Comment lutter contre le stress avant un partiel qui n'a lieu que de 16h30 à 19h30 ? Et bien vous avez votre réponse à votre plus grand bonheur je pense ! En plus gros chapitre, puisque presque chaque dialogue est commenté =D
Alors quelques petites précisions. Certains ont remarqué avec beaucoup d'humour l'indiscrétion d'Edward... En même temps, il l'est tout le temps en lisant les pensées de tout le monde lol.
Sinon, une précision à propos de Jacob puisqu'il n'y aura à aucun moment un POV de lui et je ne sais pas si j'arriverai à introduire cet élément, c'est juste pour votre information. Jacob est déjà un loup-garou, c'est justement parce qu'il le vit mal qu'il est devenu comme ça.
Voilà, j'espère que vous ne serez pas déçus. Si j'ai bien joué, la réaction d'Edward ne devrait plus vous choquer ou vous étonner. A bientôt et pensez à moi !
Anabelle : Tu vois, finalement pas besoin d'attendre mercredi lol. Merci pour ta review, je suis contente que ce chapitre ait trouvé sa place dans l'histoire !
Cbihi : Même avec le presque, rien que l'idée de regretter des vacances......... XD Non, je plaisante lol. Pourquoi j'ai coupé là ? Parce que c'était l'endroit où j'avais coupé pour le POV de Bella et que j'aime bien embêter tout le monde, tout simplement lol. Mais bon, le chapitre est arrivé vite, pardonnée ?
bosoleil1979 : Mais je t'en prie pour le pdf. Sinon, pour Edward, que veux-tu il faut bien trouver des défauts de temps en temps quand même XD
lolllll : Oui, ne t'inquiète pas je continue =D Merci pour ta review !
Loraline : Je te réponds ici, car il est possible que tu passes par là mdr. Hum... Six heures, t'as fait fort quand même XD Au moins, c'est une très belle preuve pour me dire que tu as vraiment apprécié la FF lol. Je ne me découragerai pas à écrire, mais ça m'étonnerait que je publie lol. Par contre, puisque je veux me destiner au journalisme, qui sait peut-être liras-tu un jour un de mes articles =D En tous cas merci beaucoup pour ta review !!!
Patricia : Alors cette petite réponse pour te remercier lol. J'espère que ce chapitre attendu ne te décevra pas !
Chapitre 7. Un rêve très réel
***
- Bella, j'aimerais savoir ce que tu me caches. Comment tu fais pour me connaitre aussi bien, savoir comment tu m'as trouvé, et pourquoi j'ai l'impression en te voyant que tu me regardes comme si tu me connaissais depuis toujours…
Je voulais juste savoir, c'était légitime. Depuis presque une semaine je la connaissais, pourtant j'avais l'impression que c'était depuis des années. Cette semaine a certainement été la semaine la plus chargée de ma vie, la plus décisive. J'avais vécu un « bonjour » et un « au-revoir ». Ils étaient tous deux aussi importants, je le sentais. Ils seront tous deux décisifs sur le reste de ma vie. Pour maman, je sais exactement ce qu'il s'est passé, je l'ai vécu et compris en même temps que les évènements s'enchaînaient. Mais pour Bella, c'était complètement l'inverse.
La conversation que j'avais surprise un peu plus tôt avec son père avaient placé des doutes en moi. Je ne savais plus quoi penser. Un coup j'avais l'espoir que Bella n'agisse pas seulement par bonté. La seconde suivante je me disais qu'elle ne pouvait faire autrement car je n'étais rien. Pourtant elle était toujours là. Elle semblait tout savoir de moi, du moins ma personnalité.
Je ne voulais pas lui faire peur. Je restais calme alors qu'elle se releva en me fixant. Je voyais sur son visage de la surprise, de la peur et du doute. Pourquoi ces sentiments ? La peur et le doute avaient-ils vraiment leur place ici ? Je ne comprenais vraiment pas. Elle semblait torturée. Je m'en voulais car c'était en partie à cause de moi, mais… Il fallait que je sache. J'en avais besoin.
