Pour me faire pardonner de ne pas avoir posté hier, très long chapitre. C'est celui de l'enterrement, mais je ne pense pas l'avoir fait aussi triste que ce que j'aurais pu. Beaucoup d'émotions passent par Edward, des émotions qui se contredisent parfois. J'espère ne pas vous décevoir.
A bientôt !
bosoleil1979 : Moi ce sont les reviews qui sont jouissives lol. Merci beaucoup pour la tienne !
Dawn : Je suis contente que ce chapitre t'ait plu. Oui, il se libère, tu vas le voir encore plus dans ce chapitre. Les changements s'opèrent peu à peu.
Time Tell Will : Désolée, tu as dû attendre ce chapitre alors _ Le gilet était pour Edward lol, Charlie a toujours son arme avec lui XD
Patricia : Oui il prend de l'assurance. Il grandit, tout un cheminement se fait en lui ^^ Merci pour ta review !
Céline : Voilà les réactions avec Charlie. Pour la transformation, cela va sans doute me prendre plusieurs chapitres qui vont différer énormément de l'histoire avec le POV de Bella, d'où le fait que je ne cherche pas à faire le même nom de chapitres lol. J'espère que le chapitre va te plaire !
Chapitre 9. Au-revoir
***
J'appréhendais fortement l'arrivée de Charlie. Je savais qu'il était un honnête homme, mais sa fille avait été blessée par ma faute alors qu'il me faisait confiance. J'avais peur de sa réaction.
Bella avait décidé de lui cuisiner un de ses plats favoris. J'avais été assez sceptique sur la ruse, mais bon, qui ne tente rien n'a rien. De son côté elle semblait aller bien. Je voyais toutefois une bosse qui me rappelait à chaque fois que je regardais mon ange à quel point je suis un monstre.
- Bella ? Edward ? Vous êtes là ?
Ça y est, l'heure de vérité. J'avais entendu la voiture arriver et se garer devant la maison. Je me sentais vraiment mal mais je faisais tout pour le cacher. J'assumerai les conséquences de mes actes.
- Oui papa nous sommes dans la cuisine.
Bella avait essayé de paraitre détachée, comme si c'était un soir comme les autres. Si ça se trouve, elle avait plus mal que ce qu'elle disait… Bon dieu ! Je ne suis qu'un crétin fini !
- J'ai reçu un coup de téléphone. Est-ce que vous pouvez m'expliquer pourquoi ma fille, le garçon que je garde chez moi et le fils de mon meilleur ami ont été pris dans une bagarre au lycée ?
Là je ne pouvais plus cacher mon malaise. Je retins même ma respiration. Je méritais sa colère, mais il ne fallait pas qu'il s'en prenne à Bella, elle n'était que la victime. D'ailleurs elle était à nouveau rouge pivoine.
Il fallait que je trouve quelque chose à dire. Les mots restaient cependant coincés au fond de ma gorge. J'avais trop honte de moi-même et de nouveau une colère me prit. A mon encontre évidemment. Il fallait qu'il se défoule sur moi, je le méritais.
- Je suis désolée papa, c'est en grande partie de ma faute.
Hein ? Mais il faut vraiment qu'elle arrête ! Quel est son problème à Bella pour ne pas réussi à reconnaitre qu'elle n'y est pour rien et que je suis le seul responsable ? Oui, elle doit se droguer. Mais à ce stade, soit il faut qu'elle arrête définitivement, soit il faut qu'elle en prenne plus, mais elle ne peut pas rester ainsi. Avec une préférence pour la première solution.
- Et le coup de poing que tu as reçu, tu vas me faire croire que tu te l'aies donné toute seule peut-être ?
Bien dit Charlie. Il faut qu'elle comprenne que ça ne sert à rien de me protéger.
- Veux-tu bien te calmer et me laisser te dire ce qu'il s'est passé exactement objectivement ? Après tu pourras te mettre en colère si tu le souhaites, mais en attendant écoute au moins ce qu'il s'est passé !
