Désolée, il s'est fait un peu attendre celui là. Je ne pense pas par ailleurs faire une mise à jour avant mercredi, mes partiels commencent demain...

Sinon, ce chapitre n'apporte pas grand chose, il ne fait qu'introduire en gros le prochain, deuxième chapitre à la clairière et chapitre super important pour les tourtereaux lol. Désolée, ce sera ce chapitre que vous serez obligés d'attendre le plus...

Bonne lecture quand même !


Dawn : Je te comprends, en même temps là l'important est vraiment les sentiments d'Edward, et son évolution par rapport à Bella. Merci en tous cas pour ta review ! =D

the life : Merci beaucoup ! Comme tu le vois il y a une suite, et il y en aura une jusqu'à la fin du POV de Bella. Je m'arrêterai au même endroit si ça peut te rassurer lol.

bosoleil1979 : Merci beaucoup =D Au fait, avais-tu vu que j'avais mis le POV de Bella en pdf comme tu me l'avais demandé ? Le lien est sur mon profil ;)

Céline : Oui, elle arrange tout et ça va continuer ! Je me suis amusée à le retranscrire en rêve, tu vas le voir au début du chapitre ^^

Time Tell Will : Allez, ils se mettent ensembles au prochain chapitre normalement, courage lol. Sinon, pour répondre à ta requête, je te rappelle de mettre un comm sur mon autre fic, je pense que je survivrai à cela même XD Et merci pour ton témoignage !

Patricia : Merci beaucoup, je suis contente que ça continue à te plaire =D

Anabelle : ça fait toujours plaisir à lire ! Merci beaucoup pour ta review ^^

Cbihi : Contente que tu aimes autant mdrrr. Et on ne regrette pas des vacances, c'est interdit par la loi ! Nan mais owe ! XD


Chapitre 6. Swan's house

***

Je suis dans la clairière. Seul encore et toujours. Je ne sais plus pourquoi je suis venu. Si. Parce que le monde s'est écroulé. Elle m'a laissé ici, sans elle. Elle est partie. La seule chose égoïste qu'elle se serait permise dans sa vie.

Alors j'ai mal. J'ai cette plaie qui saigne. Impossible à cicatriser. Mon sang coule encore et toujours. Ça m'affaiblit. Je tiens à peine debout. Pourtant je sais qu'elle ne me tue pas. Je n'aurai même pas le droit à la délivrance.

Le ciel est si sombre. Comme ma vie. Des nuages. De la pluie. Un déchirement dans le ciel. Le bruit du tonnerre. Un vent violent. Peut-être même une tempête. Une tornade.

Je ferme les yeux, j'attends la mort qui ne viendra pas. En la souhaitant suffisamment peut-être que je serai finalement délivré. Je vois encore le sang s'écouler de ma poitrine. Là où était mon cœur.

A travers le bruit de la pluie, du vent, du tonnerre, j'entends des pas. Ils ont l'air si légers. Je lève mes paupières lourdes. A vrai dire, je lutte pour cela car je sens finalement la mort m'envahir.

Et là, je la vois. Mon ange. Je l'avais une fois encore oubliée. Pourtant, elle se tient à mes côtés. Elle ne parle pas. Elle se contente de me sourire. Elle avance ensuite sa main, mais pas pour me la tendre. Elle pose la paume là où se trouvait mon cœur. Là où le sang s'écoule à flots. Je sens de la chaleur, une chaleur réconfortante. La vie qui m'abandonnait revient peu à peu à moi.

Je sens que le sang commence à s'arrêter. Je regarde alors la plaie. Elle est presque refermée. Ça y est, elle est cicatrisée. Elle a réussi à me guérir. Juste en apposant sa main et en me souriant. Juste parce qu'elle existe.

Et je me réveille. J'ai toujours dormi profondément. Je ne me rappelle de mes rêves que quand ils sont des cauchemars ou quand j'ai de la fièvre. Pourtant, celui-là je m'en rappelle parfaitement. Oui, Bella arrivera à me guérir, je n'ai plus aucun doute là-dessus.

J'ouvre mes yeux un peu plus, prêt à me lever. Au moment où j'allais bouger mes jambes mon regard s'arrête. J'étais figé, me demandant si je rêvais encore ou non. Pourtant, il me semblait être parfaitement réveillé.

