Finalement le chapitre arrive ce soir lol.
Bon, alors petit blabla. Je remercie déjà tout le monde pour les reviews. Beaucoup m'ont dit que j'arrivais à bien décrire les sentiments d'Edward par rapport à sa mère. Je dois avouer que ces reviews m'ont fait particulièrement plaisir car j'ai la chance de ne jamais avoir été confrontée à ça, je ne fais donc qu'imaginer ce que l'on ressent. Je suis donc soulagée de ne pas être à côté.
Ce chapitre vous partagera dans les émotions je pense car il y aura d'un côté la relation avec Bella qui est traitée, et de l'autre celle avec sa mère.
Par ailleurs, j'ai essayé d'adapter le caractère de l'Edward de SM avec celui de ma FF. J'espère que le résultat vous plaira.
A bientôt !
Isabelle : Merci beaucoup ! C'est vrai que le POV d'Edward est intéressant à faire ^^
Time Tell Will :mdr Merci beaucoup pour ta review, comme tu as l'air sympa je te réponds ! XD Voici la suite, j'espère ne pas te décevoir !
Céline : Merci beaucoup, ça me va vraiment droit au coeur... J'espère que je vais réussir à garder au moins le même niveau !
Patricia : Oui, toujours fidèle ! Et oui, les émotions vont continuer, tu vas en avoir un aperçu dans ce chapitre. =D
bosoleil1979 : Ce côté "sauveur" va encore s'accentuer dans ce chapitre et les prochains comme tu dois t'en douter ^^ Et là, j'ai aussi axé un peu mon chapitre sur la solitude, tu vas voir. J'espère que ça continuera de correspondre à tes attentes !
Chapitre 3. Merci
***
Quelqu'un comme moi ne devrait pas exister. J'avais mis une heure à me calmer. Ma mère tentait de m'appaiser mais rien n'y faisait.
- Je n'irai pas en cours demain, je t'accompagnerai.
- Il en est hors de question mon chéri. En plus demain on me fera des examens toute la journée. Non, tu vas aller au lycée. Je refuse que tu perdes encore une année par ma faute. Au fait, parles-moi de ta journée.
Elle tentait de faire diversion. Je crois qu'elle n'était finalement pas mieux que moi. Tant que nous ne voyions pas la cruelle réalité, elle n'existait pas.
- Comme d'habitude.
- Oh arrête Edward ! Comment est Isabella ?
- Bella.
Je l'avais corrigée machinalement. Depuis qu'elle s'était présentée je ne pensais à elle qu'en utilisant ce diminutif. Ma mère remarqua que je l'avais corrigée spontanément. Mince.
- Tiens, tu l'as donc rencontrée ! Alors, comment est-elle ? Raconte !
Elle semblait avoir un véritable intérêt. Je pense que le chef Swan avait attisé sa curiosité, à mon grand désespoir.
- Comme tu l'avais décrite. Naturelle. Tous les garçons lui tournent déjà autour de loin. Ashley l'a prise sous son aile, ça m'a rassuré en quelque sorte.
- Oui, Ashley est vraiment bien comme petite. Et toi alors, tu lui as parlé ?
Je déteste quand elle est têtue comme ça. Que recherche-t-elle ?
- Brièvement. Rien d'intéressant. Je crois qu'elle ne voulait pas se montrer impolie.
- Et est-ce que tu l'as analysée comme tu l'as fait pour les autres ?
- Mais pourquoi ça t'intéresse comme ça tout d'un coup ?
Je l'aimais et je savais qu'elle était fatiguée mais là elle commençait sérieusement à m'énerver. Pourquoi elle s'intéressait autant à Bella ?
- Pourquoi tu ne me réponds pas Edward ?
Elle affichait un grand sourire, comme si elle venait de me piéger ou de gagner quelque chose. Je poussai un soupir. Oui, elle était très têtue et je savais qu'elle ne me laisserait pas m'en tirer comme ça.
- Oui je l'ai analysée, tu es contente ?
- Non, mais je suis curieuse du résultat car pour que tu te mettes en colère pour si peu c'est qu'elle t'a surpris.
Je la regardai avec de grands yeux ronds. Comment en était-elle venue à cette conclusion ? M'étais-je vraiment emporté pour rien ? Oui, peut-être. Etait-ce dû au fait que nous parlions de Bella ? Sans doute. Après tout normalement je me perds dans des monologues où je lui détaille chaque personne. Là je refusais de parler d'elle.
- Alors, dans quelle catégorie vas-tu la faire rentrer ?