- Très bien, vas-y.
Il semblait avoir retrouvé un semblant de raison. Il avait pris une grande inspiration. Je me rendis compte à quel point le père et la fille se ressemblaient car Bella avait fait la même chose. Ils avaient beau ne pas avoir vécu ensemble depuis des années, ils étaient vraiment semblables.
- Jacob a insisté pour manger avec moi ce midi, il voulait essayer de faire la paix.
- Et bien c'est réussi !
- Laisse moi finir s'il te plait papa, et assieds-toi, je suis désolée pour toi mais tu ne vas plus grandir donc inutile de rester debout.
Là Bella commençait à s'énerver à son tour. Que pouvais-je dire de mon côté ? Je crois qu'il valait mieux la laisser faire, elle savait comment faire avec son père. Enfin j'espère.
- Bon. Je lui ai répondu que j'avais prévu de manger avec Ashley et Edward. Il a quand même insisté et a proposé que nous mangions tous les quatre. Sauf que ça a un peu dérapé. Quand Ashley a parlé du bal pour que nous allions choisir une robe Jacob a voulu m'inviter. J'ai essayé de refuser gentiment mais il l'a très mal pris et est parti furieux. Je suis sortie pour le rattraper, m'excuser et lui faire comprendre que ce n'est pas parce que je ne voulais pas aller au bal que je ne voyais pas ses efforts pour arrêter de provoquer des ennuis. Il a malheureusement mal interprété mes excuses parce que…
- Parce que quoi, qu'est-ce qu'il t'a fait ?
Là son père avait viré au blanc. Ça contrastait avec le rouge remarquez ! Mince, si je commence à devenir cynique ça ne va pas le faire.
- T'inquiète papa. Il m'a juste embrassée, mais ce n'est pas vraiment ce que je souhaitais. Il n'a pas voulu me lâcher et c'est là qu'Edward est arrivé pour m'aider. Il l'a poussé pour que Jacob me libère, mais il l'a poussé un peu trop fort parce qu'il s'est retrouvé à terre. Ensuite c'est allé très vite, Jacob a voulu répondre à Edward sauf que je me suis interposée sans vraiment savoir ce que je faisais et du coup c'est moi qui me suis pris le coup de poing. J'ai juste été sonnée, il n'y a rien de grave, plus de peur que de mal. Je suis désolée papa c'est vraiment de ma faute.
- C'est comme ça que ça s'est passé Edward ?
J'avais envie de dire non, car elle m'avait presque dépeint en héros, ce que je n'étais pas du tout dans l'affaire. Pourquoi était-elle comme ça ?
- Oui Charlie, sauf que c'est aussi de ma faute, tout comme celle de Jacob. Je ne suis pas comme ça d'habitude mais là je suis un peu sur les nerfs et quand j'ai vu que Bella se débattait et que Black ne semblait pas vouloir la lâcher j'ai éclaté…
- Bon, que ça ne se reproduise pas. J'irais bien voir Jacob, j'ai deux mots à lui dire !
Oups. Chose à ne pas faire selon moi. Et selon Bella aussi apparemment.
- Non papa ! C'est entre Jacob et moi maintenant. Il fait des efforts quotidiennement, ça risquerait d'aggraver les choses. Et puis, tu irais en tant que quoi ? Shérif ou père de la victime ? Ce serait mal venu de ta part je pense. Laisse couler, je pense qu'il s'en veut suffisamment de son côté.
- Mouai.
Charlie semblait perplexe, il valait mieux couper une bonne fois pour toutes la conversation. L'odeur des lasagnes me donna une échappatoire.
- C'est cuit !
Apparemment Bella avait eu une bonne idée. Tout de suite je vis un visage gourmant s'illuminer grâce à trois mots. C'en était presque comique. Remarquez, Bella est vraiment bonne cuisinière et le repas fut délicieux.
