MERCI ! Merci pour vos reviews, vos encouragements... Comme vous allez voir, j'ai eu plein de reviews anonymes qui ont vraiment été droit au coeur. Du même coup, chapitre aujourd'hui, tant pis je bosserai ce soir !
Je suis un peu mal à l'aise avec ce chapitre étrangement. J'ai peur d'avoir trop sorti les violons. Je sais que ce chapitre était beaucoup attendu puisque c'est le premier rapprochement entre Edward et Bella, mais bon... En même temps en l'écrivant j'avais vraiment vu les choses ainsi. Je pense que ça vous permettra aussi de comprendre un peu plus les réactions d'Edward quand Bella lui parlera de son rêve pour la première fois.
Bon, pas de blabla supplémentaire, il faut que je rédige mes réponses aux reviews anonymes lol. A bientôt !
Alice : Merci beaucoup, c'était quand même un peu l'effet recherché, enfin si tout le monde était resté indifférent face à ça c'est que je m'étais plantée lol. A bientôt et merci pour ta review !
Marianne : Bon les pleurs ne sont pas non plus recherchés (lol) mais j'accepte avec plaisir le compliment. Merci !
Lola : Le chapitre suivant est effectivement arrivé rapidement finalement lol. Merci à toi =D
Isabelle : Oui, c'est dur, comme ça doit l'être pour tous ceux qui vivent ça. Je suis contente que le chapitre t'ait plu, et merci pour ta review !
Une fan : Je suis heureuse d'avoir eu l'honneur de ta review lol. Merci à toi de me lire et d'avoir pris le temps de me dire ce que tu pensais du chapitre.
bosoleil1979 : Bon, bonne nouvelle dans ce chapitre ce sera moins triste ! Normalement pas besoin de mouchoirs ! Alors tu me détestes moins ? XD Merci à toi en tous cas...
SachOuX : si tu veux savoir, tu n'as pas été la seule à pleurer lol. Merci pour ta review et tes encouragements !
riri83 : J'avais pensé à cette image de la guitare, je ne sais pas comment en fait. Je la trouvais juste belle, comme une dernière connexion et un accompagnement de la part d'Edward... Merci en tous cas pour ta review !
Dawn : Merci à toi ! Voici la scène de la clairière tant attendue dans son intégralité !
llyllyra : Je suis sincèrement désolée pour toi. A vrai dire ta review m'a fait mal au coeur. Je te dédie donc ce chapitre un peu plus gai, enfin disons moins triste, où Edward retrouve de l'espoir.
VampNinis : J'avais prévenu lol. Je suppose que ça veut dire que tu as apprécié le chapitre ^^ En tous cas, merci pour ta review !
Aika-chan : Je me suis un peu retrouvée comme toi dans Tentation. Quoi qu'il en soit, je suis contente quand même que mon chapitre ait réussi à faire passer ces émotions. J'ai essayé de détailler la réaction d'Edward dans ce chapitre, mais je n'étais pas vraiment à l'aise pour la simple et bonne raison que j'étais de bonne humeur... pas vraiment facile pour se mettre à sa place ! J'espère que tu ne seras toutefois pas déçue.
x8-twilight-8x : Voilà le début des temps un peu plus heureux lol. Courage !
Céline : Je ne suis pas non plus super "séquences émotions" si tu veux tout savoir c'est probablement pour ça que je suis mal à l'aise avec ce chapitre 5. J'espère toutefois ne pas m'être trop plantée. En tous cas, merci pour ta review !
Time Tell Will : Bon, pardonné pour le chapitre précédent lol. Pour ne pas pleurer, ça me rassure en quelques sortes, j'espère que tu voudras bien témoigner en ma faveur si je suis accusée de déprimer tout le monde ! =D A bientôt !
Patricia : ouf, dernière review lol. Oui, j'ai prévenu, ce n'était pas pour rien lol. Contente que tu aies aimé le chapitre, voilà celui de la clairière où ça change un peu de registre !
Chapitre 5. Ange-gardien
***
Fini. Tout ce bonheur était fini. Plus rien n'a d'importance. Elle n'est plus là.
Fini. Quatre lettres pour décrire ma vie. Une vie vide de sens. Vide d'amour. Vide d'espoir.
Fini. Tout mon monde s'était écroulé. Je me fiche des milliards d'habitants de cette planète. Ils ne sont rien à côté d'elle.