Bonne question. J'aurais pu dire timide mais par deux fois elle m'en avait fait douter.
- Tu ne sais pas ! Je le vois à ta confusion !
Pourquoi fallait-elle que maman me lise aussi bien ce soir ?
- Non, ce n'est pas ça, mais son comportement se contredit parfois. Elle est naturelle, je crois très gentille aussi. Elle n'aime pas l'injustice et elle te dira ce qu'elle pense sans se soucier des conséquences néfastes sur elle. Elle est aussi indépendante tout en étant fragile, comme un chaton voulant sortir les griffes. Ça te va comme description ?
Je ne m'étais pas rendu compte que c'était maintenant elle qui me dévisageait. Qu'est-ce que j'avais dit encore ?
- Maman ? Tu ne te sens pas bien ?
- Je n'y crois pas. Elle te plait ! Et n'ose pas me dire le contraire, je te connais ! Tu ne la connais que depuis quelques heures et elle te plait déjà. Toi qui ne te laisse jamais surprendre !
- Mais où vas-tu chercher ça maman ? Tu m'as demandé de la décrire, je te l'ai décrite.
- Crois que ce tu veux mon chéri, mais je peux te dire qu'elle te plait, que tu le veuilles ou non.
Et maintenant elle affichait un super sourire. Le pire c'est qu'elle pensait ce qu'elle disait. Je partis dans ma chambre en râlant.
Est-ce que Bella me plaisait ? C'était absurde. Comme elle l'avait dit je ne la connaissais que depuis quelques heures. En même temps je devais avouer qu'elle n'était pas du tout comme je le pensais. Elle n'était pas passée à côté de moi sans me voir. Au contraire, elle me voyait même quand je ne le voulais pas. Elle avait osé dire à Black ce qu'elle pensait. Et puis, la manière dont elle me regardait, dont elle devinait ce que j'avais besoin d'entendre, dont elle savait comment agir avec moi… Une chose était certaine. Isabella Swan n'était pas une fille ordinaire comme je le pensais initialement.
***
Le matin fut très difficile. Une ambulance était venue chercher maman. Je me promis que dès la fin des cours j'irais la voir. Je prendrai la voiture et je me rendrai à l'hôpital. Voir l'ambulance et maman allongée sur le brancard me fit prendre conscience réellement de tout ce qu'il se passait. Je savais que plus jamais elle ne repasserait le seuil de la maison.
Juste après le départ de l'ambulance je me laissai tomber au sol et déversai les quelques larmes que je ne pouvais retenir. Je me souvins ensuite de la promesse que j'avais faite à cette femme extraordinaire et je pris mes affaires pour courir au lycée.
J'arrivai pile à l'heure pour mon cours de biologie. Je m'installai à ma paillasse habituelle, celle du premier rang que personne ne voulait. La prof arriva et ferma la porte. Je fus soulagé de ne pas la voir. Je ne voulais pas l'affronter. Mon soulagement fut de courte durée quand des frappements timides à la porte se firent entendre pour laisser apparaitre un magnifique visage rouge pivoine. J'étais maudit. Bella était dans le même cours de biologie que moi, et une seule place était vacante, la mienne évidemment !
Le pire dans tout ça, ce fut le sourire qui ne put s'empêcher d'apparaitre sur son visage quand elle fit la même constatation que moi. Ce n'est pas vrai ! Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? Je ne veux pas m'approcher d'elle. Justement parce que ça me fait plaisir de l'avoir à côté de moi et de l'observer, je ne veux pas me trouver dans les environs.
Dès que je la voyais j'avais envie de pleurer, de lui dire mon mal-être. Mais je ne voulais pas la contaminer avec tous mes états d'âme. Elle ne méritait pas ça. Il fallait absolument la tenir éloignée de moi, elle ne devait pas s'intéresser à un brouillard. Tout ce qu'elle pourrait en tirer c'est des larmes, de la tristesse. Je ne peux que la blesser.
Pourtant, qu'est-ce que je me sens bien. Elle semble énervée en revanche. Surement contre moi. Elle a raison d'ailleurs. Moi de mon côté je ne peux m'empêcher d'apprécier chaque minute volée où je suis près d'elle. Maman a peut-être finalement raison. Peut-être qu'elle me plait. En tous cas sa présence a un effet certain sur moi. Je peux sentir d'ici son odeur. La fraise. Je pense que cela provient de son shampoing car l'odeur s'intensifie dès qu'elle bouge les cheveux. Il y a autre chose. Une autre odeur que je n'arrive pas à identifier mais qui est enivrante.