Je partis ensuite prendre ma douche. La journée avait été longue, et celle du lendemain le serait encore plus. Trois jours. Cela faisait trois jours qu'elle était partie. Tant de choses s'étaient produites en soixante-douze heures. J'en avais le tournis.
L'eau chaude commença à couler. D'abord mes cheveux, puis mes épaules, mon torse, mes bras, mes hanches, pour finir sur mes jambes et mes pieds. A chaque fois cette même sensation de bien-être. J'avais fermé les yeux pour m'enfermer dans ce cocon.
Madame Green s'était chargée de préparer la journée du lendemain et avait fait passer des informations par Charlie. Je lui en étais reconnaissant, je n'aurais jamais pu m'en charger moi-même. Trop éprouvant.
La radio commença à passer une chanson que j'aimais particulièrement : She's like the wind bande originale de Dirty Dancing interprétée par Patrick Swayze. Automatiquement mes pensées se portèrent sur Bella. Oui, elle est comme le vent et je ne la mérite pas. Comment je peux penser qu'elle restera à mes côtés ?
Non, je dois arrêter de penser ainsi. Cet Edward là était celui d'avant sa connaissance. Maintenant je dois me montrer à sa hauteur. Elle m'a choisi, moi. Alors je dois tout faire pour la mériter. Pour être digne d'elle. Et je ne me laisserai plus impressionner. Ce sera le dernier faux pas de Black. Plus jamais il ne s'en prendra à elle ou à moi.
Les réflexions faites je descendis. Charlie et Bella semblaient se remettre d'une bonne blague. Nouvelle soirée DVD pour regarder Hook de Spielberg. Je ne pensais pas le regarder aussi vite car c'était un des films préférés de maman, mais finalement je passai un moment très agréable. Bella pleurait au moindre petit truc, riait aux éclats, bref se laissait aller à ses émotions. Tout était absolument parfait. J'avais toujours eu peur de laisser ces émotions m'envahir. Je croyais que je n'arriverais pas à les gérer. Mais Bella me montrait que c'était possible, au contraire c'était même recommandé. Elle était tellement belle. Un feu s'empara à nouveau de moi, rien qu'en la regardant. Heureusement que nous étions loin l'un de l'autre à cause de Charlie, sinon j'aurais probablement craqué. Je voulais la toucher, l'embrasser, et même ne faire qu'un avec elle. La bataille de pop-corn me fit redescendre un peu sur Terre alors que je m'approchais dangereusement d'elle.
Charlie commit ensuite l'irréparable : il alla se coucher nous laissant seuls devant la télévision. Bella vint d'elle-même contre moi sur le canapé. Le temps s'égraina alors que nous étions enlacés. Je me sentais incroyablement bien, mais également tendu. Cette proximité commençait à me rendre fou. Il fallait que je pense à autre chose, que je parvienne à occuper mon esprit.
- Je suis vraiment désolé tu sais pour tout à l'heure. Tu n'aurais jamais dû recevoir ce coup de poing, et mon comportement a peut-être été quand même un peu excessif.
- On en a parlé tout à l'heure Edward. Et puis, si tu n'avais pas réagi un minimum j'aurais été quand même déçue.
- Pourquoi ?
Une fois de plus j'avais du mal à comprendre. Aimait-elle voir les hommes se battre pour elle ? Non, ça ne correspondait pas à sa personnalité.
- Je vais te le tourner différemment. Tu aurais apprécié si une fille t'avait embrassé devant moi que je ne réagisse pas, que je reste indifférente ?
Ah, ça y est, je saisis. Non, si elle avait été indifférente ça m'aurait brisé le cœur, même si je ne voulais pas lui faire du mal. Mais en même temps, embrasser quelqu'un d'autre qu'elle était inimaginable pour moi.
- Probablement pas c'est vrai. Non en fait. Si tu n'avais pas été un peu jalouse je me serais inquiété de tes sentiments à mon égard.