- Bella ? Tu es avec moi ? Je ne te comprends pas. Tu me demandes de te faire confiance mais toi-même tu ne peux pas me faire confiance.
- Ce n'est pas ça Edward. Crois-moi, depuis lundi je meurs d'envie de tout te dire, seulement…
- Seulement…
Oui, elle a bien un secret. Il est lourd à porter pour ses épaules frêles, et elle en a peur. J'aimerais qu'elle me fasse confiance pour qu'elle arrive à en parler.
- Comment te dire ? Je suis morte de peur. J'ai peur que tu me prennes pour une folle, que tu me fuies, que tu ne me crois pas et peur de le dire tout haut.
- Pourquoi ?
J'avais donc raison. Elle est même terrorisée. Pourquoi se prend-elle pour une folle ? Elle est certainement la personne la plus censée que j'ai rencontrée. Si elle est folle, nous le sommes tous.
- Parce que ça voudrait dire officiellement que je vois cette réalité en face. Tu sais Edward, depuis une semaine maintenant je me torture l'esprit à un point que tu ne peux imaginer. J'aimerais te le faire partager mais tu n'es pas prêt pour ça.
Voir cette réalité… Elle aussi semble fuir une réalité. Vraiment, plus j'essaie d'en savoir plus elle me perd.
- Qu'est-ce qu'il te fait dire que je ne suis pas prêt ?
- Edward… Tu viens de perdre ta mère, tu ne crois pas que tu as eu suffisamment d'émotions fortes ces derniers jours ?
Oui, ma semaine a été chargée en émotions. Pourtant, je sais que je peux le savoir. Pourquoi ? Bonne question. Je le sais c'est tout. Je dois le lui faire comprendre. Il le faut, je n'ai pas le choix ou c'est moi qui vais devenir fou.
- Tu sais Bella, ça fait longtemps que j'y étais préparé. Elle me manque, et rien que de penser au fait que je ne la reverrai pas me brise le cœur mais… Je ne sais pas. Depuis que je te connais je sens quelque chose. Tu me comprends, tu anticipes mes réactions et surtout tu ne me regardes pas comme une bête de foire. J'ai l'impression d'être mis à nu à chaque fois avec toi. J'ai besoin de savoir pourquoi. Je devrais être torturé par la mort de ma mère mais je le suis plus par toi. J'ai besoin de savoir, je t'en prie.
Mes dernières paroles étaient presque des supplices. Non, ils en étaient. Bella était repartie en pleine réflexion. Probablement pesant les pours et les contres. Mais il y avait plus, sa torture s'était agrandie. Davantage encore, elle semblait… malheureuse. Déçue. Elle avait la même expression que moi quand je me rends compte que je n'ai pas réussi à cacher suffisamment mon mal-être. Nous nous ressemblons encore plus que ce que je croyais.
Elle releva ensuite la tête et ancra son regard dans le mien. C'est comme si elle y recherchait une quelconque réponse, une force. Nous restâmes quelques secondes à communiquer en silence ainsi, jusqu'à ce qu'elle détourne la tête et soupire.
- Tu l'auras voulu, mais je garderai pour moi les détails, c'est trop personnel.
- Ça me va, ce sera déjà ça.
Oui, cette fois-ci elle allait me répondre sans détour, sans éluder. J'eus un élan d'appréhension.
- Disons que la nuit qui a précédé mon arrivée à Phoenix, samedi dernier donc, j'ai fait un rêve très étrange.
- Un rêve ?
Je m'attendais à beaucoup de choses, mais pas à ça. Un rêve… Qu'entendait-elle par rêve ?