Il fallait absolument que je me ressaisisse. Mais j'étais attiré comme un aimant. Pourquoi ? Je ne savais rien d'elle après tout. Il n'y avait aucune raison à cela. J'apprécie ma solitude, de quel droit elle vient la troubler ?
***
Je me dirigeai à la cafétéria avec appréhension. Je ne savais pas si l'intervention de Bella allait avoir des conséquences. Je pouvais voir deux scénarios possibles. Soit il allait se foutre de ma tête de m'être fait défendre par une fille. Là je m'en fichais, du moment que Bella n'intervenait pas. Soit il allait s'en prendre à elle. Là je ne le supporterai pas. Ça m'étonnerait en tous cas qu'il ne change rien. Pourvu que les conséquences n'incluent pas Bella !
Je remplis mon plateau encore plus que d'habitude, espérant que ça suffirait à le calmer. Plus le temps passait, plus j'étais anxieux. Je vis Bella entrer à son tour avec Ashley. Elles s'assirent à la même table que la veille. Bella semblait se concentrer à détailler chaque membre de la table. Comme si elle essayait de percer leurs secrets. On dirait que nous avions ça en commun ! Non, Edward, ne pense pas aux choses que vous pourriez avoir en commun, c'est malsain.
Je vis au loin Black arriver. Je retins alors mon souffle. Nous allions savoir quelles seraient les conséquences de l'intervention de Bella. Pourvu qu'il ne s'en prenne pas à elle ! Je commençai à me poser des questions quand je le vis prendre un plateau. Qu'est-ce qu'il peut bien préparer ? Bella semblait aussi tendue que moi. Je la voyais respirer difficilement.
Moi j'eus le souffle coupé. Black passa à côté de moi sans m'adresser un seul regard. Il fit de même envers Bella d'ailleurs. J'étais presque choqué, et je tentais de comprendre ce qu'il venait de se passer. Tout le monde presque avait remarqué ce détail. Black m'avait complètement ignoré. Comment était-ce possible ? Prévoyait-il quelque chose de plus subtile ? Allait-il me laisser tout simplement tranquille ? Non, ça me paraissait impossible. Pourquoi ferait-il cela ? Pour Bella ? Décidément, cette fille détient bien des secrets à percer.
Oui, elle me fascine. Elle m'attire. J'ai l'impression d'être comme un aimant. Mais surtout je ne la comprends pas, je ne la décrypte pas. Elle a un comportement si étrange, si contradictoire. Qu'est-ce qui peut bien faire ça ?
Elle sortit quelques temps après, suivie par Ashley. Je fis de même cinq minutes plus tard. Ça faisait beaucoup d'émotions en même temps. Bien trop. Cette rencontre, Black, ma mère…
Je me surpris alors de vivre dans la réalité. Oui, depuis l'arrivée de Bella je n'avais presque pas fui dans mon imaginaire. Je ne m'en étais même pas rendu compte et je fus le premier surpris. Moi qui ne vivais que par ça, j'avais réussi à passer quelques heures en dehors sans même m'en rendre compte. Incroyable.
***
J'avais hâte de rentrer à la maison. J'aurais dû venir au lycée en voiture, mais j'avais trop peur que Black me fasse un coup bas et j'en avais besoin de cette voiture pour aller à l'hôpital.
Contrairement donc à la veille, je courus presque le long de la route. J'étais entièrement perdu dans mes pensées qui étaient partagées entre ma mère et Bella. En à peine vingt-quatre heures elle avait prit une place telle dans ma vie que je me demandais si je ne devenais pas fou. Je ne pouvais m'empêcher de penser à elle. Et je ne savais pas quel comportement avoir.
C'est pourquoi je fus très surpris quand je vis que sa voiture était à nouveau arrêtée à ma hauteur. Bella avait encore baissé la fenêtre pour me parler.
- Edward, monte ! Et pas de discussion, je t'ai montré hier que je n'étais pas méchante et que je ne mordais pas.
Elle était radieuse. Je ne sais pas pourquoi mais une fois de plus elle semblait rire. Je m'apprêtais à protester, voulant m'en tenir à mes résolutions de ne pas l'approcher pour ne pas l'importuner. Je croisai toutefois son regard et je m'y perdis. Ses yeux étaient d'un chocolat profond et je dus me faire violence pour me ressaisir. Tout ce que je pus faire c'est lui bredouiller un bref « merci » et monter. En fait je ne répondais même pas de mes gestes. J'étais monté presque malgré moi.