- Voilà. Il y a quelque chose que je ne t'ai pas dit à propos de mon rêve. Jacob était bien mon meilleur ami, mais pendant vraiment très longtemps vous vous êtes détestés tous les deux. Il était amoureux de moi et une fois il a voulu que je voie les choses en face.
- Comment ça ?
Je sens que je ne vais pas aimer ce qui va venir.
- Je veux bien te le dire, mais je veux que tu me laisses finir jusqu'au bout. Je t'ai mentionné que pendant un moment tu étais parti en pensant que tu étais dangereux pour moi. J'ai été effondrée, tu ne peux imaginer à quel point, et c'est Jake qui m'a sauvée. Quand tu es revenu je savais parfaitement qui j'aimais et il a difficilement supporté cela. Nous n'étions pas ensembles avant ton retour, mais nous étions des amis proches. Il a voulu un jour me confronter à mes sentiments et a fait en sorte que je l'embrasse, que je l'embrasse vraiment. Et là j'ai réalisé que je l'aimais lui aussi. Je t'aimais plus, tu étais ma vie, mais je ne pouvais plus nier que je l'aimais aussi. Quand tu l'as su, quand tu as su que je l'avais embrassé tu as juste eu peur de me perdre. Tu étais en colère mais tu l'as gardé pour toi. Mais moi je ne voulais pas ça. Je voulais que tu me montres ta colère et je voulais que tu te battes pour moi. Je voulais que tu te battes contre lui. Stupide non ? Mais je le voulais vraiment. Je ne voulais pas une bataille physique, mais je voulais que tu fasses tout pour me montrer à quel point j'étais sale, à quel point je t'avais blessé. En fait, je crois que je voulais autant me battre pour que tu me pardonnes que toi tu te battes pour que plus jamais ça ne se reproduise.
Un coup de poignard en plein cœur. Mais je comprenais son point de vue. J'eus du mal à ne pas montrer malgré tout à quel point j'étais troublé. Et si elle aimait aussi Black ?
- Tu l'as voulu ce baiser tout à l'heure ?
- Non. C'était différent et je sais parfaitement ce que je ressens par rapport à lui. Même mon rêve m'a montré que de toute façon ça n'irait pas plus loin, et même que vous pourriez vous entendre à long terme. Mais c'est comme si tout le destin était contre vous, qu'il vous empêchait de vous apprécier alors que vos deux personnalités pourraient parfaitement s'accorder. Je suis désolée de te dire ça après tout ce qu'il t'a fait subir, tu le détestes et tu as raison. Mais il y a vraiment une relation triangulaire, et je ne suis pas spécialement le sommet, le triangle va bien dans tous les sens.
- Qu'est-ce qui a changé dans ton rêve ? Il a bien dû y avoir quelque chose…
Y a-t-il un rapport avec ce qu'elle cache ? Et puis… Me voir amis avec Black me parait insensé. Il est tellement…
- Je suis désolée Edward, je ne peux pas te répondre.
- Pourquoi ? Tu passes sous silence quelque chose d'important, je le sais et je n'insisterai pas pour savoir, mais j'aimerais savoir pourquoi tu le passes sous silence. Tu m'as déjà dit beaucoup, et je ne vois pas ce qui pourrait motiver une telle retenue, un tel secret.
- En fait, je pense que je te le dirais si je savais exactement les tenants et les aboutissants de cet élément. Tu as raison, je passe quelque chose de très important sous silence, mais il vaut mieux que ce soit ainsi. Il faut que je comprenne cet élément, savoir ce que ça signifie. Pour toi ça ne change rien de le savoir ou pas, ça n'avancerait pas à grand-chose. Pour moi c'est important de le garder pour moi.
Alors je devais retenir ma curiosité. Après tout je n'avais aucun droit d'exiger de tout savoir, même si je mourais d'envie de connaitre ses pensées.
