Vous êtes certainement étonnés d'avoir ce chapitre maintenant. Remerciez mes chats qui ont décidé que je n'avais pas le droit de dormir ce matin et qui m'ont virée du lit à 6h58 _ Les barbares !

Quoi qu'il en soit j'ai commencé du même coup le chapitre ce matin, et il m'a été impossible d'arrêter. J'étais trop plongée dedans.

Avant tout, munissez vous de la crème glacée, chocolat ou vanille ou les deux selon vos préférence et des mouchoirs. Je n'avais encore jamais vraiment pleuré en écrivant un chapitre, mais là je dois avouer que les larmes ont coulé car je m'imaginais vraiment la scène. Après je ne sais pas si j'aurai réussi à vous retranscrire mon imagination.

Sachez qu'il n'y a pas de scène à la clairière, ce ne sera que pour le prochain chapitre. Au moins je devrais vous remonter un peu le moral !

A bientôt


Céline : Merci beaucoup pour ta review ! Oui j'avais dit que les émotions seraient partagées pour le chapitre précédent. Celui là... Et bien tu verras... Bonne lecture ^^

Patricia : Oui, mouchoirs si tu es un peu émotive... Merci comme d'habitude pour ta review !

Djoul85 : Merci beaucoup pour cette review qui a fait super plaisir... Dégaine ta boite de mouchoirs, c'est le moment !


Chapitre 4. Je t'aime Maman

***

J'avais passé la nuit à l'hôpital avec ma mère. J'avais réussi à la convaincre de me laisser rester tous les jours. Il était hors de question pour moi d'aller au lycée ne sachant pas si à ma sortie elle serait encore là. Il était hors de question de que je perde les dernières heures que je pouvais passer avec elle.

Les seuls moments où je m'absentais de la chambre c'était quand les médecins me le demandaient ou pour aller me nourrir. Autrement nous nous écoutions de la musique, nous avions joué aux cartes et nous avions réussi à rire un peu. D'accord, nos rires sonnaient faux, mais nous y étions parvenus.

Je la voyais cependant. Elle ne pouvait me tromper. Ses cernes étaient de plus en plus accentuées, de nouvelles rides étaient apparues et elle commençait à peiner pour parler.

Le mercredi matin elle eut malgré tout la force de me tenir une conversation, à mon plus grand désespoir je devais l'avouer.

- Au fait, tu as revu Bella ?

Elle avait insisté sur le Bella. Surement pour m'embêter et me rappeler que je l'avais corrigée quand elle avait utilisé Isabella, son prénom dans son intégralité.

- On est au même lycée maman…

Oui, je sais, j'élude et je me fous un peu de sa tête en mêmes temps. Il faut cependant me comprendre. Je n'avais aucune envie de parler d'elle. Je ne voulais même pas y penser. Je ne revenais pas de mon attitude, surtout quand je m'étais retourné après qu'elle m'ait déposé. Je ne voulais pas m'approcher de cette fille. Je ne voulais pas parler de cette fille. Je ne voulais pas penser à cette fille. Je ne voulais même pas que son prénom soit mentionné. Est-ce trop demander ?

- Je crois que ça je m'en souviens. Tu lui as reparlé ?

- Maman, tu ne veux pas oublier et arrêter de te focaliser sur elle ? Il n'y a vraiment aucune raison…

Une fois encore elle me sortit le sourire « Tu ne m'auras pas comme ça, je vois bien ton petit jeu ». Non, elle ne voyait rien du tout. Je ne veux pas me donner de faux espoirs. Bella est trop gentille. Tout ce qu'elle a fait c'est par gentillesse, elle l'aurait fait pour n'importe qui. Je ne dois pas m'attacher à elle, elle mérite mieux. De toute façon je n'ai aucune chance. Mais qu'est-ce que je raconte ?

- Edward. Je t'ai vu dans bien des états. Souvent triste et nostalgique, voire blasé. Parfois heureux et d'humeur à me faire les pires bêtises. Mais je ne t'ai jamais vu rougir rien qu'en pensant à une fille.

Rougir ? Mais de quoi elle parlait ? Je ne rougissais pas !

- De quoi tu parles ? Je ne rougis pas !

- Et bien, vas te voir dans un miroir !

Elle s'amusait beaucoup de la situation, je le voyais. J'y allai car je voulais m'assurer qu'elle se moquait bien de moi. Je n'ai jamais rougi, ou pas depuis longtemps. Je m'en suis tellement pris plein la tête que même les pires hontes ne me font plus d'effet. Les seuls moments où je suis rouge c'est quand je fais du sport.