Le soleil va se lever. La Terre va continuer de tourner. Tout le monde fera comme si rien ne s'était passé. On est bien seul au monde. Que l'on soit là ou pas ne change rien. Personne ne remarquera qu'elle n'est plus là. Personne ne remarquera son absence. Personne ne remarquera la mienne. Personne ne me cherchera. A quoi bon continuer ? Le soleil se couchera encore ce soir. Il se lèvera demain matin.
Comment continuer dans ce monde ? Même mes rêves ne pourront me sauver. Ils ne sont que mensonges. Je les hais. Je les hais autant que je hais la réalité.
On m'a demandé de ne pas bouger de l'hôpital en attendant que l'on vienne me voir. Je ne veux pas rester. Je ne veux pas qu'on m'envoie autre part. Je ne veux pas vivre. Je ne veux pas mourir. Je veux qu'on me laisse seul, face à ma douleur. C'est tout ce que je mérite de n'avoir pas su la protéger.
Alors je vais là où personne ne me trouvera. Bien des fois j'y suis allé. Je partais plusieurs heures, parfois la journée. Il faut faire plusieurs kilomètres dans les bois pour y accéder. Ça en vaut le coup. Cet endroit est unique. Je me rappelle encore du jour où je l'ai trouvé.
C'était en juillet, il y a deux ans. Je m'étais disputé avec maman car elle n'arrivait pas à comprendre que je n'aimais pas conduire. Alors je lui avais dit que je partais la journée marcher pour me calmer. Ce n'était pas la première fois et elle savait que ça me permettait de me vider la tête. J'avais pris un peu à manger pour le midi. Puis j'étais parti. J'avais marché à l'aveuglette, juste avec une boussole au cas-où. Alors que je me disais que je commençais à avoir un peu faim j'avais aperçu de la lumière au loin. Je me suis approché pour voir pourquoi il y en avait autant dans une forêt aussi dense. C'est là que je l'ai découverte. La clairière était extraordinaire. La nature avait repris ses droits. Tout n'était que fleurs des champs et splendeur. J'entendais le chant des oiseaux, l'écoulement du ruisseau, le vent dans les arbres. J'étais resté en extase devant tant de perfection. J'y avais passé le reste de la journée. Depuis, dès que quelque chose ne va pas ou que j'ai envie d'être seul j'y viens. Jamais je n'ai croisé quelqu'un. Personne ne connait cet endroit. Au moins je sais que nul ne viendra troubler la perfection et la quiétude du lieu.
Là, cet endroit allait être mon sauveur. Personne ne m'y trouvera. Je connaissais chaque arbre pour y arriver, chaque racine. Il faisait encore nuit mais je savais que je soleil était sur le point de se lever. J'observerai son ascension de la clairière.
Mes larmes continuaient de couler. Je me sentais vide, déchiré de l'intérieur.
J'arrivai finalement à destination. Là mes jambes se dérobèrent et je tombai à genoux. Je fis alors ce dont j'avais besoin depuis déjà longtemps. J'hurlai. J'hurlai en faisant sortir toute ma fureur, toute ma colère, toute ma peine. C'est comme si le temps s'était arrêté. Les oiseaux qui avaient commencé à chanter se turent, le vent cessa de souffler. Mon hurlement était digne de tous les films d'horreur, j'en avais conscience.
Des sanglots m'envahirent à nouveau et me firent tomber à la renverse. Mes bras frappèrent d'eux-mêmes le sol pendant que je recommençais à crier tout en pleurant. Je refusais d'admettre qu'elle m'avait quitté, elle n'en avait pas le droit. Elle n'avait pas le droit de me laisser dans ce monde sans vie.
Mes larmes se mêlèrent à la rosée. Combien de temps suis-je resté prostré ? Je l'ignore. Après épuisement de toutes mes larmes je m'étais assis. J'avais regardé le soleil se lever et continuer sa course dans le ciel, me narguant et me montrant que la vie continue, même sans elle.
Puis j'avais détourné mon regard. Je ne voulais plus affronter cette réalité inadmissible. Oui, rien n'avait changé et personne ne serait là pour s'apercevoir de ce vide. Personne ne me verrait, ou plutôt ne verrait mon absence. Tout ce qui les ennuie c'est ce qu'ils vont faire de moi, pauvre lycéen qui n'est pas encore majeur.
J'avais posé ma tête sur mes genoux repliés. Une position fœtale assise. Un peu comme j'étais dans le ventre de ma mère. Cette position d'autoprotection me rapprochait un peu d'elle. Je sentais le vent dans mes cheveux. J'avais un peu froid, je dois l'admettre mais je m'en fichais. Si je tombais malade ce ne serait que soulagement pour tout le monde.