Bella était là, dans un fauteuil, endormie. Pourquoi se trouvait-elle dans ma chambre ? Si elle avait voulu dormir, elle aurait été mieux dans un autre lit, ou au pire dans un canapé…

Finalement, qu'importaient les raisons. Je m'en fichais. Je pouvais l'observer entièrement. Je n'avais pas besoin de me cacher.

Beaucoup pourraient dire qu'elle était quelconque, mais si on regardait bien c'était tout sauf le cas. Son visage était harmonieux et sans mensonge. Il reflétait la sincérité, le naturel, l'innocence et peut-être même la naïveté. Mais le plus beau était son sourire. Même endormie ses lèvres sont étirées pour illuminer mon monde.

Sa bouche d'ailleurs vibra légèrement. Je crus qu'elle était en train de se réveiller. Cependant il n'en fut rien. Je compris alors qu'elle rêvait. J'aurais tout donné pour savoir ce que contenait ce rêve. Quelques minutes après ses lèvres s'actionnèrent à nouveau. Elle murmura. Une première fois. Je ne compris pas ce que signifiait ce murmure. Elle sembla se répéter. Cette fois-ci, je distinguai parfaitement le son. Edward. Elle avait murmuré mon nom dans son sommeil.

J'avais peine à le croire. Quand elle le répéta une troisième puis une quatrième fois je n'eus plus de doute. Mon cœur battait à une vitesse folle. Si elle rêvait de moi, avec ce sourire aux lèvres, c'est que peut-être je ne la laisse pas entièrement indifférent. Si seulement elle pouvait éprouver le millième de ce que je ressens à son égard…

Les minutes passèrent. Elle avait arrêté de murmurer. Elle commença ensuite à s'agiter, me laissant penser qu'elle allait bientôt se réveiller. Il ne fallait pas qu'elle sache ce que j'avais surpris. J'avais en quelque sorte violé son intimité.

Elle ouvrit finalement les yeux, papillonna et rougit quand elle vit que je la fixais. Mince, j'aurais peut-être dû faire semblant de dormir, au moins quelques minutes.

- Heu Salut Edward… Excuse-moi j'étais monté pour voir si tout allait bien et je me suis endormie juste après m'être assise…

- Ne t'inquiète pas ce n'est pas grave. J'ai juste été surpris quand je t'ai vu.

Elle était montée pour voir comment j'allais… Je ne pouvais m'empêcher d'être heureux à cette idée.

- Ça fait longtemps que tu es réveillé ?

Je préfèrai ne pas lui dire la vérité. C'est lâche, mais je crois que de toute façon ça n'aurait eu pour seul effet que d'augmenter sa gêne.

- Non, juste quelques minutes. Je crois que je ne t'ai pas vraiment remercié. Tu as fait beaucoup pour moi, je serais probablement encore en haut si tu ne m'avais pas trouvé. Mais j'ai besoin de certaines explications.

Oui, j'avais besoin d'explications. Elle avait éludé à la clairière, mais maintenant que j'étais reposé j'espérais sincèrement avoir plus d'informations.

- Je sais Edward, mais je ne suis pas en mesure de te les donner. Ce n'est pas que je n'ai pas confiance en toi, mais il y a des choses que je dois comprendre par moi-même, des problèmes que je dois régler seule, comme toi. Tu auras tes explications, mais laisse moi le temps s'il te plait. Et puis, si tu acceptes une proposition que l'on va te faire, tu l'auras ce temps.

- Comment ça ?

Une proposition ? Quelle proposition le chef Swan et Bella pouvaient-ils bien me faire ? Et sur quoi ?

- On te propose Charlie et moi de venir habiter momentanément chez nous. On a un petit bureau que l'on peut aménager en chambre. Ce serait au moins le temps que tu aies tes dix-huit ans, ça t'éviterait de devoir aller dans un quelconque foyer puisque Charlie est shérif. Après tu pourras faire ce que tu veux.

- Mais je peux très bien me débrouiller tout seul ! Tu crois peut-être que ce n'est pas ce que je faisais ces derniers mois ?

Je m'étais un peu emporté. J'étais heureux de cette proposition, mais on me traitait comme un gamin dont on ne sait pas trop quoi faire.

- Si malheureusement. Mais tu te vois rester dans cette grande maison tout seul sans ta mère ?