Je m'observai alors dans le miroir de la salle de bain. Ce n'est pas vrai ! J'arborais la même couleur que Bella la veille quand elle était arrivée en retard en biologie. J'étais écarlate. Immédiatement je me passai de l'eau sur le visage, de l'eau glacée. Il fallait absolument que je me calme. Si même mon physique me trahissait j'étais mal.

Je revins ensuite auprès de ma mère. Je dois avouer que j'avais plutôt envie de m'enterrer pour éviter d'affronter son regard. Le pire dans tout ça c'est que je n'étais même pas sûr des raisons qui me faisaient rougir.

- Alors monsieur-qui-ne-rougit-pas, tu me racontes ?

Elle était fière d'elle la traîtresse. Elle avait réussi à me piéger. Qui me dit que je n'avais pas rougi quand elle avait voulu me le faire croire ? Bon, d'accord, il me faut une autre défense.

- Il n'y a rien à raconter je te l'ai déjà dit maman.

- Edward… S'il te plait…

Et voilà le petit regard d'enfant maltraité. Elle sait pertinemment que je ne peux pas y résister. Ça n'empêche pas que je ne sais pas quoi dire !

- Maman, si je te dis qu'il n'y a rien à raconter…

- On va procéder autrement alors. Lui as-tu parlé hier, et pas de mensonge !

Elle était finalement en forme. Bien plus que ce que je croyais. Bien trop dans le cas présent.

- Ok, oui. T'es contente ?

- Oui, mais pas encore suffisamment. Quand ? En cours ?

Nous avions eu un cours en commun mais ce n'est pas là que je lui avais parlé… Le problème est que si je lui dis qu'elle m'a ramené ça va être l'ébullition.

- Edward, ne réfléchis pas si tu dois me mentir ou non, tu réponds du tac au tac s'il te plait !

Mince, elle me connait vraiment bien.

- Tu as gagné. Non, pas en cours. Elle m'a proposé de me ramener jusqu'à l'embranchement du chemin voyant que j'étais à pieds.

Là je regrettai vraiment de lui avoir dit ça. Ma mère me regardait avec de grands yeux interrogateurs et surtout avec beaucoup de malice. Oh mince !

- Tiens, tiens… Alors comme ça il n'y a rien à raconter !

Je détournai le regard. Non il n'y a rien à raconter. Il n'y aura jamais rien à raconter.

- Edward, mon chéri, tu vas m'écouter une bonne fois pour toutes.

Elle prit mon visage entre ses fragiles mains. Mes yeux rencontrèrent les siens.

- Tu as le droit au bonheur contrairement à ce que tu crois. Lundi soir, quand tu es rentré, j'ai vu immédiatement qu'il s'était passé quelque chose. J'ignore exactement quoi, mais je l'ai vu. De même, hier soir quand tu es venu. J'ai réfléchi à ça, et je crois que tu te montres encore plus fragile que d'habitude. C'est comme si elle était en train de faire tomber toutes tes barrières. Je te connais. Je t'ai toujours vu seul. Nous avons eu cette conversation il y a quelques jours, tu te rappelles ? Tu ne dois pas être seul. Ce que j'ai vécu depuis la mort de ton père n'était pas vivable. Bien sur je t'avais toi, mais c'est différent. Je n'ai pas eu le courage de refaire ma vie car j'avais peur. Je ne veux pas qu'il t'arrive la même chose. Peut-être que c'est voué à l'échec avec Bella, mais tu ne sauras pas tant que tu n'auras pas essayé. Elle a changé quelque chose en toi, c'est palpable. Je refuse de croire que ce n'est qu'une coïncidence. Ne laisse pas la peur guider ta vie. S'il y a une leçon que tu dois retirer de tout ça, de ma vie, de notre vie, c'est ça. Si tu dois éprouver des sentiments plus profonds pour elle, vis-les. Même si elle te rejette. Ce n'est pas grave. Au moins tu auras vécu. Ma fin ne doit pas être la tienne Edward. Tu mérites beaucoup plus.

Nous nous étions mis à pleurer tous les deux. Du sujet délicat de Bella nous en étions venus à celui que nous avions évité, sa mort très prochaine. Elle voulait s'assurer que je serai heureux et que je vivrai. Je sais que je ne suis qu'un pauvre petit adolescent avec la vie devant lui mais je n'arrivais pas à m'imaginer heureux comme ça. Surtout pas sans elle pour m'y aider. Elizabeth Masen était ma vie. Elle était le phare qui éclairait ma nuit et me guidait. Comment allais-je faire sans elle ?