Je crus entendre de loin des pas. Je compris que c'était ma mère qui voulait que je rentre et que je ne me laisse pas mourir. Même dans l'au-delà elle continuait de veiller sur moi. Mais je ne voulais pas la voir, entendre ce qu'elle avait à me dire. Elle ne serait qu'une hallucination. Mon instinct de survie. Mon subconscient.
Je la sens s'assoir à côté de moi. Elle ne dit rien. Elle semble écouter le silence et admirer la beauté de la clairière. C'est vrai qu'elle est belle. Je sens sa présence. Elle ne bouge pas, une statue attendant que je sois prêt pour me parler. Je m'attendrais presque à ce qu'elle me prenne dans ses bras. Elle veut m'aider de là où elle est, mais je sais qu'elle ne le peut pas. Je dois lui dire ma peine. Je dois lui faire savoir une fois de plus combien je l'aime. Combien elle m'est indispensable. Pourquoi je ne peux pas continuer sans elle.
Je relève doucement la tête. Mes yeux doivent se réhabituer à la lumière. Je tourne mon visage. Un ange. C'est ça, ma mère est devenue un ange. Tout n'est que lumière autour d'elle.
Une seconde après j'étais capable de voir à nouveau, normalement.
Ce n'était pas une hallucination. Ce n'était pas ma mère. Mais c'était bien un ange qui se tenait à côté de moi. Mon ange-gardien. Je le compris à ce moment là. Depuis qu'elle était entrée dans ma vie elle n'avait fait que me protéger. Bella. Elle se tenait à côté de moi.
Elle me regarda et me sourit. Cela ne fit que me confirmer ce que je pensais. Seul un être de pureté pouvait illuminer le monde ainsi d'un simple sourire. Mais pourquoi moi ? Pourquoi s'intéresser à un être aussi insignifiant ? Aussi faible ?
Et là, je fis ce que je me retenais de faire depuis que je l'avais rencontré. Elle m'en avait toujours donné envie. Un être aussi faible que moi ne devrait pas exister. Quelqu'un comme moi ne devrait pas opportuner une telle perfection. Mais je ne pouvais plus m'en empêcher. J'avais besoin d'elle. J'avais besoin de sa tendresse.
Je me jetai alors dans ses bras et pleurai des larmes que je croyais avoir épuisées. Surprise au début, je la sentis resserrer notre étreinte. Je l'entendis aussi pleurer. Je ne suis qu'un crétin. Je l'avais fait pleurer. Je m'étais pourtant juré de la protéger et là à cause de moi ses pleurs se mêlaient aux miens.
Je me détestai encore plus, car j'en étais heureux. C'est comme si elle pleurait les larmes que moi je n'arriverai pas à verser. C'est comme si elle pleurait avec moi cette femme merveilleuse alors que sa mort allait passer inaperçu.
Pour la première fois de ma vie je venais de trouver mon paradis. J'avais toujours mal, je détestai encore le destin de m'avoir retiré ma mère. Mais en même temps je ne m'étais jamais senti aussi bien que dans ses bras. Je pouvais la toucher. J'humais son odeur. J'entendais son cœur battre. Je sentais sa peau sous la mienne.
Je pris soudainement conscience de l'odieusité de ces pensées. Bella ne méritait pas ça. Je profitais d'elle sans le vouloir alors qu'elle n'est que bonté. Elle a voulu m'aider et moi j'agis en pervers. Vraiment je ne la mérite pas.
Je me dégageai subitement de son étreinte. Je ne voulais même pas croiser son regard. C'était lui qui m'avait fait craquer quelques minutes auparavant. De plus je ne voulais pas qu'elle voit quel monstre j'étais. Elle posa une main sur mon épaule et parla.
- Je suis désolée Edward. J'aimerais faire quelque chose pour te soulager mais je sais que je suis impuissante. Je veux juste que tu saches que je suis là, et que je le suis parce que je le veux, pas par bonne conscience ou pitié.
Je relevai la tête, surpris par ses paroles. Elle se croit impuissante ? N'a-t-elle pas vu tout ce qu'elle a déjà fait pour moi ? Et puis pourquoi malgré toutes mes faiblesses, mes faux-pas reste-t-elle ? Elle dit que ce n'est pas par bonne conscience ou pitié. Alors quelles sont ces raisons ?