Elle avait tapé dans le mille. Sa phrase me rappela ma situation et fut comme une flèche empoisonnée en plein cœur, mais je savais qu'elle avait raison. J'avais à peine osé regarder les murs du couloir tout à l'heure, alors vivre ici seul…

- Très bien, on peut toujours faire un essai. Mais honnêtement ça me gêne, ça ne va pas vous déranger toi et ton père ?

Pourquoi étaient-ils tous les deux si prévenants ? Ils n'avaient vraiment pas besoin de s'encombrer d'un boulet comme moi.

- Charlie est quelqu'un de discret qui aime bien la tranquillité, mais je crois qu'il t'apprécie beaucoup et a envie de t'aider. Quant à moi, si ça me dérangeait, on ne te le proposerait pas.

Elle avait un peu éludé une fois de plus ma question. Enfin, elle avait répondu à propos de son père, mais elle était restée vague quant à elle. Ou plutôt, elle n'avait pas donné la réponse que j'avais osé espérer. Ça ne la dérangeait pas. Sous-entendu, que je sois là ou pas ne changeait rien. Finalement je devais lui être indifférent.

***

Je ne mis pas beaucoup de temps à rassembler des affaires. La première chose que je fis fut bien entendu de remercier Charlie. Ça me faisait étrange de l'appeler par son prénom. C'est comme si toutes les barrières du respect étaient tombées, et qu'il m'avait en quelque sorte adopté.

Le plus grand regret que j'eus fut de laisser mon piano derrière moi. Je ne pris même pas ma guitare. Je ne voulais pas déranger, et de toute façon je n'étais pas sûr de vouloir en rejouer. J'avais trop peur de me replonger dans les émotions ressenties la dernière fois que j'ai pincé les cordes.

Je ne pris alors que des vêtements et mes affaires de cours. Je me doutais de toute façon que nous reviendrions vite pour compléter, peut-être même le lendemain. Inutile alors de prendre trop de choses, ne sachant pas de quel espace je disposerais. Il me semblait me rappeler que la maison Swan n'était pas très grande. Cela ne me dérangeait pas plus que ça d'un côté, je les imaginais mal évoluer dans un espace luxueux. Non qu'ils ne le méritaient pas ! C'est juste que cela ne correspondait pas à leurs personnalités. Ils sont simples et naturels. Les biens matériels ne semblent pas avoir une grande importance pour eux. En fait je préfère ça à tous ces gosses de riches qui croient que tout leur est dû grâce à la fortune de papa-maman. Que savent-ils vraiment de la vie ?

Je ne fus donc pas surpris en arrivant sur place. La maison était petite, mais elle avait son charme. Le salon ne comportait que le canapé et la télévision, la cuisine aux meubles jaunes délavés était simple avec juste le nécessaire. Une petite salle de bain à l'étage avec deux chambres et le bureau. Oui, c'était petit mais charmant à mon goût. L'espace que je préférais était le salon où étaient entreposées des photos de Bella.

En les observant je compris ce que Bella m'avait dit quelques jours plus tôt dans la voiture. Elle avait un peu la même posture que moi sur chacune des photos, ou au moins les plus récentes. Elle cherchait à se fondre dans le décor, à se faire oublier.

Le bureau de son côté n'était pas très grand non plus, mais surtout très encombré. Je suppose que Bella n'y était pas encore venu depuis son arrivée à Forks. Elle eut d'ailleurs une grimace presque de désespoir en le voyant qui m'arracha un sourire discret. J'y vis un lit, cependant sans matelas. Il fut donc décidé après un bref coup de téléphone que pendant que nous transférions certaines choses d'une pièce à l'autre avec Bella, Charlie irait emprunter un matelas au père de Black à la Push. J'avais presque oublié que les deux pères étaient amis.

J'eus aussi l'occasion de voir ainsi la chambre de Bella. A son image. Simple, sans artifice, mais chaleureuse.

Environ cinq minutes après le départ de Charlie, Bella s'éclipsa dans sa chambre. Ma première pensée fut qu'elle voulait réorganiser certaines choses puisqu'elle avait accepté d'y entreposer certains meubles. Je voulus lui amener une lampe quand je l'entendis parler.

- Ashley ? Salut c'est Bella !

Ashley ? Je ne m'étais pas rendu compte qu'elles étaient devenues aussi proches. C'est une bonne chose.

