un mec a décidé que tu n'étais pas approchable ?
Elle semblait en colère maintenant. Voilà, je viens de trouver un nouveau trait de caractère. Indépendante. Elle n'aime pas qu'on lui dise ce qu'elle peut faire ou non. Mais elle semblait aussi blessée, pour une raison que je ne pouvais expliquer.
- Non, parce qu'il ne vaut mieux pas que nous soyons amis, je n'ai jamais été fréquentable. T'as de la chance, tu as trouvé une personne qui est sympa, cette Ashley. Elle est appréciée par tout le monde tu peux avoir confiance en elle.
- Et toi ? En qui peux-tu avoir confiance ?
J'avais voulu la mettre en confiance, lui faire comprendre qu'il valait mieux qu'elle reste avec les amis qu'elle a trouvé, et ça s'était retourné contre moi. Elle avait posé sa question sereinement, comme si nous parlions de la pluie et du beau temps. Pourtant sa question était très grave. Elle me rappelait la conversation que j'avais eue avec ma mère la veille. Je me refusais de croire que Bella pourrait être cette personne qui me fera ressusciter. Je préférai éluder.
- Tu peux me déposer là, je serai protégé par les arbres maintenant.
Nous étions arrivés à l'embranchement du chemin qui me menait chez moi. Je crois que de toute façon sa voiture n'était pas faite pour ce genre de chemins de terre. Elle accepta ma dérobade et me sourit à nouveau.
- Bonne après-midi.
-Ouai. Merci de m'avoir ramené, et sérieux, ne te prends pas la tête avec lui, il n'en vaut pas la peine, ignore le autant que possible.
Il fallait qu'elle comprenne. Elle ne devait pas s'approcher de lui. Il est égoïste et ne pensera jamais au mal qu'il pourrait lui faire.
Quand j'arrivai à la maison, ma mère fut étonnée de me voir si tôt. Je préférai ne lui dire qu'une partie de la vérité.
- Un prof a fini plus tôt.
Ses traits étaient tirés. Je voyais clairement que derrière son sourire bienveillant quelque chose n'allait pas.
- Il y a un problème maman ?
- Mais non mon chéri.
- Maman ! Tu me demandes de ne pas te mentir alors ne me mens pas toi aussi ! Dis-moi.
- Mon chéri… L'infirmière veut me faire rentrer à l'hôpital demain. Elle est inquiète, elle pense qu'il faudrait que je me repose plus encore que ce que je fais ici.
Non. C'était plus grave. Je le voyais dans ses yeux. Elle allait bientôt me quitter. Je fondis malgré moi en larmes dans ses bras.