- Oui. Comment t'expliquer ? C'est comme si j'avais vécu plusieurs années de ma vie en quelques heures. Je ne peux pas vraiment le décrire. Mais c'est comme ça que j'ai su me diriger au lycée, c'est comme ça que je connaissais la clairière, c'est comme ça que je savais parfaitement qui était Jacob alors que je ne l'avais pas revu depuis très longtemps et que je l'ai reconnu immédiatement, et c'est comme ça que je savais qui tu étais. Je ne m'explique pas ce rêve et c'est flippant mais c'est ainsi.
Au fur et à mesure de ses paroles, un cheminement se fit en moi. Je comprenais d'abord pourquoi elle avait peur que je crie à la folie. Dans un premier temps j'ai failli l'interrompre pour savoir si elle se moquait de moi. Mais je me repassai son arrivée au lycée. Son comportement.
Elle avait recherché quelqu'un à la cantine, en étant déçue de ne pas le voir. De mon côté, je m'étais recroquevillé sur moi-même pour qu'elle ne me remarque pas. Elle était sortie bouleversée juste après avoir assisté à mon racket. Elle m'avait défendu auprès de Black. De petite fille timide comme en témoignait les clichés elle était devenue indépendante, sure d'elle quand il s'agissait de Black ou de moi. Elle a su où me trouver. Elle a su quoi me dire. Elle me connaissait, elle savait quel comportement adopter. Et elle est incapable de mentir.
- Je te crois.
- Hein ?
Bien sûr qu'elle était étonnée. Elle avait du mal elle-même à le croire. Pourtant, je savais qu'elle disait la vérité.
- Je te crois. Ça explique complètement ton comportement et c'est suffisamment fou pour que je puisse le croire. Mais dis m'en plus…
Oui, maintenant j'ai besoin de tout savoir, en détail. Pourquoi a-t-elle fait ce rêve et comment ? Je n'ai jamais cru au paranormal, mais ce n'est pas pour ça que je l'ai rejeté. Ce n'est pas parce qu'on n'a pas d'explication scientifique à certains phénomènes qu'ils n'existent pas, c'est hypocrite de le penser.
- Tu n'es pas normal Edward. Que veux-tu savoir ?
- Ce qu'il s'est passé dans ton rêve, tu peux omettre tout ce que tu juges que je ne dois pas savoir même si j'aimerais vraiment lire dans tes pensées… J'ai besoin de savoir.
Mon indiscrétion de ces derniers jours commençait vraiment à prendre le dessus. En quelques sortes j'ai toujours lu dans les pensées de tout le monde, en comprenant leur comportement. Bella est et demeure un mystère.
Elle poussa un très profond soupir. Elle ne comprenait pas ma réaction. Au moins pour une fois c'est moi qui surprends l'autre.
- Très bien. J'ai vraiment cru à ce rêve, c'était comme si c'était la réalité. Il a commencé au jour où je partais de Phoenix. C'est pour ça entre autres que c'était si réel. Au lycée je te rencontrais toi, mais tu faisais partie d'une grande famille. Vous habitiez tous à la villa de ta mère que je connais par cœur.
- Mes parents ?
- Vous… Vous étiez tous adoptés…
- Donc ils étaient morts.
Des similarités et des différences. Les différences menant aux similarités. Même dans son rêve mes parents étaient décédés.
- La fatalité.
- Non je ne pense pas. C'est juste que je… l'avais vu.
Comment ? Moins d'une semaine après son arrivée ma mère décède. Comme si on voulait rétablir les choses dans leur ordre. Comme si mes parents devaient mourir jeunes. Dans quel sens cela fonctionnait ? Est-ce que parce qu'elle a vu qu'ils devaient être morts ils sont décédés, ou est-ce qu'ils sont morts jeunes elle l'a vu ainsi ? Peut-être que la suite me donnera une réponse.
- Continue.