- Très bien. Je ne t'en demanderai pas davantage alors. J'ai un peu de mal à réaliser que je ne te connais que depuis une semaine. Pour toi c'est différent je pense, mais moi je n'ai pas fait ce rêve. Pourtant c'est comme si je t'avais toujours connu. Tu sais je suis quand même content d'avoir tenu tête à Black tout à l'heure. Je sais maintenant que plus jamais je ne me laisserai faire. Tu m'as apporté la force de me rebeller.
Et avant qu'elle ne puisse rejeter quoi que ce soit pour minimaliser son rôle dans ma vie, je l'embrassai. Je voulais que ce baiser soit doux, plein de tendresse. Mais ce que je réprimais depuis le commencement du film revint au galop et je me pris à mon propre piège. Mon baiser se transforma en passion à laquelle elle répondit. Elle passa ses mains dans mes cheveux me décrochant une infinité de frissons. Mes mains bougèrent quant à elles directement sur ses hanches, presque malgré moi. Je ne contrôlais plus rien. Sa jambe prit ensuite place de l'autre côté du canapé, de sorte à ce que Bella se retrouve à califourchon sur moi.
C'en était fini. Je n'avais plus aucune volonté, seule Bella et moi existions en ce bas-monde. Je voulais encore plus de contacts. Ma main gauche passa sous son tee-shirt et alla caresser son dos. Sa peau était si douce. Mais j'en voulais plus, bien plus. Elle se colla encore plus à moi. Je pouvais sentir les courbes de sa poitrine, de son ventre contre mon torse en feu.
Puis, un son retentit. Non, un vacarme. La télévision me ramena à la réalité et me fit retrouver mes esprits, heureusement car je perdais complètement pieds. Je vis la télécommande sous le genou de Bella et elle éteignit la télévision immédiatement. Elle semblait prête à reprendre là où nous nous étions arrêtés, mais il fallait que nous reprenions conscience avec la réalité. Nous nous connaissions depuis à peine une semaine, j'habitais chez elle et Charlie dormait à côté. Non, je ne voulais pas déraper à ce point. J'en avais terriblement envie, mais je savais que c'était ni l'endroit ni le moment.
Je poussai alors un soupir résigné et embrassai chastement Bella pour la ramener à sa chambre. Je vis qu'elle voulait que l'on dorme ensemble, mais j'étais presque certain de ne pas pouvoir me contrôler si elle était encore à côté de moi.
- Si Charlie s'aperçoit demain matin que l'un sort de la chambre de l'autre il va nous tuer.
L'excuse était largement plausible. Il n'allait pas travailler le lendemain et on risquerait de se faire prendre. Elle sembla sur le point de répliquer mais se retint. Heureusement car je n'étais pas certain d'avoir suffisamment de volonté pour argumenter contre elle.
Elle me murmura un « bonne nuit » et j'allai me coucher dans ma chambre. J'eus beaucoup de mal à trouver le sommeil et ma nuit fut fortement agitée.
Le lendemain matin je me réveillai tôt bien que Charlie soit déjà levé. Je filai immédiatement à la douche pour me préparer. J'enfilai ensuite mon costume et déposai enfin la veste sur la table de la cuisine après avoir salué mon hôte.
Bella arriva quelques minutes plus tard. Je ne pus retenir mon sourire en la voyant, mon rayon de soleil dans cette sombre journée.
C'est presque à reculons que j'allai au cimetière. Je n'y étais pas encore prêt. En fait, jamais je ne le serais. Ashley et sa mère étaient déjà présentes. Je vis au regard de Bella qu'elle ne s'y attendait pas.
- Madame Green venait régulièrement rendre visite à ma mère et de temps en temps Ashley l'accompagnait. Cela ne m'étonne pas qu'elles soient là toutes les deux même si ça me touche beaucoup.
La jeune fille vint vers nous et m'enlaça. Elle y avait mis toute sa tendresse et sa compassion. Elle pleurait déjà de son côté. Pour une fois je ne la rejetai pas. Chaque bras et soutien me sera bénéfique aujourd'hui. Elle fit de même ensuite envers Bella, comme si elle portait aussi le deuil. Etait-ce le cas ? Je l'ignorais car elles ne s'étaient jamais rencontrées mais je sentais qu'il y avait quelque chose comme ça oui.