***

Le mercredi soir ma mère insista pour que je mange à la cafétéria de l'hôpital pour que je m'aère un minimum l'esprit. Je n'avais pas faim mais je savais que je devais manger. La dernière chose à faire c'était un malaise devant maman. Je pourrais lui créer une inquiétude qui lui serait fatale.

J'observai alors les personnes présentes. C'était essentiellement des infirmier(e)s et des médecins. Il y régnait une envie de se détendre. Je les admirais. Faire leur métier n'était pas facile. Voir constamment des personnes malades ne devait pas être joyeux. Mais la récompense était là. Quand ils utilisaient leur savoir et leurs compétences pour sauver des vies, ils avaient gagné. Toutefois parfois ils ne pouvaient rien. Et là on se sent impuissant.

Je remontai ensuite dans la chambre de ma mère tranquillement. Une autre chose me rendait triste. Elle vivait ses dernières heures et personne d'autre que moi n'était là. Nous nous sommes toujours suffis à nous-mêmes, mais elle méritait d'avoir plus de personnes s'inquiétant de son état. J'aurais pu prévenir le shérif Swan mais je ne voulais pas voir Bella qui serait venue car elle aurait eu pitié de moi. Et puis de l'autre côté Madame Green avait certainement mieux à faire.

Non, j'étais seul pour essayer d'égayer les derniers jours de maman. Il me fallait trouver quelque chose. J'eus tout d'un coup une idée. Pour la réaliser j'attendrai qu'elle dorme. Il faudra que je trouve le courage d'y arriver, que je puise profond en moi mais ça devrait le faire.

C'est ainsi que je rentrai dans la chambre de maman. Un médecin était en train de discuter avec elle. Je m'arrêtai sur le seuil me demandant si j'avais le droit de rentrer. Le docteur me fit cependant un signe approbateur. Il souhaita une bonne nuit à ma mère et nous laissa.

- Il semblerait que mon état soit stable mon chéri.

Elle avait tout de suite vu que je m'étais inquiété de le voir ici.

- C'est vrai ce mensonge ?

Un jour elle m'avait eu avec cette phrase. Le pire c'est que non seulement j'avais dit la vérité, mais j'étais malgré tout tombé dans le panneau. Le rappel de ce souvenir nous arracha à tous les deux un sourire. Je m'étais énervé à l'époque car elle s'était moquée de moi pendant des jours. Je vis cependant que là elle ne me mentait pas. Une heure après elle était paisiblement endormie.

Je me levai alors pour quitter sa chambre. Il me fallait faire un aller-retour à la maison. Ça n'allait pas me prendre trop de temps.

***

Je sentis une main me caresser les cheveux. Ma mère s'était réveillée. Moi je m'étais endormi en la regardant dans son sommeil. Ma tête était tombée d'elle-même sur mes bras croisés sur le lit. J'ouvris difficilement les yeux et croisai un regard attendri de maman.

- Tu aurais dû rentrer dormir à la maison quand même, ce n'est pas confortable ici !

Je lui fis un grand sourire lui signifiant « tu peux toujours râler ça ne changera rien ». Un peu plus tard dans ma matinée je sortis mon arme ultime : ma guitare. Maman fut étonnée de la voir et surtout se demanda pourquoi. J'avais enregistré mes compositions sur un CD et on les avait déjà écoutées. Ce n'était toutefois pas ça que je voulais jouer.

Je pris une position décontractée et me vidai la tête. Il allait falloir que j'y arrive, même si le cœur n'y était pas. Elle était cependant une fan inconditionnelle et je savais que ça la ferait rire. Je commençai à jouer doucement l'introduction pour embrayer sur la chanson Prince Ali. Oui, ma mère adorait tous les Disney et j'avais appris à faire presque toutes les chansons à la guitare. Elle éclata de rire quand elle comprit et commença à chanter avec moi. Puis suivirent Il en faut peu pour être heureux, Je voudrais déjà être roi, Hakuna Matata, Tout le monde veut devenir un cat, Sous l'océan… Que des chansons enjouées. Finalement même moi je fus entrainé et cela nous offrit quelques minutes de répit. Des infirmières étaient venues étonnées et s'étaient jointes à nous.

Ma mère en fut très heureuse, d'autant plus qu'il était rare que je chante. J'avais réussi à amener un peu de vie et de bonne humeur et son sourire fut ma plus belle récompense.