- Nous nous sommes rencontrés au lycée et tu m'évitais bien que fasciné par moi et moi par toi. Mais un jour il y a eu un accident. Un des élèves a perdu le contrôle de sa voiture et tu m'as sauvée. Et ça n'a été que la première fois. J'ai tenté un rapprochement ensuite mais tu m'as royalement envoyé balader jusqu'à ce que ta fascination prenne le dessus. Une autre fois tu m'as empêchée de me faire violer.
- On dirait que mes deux actes héroïques ne se sont pas reproduits dans la réalité ! C'est plutôt toi qui m'as sauvé.
Moi, la rejeter ? Là par contre il y a un problème dans son rêve. Quoiqu'au début je l'ai effectivement rejetée, je ne voulais pas qu'elle s'approche de moi. J'avais peur de l'influence qu'elle avait sur moi. Et elle m'a imaginé en héros. Il y a vraiment un problème dans l'énoncé.
- Tu te trompes à moitié en fait car mon rêve s'est montré beaucoup plus vrai que ce que je pensais mais différemment. En fait, pour la scène du viol j'ai pris ton rôle. Vendredi soir Ashley a failli se faire violer au même endroit que moi dans mon rêve et je l'ai sauvée de la même manière que toi tu m'avais sauvée.
Alors voilà l'explication pour Ashley. Je comprends mieux pourquoi elle s'inquiétait pour elle. Si je retrouve ces salops qui ont osé s'attaquer à une fille comme elle je vous promets que je leur règle leur compte. J'eus du mal à rester impassible.
- Tu sais, j'ai beaucoup réfléchi à tout ça depuis une semaine. Je crois que ce rêve m'a permis de préparer mon arrivée ici. Mon comportement aurait été très différent sans lui. Là c'est comme si j'avais pris plusieurs années en quelques heures, je vois les choses différemment, j'agis différemment. Je me permets de remettre Jacob à sa place devant tout le monde, je n'ai pas eu peur de te saluer en cours malgré ma timidité, j'ai osé proposer à Charlie de t'héberger, je suis venue dans ta chambre hier soir et j'ai dormi contre toi… Grâce à lui j'ai aussi pu sauver Ashley vendredi et je t'ai trouvé hier. Je ne sais jamais ce qui va être vrai, ce qui va être un peu différent ou ce qui ne sera pas du tout pareil, je suis obligée d'avancer au fur et à mesure dans un véritable brouillard et je dois t'avouer que c'est assez frustrant.
Alors je dois remercier ce rêve. Grâce à lui j'ai pu faire la connaissance de mon ange-gardien qui a pu me sauver, et qui continue de le faire. Je comprends vraiment de mieux en mieux son comportement, tout s'explique parfaitement. Une telle expérience change obligatoirement une personne. Elle est restée la Bella d'avant tout en devenant plus mature, mais aussi plus torturée. Ça doit être une des explications qui fait que je n'arrive jamais à prévoir ses réactions.
- Tu dis que tu as vécu plusieurs années dans ton rêve, que s'est-t-il passé pendant tout ce temps ?
Plusieurs années… J'hésitais à poser vraiment la question qui m'intéressait.
- Je…
Dois-je me lancer ou pas ? C'est le temps des révélations. Il faut que je sache. Peut-être que ça me donnera des indices sur ses sentiments à mon égard. Après tout je faisais partie de son rêve. Je ne devais pas lui être indifférent. Maintenant, reste à savoir la nature véritable de nos relations à ce moment.
- Il y a eu quelque chose entre nous ?
Derechef, elle rougit. Etait-ce à cause de la question ou de la réponse ? Au moins un peu à cause de la question très indiscrète. Je regrettai de l'avoir posée ainsi, j'aurais dû attendre qu'elle m'en parle de son propre gré. Quel imbécile je fais ! Elle prit une grande inspiration avant de me répondre, comme pour se donner du courage.