Non, Isabella Swan n'est pas comme ça. Je la regardai dans les yeux voulant percer son secret. Son ou ses secrets. Il y a quelque chose d'inexplicable en elle. Mais je me perdis à mon propre jeu. Elle tentait de me faire passer un message, mais je n'osai le comprendre. Oui, je prenais mes rêves pour la réalité. Moi qui avais toujours fait en sorte de séparer les deux, voilà qu'ils se confondaient.
Et là je pris conscience de quelque chose. Isabella Swan était mon ange-gardien, oui. Mais elle était bien plus que ça. Je l'aimais. Pas d'un amour fraternel. Pas d'un amour reconnaissant. Pas d'un amour respectueux. Non, je l'aimais. D'Amour, avec le A majuscule. De celui que je lisais dans mes livres. De celui que je rêvais de ressentir quand je composais des morceaux. Je n'étais plus seul. Que cet amour soit partagé ou non, je n'étais plus seul. Finalement maman avait raison. Mais cet amour ne devait pas être partagé. Elle ne devait pas s'attacher à moi, elle mérite mieux. C'est pourquoi je quittai ma contemplation et tentai de ne pas montrer mon trouble.
- Comment m'as-tu trouvé ?
Oui, je me le demandais. Peut-être qu'en tant qu'ange elle savait où j'étais. Peut-être que ma mère l'avait guidée.
- Je savais que tu étais là.
- Tu connaissais la clairière ?
Comment pourrait-elle la connaitre ? Je crois qu'elle n'était pas venue à Forks depuis longtemps, trop pour s'aventurer plus jeune aussi loin. Et puis, comment pouvait-elle savoir que je serais là ? Elle poussa un long soupir avant de me répondre.
- Pour ne pas te mentir, en fait je n'étais jamais venue. Mais oui je la connaissais.
Là, elle me perdait. Je savais que j'étais fatigué, mais quand même.
- Comment ? On t'en avait parlé ?
- Non. Il y a certaines choses que l'on n'explique pas toujours Edward. Comme les raisons pour lesquelles tu sais que tu peux avoir confiance en moi.
Là, j'étais perdu comme dans une nuit d'orage en pleine forêt sans aucune lumière. Oui j'avais confiance en elle, mais avait-elle déjà deviné pourquoi ?
- Qu'est-ce qui te dit que j'ai confiance en toi ?
- Tu ne m'as pas envoyé balader. Tu as accepté ma simple présence alors que tu voulais être seul. Et tes yeux me le disent.
Mes yeux… Elle avait lu en moi. Peut-être même avait-elle vu mon amour. Mais pourtant, elle ne savait rien de moi. Nous ne nous étions parlé que si peu. A chaque fois je l'avais rejeté, ou presque. Comment fait-elle ?
- Tu ne me connais même pas.
- Tu crois ça ? Puis-je essayer de dresser ton portrait ?
Non, ne fais pas ça Bella. Je ne veux pas entendre ton jugement. Je sais qui je suis, je sais à quel point je suis faible. L'entendre de ta bouche m'arrachera encore plus le cœur. Ce sera peut-être même une déchirure pire que celle que j'ai subi il y a quelques heures.
- Tu es un grand musicien, et surtout un excellent pianiste. Les notes sortant de ton piano te permettent d'exprimer tout ce que les mots ne peuvent, toutes tes peurs, tes joies, tes colères, tes sentiments. Tu es aussi quelqu'un de très protecteur. En fait tu donnerais ta vie pour pouvoir protéger les personnes que tu aimes. Tu te tortures dès que tu comprends que tu ne peux rien et tu te reproches très facilement le malheur des autres. Quand tu te donnes tu le fais inconditionnellement, mais il faut pouvoir t'approcher, faire tomber ce masque avant. Une fois tombé, on peut te voir tel que tu es : bon, avec tes joies et des peines, têtu mais pas buté, et quand tu te lâches tu pourrais étonner tout le monde, et même avoir l'univers à tes pieds.
Je ne compris pas ce portrait. Il était tellement idéaliste. Mais je me rappelai que j'avais un ange à côté de moi. Il ne peut voir que ce qui est beau, même si ça a pour effet d'enjoliver la réalité. Elle dit que je pourrais avoir l'univers à mes pieds. C'est elle qui l'a aux siens. Elle ne s'en rend même pas compte.
- Si seulement c'était vrai.