- Je venais prendre de tes nouvelles. Ça va mieux ?

Elle aurait des problèmes ? Mince…

- Oui. […] Comme ça peut, mais je n'ai pas appelé pour ça tu sais…

Là, je pense qu'elles parlent de moi. Je reconnais Bella, gênée de parler des autres. La rougeur de ses joues est vraiment adorable.

- Pas de problème je transmettrai. Bon allez je te laisse, si ça ne va pas n'hésite pas hein ! […]A lundi.

Et elle raccrocha. Elle se rendit compte à ce moment là de ma présence et en rougit. Mince, deuxième fois que je viole son intimité, et une fois de plus je le lui montre. Quel crétin de pervers ! Je préférai orienter la conversation différemment.

- Ashley a un problème ?

- Non ne t'inquiète pas. Mais il semble qu'elle soit déjà au courant, désolée… En tous cas elle me fait te dire qu'elle est avec toi, même si elle ne te connait pas plus que ça.

- Elle est vraiment quelqu'un de gentil. L'année dernière elle a été de ceux qui ont essayé de ne pas me laisser à l'écart mais quand elle a compris que je préférais être seul elle n'a pas été vexée comme beaucoup, elle l'a accepté tout simplement. Cette année je l'ai toujours sentie derrière moi quand Black venait m'emmerder. Je ne dis peut-être pas grand-chose mais je suis très observateur. J'avoue cependant que j'ai toujours eu du mal à te cerner et aujourd'hui encore je ne sais pas vraiment qui tu es. Tu avais raison en quelque sorte tout à l'heure. Tu m'as toujours fasciné car je n'ai jamais compris tes réactions, elles étaient souvent à l'opposé de ceux à quoi je m'attendais.

Mince. Emporté dans mon monologue je n'ai pas réussi à m'arrêter. Pourquoi est-ce qu'il a fallu que je lui dise qu'elle me fascinait ? Elle va me fuir, et elle aurait raison. Je décidai malgré tout, puisque de toute façon je suis parti sur ce terrain glissant, de continuer n'ayant plus grand-chose à perdre.

- Par contre toi tu sembles anticiper toutes mes réactions.

Elle blêmit. Comme si elle redoutait cette conversation. Mais que cache-t-elle ?

- Oui et non Edward. Si c'était vrai, j'aurais pris de tes nouvelles ces derniers jours ne te voyant pas au lycée.

- Pourquoi aurais-tu fais ça ?

Je voyais qu'une fois de plus elle éludait mais je ne comprenais pas encore cette réaction. Pourquoi se serait-elle inquiétée d'un être comme moi ?

- Parce que je crois que je suis la seule à qui tu as adressé plus d'un mot les jours qui ont précédé.

Donc par charité… Non, je ne peux pas le croire, il y a quelque chose en plus, sinon elle n'aurait pas autant peur de m'en parler. Elle redoute cette conversation. L'arrivée de Charlie me coupa dans mon interrogatoire mais me confirma mes doutes : Bella changea une fois de plus de conversation radicalement.

- Tiens, on dirait que Charlie m'a épargnée la cuisine ce soir ! Allez viens essayer de manger un peu.

En effet, Charlie était revenu avec des pizzas. Je pense qu'il avait dans l'idée que ce plat passerait plus facilement. Je commençai à manger avec appétit en tous cas, mon dernier vrai repas commençait à remonter à plus de vingt-quatre heures. Cependant très vite je me sentis repus, le trou de ma poitrine m'empêchant d'avaler davantage. J'allai alors me coucher immédiatement après le repas, après m'être presque bataillé avec Bella pour faire le peu de vaisselle. Elle gagna cependant cette manche.

Une fois dans mon lit, je n'eus rien d'autre à faire que de penser. Le sommeil ne vint pas immédiatement. Je me rappelai alors quelques souvenirs heureux, certains mêmes comportaient mon père. D'autres étaient un peu fabriqués. Celui de la pizza par exemple que je n'avais découvert que grâce à une vidéo. La première fois que j'avais mangé de la pizza tout seul, heureusement que je n'étais qu'en maillot de bain puisque c'était l'été. J'avais de la sauce tomate partout, de la tête aux pieds. Et plus je m'en mettais partout, plus je riais.