Je dus ensuite aller m'entretenir avec les employés des pompes funèbres avec lesquels Charlie discutait déjà. Ils étaient excessivement polis et respectueux, et je les voyais sincères. Il m'était toutefois difficile de rester avec eux j'écourtai donc un maximum l'échange.
Ils ouvrirent alors le corbillard et sortirent le cercueil. Elle l'avait choisi elle-même, et je savais qu'il était en tous points identiques à celui de mon père. La rose sculptée était la première fleur que mon père la lui avait offerte. Juste une rose rouge lors de leur premier rendez-vous. Symbole qu'elle était unique. Vint alors mon tour de m'adresser à l'assemblée.
- Bonjour. Je vous remercie vraiment pour votre présence aujourd'hui. Maman était vraiment une personne extraordinaire et m'avait demandé de ne pas pleurer en ce jour. Je pense que je n'arriverai malheureusement pas à respecter cette volonté. Je pensais pouvoir le faire mais ces derniers jours j'ai appris qu'il n'y avait pas de mal à se laisser à aller à ses sentiments, qu'ils soient bon ou mauvais. On peut rire quand on est heureux et pleurer quand on est triste. Elle était vraiment quelqu'un d'unique et on ne peut être que triste de son départ et pleurer ne fera que montrer à quel point elle va nous manquer. Même quand elle était malade elle gardait le sourire car elle savait accepter la vie comme elle venait. Elle m'a toujours élevé avec beaucoup d'amour et j'ai peur de ne pas lui en avoir donné assez de mon côté car elle méritait l'amour inconditionnel, sans limite.
Oui, je ne lui avais jamais assez rendu. J'étais toujours enfermé dans mon monde, déconnecté de la réalité alors qu'elle était encore vivante. Aujourd'hui c'était trop tard. Les minutes, les heures où mon esprit était ailleurs ne seront jamais rattrapées. Mon cœur se brisait peu à peu, cette plaie au milieu de ma poitrine s'était rouverte et saignait. Les larmes vinrent et je ne fis rien pour les retenir.
- Elle se donnait sans rien attendre en retour et même si elle avait un sacré mauvais caractère quand elle s'y mettait, elle pardonnait toutes vos faiblesses. S'il n'y avait que des personnes comme elles dans notre monde tout serait beaucoup plus doux. Je ne garderai pas un souvenir d'elle en tant que personne malade mourante sur un lit d'hôpital mais plutôt riant aux éclats.
Et rire elle savait faire. Je me rappelle encore le jour où j'avais voulu faire un gâteau tout seul. La toute première fois. J'avais oublié la levure et j'avais boudé d'avoir eu un gâteau tout plat à lui présenter. Tout ce qu'elle avait réussi à faire c'était rire, elle n'avait pas pu s'en empêcher. Si bien que son rire avait été communicatif et nous avions pris une photo de mon œuvre en souvenir. Me remémorer cela m'arracha un sourire.
- Je suis désolée maman. J'aurais aimé que tu me vois aujourd'hui car j'ai enfin réussi à me lever et à rester debout, toi qui avais peur que je reste toute ma vie assis. Tout ce que tu m'as dit restera gravé à jamais dans mon cœur et je te promets que de là où tu es tu pourras être fière de moi. Je t'aime et je t'aimerai toujours.
Bella m'y a aidé. Tu avais raison depuis le début, depuis que tu as su qu'elle venait. Ton instinct maternel en voyant cette photographie a été le bon. Bella m'a appris à me lever et à rester debout. Et elle est aujourd'hui à mes côtés pour te dire au-revoir, pour me soutenir. Je ne serai plus seul.