Une fois dans la voiture, un nouveau silence s'installa. Je m'en voulais. Je donnais suffisamment de soucis à ma mère qui était mourante pour en plus contaminer Bella. J'aurais aimé qu'elle ne vive que de belles choses, que toute la tristesse du monde l'épargne. Au lieu de cela je ne pouvais m'empêcher de l'approcher, moi qui étais le désespoir personnifié. Pourquoi est-ce qu'elle ne me laissait pas tranquille ? Elle ne devrait pas m'approcher, je suis nocif pour elle.
- Pourquoi tu fais ça ?
- De quoi ?
Elle semblait sincèrement surprise. Oui, aider les autres devait être une qualité naturelle pour elle, qui lui semblait normale. Mais est-ce qu'elle n'y perdait pas elle, de son côté ? Elle est obligatoirement touchée par tout ça. Il faut la protéger, elle n'a pas à subir tous ces mauvais côtés de la vie.
- Tu m'as défendu auprès de Black hier alors que tu ne me connaissais pas, tu m'as proposé de me ramener, aujourd'hui en biologie tu semblais contente que je sois ton partenaire de labo et là tu me reproposes de me ramener. Pourquoi ?
- Et pourquoi pas ?
- Ce n'est pas une réponse.
Non, ce n'était pas une réponse. Elle ne me surprit cependant pas. Ça ne faisait que dessiner un peu plus son caractère. Elle pensait d'abord aux autres et après à elle.
- Crois-moi Edward, si on ne demandait plus souvent « pourquoi pas » il y aurait moins de problèmes.
- Alors je pourrais te dire parce que tu risques de te mettre Black contre toi et que je n'en vaux pas le coup.
Non, je ne valais pas la peine qu'elle se donnait. Je ne valais pas le fait qu'elle se mette en danger par ma faute. Je ne valais pas qu'elle s'intéresse à moi.
- Et moi je te répondrais que je n'ai pas peur de Jacob et que tu n'es pas objectif. Pourquoi tu n'en vaudrais pas le coup ? Tu sais, je vais peut-être te surprendre mais je n'ai laissé personne derrière moi à Phoenix en dehors de ma mère. Je veux dire, personne n'a été touché par mon départ. J'étais transparente et toujours seule.
Elle ? Transparente ? Solitaire ? Je ne pouvais que difficilement l'imaginer. Tous les garçons d'ici n'ont d'yeux que pour elle, même Black je crois. Une fille comme elle ne pouvait être transparente.
- Là tu vois je ne te crois pas trop, vu le caractère que tu sembles avoir.
- Pourtant c'est la stricte vérité. J'étais assez différente. C'est peut-être le changement de lieu qui m'a permise de tout recommencer et l'influence d'Ashley, je ne sais pas. Mais je sais ce que c'est que d'être seul. Personne ne le mérite et j'ai l'impression toi moins que quiconque. On n'est pas fait pour être constamment seul, dans son monde. J'essaie moi-même de sortir de mon imagination tant bien que mal. C'est difficile, surtout quand ce monde imaginaire est beaucoup plus agréable que la réalité, mais il le faut.
Il fallait que je fuie, au plus vite. Bella venait de lire en moi comme personne ne l'a jamais fait, pas même ma mère. Elle a vu que j'étais faible, que tout ce que je pouvais faire c'était me réfugier dans mon monde. Mais elle ne m'a pas jugé, elle essaie juste de me donner la force d'en sortir. Une fois de plus j'ai l'envie de pleurer dans ses bras, de lui demander pardon pour toutes mes faiblesses. Et puis, elle dit expérimenter elle-même cela, qu'a-t-il bien pu lui arriver pour qu'elle veuille s'enfuir de la réalité elle-aussi ?
- Où je te laisse ? Tu ne veux pas que je raccompagne jusqu'au bout ? Ça ne me dérange pas…
- Non ça ira merci tu peux me laisser comme hier.
J'avais été tenté de lui demander de me raccompagner jusqu'au bout. Je voulais rester près d'elle le plus longtemps possible et surtout ça m'aurait fait gagner du temps pour rejoindre maman. Mais je savais que je n'allais pas tenir longtemps. Elle était en train de briser toutes mes barrières, toute la carapace que j'ai forgée pendant toutes ces années. Il fallait que je m'éloigne d'elle absolument ou j'allais l'éclabousser de toutes mes faiblesses.