- Oui. Nous nous sommes mis ensembles, nous étions très amoureux. Mais un jour tu es parti parce que tu voulais me protéger, je te préviens tout de suite, tu ne sauras pas pourquoi. Un jour, suite à des circonstances particulières tu es revenu et on ne s'est plus quitté. Tu m'as demandé en mariage à la fin de nos études, et même si tu as eu du mal à me convaincre parce que j'avais peur de me marier si tôt nous nous sommes mariés. Ça a été le plus beau jour de notre vie. Je suis très vite tombée enceinte et nous avons eu une petite fille. Et c'est quand nous étions parfaitement heureux que je me suis réveillée en sursaut. Je suis désolée c'est complètement irréaliste, je suis complètement folle…
Bon, alors là je venais de prendre conscience de plusieurs choses. Premièrement, ça ne pouvait pas être une coïncidence. A peine j'avais rencontre Bella que j'étais déjà tombé amoureux d'elle. De son côté, dans son rêve elle nous avait vu non seulement amoureux, mais également mariés. Deuxièmement, à l'entendre parler, non, déblatérer à une vitesse folle, elle avait peur de me blesser. J'avais vraiment envie de croire que c'était parce qu'elle avait conservé des sentiments à mon égard.
Conservé… Aimait-elle encore d'Edward de son rêve ? Ou était-il possible qu'elle ait des sentiments à mon égard, moi qui suis bien réel ? Etais-je effrayé par ce qu'elle disait ? Oui. J'avais peur qu'elle ne confonde rêve et réalité. J'avais peur du pourquoi du comment du rêve. Enfin, quand même comment une telle chose peut se produire ? Mais j'étais certain d'une chose. Je l'aimais. Plus que ma vie. Je n'étais jamais tombé amoureux jusqu'alors et je n'avais pas de point de comparaison. Mais je savais que ce n'était pas une amourette d'adolescents, et son rêve ne faisait que me le confirmer.
Il me fallait le lui faire comprendre. Il fallait lui montrer mes sentiments. Avant que je n'aie plus le courage. Peut-être allait-elle me rejeter, mais si je ne le faisais pas je m'en voudrais toute ma vie. Alors je me jetai sur elle et l'embrassai.
Je n'avais jamais embrassé une fille. Enfin, je n'avais jamais embrassé quiconque. J'eus peur qu'elle me rejette, ce qu'elle ne fit pas au contraire. J'eus peur de mal m'y prendre mais les sensations qui s'étaient emparées de mon corps me laissaient sous-entendre le contraire. Nos lèves avaient commencé à danser ensemble. Puis j'osai ensuite instinctivement à aller plus loin. Ma langue caressa sa lèvre et elle ouvrit la bouche. Une deuxième danse s'amorça alors. Je n'avais jamais rien vécu de tel. J'en voulais plus, mon corps tout entier était en ébullition. Mais il fallait que je me calme. Je voulais apprécier chaque pas de notre relation. Sa réponse à mon baiser m'avait donné l'espoir qu'elle éprouvait des sentiments réels pour moi. Alors je rompis ce moment magique mais tentai de lui faire comprendre mes sentiments par une phrase.
- Je me suis dit que tu voulais peut-être un baiser de ton mari.
Oui, car même si je venais à peine de la rencontrer, son histoire et mes sentiments me menaient vraiment à croire qu'un jour elle serait ma femme. C'est stupidement mielleux, et je n'ai jamais été ainsi. Avant j'espérais sans espérer. En fait j'espérais en me disant que jamais une telle chose n'arriverait. Pourtant elle est bien là. Près de moi, dans la clairière, plus précisément dans mes bras.
Mais ça n'eut pas tout à fait l'effet escompté. Elle afficha une expression étrange, et je pris peur.
- Il y a un problème Bella ?
- Non, c'est juste que… J'ai déjà eu l'impression de te perdre deux fois. La fois où tu es parti dans mon rêve et quand je me suis réveillée. J'ai peur que là je sois encore un train de rêver. Je n'arrive plus à discerner rêve de réalité, et je ne peux même pas me fier à mes sens ni à mon intuition. Tu es trop parfait pour me choisir encore moi.