Je jetai ensuite une couronne de fleurs blanches dans la tombe. Blanche comme son âme. Aussi pure. Aussi belle. Aussi parfaite.
Puis un cortège se forma pour jeter des roses blanches. Je m'étais mis un peu sur le côté, en retrait. Les gens avaient compris que pour l'instant je voulais un moment seul. J'aurais voulu partir en courant mais j'étais suffisamment fort maintenant pour affronter cette réalité. Pour le moment en tous cas. Je vis Bella au loin fixer la tombe, embrasser la rose et la jeter. Ce simple geste me réchauffa le cœur. Oui, elle portait le deuil avec moi. Elle était devenue une partie de moi, tout ce qui me touchait la touchait, tout ce qui la touchait me touchait.
Elle vint vers moi, je la vis arriver du coin de l'œil. Quand elle fut à ma hauteur, elle posa une main sur mon bras et me sourit. Je me tournai alors vers elle et la regardai dans le blanc des yeux. J'y vis tant de bonté, tant de gentillesse que je ne pus m'empêcher de me jeter à nouveau dans ses bras pour laisser aller mes sanglots. Ce fut comme à la clairière le matin de la mort de ma mère. Une fois de plus elle était là. Et une fois de plus elle pleura avec moi, comme elle l'avait déjà fait. De par ces larmes j'y déversais toute ma souffrance dans l'espoir de la semer. Les bras de Bella arrivèrent à me réconforter peu à peu.
Charlie nous proposa ensuite de rentrer pour boire un chocolat chaud. Je voyais son malaise de ne pas savoir quoi faire, mais je sentais qu'il me soutenait aussi. Il ignorait juste comme se comporter. Sa maladresse était tout aussi attendrissante.
Alors que nous venions de finir de les boire, Bella rompit le silence.
- Papa ? Est-ce que ça t'ennuie si on sort un peu avec Edward pour nous changer les idées ? Ashley m'a prêté son petit appareil photo numérique et j'aimerais faire des photos en forêt, on a un temps idéal pour ça et je crois que ça nous ferait du bien de prendre l'air.
Charlie la regarda d'un air surpris. Moi je vis immédiatement que Bella désirait me changer les idées. Décidément elle est toujours pleine de ressources.
- Je ne savais pas que tu aimais faire de la photographie…
- A vrai dire je ne m'y suis jamais essayée mais c'est le moment idéal, Ashley m'en a donné envie.
- Très bien, mais ne vous éloignez pas trop et ne rentrez pas trop tard.
- Merci !
Elle couru chercher l'appareil. De mon côté j'avais peur qu'elle ne tombe encore à cause de cet empressement. Mais pourquoi ces photos étaient-elles aussi importantes ? Elle nous mena ensuite dehors.
- C'est dommage, nous n'avons pas le temps d'aller à la clairière.
- Tu veux vraiment faire des photos ?
Non que je n'aime pas ça, mais j'étais quand même étonné. Qu'avait-elle en tête ?
- Oui. J'aimerais te montrer quelque chose.
- Quoi ?
- Je crois que tu en as conscience mais je veux te le montrer encore plus. La vie est belle, et on passe tout le temps devant des choses sans le voir. Les photographies permettent de mettre ces détails insignifiants en valeur et grâce à elles on se rappelle pourquoi on vit.
Je m'arrêtai alors. Comment est-ce possible ? Comment fait-elle ? Elle trouve toujours quoi me dire, quoi faire. Je me souvenais d'une parole de maman. « Je veux que tu voies que le monde dans lequel nous vivons n'est pas si horrible que ce que tu crois. » Et Bella me proposait une manière de voir ce monde. Alors je m'efforcerai de le voir ainsi à travers ses yeux.
- Merci.
Encore un merci. Ce mot est trop facilement utilisé. Il faudrait d'autres nuances. L'espace de quelques heures je vis le monde à travers ses yeux, à travers ses rires, et il n'en fut que plus beau. Elle m'avait fait retrouver l'espoir une fois de plus.