Elle s'arrêta. Je me tournai vers elle et lui adressai un bref sourire. J'aurais voulu faire davantage mais je n'en étais pas capable, elle avait remué trop de choses. Elle y répondit, et ce fut comme si le monde s'était illuminé.
Je sortis de la voiture et commençai à avancer. Puis, soudainement je ne répondis plus de rien. Mes jambes me trahissaient ainsi que mon cerveau. Je me retournai pour faire face à elle alors qu'elle s'apprêtait à repartir. Elle baissa alors la vitre de sa portière avec un regard interrogateur.
- Tu as oublié quelque chose ?
Avais-je oublié quelque chose ? Non. C'était juste que mes jambes ne m'obéissaient plus.
- Heu non, enfin je ne t'ai pas dit merci.
- Je t'en prie ce n'était pas grand-chose.
- Si, c'était beaucoup.
Et je m'enfuis. En fait je fis ce que j'aurais dû faire depuis le début. Maintenant je courais aussi vite que possible.
Merci pour exister. Merci pour me voir. Merci pour me comprendre. Merci pour me dire ce que j'ai besoin d'entendre. Merci pour croire en moi. Merci pour être toi.
***
Je m'arrêtai devant l'hôpital. J'avais essayé de me vider la tête depuis que j'étais sorti de la voiture de Bella. Maintenant seule ma mère devait compter. Je pris une longue inspiration et rentrai à l'intérieur des murs blancs. Je me présentai à l'accueil pour savoir quel était le numéro de chambre de maman. 423. Très bien.
J'avais pris le temps d'acheter un bouquet de fleurs. Le bouquet était une très belle composition de fleurs plus colorées les unes que les autres. Il fallait bien mettre un peu de gaieté, si tenté c'était possible.
Je frappai à la porte et entrai. Ma mère était là, alitée. Elle m'offrit un magnifique sourire que je tentai de lui rendre. Evidemment elle fut très heureuse de mes fleurs. Je lui avais aussi amené un lecteur CD et les CDs allant avec. Parmi eux il y en avait un ou deux que j'avais enregistrés moi-même alors que je jouais au piano.
Alors que nous discutions de la pluie et du beau temps pour éviter les conversations sérieuses je pris le temps de l'examiner. Elle avait les traits tirés et elle était très pâle. Ses yeux émeraude avaient perdu une lueur que j'avais toujours connue.
- Maman, dis-moi. Qu'ont dit les médecins ? Et s'il te plait, dis-moi la vérité, n'essaie pas de me protéger.
Elle redoutait ce moment, je le voyais. Elle ne sortira donc pas de cet hôpital.
- Edward… Les… les examens ne sont pas très bons.
- Combien ? Dis-moi je t'en prie.
Une larme perla au coin de son œil droit et coula ensuite gracieusement le long de sa joue. Elle détourna le regard pour regarder à travers la fenêtre.
- C'est la fin mon chéri. Ils pensent que mon cœur peut s'arrêter à tout moment. Je n'en ai plus que pour quelques jours au maximum.
Mes paupières se fermèrent d'elles-mêmes. A mon tour des larmes vinrent couler. Ma mère se décala un peu dans son lit, en fait se colla d'un côté, et me fit signe de venir la rejoindre. Je pris place en m'allongeant comme un enfant venant de faire un cauchemar. Elle m'enlaça et me berça en me fredonnant un air qu'elle avait l'habitude de me chanter les soirs où les monstres venaient me rendre visite dans ma chambre.
Tout s'écroulait. J'allais me retrouver seul. Qu'est-ce que j'espérais ? A quoi je pensais ? La rencontre avec Bella était certes agréable, mais ça ne m'empêchera jamais d'échapper à cette réalité. Et puis de toute façon j'allais bien me retrouver seul.
Je pris conscience que j'en avais peur. Je ne redoutais pas seulement de perdre ma mère, mais aussi d'être seul. Elles avaient toutes les deux raison. Personne n'est fait pour être seul. Je ne suis pas fait pour être seul. Mais je crois que rien ni personne ne pourra toutefois empêcher cette fatalité. J'étais, je suis et je serai seul pour l'éternité. Cette solitude ne sera que renforcée dans quelques jours. Au moment où ma mère mourra.
Je préfère prévenir tout de suite, les mouchoirs seront de sortie au prochain chapitre. A cause de ça je risque de mettre du temps à l'écrire, je me demande encore comment je vais le faire... Désolée de vous faire déprimer, mais vous savez comme ça s'arrangera ! A bientôt =D