Mais n'avait-elle pas compris que non seulement j'étais réel, mais en plus que c'était moi qui ne la méritait pas ? Elle avait commencé à pleurer. Oui, elle était effrayée de me perdre encore, et même si je détestais de la voir pleurer, j'en étais infiniment heureux. Qu'elle ait cette crainte me donnait de l'espoir quant à ses sentiments à mon égard. Je posai alors une main sur sa joue humide et la lui caressai. Sa peau était si douce. Elle releva les yeux vers moi et nous nous perdîmes dans le regard de l'autre. Nous nous apprivoisions, nous disions nos sentiments, nos doutes, nos peines, notre bonheur.
Malheureusement, contrairement à ce que nous avions pensé, la Terre ne s'était pas arrêtée de tourner et il fallut redescendre. J'en profitai alors pour poser d'autres questions à propos de ce rêve étrange. Une autre évidence vint dans mon esprit : Bella me cachait quelque chose. Elle continuait d'éluder certains points et à chaque fois j'avais l'impression que ces éléments étaient reliés entre eux. J'ignorais pourquoi, mais elle m'avait prévenu au début qu'elle garderait certaines choses pour elle. Je l'avais accepté. Ça ne m'empêcha pas de me poser de sérieuses questions, mais il me fallait respecter son silence. Un jour peut-être aura-t-elle le courage de m'en parler.
J'eus envie de la questionner sur Black. Elle l'avait vu aussi dans son rêve, ce qui sous-entendait qu'il devait avoir une place importante.
- Bella, tu m'as dit que Jacob Black faisait aussi partie de ton rêve, quelle place avait-il ?
- Et bien… Il était mon meilleur ami. Il était différent. Billy était aussi en fauteuil roulant mais il s'occupait de lui. Il allait au lycée de la Push et il avait toujours été là pour moi en cas de besoin. Je suis sure que ce Jacob existe bien dans la réalité, beaucoup de choses me le disent…
Pourquoi je ne suis pas étonné qu'il ait été son meilleur ami ? Elle a vraiment des fréquentations douteuses. En même temps, si je me base sur le début de semaine…
- J'ai été vraiment étonné le mardi midi. Je prenais toujours plus à manger pour lui sachant que sinon je ne mangerais pas. Mais là j'ai été stupéfait. Je ne l'aime pas mais Charlie a raison, s'il y a une personne qui peut arriver à lui faire entendre raison – si tenté c'est possible – c'est toi. Mais je dois t'avouer que je n'aime pas trop l'idée que tu t'approches de lui. Je suis bien placé pour savoir ce qu'il peut faire.
- Oui, sauf qu'il ne me fera jamais du mal ou il l'aurait déjà fait. Lundi, non seulement je l'ai remis à sa place devant ses potes et accessoirement tout le lycée, mais je lui ai aussi claqué la porte au nez quand il est venu s'excuser le soir. Pourtant il a fait des efforts et il a continué toute la semaine. Des détails mais il a continué. Ne t'inquiète pas je ne risque rien, mais je ne veux pas que tu me demandes de ne pas le voir. Il faut que j'essaie de lui faire entendre raison.
- Je te comprends. De toute façon, je crois que je n'ai pas le droit de t'imposer quoi que ce soit, j'en serais incapable.
J'aimerais juste que tu comprennes ma Bella. Il est dangereux. Il porte lui aussi un secret en lui, je l'ai toujours senti. Ce n'est pas le comportement d'un adolescent normal. C'est comme s'il rejetait une partie de lui-même. Il est blessé profondément par quelque chose. Un jour peut-être tu pourras découvrir ce quelque chose, mais pour cela il te faudrait l'approcher. Je n'ai pas le droit de te dire quoi faire, mais j'espère que tu seras prudente.