Puis la mort de mon père. Violente. Je n'avais que cinq ans. Quand des policiers vinrent annoncer la nouvelle à ma mère j'étais là. Je ne pourrai jamais me retirer son visage de mon esprit. Son premier cancer. Son rétablissement. Ma solitude. Black. La connaissance de son nouveau cancer. Sa mort.

Des sanglots incontrôlables s'emparèrent de moi. Heureusement j'avais entendu tout le monde se coucher. La plaie s'était rouverte de plus belle. Je n'avais pas seulement dit adieu à ma mère, mais aussi à mon enfance. Plus rien ne subsiste de cette période à part cette maison que j'ai fui.

Je sentis alors quelque chose sur mon épaule qui me fit tressaillir. Je tournai alors ma tête et vit Bella. Elle semblait s'excuser d'être entrée et avait peur que je la rejette. Comment le pourrais-je ? J'avais tant besoin d'elle. Même si je ne la méritais pas, je ne pouvais m'empêcher d'espérer d'être auprès d'elle. Comme si cela m'était vital. J'étais en train de me demander si je devais parler ou non quand elle souleva la couverture pour venir s'installer auprès de moi.

Je détournai alors encore la tête. J'avais honte qu'elle me voie comme ça, mais aussi du bien-être qu'elle venait de m'apporter. Comme si elle seule pouvait m'apaiser. Elle passa son bras au dessus de mon torse, pour me montrer qu'elle veillait sur moi et que je n'étais pas seul. Sans me poser de question, j'attrapai instinctivement sa main.

Mes sanglots continuèrent mais je réussis à me calmer peu à peu. La chaleur de son corps et sa proximité m'emportèrent au pays de Morphée où je pus finalement trouver un sommeil réparateur inespéré.

***

Je me réveillai au moment où elle sortait de la chambre. Elle n'avait certainement pas voulu que Charlie découvre que nous avions dormi ensemble. Heureusement car il m'aurait mis dehors. Non que nous ayons fait quelque chose que la morale réprouve, mais je devais avouer que pour moi cette nuit, aussi horrible ait-elle commencée, a été une des plus belles de ma vie.

Je me levai quelques minutes plus tard et alors que j'allais refermer la porte, je surpris une conversation entre Bella et son père. Décidément, je devenais de plus en plus indiscret.

- J'ai accepté qu'il reste à la maison à ta demande car je pensais effectivement que c'était la meilleure des solutions, mais je veux que tu fasses attention.

- Attention à quoi ?

Elle semblait détachée mais un peu anxieuse. Quant à Charlie, il n'était pas en colère mais sa voix était plutôt gênée, comme s'il ne savait pas abordé le sujet.

- A ne pas trop t'attacher à lui pour l'instant. Il ne va pas bien, il a besoin de se retrouver et de savoir ce qu'il veut, dans quel sens aller. C'est un gars bien, mais je ne veux pas que tu sois une consolation pour lui.

Alors il avait vu que je m'attachais à Bella. Si seulement il pouvait comprendre l'intensité de mes sentiments !

- Papa, c'est gentil, mais qu'est-ce qui te dit qu'il pourrait se passer quoi que ce soit ?

Coup de poignard dans mon cœur. Pour Bella il ne peut rien se passer. Je savais qu'un être aussi parfait ne pouvait s'intéresser un à un autre aussi insignifiant.

- Je ne suis pas aveugle Bella. Jamais tu ne te serais autant démené si c'était quelqu'un d'autre. Tu as su où le trouver, et à chaque fois qu'il est avec toi sa peine disparait un peu de son visage. Je ne suis peut-être pas le meilleur des pères et le plus expert en relations amoureuses, mais je vois qu'il y a quelque chose qui passe entre vous. Je veux juste éviter que vous vous fassiez souffrir. Toi parce que tu es ma fille, et lui parce qu'il a suffisamment souffert comme ça. De toute façon, n'essaie pas de nier que tu tiens à lui plus que ce que tu veux bien le dire, je ne suis pas dupe.

J'attendis une réponse en retenant mon souffle. Je la sentais hésiter, comme si elle ne savait pas quoi répondre à cela. Elle ne pouvait donc pas le réfuter entièrement ? Un élan d'espoir s'empara de moi. Je fermai cependant la porte avec bruit pour faire connaitre ma présence et enlever un quelconque soupçon de mon indiscrétion. Il allait vraiment falloir que j'arrête, ça ne me ressemble pas d'espionner.