- Je sais que c'est vrai, tout ce que je viens de dire, et tout ce que tu pourrais faire c'est réfuter tout ça par simple modestie. Ah oui, j'avais oublié la modestie dans mon portrait. Mais surtout, je crois que tu es autant fasciné par moi que ce que je le suis par toi. C'est pour ça que tu me laisses t'approcher, c'est pour ça que tu me fais confiance. D'ailleurs, je la mérite cette confiance, j'ai quand même risqué ma vie en venant ici !
- Hein ?
Le « hein » que je venais de pousser n'était pas seulement pour sa dernière phrase. Elle avait vu que j'étais fasciné par elle, c'était déjà gênant. Mais pourquoi l'était-elle autant par moi ? Et puis en quoi avait-elle risqué sa vie en venant ici ?
- Tu sais que le plus grand danger pour moi-même est ma propre personne ? J'ai cru que je n'arriverais jamais vivante jusqu'ici, regarde !
Non, le plus grand danger c'était moi mais… Elle releva ses mains et je vis sur ses paumes, ses doigts, le dos de ses mains et même sur ses poignets des écorchures et des griffures.
- Mais tu t'es battu avec qui pour être comme ça ?
- Avec les arbres et leurs racines. Les forêts en sont pleins ! Et comme je ne sais pas faire un pas devant l'autre sans tomber, voilà le résultat.
Ce n'est pas vrai ! Je sais que le chemin n'est pas si facile mais quand même ! Bon, un trait de caractère à rajouter sur la liste « Isabella Swan » : maladresse aigue. Cette pensée m'arracha un sourire, je dois l'avouer. Cette maladresse était mignonne et lui allait bien finalement, même si elle était potentiellement dangereuse.
- Bon, est-ce que tu te sens prêt à redescendre ? Ils s'inquiètent tous pour toi et je crois que tu as besoin de repos. Si tu veux attendre, on peut attendre, on ira à ton rythme.
Ils s'inquiètent pour moi ? Oui, si Bella est là ma disparition n'est pas passée aussi inaperçue finalement. Son père est quelqu'un de bien. Je n'avais pas vraiment envie de descendre mais je savais qu'il le fallait. Bella sera là. Je ne serai plus seul. Tant qu'elle sera en vie mon existence aura un sens. Un jour j'espère pouvoir trouver un moyen de la remercier pour tout ce qu'elle aura fait pour moi, même si c'est impossible. Le trésor de sa seule existence est sans valeur.
- Non, ça va aller je pense. Mais j'aimerais que tu me fasses une promesse…
- Laquelle ?
- Ne parle de cet endroit à personne. Je ne veux pas que ce soit détruit par qui que ce soit et je ne veux pas que l'on me trouve si j'ai besoin d'être seul, en dehors de toi.
Je ne voulais pas que ce lieu soit souillé. Premièrement parce qu'il est parfait. Ensuite parce que c'est ici que j'aurai pris conscience de l'intensité de mes sentiments à son égard. Je voulais garder tout cela vivant et vivace.
- Alors à une condition.
Une condition ? Bien qu'elle sourie je n'aimais pas le terme « condition ».
- Je veux que tu m'autorises à revenir. J'adore cet endroit et pour rien au monde je voudrais qu'il soit dénaturé. Je voudrais vraiment y revenir mais je ne le ferai si toi tu ne le veux pas. En fait ce n'est pas une condition, mais un service. Libre à toi de refuser, je comprendrai.
Elle me demande si elle peut revenir, pourquoi est-ce que je refuserais ? On dirait que ce lieu a été créé pour elle. Je remarquai la rougeur qui s'était emparée de ses joues. Je retins difficilement ma main qui voulait aller caresser cette parcelle de peau si mignonne.
- Non, tu pourras revenir comme tu veux, je te comprends. Cet endroit est vraiment l'endroit le plus magique qu'il m'ait été donné de voir.
Oui, magique. Je pris ensuite une longue inspiration, mais elle ne suffit pas à me donner le courage nécessaire. Mes yeux cherchèrent alors d'eux-mêmes ceux de Bella et s'y soudèrent pour y puiser la force nécessaire.
- On y va ?
- C'est parti !
Elle se releva à la fois avec grâce et à la fois avec maladresse. Cela faisait un mélange très original je dois l'avouer. Nous quittâmes alors la clairière pour s'enfoncer à nouveau dans la forêt.
Je compris alors ce que signifiait sa maladresse. Elle trébucha une minute à peine après et manqua de tomber. Heureusement, malgré ma fatigue j'avais gardé quelques réflexes et réussis à la retenir à temps. Je lui pris la main ensuite pour être certain de son équilibre.