***
Pendant le dîner, Bella eut une expression étrange. Elle me regardait comme si je mangeais pour la première fois. Je dois avouer que sa moue était risible, mais je me retins. J'aurais voulu lui demander si ça avait un rapport avec son rêve, mais je n'en fis rien. J'avais peur qu'elle croie que j'étais complètement obsédé par ce rêve et qu'elle regrette de m'en avoir parlé.
J'avais ramené quelques DVD de chez moi. Il y en avait un que je portais particulièrement dans mon cœur, c'était Chaplin de Richard Attenborough. J'aimais particulièrement le first screen, où l'on voit Chaplin se démaquiller. Image pour le réalisateur pour faire comprendre qu'il allait montrer le vrai Chaplin.
Nous allâmes ensuite nous coucher. J'anticipais un peu ce moment car c'était là où j'avais craqué la veille. Les ronflements de Charlie se faisaient déjà entendre que je n'avais même pas réussi à ne serait-ce que fermer mes paupières. Bien des choses s'étaient passées aujourd'hui.
Les révélations de Bella avaient vraiment été déterminantes. Seul un fou pouvait y croire. Etais-je fou ? Peut-être. Peut-être que j'avais eu envie d'y croire à cause de mes propres rêves. Ça me donnait peut-être de l'espoir pour qu'ils se réalisent. Il était tellement facile paradoxalement de croire à ce que Bella m'avait dit. Si seul un fou pouvait y accorder de l'importance, en même temps tout s'accordait tellement bien. Et je ne pouvais croire que Bella me menait en bateau.
Bella, Bella et encore Bella. Elle hantait mon esprit maintenant. Je compris alors pourquoi je n'arrivais pas à dormir. J'avais besoin d'elle, de sa présence. J'étais déjà devenu accro. En quelques heures elle était devenue ma dose d'héroïne. Mais je ne pouvais décemment aller la rejoindre. Charlie avait placé un minimum de confiance en nous. Comme faire chambre à part. Il ne savait même pas ce qu'il s'était passé aujourd'hui.
C'est comme ça que je faisais des allers retours entre mon lit et la porte. Tantôt je me décidais à aller la voir, et à la minute d'après, devant la porte, je me ravisais.
C'est au moment d'une énième hésitation que ma porte s'ouvrit doucement. Je me figeai alors. Bella apparut alors en débardeur-pantalon de survêtement sur le pas de la porte. Elle était sexy à un point inimaginable ainsi, effet renforcé par la rougeur de ses joues.
Je ne pus rien dire. Tout ce que j'ai été capable de faire c'est de sourire et de me jeter sur elle. Je m'en voulais car c'était presque bestial, mais j'éprouvais une telle passion… Le fait qu'elle répondit de tout son cœur à mon baiser ne freina pas mes ardeurs. Cependant une alarme sonna dans ma tête, l'alarme de la sagesse de l'homme respectueux et en utilisant toutes les forces qui me restaient je parvins à m'arrêter.
Nous passâmes alors une bonne partie de la nuit à parler. De nos goûts, de nos dégoûts, de nos espoirs, de nos peurs. Cette discussion enleva les derniers doutes que j'avais quant à la véracité de ses affirmations de la journée. Personne d'autre que ma mère ne savait que mon morceau de musique préféré était Clair de Lune de Debussy. Pourtant Bella a pu l'affirmer sans une once d'hésitation.
Un peu plus tard dans la nuit nous nous endormîmes. J'étais dans ses bras, elle était dans les miens, et la taille du lit nous obligeait d'être encore plus serrés. Je n'en étais que plus heureux. Je savais que cette nuit serait sans cauchemar.
Une fois de plus elle murmura dans son sommeil. Mon nom revint souvent. Mais je n'entendis pas davantage car Morphée m'emporta à son tour, empli de bonheur.