Ils me sourirent tous deux, et je n'eus aucun mal à le leur rendre. Oui, la présence de Bella me faisait du bien à chaque moment. Pendant tout le petit déjeuné toutefois j'évitai son regard. J'avais trop peur qu'elle voie que j'avais entendu la conversation, et qu'elle voie mes sentiments. Elle était bien trop perspicace quand elle le voulait.

Vers la fin, Charlie aborda un sujet un peu délicat. Il proposa de nous emmener à la Push pour voir Black. Bella fut rapide à répondre. Je crois que c'était pour éviter que j'aie à répondre ou à expliquer pourquoi je n'avais pas vraiment envie d'y aller. Car franchement, s'il y avait une chose que je voulais éviter, c'était bien de le voir aujourd'hui !

- Papa, c'est gentil mais je n'ai pas envie de voir Jacob…

- Tu es toujours fâchée avec lui ?

- Plus ou moins. Nous n'avons pas beaucoup parlé cette semaine mais je n'ai pas trop envie d'y aller comme si de rien n'était.

- Tu sais Bella, c'est surement un bon gars dans le fond, et il semblerait que seule toi puisse le lui rappeler. La Push est certainement un lieu plus approprié que le lycée pour essayer d'avancer.

Pourquoi ça ne m'étonnait pas que Bella soit la seule capable à faire en sorte qu'il ne soit pas qu'un… Désolé, je dois me calmer. Mais il ne faut pas qu'elle l'approche, il ne pourrait que la blesser.

- Papa, je ne suis là que depuis une semaine. Laisse Jacob où il est. Rien ne t'empêche d'aller à la Push de toute façon, je suis sure que Billy sera content de te voir !

- Surement… Et toi Edward, ça te dit ?

- C'est gentil, mais je n'ai pas trop envie d'affronter le regard des autres aujourd'hui, c'est trop tôt…

Excuse minable. Mais excuse qui fonctionne.

- Je le comprends mon garçon. Tu veux faire quelque chose de spécial ?

- Papa, va à la Push, nous on passera chez lui pour prendre plus d'affaires maintenant qu'on a fait de la place et on ira peut-être se balader. Ne t'inquiète pas, je ferai tout pour ne pas trop trébucher, j'ai décidé de vaincre ma maladresse une bonne fois pour toutes.

Bella semblait avoir de l'imagination à revendre pour ce qu'il s'agit des fuites. Même moi je n'aurais pas pu enchainer aussi vite. En tous cas, elle réussit à convaincre son père et il partit. Après son départ, elle vint me parler en rougissant.

- Je suis désolée pour l'entêtement de Charlie…

- Ce n'est pas grave, ne t'inquiète pas il ne savait pas. Je vais aller me prendre une douche.

J'en avais bien besoin. Rien que l'idée de me retrouver seul avec Bella pour une partie de la journée… Au moins, je devrais pouvoir lui soutirer des réponses. Elle ne pourra pas y échapper toute la journée.

***

Après la douche, nous sommes allés à la maison. Elle était désespérément vide. Même mon piano semblait pleurer l'absence de maman. Je pris quelques affaires supplémentaires, livres et disques ainsi que des vêtements. Je ne voulais pas trop m'y attarder, je n'étais pas encore prêt pour ça.

Nous prîmes ensuite tous les deux le chemin de la clairière. Je me doutais qu'elle pensait à ça quand elle avait parlé de promenade tout à l'heure et j'en étais heureux. Y aller seul apporte la tranquillité. Y aller avec elle le réconfort. J'avais retenu mes questions tout le trajet, de peur qu'elle ne fasse immédiatement demi-tour pour faire autre chose.

Mais à la clairière, je ne pouvais plus me contenir. Je ne voulais pas l'effrayer non plus. Je choisis de m'allonger sur l'herbe pour la mettre en confiance. Puis, je sortis enfin ce que j'avais sur le cœur depuis trop longtemps.

- Bella, j'aimerais savoir ce que tu me caches. Comment tu fais pour me connaitre aussi bien, savoir comment tu m'as trouvé, et pourquoi j'ai l'impression en te voyant que tu me regardes comme si tu me connaissais depuis toujours…