***

Ma journée du jeudi fut à la fois longue et courte. Longue car le temps semblait vouloir s'étendre, surtout quand ma mère dormait et que j'étais perdu dans mes sombres pensées. Courte car chaque seconde nous rapprochait trop du dernier regard. Si l'état de ma mère avait été stationnaire pendant quelques heures, il avait brusquement commencé à s'aggraver vers 16h30.

Je la regardais dormir depuis deux heures au moins. Ses traits étaient encore plus tirés que la normale. Elle était blanche et semblait souffrir à chaque mouvement. J'aurais voulu être à sa place. Ce n'était même plus de l'injustice que ce soit elle dans ce lit, ça allait bien au-delà. C'était insoutenable et plus le temps passait plus j'avais envie de hurler. J'aurais voulu tout détruire. De la douleur je commençais à passer à la haine. Haine qu'on lui fasse subir ça. Haine de ne rien pouvoir faire pour la soulager. Haine contre moi qui vais vivre alors qu'elle elle va mourir. Haine contre la vie. Haine contre le Destin.

Alors que j'étais perdu dans ma colère un bruit m'alarma. Le cœur de ma mère qui jusqu'à maintenant battait à des allures régulières commença à se dérégler. Les battements étaient mortellement irréguliers.

- Maman ? Tu m'entends ? Réveilles-toi !

Le mien de cœur s'emballa encore d'avantage devant la non-réaction de ma mère. Je commençai à être une proie à la panique et appelai immédiatement infirmières et médecins. Au même moment un son régulier se fit entendre. Trop régulier. Au lieu de bips intermittents, un bip strident ne s'arrêtant pas me plongea dans un état second. Le cœur de ma mère. Il venait de s'arrêter.

Médecins et infirmières arrivèrent avec du matériel de réanimation. Mais je ne voyais rien. J'étais auprès de ma mère, enfin dans mon esprit. Je me tenais debout, près de la porte et je voyais tout le monde s'afférer sans pourtant réagir. Les psychologues diraient surement que j'étais en état de choc. J'entendis au loin un « Faites le sortir ». Deux bras me saisirent et m'entrainèrent dans la sortie pendant que je me mettais à hurler pour la première fois. Je ne voulais pas sortir. Je ne voulais pas l'abandonner. Une autre paire de bras m'obligea cependant à quitter la pièce.

Je me retrouvais dans le couloir à me débattre, à hurler des choses incompréhensible et à éclater en sanglots. Je sentais toute cette haine sortir de moi.

Quelques minutes après un médecin sortit de la chambre et vint me voir.

- Edward, on a réussi à faire repartir son cœur.

Un soulagement plus grand que tout ce que je pouvais imaginer s'empara de moi. Je bredouillai un « merci » maladroit mais sincère et il me sourit généreusement.

- Je t'en prie mon garçon. Il faut toutefois que tu comprennes que nous sommes passés très prêt. Edward. Quand elle va se réveiller il faudra que tu lui dises au-revoir. On te donne cette chance, cette occasion, ne la perds pas. Son cœur ne tiendra pas longtemps.

Aussitôt mon espoir et mon soulagement furent réduits à néant. Je savais de toute façon que c'était pour très bientôt, mais là j'en prenais pleinement conscience. J'ai failli la perdre. On me donne la chance de lui dire une dernière fois tout ce que je ressens. De lui dire combien je l'aime. Je ne gâcherai pas cette chance.

J'entrai dans la chambre où il ne restait plus qu'une infirmière qui finissait de vérifier que tout allait bien. Elle me sourit à son tour et quitta la pièce. Je pris la main de ma mère encore endormie et y déposai un baiser plein d'amour avant de la porter à ma joue. De là je laissai libre court à mes larmes.

Elle se réveilla deux heures plus tard en relevant difficilement ses paupières closes. Elle cligna des yeux, laissant apparaitre ses magnifiques prunelles vertes. Les coins de ses lèvres s'étirèrent légèrement pour laisser apparaitre un pâle sourire.

De mon côté je lui offris le plus beau que je pouvais en lui baisant sa main. Mes larmes avaient recommencé à couler mais je m'en fichais. J'essayais de lui faire passer tout mon amour, que son cœur malade en soit inondé.

- Mon chéri, ne pleure pas s'il te plait…

Elle avait eu du mal à articuler. Je lui fis un « chut » tout en lui caressant son front.

- Maman, pour une fois c'est toi qui va m'écouter. J'ai cru tout à l'heure que j'allais te perdre sans t'avoir dit à quel point je t'aimais et tout ce que tu représentes à mes yeux. Tu es la femme idéale. Toujours aimante, avec le sourire, la force de te battre même aux pires moments. Et même si tu as parfois vraiment un sale caractère, que tu es têtue et bornée, je t'aime plus que tout. Tu as été la meilleure mère que je pouvais rêver d'avoir et je suis fier d'être ton fils.