Enfin, je suis hypocrite. Ce ne fut qu'une excuse. Certes, je ne voulais pas qu'elle tombe. C'est pour ça que je l'avais rattrapée la première fois. Ensuite, si je ne l'ai pas lâchée, c'est parce que j'en étais incapable. Je me donnais toutes les bonnes raisons pour la lâcher mais j'en étais incapable. Le fait qu'elle ne retire pas sa main, qu'elle ne me rejette pas n'arrangea pas ma volonté.
- Au fait ils doivent être inquiets de ne pas te voir aussi ! Et comment tu as su pour moi et pour ma mère ?
J'avais tellement été égoïste que je n'avais même pas pensé à elle. Cette réflexion m'était subitement apparue. Son père allait me détester, et à raison. Et puis une fille comme elle n'aurait jamais dû se promener seule en forêt.
- Tu as oublié que je suis fille du shérif ! Et puis, si je n'ai pas de téléphone, Charlie m'a prêté un talkie-walkie. Je l'ai prévenu quand je t'ai vu à la clairière en lui disant que j'allais te ramener quand tu serais prêt à redescendre. Mais ne t'inquiète pas, je ne lui ai pas dit où tu te trouvais.
- Merci.
Elle avait décidément tout prévu. Une fois encore mon « merci » signifiait énormément. Mais je n'eus pas le temps d'énumérer toutes ces choses car elle me fit un sourire à couper le souffle. Elle était vraiment belle quand elle souriait. Elle avait encore les yeux un peu rouges d'avoir pleuré mais ça n'enlevait en rien sa beauté. Cela me rendit un peu triste malgré moi car cette beauté serait destinée à quelqu'un d'autre que moi.
C'est dans cet état d'esprit que je fis le chemin de retour dans sa voiture. Je me rendais compte que Bella ne serait jamais à moi. Je repris conscience avec la réelle réalité. Celle que j'avais oubliée depuis que j'avais vu Bella. Celle où ma mère est décédée.
Le chef Swan était évidemment là pour nous accueillir quand nous arrivâmes chez moi. Il sembla soulagé de nous voir tous les deux, mais aussi inquiet quand il aperçut les écorchures sur les mains de Bella.
- Vous allez bien les enfants ? Que t'est-il arrivé Bella ?
- Papa, tu devrais savoir qu'il m'est impossible de faire un pas sans me casser la figure, alors marcher en forêt… Ne t'inquiète pas, ce sont juste quelques éraflures sans importance.
Il ne semblait même pas étonné par la maladresse de sa fille. Oui, il doit en avoir l'habitude. Je me demande quel est son record de chutes dans une même journée.
- Et toi Edward ça va ?
Il m'avait tiré de cette réflexion moqueuse. Je me rendis compte que je pouvais lui dire la vérité.
- Oui monsieur, merci. Je suis désolé de vous avoir causé du souci.
Oui, j'allais bien, grâce à sa fille. J'avais toujours mal, mais c'était un peu plus supportable. Grâce à lui aussi je crois, il y avait vraiment de la bienveillance dans son regard. Et puis autre chose. Je ne l'avais pas revu depuis que Bella était revenue vivre avec lui. Je crois que ça a changé quelque chose en lui aussi. Il a l'air… plus heureux. Peut-être même plus insouciant.
- Appelle-moi Charlie, et ne t'inquiète pas, je le comprends.
Evidemment, il faut bien que la bonté d'âme de Bella vienne de quelque part. Je crois que la trop grande indulgence tient de famille.
- Si vous voulez bien je vais aller me reposer je ne me sens pas très bien, je crois que j'ai besoin de dormir.
- Pas de problème mon garçon. Ça te dérange si on reste là au moins le temps que tu te réveilles ?
- Non, ça fera de la présence.
Je voulais être seul, mais je voulais aussi qu'elle soit là. Egoïstement. Je me sentais en sécurité quand elle était là, près de moi. Elle avait cette vertu calmante, qui me mettait en confiance. Si je savais qu'elle était près de moi je me sentirais mieux.
Je montai ensuite dans ma chambre. J'évitai de regarder les autres pièces vides et calmes. Ironie du sort, il faisait encore beau aujourd'hui. La lumière du soleil inondait ma chambre. Je voulais être dans le noir, à déprimer, mais même ça je n'en avais pas le droit. Je baissai malgré tout un peu les stores et m'allongeai sur mon lit. Je pris conscience une fois étendu à quel point j'étais fatigué. Je n'avais presque pas dormi ces derniers jours. Je sombrai immédiatement.