Chaque mot qui sortait de ma gorge était une déchirure. Je m'étais promis d'éviter un tel discours, ou de le faire le plus tard possible. Il veut trop dire « au-revoir » et je ne veux pas qu'elle me quitte.

Elle avait joint ses larmes aux miennes et j'étais venu l'enlacer malgré tous les fils et les tubes.

- Je t'aime aussi Edward. Je suis fière de t'avoir pour fils, je n'aurais pas pu avoir mieux. Je serai toujours près de toi car je serai dans ton cœur. Jamais je ne mourrai tant que tu seras en vie. Promets-moi de tout faire pour te lever tout seul et pour trouver cette personne qui sera chère à ton cœur. Promets-moi de tout faire pour ne pas fuir.

Je savais à qui elle faisait référence. Elle avait vu que je fuyais Bella car elle pourrait être cette personne.

- Je te le promets. Je t'aime Maman.

Oui, je lui fais cette promesse. Car je veux un jour pouvoir transmettre tout l'amour qu'elle m'avait donné. Je voulais le transmettre à une femme et à des enfants. Elle m'avait fait le plus beau cadeau de la terre en m'aimant comme elle l'avait fait. Inconditionnellement et sans faille.

Elle ferma ensuite les yeux et je crus qu'elle partait. Non, elle était juste en train de dormir.

***

Je ne dormis pas de la nuit. Je somnolais parfois mais je ne pouvais trouver un réel sommeil. La journée du vendredi fut presque insupportable. Le cœur de maman faiblissait d'heure en heure et je la voyais déjà ailleurs. Elle n'était presque plus avec moi.

J'essayais de ne pas pleurer devant elle. J'avais peur de la fatiguer davantage si je versais mes larmes. Le soir arriva. Je savais qu'elle allait me quitter. Elle le savait elle-même car elle m'avait demandé de remonter les stores au moment du couché du soleil. Elle voulait le voir une dernière fois. Notre chambre était orientée vers l'ouest, ce qui nous permit de l'admirer. Même s'il y avait des nuages, nous pûmes admirer les nuances orangées et rouges.

Vers vingt-trois heures trente, ma mère se réveilla. Elle tourna sa tête vers moi et me regarda tendrement. J'amenai sa main froide contre ma joue. Le moniteur témoin des battements de son cœur m'inquiétait de plus en plus. Les sons étaient de plus en plus espacés.

- Edward, mon chéri, peux-tu me jouer mon morceau ?

J'aurais voulu dire non. J'avais lu une résignation dans son regard. Je voulais qu'elle se batte, pas qu'elle abandonne. Je fermai mes yeux et laissai échapper mes larmes. Je me levai ensuite pour aller chercher malgré tout ma guitare.

J'avais composé deux morceaux en tout que je ne jouais que devant elle. Le premier était au piano. Le second à la guitare. Jamais personne d'autre ne les avaient entendus. Ils représentaient l'amour que nous nous portions, notre vie, notre intimité, notre cocon.

Je me rassis avec l'instrument en main et commençai à jouer le morceau. J'avais fermé les yeux et mes larmes continuaient de couler. Je tentais d'y mettre tout mon cœur, toute ma tendresse. J'entendis les « bip » du moniteur ralentir encore leur course. Je me permis alors d'ouvrir les yeux. Ceux de ma mère étaient fermés, mais un large sourire régnait sur ses lèvres. Elle semblait apaisée. Un médecin et une infirmière entrèrent dans la chambre. Je vis de loin que le médecin était celui qui avait fait repartir le cœur de ma mère vingt-quatre heures plus tôt.

Et puis, alors que j'arrivais à la fin du morceau, son cœur s'arrêta. Paisiblement. Sur les notes de la musique qu'elle aimait tant. Je finis toutefois de jouer sa chanson entièrement comme pour accompagner son dernier souffle.

Le médecin éteignit ensuite la machine et me serra l'épaule. Des sanglots s'étaient emparés de moi mais je ne pouvais retirer mon regard de ce sourire paisible et heureux qui fut la dernière expression de ma mère. Je compris alors qu'elle avait choisi de mourir ainsi pour moi. Je m'approchai de son visage et murmurai au creux de son oreille.

- Je t'aime Maman.


Verdict ? Soyez honêtes, je n'attends pas que des fleurs, n'hésitez pas à me le dire si vous êtes déçus...